C'est déjà moins vrai aux Etats-Unis. La production industrielle a certes rattrapé les deux tiers des pertes de la fin 2008 mais après les deux politiques successives de relance budgétaire de 800 Milliards $ chacune et les deux "Quantitative Easing" (politique de création monétaire) de la Federal Reserve dont le bilan est d'abord passé de 870 à 2300 Milliards $ puis le "QE2" de 600 Milliards $...si il n'y avait pas eu une petite relance aux Etats-Unis, c'e?t été à désespérer de Keynes !

Pourtant la relance est restée molle. En particulier, les liquidités des sociétés n'ont pas été réinvesties et les banques elles-mêmes ont conservé force liquidités, la relance n'a donc pas exclu la prudence.

Or, depuis juin 2011, les indicateurs économiques américains et européens montrent un très fort ralentissement de la croissance qui semble même disparaître : est-ce un "aftershock" (deuxième séisme souvent observé) de la crise ?

L'histoire des crises de 1930 peut apporter une réponse. Elles ont souvent connu trois phases à une crise financière :

- Les spéculateurs qui avaient financé la bulle spéculative par effet de levier, c'est-à-dire à crédit, ont entraîné avec eux les prêteurs, surtout les banques.

- Une première crise de l'économie réelle : la production industrielle s'effondre aux Etats-Unis en 1930, en Allemagne en 1931. En Grande-Bretagne, elle baisse de 18-19% en 1931 et en France de 24% en 1932.

- Après une remontée rapide aux Etats-Unis, en Allemagne et en Grande-Bretagne (moins en France). La production industrielle baisse brutalement en 1935 en Grande-Bretagne, en 1935-1937 en France et en 1937 aux Etats-Unis.

C'est ce que l'on appelle parfois "la crise de 1937".

Son origine est bien connue : aux Etats-Unis, elle correspond à une volonté de retour à l'équilibre budgétaire donc à de fortes réductions de dépenses publiques. Dans le même temps, la Federal Reserve inquiète de l'existence de fortes liquidités auprès des banques resserre les émissions de monnaie. Les banques réduisent alors les crédits à l'économie.

Le fait est que si en 2009, les esprits étaient orientés vers la relance, en 2011, les inquiétudes se portent sur les dettes budgétaires. L'heure est à l'austérité, au rétablissement de l'équilibre des dépenses publiques et à la réduction des dépenses.

A l'exception de l'Allemagne devenue un reflet de la Chine, les relances économiques sont restées fragiles, les politiques d'austérité risquent alors de produire le même effet qu'en 1937, le retour vers la criseâ?¦

Morad EL HATTAB & Irving SILVERSCHMIDT

Auteurs de La Vérité sur la crise (Ed. Léo Scheer)

Le 12 juillet 2011

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