J'espère qu'Alain Badiou me pardonnera cet emprunt, mais ayant publié les trois premiers Circonstances, je dois toujours bénéficier de mon AAA.

Il y a longtemps que nous consacrons ce blog exclusivement à la promotion des publications des ELS et abandonné les discussions à b?tons rompus, dont je suis un peu nostalgique. Je propose donc cette question aux commentateurs à partir de la conclusion du réquisitoire d'Ernest Pinard contre Madame Bovary :

"Cette morale stigmatise la littérature réaliste, non pas parce qu'elle peint les passions : la haine, la vengeance, l'amour ; le monde ne vit que là-dessus, et l'art doit les peindre ; mais quand elle les peint sans frein, sans mesure.

L'art sans règle n'est plus l'art ; c'est comme une femme qui quitterait tout vêtement. Imposer à l'art l'unique règle de la décence publique, ce n'est pas l'asservir, mais l'honorer. On ne grandit qu'avec une règle. Voilà, messieurs, les principes que nous professons, voilà une doctrine que nous défendons avec conscience."

Ernest Pinard, à l'époque (1857) , est procureur impérial et il deviendra, par la suite, Ministre de l'Intérieur de Napoléon III. Depuis, l'Etat, puis la Justice se sont progressivement désengagés de leur rôle de censeur des oeuvres romanesques.

Qui sont les Ernest Pinard d'aujourd'hui, disons depuis la dernière guerre mondiale, et que poursuivent-ils?