Que c'est difficile d'épouser le mot mariage Ce piège empoisonné qui peut étouffer les meilleurs sentiments. Prenez Roger-Louis, héros de la première nouvelle: Après sa rupture avec la jeune fille rousse, il s'attache à une femme exclusive qui le coupe de ses relations les plus proches. Peut-être qu'il n'attendait que cela, au fond, être englouti comme Jonas par une baleine, pour ne plus avoir peur. La narratrice (Claire Julliard elle-même ?) a peur dans tous ses textes. Cette peur de la solitude, cette peur de la promiscuité...
Plus rien n'est simple. La vie mode d'effroi. Toujours un peu bancale, telle l'héroïne, comme un tabouret... sous le pied duquel on finit par glisser un bout de carton pour le stabiliser. Ainsi, Claire Julliard, dans ses textes, sensibles, lucides, dit deux ou trois choses du monde d'aujourd'hui: c'est finalement beaucoup.
Avec discrétion et un humour tranquille, elle peut marcher sur le lac gelé sans en briser la glace.
Un exploit.