Les investisseurs n'achètent plus de dette grecque, portugaise ou irlandaise. Lorsque les obligations de ces Etats arrivent à échéance, leur "roll over" (renouvellement) est donc assuré par les fonds européens de sauvetage (aujourd'hui le Fonds Européen de Stabilité Financière, à partir de 2013 le Fonds de Stabilité Monétaire).

Ces fonds sont garantis par les pays notés AAA, surtout l'Allemagne et la France. Ces garanties deviendront donc des paiements naturellement aux frais des contribuables. Reste à savoir jusqu'où l'on va aller !

La dette de l'Etat grecque atteint au total 362 Milliards â?¬ (y ajouter 150 Milliards â?¬ de dette pour le Portugal et 160 Milliards â?¬ pour l'Irlande). Or, 172 Milliards â?¬ doivent être trouvés uniquement pour la Grèce d'ici 2014. A qui la Grèce doit de l'argent ? Selon Barclays Capital, aux banques européennes pour 162 Milliards â?¬, à la BCE pour près de 60 Milliards â?¬â?¦ mais cela laisse, selon le Deutsche Bank de Londres, un "trou" de 140 Milliards â?¬ financé par des fonds de pension et des fonds d'investissements divers.

Racheter au fur et à mesure la dette grecque revient donc à substituer les contribuables des pays notés AAA aux banques non seulement françaises ou allemandes mais aussi britanniques et à des fonds d'investissement surtout anglo-saxons.

Le sauvetage de la Grèce co?te déjà cher aux Grecs : une baisse des revenus de 30%, plus de 15% de chômeurs (ce chiffre atteint plus de 35% pour les moins de 25 ans).

Malgré tout, la Grèce a promis de vendre pour 50 Milliards â?¬ d'actifs : des ports (avec les dockers), un aéroport ouvert, un aéroport fermé transformé en réserve naturelle, des chemins de fer où les dépenses représentent dix fois les recettes, un marais salant abandonné, il faut y ajouter des terrains à b?tir mais le droit grec de la propriété est déficient. Reste à trouver les acheteurs !

Mais en fait est-ce le sauvetage de la Grèce ? L'Europe semble surtout racheter les créances que les prêteurs ne veulent pas renouveler c'est-à-dire que les contribuables vont payer non seulement pour les banques mais pour près de la moitié pour des fonds d'investissement surtout anglo-saxons.

Quand Angela Merkel devra présenter la note au Bundestagâ?¦ « Qu'allait-elle faire dans cette galère ? »â?¦elle pourra toujours avouer qu'elle y a été poussée par les Français dont le Président du Directoire de la BCE et le Directeur du FMI.

Comme aimait à dire François Mitterrand : « Les Français sont nombreux à la tête des organisations internationales, on ne mesurera jamais assez cet apport à l'influence de la Franceâ?¦ »

Morad EL HATTAB & Irving SILVERSCHMIDT

Auteurs de La vérité sur la crise

Le 12 juillet 2011

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