Article de Benoît Duteurtre dans Marianne sur le livre de Fabrice Lardreau, Un Certain Pétrovitch

Les losers magnifiques

Avec humour et fantaisie, trois romanciers quadragénaires s'intéressent aux états d'?me du m?le contemporain.

... Autre romancier quadragénaire (salué à ses deôuts par Houellebecq), Fabrice Lardreau, dans Un certain Pétrovitch, joue également avec le passé littéraire. Son histoire d'un employé de bureau fait référence à une nouvelle de Gogol, le Manteau, dont la lecture accompagne le narrateur dans ses rêveries extravagantes. Mais ce roman vaut surtout par la drôlerie de l'intrigue. Patrick Platon Pétrovitch, banlieusard timide, se prend en effet pour Spiderman depuis ce jour où il a osé donner un ordre à sa subordonnée, Mme Humbert. Pour échapper à la platitude quotidienne, il s'invente une double vie à l'image du super-héros, pressé d'empêcher un attentat dans le métro, il se jette sur la valise piégée d'un passager... qui se révèle n'être que le bagage d'un touriste. Et puis Pétrovitch, au fil des nuits, ou de ses fantasmes, s'envole en Amérique et rejoint l'école des superhéros pour suivre un entraînement intensif.Le développement du récit peut sembler parfois sophistiqué en regard de cette idée simple et forte.
Mais Lardreau nous tient aussi par son style ironique et raffiné...