Cela s'explique car la Banque d'Angleterre émet des Livres Sterling (â?¤) pour acheter par des opérations dites d'Open Market des Bons du Trésor britanniques à 10 ans. Avec l'Euro, qui est une monnaie étrangère, la France ne peut pas faire racheter ses Bons du Trésor.

Les Institutions européennes sont défaillantes. La Banque Centrale Européenne (BCE), certes, achète quelques obligations italiennes et espagnoles mais réduit ses autres avances du même montant car elle refuse le « Quantitative Easing » de la Federal Reserve, c'est-à-dire la création de monnaie.

Le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) ne peut pas soutenir les obligations des Etats sur les marchés. Certes, les dernières décisions du couple franco-allemand le prévoient mais les parlements nationaux n'ont pas encore ratifié. De plus, l'Allemagne a répété ce mercredi 10 ao?t qu'elle n'envisageait pas d'augmentation du FESF, alors que tous les observateurs s'accordent à dire que ce dernier n'est pas calibré pour sa nouvelle mission de pompier de la zone euro.

Notons qu'en l'absence d'Institutions européennes actives, les pays de la zone euro sont donc devenus de pauvres quilles qui attendent passivement une chute en voie d'être inexorable.

Autre point d'actualité : La déclaration de M. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, dans un communiqué du jeudi 11 ao?t 2011 : « Les évolutions récentes des marchés boursiers n'affectent pas la solidité financière des banques françaises et la capacité de résistance dont elles ont fait preuve depuis le début de la crise. »

Pourtant, le même jour, on peut lire dans un article de Ouest France intitulé "Chute des Bourses, les banques françaises plongent" : « Première cause de cette panique sur les banques, l'annonce faite par la Grèce d'étendre son programme d'échanges d'obligations pour échelonner ses remboursements. Ce qui pénaliserait ses créanciers privés, dont les banques françaises font partie.

Mais c'est surtout l'exposition de ces banques en Italie, évaluée à 410 milliards d'euros, qui inquiète. Elles détiennent de la dette publique, mais aussi des filiales (BNL pour BNP ou Cariparma pour Crédit Agricole). » Cette même Italie qui vient d'annoncer un plan de rigueur en réponse à l'inquiétude des marchés sur sa dette.

De plus, les banques européennes ont besoin de plus 100 Milliards â?¬ de capitaux propres. A la suite de l'actuelle baisse des cours de cette semaine, elles ne peuvent plus trouver de capitaux propres sur les marchés boursiers (d'ailleurs la presse britannique est là pour faire la publicité nécessaire)â?¦cette situation ressemble furieusement au début de l'été 2008 lorsque les banques britanniques ne trouvaient plus de preneurs pour les actions nouvelles qu'elles émettaientâ?¦la faillite de la banque d'investissement multinationale Lehman Brothers se produisit deux mois après !

Morad EL HATTAB & Irving SILVERSCHMIDT

P.S. : Dans les révélations de Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph du 19 septembre 2000, on découvre une note Confidentielle Défense du 11 mars 1965 du département d'Etat américain à Robert Marjolin, vice-président de la Communauté Economique Européenne, qui recommande clairement à la CEE de créer une union monétaire européenne en « évitant tout débat » dans l'opinion publique !

P.S.2 : Jacques Attali n'est pas un "catastrophiste" ni un extrémiste lunatique. Pour qu'il produise un tel article avec un titre comme celui-ce c'est que le temps presse.

Qu'un tel article ne soit pas publié par les grands quotidiens nous interpelle.

Depuis quelques années de nombreux experts sonnent l'alarme. Morad El Hattab a publié deux ouvrages sur le sujet et a été invité à en parler à la télévision chez Taddeï sur France 3. Avec le recul, les réactions incrédules des autres invités "experts" le scepticisme de Taddeï lui-même ont quelque chose d'un peu pathétique.

Rappelons à nous dirigeants (actuels et aux candidats) l'importance primordiale du sujet.

Tous ruinés dans dix mois par Jacques Attali

mercredi 10 ao?t 2011,

Si les hommes politiques se conduisent enfin en hommes d'Etat et prennent la mesure de la gravité de la situation, les solutions existent pour sortir l'Europe de la crise.

Les marchés ne laissent aucun répit aux peuples aussi longtemps que les hommes politiques ne se conduisent pas en hommes d'Etat.â?¨ Cette vieille loi, valable depuis des siècles, est aujourd'hui d'une cruelle actualité.

Il ne sert a rien de refaire l'Histoire ; de répéter que si les décisions prises au dernier sommet européen l'avait été 18 mois plus tôt , il n'y aurait pas de crise de l'euro aujourd'hui, car l'eurozone disposerait de l'outil technique et de l'arme juridique pour contrer la spéculation. En particulier, les banques ne pourraient plus, en même temps et au sein du même établissement, constater des pertes sur les emprunts d'Etat d'un pays et vendre à découvert ces mêmes obligations.

Il est désespérant d'avoir à répéter qu'existe aussi une solution aux problèmes structurels de l'Eurozone ; une solution que beaucoup proposent depuis des années : la mutualisation d'une part plus grande de la TVA entre pays de l'Union, pour financer le service d'eurobonds émis par une entité ad hoc de l'euro zone. Ces eurobonds pourraient utilement se substituer à une partie des dettes nationale et permettre à l'Europe de réinventer son avenir industriel, entrepreneurial et technologique ; et de rembourser sa dette par la seule manière raisonnable, la croissance. Cela ne dispenserait pas d'effort les pays les plus endettés ; c'est à leur portée : il suffirait par exemple de taxer pendant dix ans de 1,5% la fortune privée des Italiens (qui est, en proportion, près de 25% supérieure a celle des autres européens) pour faire disparaître la dette publique de ce pays.

Seulement voilà : les dirigeants européens, sous l'influence de groupes de pression a courte de vue, et incapables de penser la politique hors des exigences de la finance, n'ont pas cru à la gravité de la dynamique en marche depuis la fin de 2007. Ils se sont contentés de naviguer au plus près, d'illusoires sommets européens en G20 de pacotille, repoussant les échéances par des mesures minuscules et de déclarations contradictoires.

S'ils ne veulent pas rester dans l'Histoire comme les fossoyeurs de l'euro, et de l'Union, les dirigeants européens doivent agir très vite. Ils doivent convoquer un nouveau sommet de l'eurozone, qui décidera enfin de ce pas nécessaire vers le fédéralisme en Europe. Et qui, en attendant que cela puisse entrer en vigueur, après le vote des parlements nationaux, qui devront pour cela être convoqués au plus tôt, autoriserait la BCE à défendre la valeur de l'euro et la liquidité du système bancaire par tous les moyens a sa disposition, même les moins orthodoxes.

S'ils ne le font pas, ou s'ils ne réussissent pas à convaincre leurs partenaires de le faire avec eux, les événements continueront de s'enchaîner vers le pire. Ceux qu'on accusait, il y a peu encore, de pessimistes, passeront alors pour de doux rêveurs. En particulier, dans ce cas, les élections présidentielles françaises se dérouleront dans un contexte de débandade, de remise en cause de l'existence même de l'union et d'une récession plus grave encore que celle de 2008.

Alors, les peuples rappelleront à ceux de leurs dirigeants qui n'auront pas su maintenir l'Europe comme la région économique la plus riche et la plus prospère du monde la dimension tragique de l'Histoire.

Jacques Attali

http://www.jforum.fr/forum/france/article/tous-ruines-dans-dix-mois-par?tm_source=activetrail&utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter%20du%2010/08/2011

Les articles de Morad El Hattab

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-sauvetage-de-l-europe-ou-l-art-95329

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/une-crise-financiere-98252