Fabrice Lardreau a accordé un entretien à Babelio à l'occasion de la sortie (aujourd'hui) de son nouveau roman : Un certain Pétrovitch. En voici le début :

Après Nord absolu, roman assez sombre, vous revenez avec un livre au ton burlesque. Était-ce une volonté de trancher avec votre roman précédent ?
Ce n`est pas calculé. L`idée m`est venue un soir, sur le périphérique, en apercevant sur le flanc d`un immeuble cette affiche de Spiderman III qui m`a amusé. Je me suis demandé ce qui se passerait pour la personne qui habitait à hauteur de l`épaule du super-héros. Éa a démarré comme ça. J`ai tout de suite eu la première phrase du livre. Les romans,pour moi, naissent souvent d`une image, d`une situation, pas d`une idée abstraite. Pour Un certain Pétrovitch tout est parti de là : j`ai exploré mon personnage, son passé et son devenir. C`est parti d`un côté presque anecdotique pour aboutir, par strates successives,à travers le parcours du personnage et la revisitation du Manteau de Gogol, à quelque chose, je l`espère, de plus universel.

La nouvelle de Nicolas Gogol, Le Manteau, occupe une place très importante dans ce roman. Comment l`avez-vous découverte ?
Mon narrateur a en effet perdu son manteau comme Akaki Akakievitch dans la nouvelle de Gogol. J`ai découvert cette nouvelle à 17 ans, dans les mêmes circonstances que mon personnage. Elle m`a tout de suite touché, sans que je puisse le formuler précisément ' je n`étais pas très littéraire à cette époque. Ce n`est que plus tard, quand j`ai commencé à écrire et que j`ai relu plusieurs fois ce texte, que j`ai compris à quel point il était beau, fort, universel, et à quel point l`interprétation qu`en fait Nabokov était juste.

Nabokov est cité en exergue du roman, dans un passage où il évoque Le Manteau. Est-ce lui qui en a le mieux parlé jusqu`à présent ?
La citation placée en début d`un livre est souvent sa clef de sol, elle donne le ton du roman. C`est aussi un hommage à un auteur qu`on admire. Nabokov a exprimé avec une clarté, une profondeur d`analyse et, en même temps, une extraordinaire simplicité, la portée de cette nouvelle, qui résume tout le pathétique de la condition humaine. Comment vit-on sans une passion, une obsession qui donne un sens à notre existence et, dans le même temps, en rappelle la futilité et la triste finitude ?

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