Cette pièce de Ionesco (Amédée ou Comment s'en débarrasser) montre surtout un cadavre qui grossit au point d'occuper les trois quarts de la scène au dernier acte. C'est très exactement le cas des C.D.S. (Credit Default Swap, contrat par lequel un prêteur s'assure contre le risque de faillite d'une société) et comme le dessinait Caran d'Ache pendant un dîner en famille lors de l'Affaire Dreyfus, "on n'en parlera pas !"

Les CDS sont des polices d'assurances transformées en échanges de dérivés pour assurer ce que l'on ne possède pas (ou mieux le décès de sa vieille maîtresse). Officiellement, les montants des contrats de CDS sur la dette publique grecque atteignent de 5 à 7 Milliards $. En réalité, il semble qu'en mai-avril 2011, 3136 contrats de CDS ont été passés pour un montant de 76,6 Milliards $.

Le charme avec les innovations financières, c'est qu'elles diffusent le risque mais on ne sait pas où !

D'où la crainte panique d'une solution de la dette grecque qualifiée de défaut par les Agences de notation. En effet, dans ce cas, il faut payer les contrats de CDS sur la dette publique grecque, c'est-à-dire 3136 sinistres pour 76,6 Milliards $...un magnifique vol de cygnes noirs !

Ceux qui doivent payer le savent et ils sont apparemment assez puissants pour affoler le gouvernement français et le Président de la BCE. Mais n'en parlons plus - suivez leurs regards - les contribuables seront toujours là pour payer la note. Apparemment, les Allemands ne sont pas d'accord, ils veulent faire payer aussi les banques et les assureurs de CDSâ?¦normalement dans le couple franco-allemand, la petite épouse française aurait du dire oui avec enthousiasmeâ?¦qu'a-t-elle encore caché à son mari ?

Morad EL HATTAB & Irving SILVERSCHMIDT