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vendredi 29 juin 2012

1914. "Laisser les cendres s'envoler" de Nathalie Rheims par Jean-Claude Perrier dans LIVRES-HEBDO (avant-papiers)

THE SONG OF SILENCE

Avec ce quatorzième roman, qui se situe dans sa veine la meilleure, celle de l'intime, Nathalie Rheims signe sans doute son livre le plus personnel. Dans un style très épuré, presqu'acéré, elle alterne scènes dramatiques et cocasses.

Pour la première fois, Nathalie Rheims consacre un livre à sa mère morte. Ce livre n'a pas dû être facile à écrire pour Nathalie Rheims. D'ailleurs, elle a mis dix ans, après que sa mère fut morte, pour s'y risquer.

Non point qu'elle ait eu à faire ce qu'on appelle communément son "travail de deuil". Dans son cas, et c'est peut-être le plus terrible de cette histoire, son deuil était déjà fait : du vivant même de cette femme à qui elle reproche, somme toute, de l'avoir abandonnée à l'adolescence, juste quand une fille a le plus besoin de sa mère. Puis de l'avoir totalement sacrifiée à la passion délirante, exclusive et destructrice qu'elle a vouée ensuite à son second mari, un "sculpteur conceptuel" pontifiant, imbuvable, intéressé et infidèle, que Nathalie appelle "le vampire"

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1915. "Riefenstahl" de Lilian Auzas par Jean-Claude Perrier dans LIVRES-HEBDO (avant -papiers)

LA CINÉASTE D'HITLER

UN JEUNE ÉCRIVAIN, LILIAN AUZAS, ROMANCE LE PARCOURS - CONTROVERSÉ - DE LÉNI RIEFENSTAHL.

Ce premier roman, très personnel et hors des sentiers battus est maîtrisé, brillamment mené et écrit, sans concession pour l'héroïne. Lilian Auzas possède toutes les qualités pour faire un bel écrivain.

"Elle a légué à l'humanité d'horribles chefs-d'oeuvres" - ses documentaires à la gloire de l'esthétique nazie, dont Triomphe de la volonté, en 1935, tourné malgré Goebbels, ou encore Olympiad, sur les J.O. de Berlin de 1936, qui ne sortira que deux ans plus tard et connaîtra un triomphe international - "mais aussi de somptueux hymnes à la beauté de ce monde (je pense aux photographies des Noubas, à son documentaire "Impressions sous-marines"

Ainsi, à la fin de son roman, Lilian Auzas résume-t-il la trajectoire créative de la très controversée Léni Riefenstahl (1902 - 2003). Ces phrases montrent aussi toute l'honnêteté intellectuelle avec laquelle le jeune écrivain a mené à bien son singulier projet. Car enfin, pourquoi un Français de 30 ans s'intéresse-t-il aujourd'hui à la grande ^prêtresse des grands-messes du Reich, à la star ambitieuse et insupportable des années sombres, à cette femme qui "adulait Hitler"?

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vendredi 22 juin 2012

1912. Valérie Dréville lit Hélène Bessette (Si et Suite Suisse) Au théâtre du Rond point par Pascale Fautrier pour médiapart.

Je m'occupe de vous personnellement

Par Pascale Fautrier

21 juin, 18h55. Vent contraire dans la rue de Rivoli : mon vélo fait du surplace. C'est commencé quand j'arrive au Théâtre du Rond-Point : un jeune homme rose en slip blanc boit déjà l'eau des plantes à même le seau, sur l'air de Norma.

Adoration à la lune dans la forêt sacrée : les herbes guérisseuses ont envahi la scène. Des colibris étincellent sur le jasmin des Florides. Casta Diva, che inargenti queste sacre antiche piante. Les fenêtres sont ouvertes côté jardin, mais je ne vois pas sur quoi. Ca fait un courant d'air avec la lucarne ouverte sur le ciel bleu au-dessus de moi.

Elles sont seules sur la scène. La charnelle, la blonde, l'écrivain-lectrice. Seules avec le téléphone dans la main. Voici le temps des personnes déplacées. Des hommes-chiens, des hommes-cheval, des hommes-poules. Toujours le même : étonnant acrobate. Qu'est-ce qu'on fait des corps? Elle a perdu son amant, elle erre sur le bord du Lac Léman. Où suis-je? Qu'est-ce que je fais là?, lit Valérie Dréville. Chaque soir, Valérie Dréville lit des passages de deux livres d'Hélène Bessette : Si, Suite suisse, .

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mercredi 20 juin 2012

1911. Hâte-toi de jouir! par Marcela Iacub

J'inaugure ici une nouvelle série de billets, sélection personnelle de textes publiés ici et là, qui viendront compléter ceux portant sur nos ouvrages. Pour commencer, un texte de Marcela Iacub dans Libé à propos de la pensée toujours plus neuve de Jean-Jacques Rousseau.

"Tout un chacun se plaint que la vie est trop courte, que demain on sera vieux. Que demain, on sera mort. Ce désespoir que nous ressentons pour la brièveté de la vie se manifeste avec plus d’éclat que jamais lorsque nous déclarons que quelqu’un est mort trop jeune. Comme si le scandale métaphysique d’avoir un temps qui nous est compté par un Grand Avare se redoublait de ces morts prématurées. Et, plus nous dénonçons notre condition d’êtres dans le temps, plus ces morts nous apparaissent comme étant la plus grave injustice qui soit.

Pendant ces jours de célébrations du trois-centième anniversaire de la naissance de Rousseau et afin d’amoindrir leur malheur, cette foule de grincheux devrait réfléchir à ces quelques lignes du chapitre V d’Emile. «Les hommes disent que la vie est courte, écrit-il, et je vois qu’ils s’efforcent de la rendre telle. Ne sachant pas l’employer, ils se plaignent de la rapidité du temps, et je vois qu’il coule trop lentement à leur gré. Toujours pleins de l’objet auquel ils tendent, ils voient à regret l’intervalle qui les en sépare : l’un voudrait être à demain, l’autre au mois prochain, l’autre à dix ans de là ; nul ne veut vivre aujourd’hui, nul n’est content de l’heure présente, tous la trouvent trop lente à passer …, et il n’y en a peut-être pas un qui n’eût réduit ses ans à très peu d’heures s’il eût été le maître d’en ôter au gré de son ennui celles qui lui étaient à charge, et au gré de son impatience celles qui le séparaient du moment désiré.» Le temps qui nous est accordé est donc trop court parce que nous ne jouissons que de très peu de jours, très peu d’heures de notre vie. Le reste du temps nous attendons, nous nous emmerdons, nous sentons le temps passer et nous nous réjouissons lorsqu’un quelconque amusement le fait couler plus vite comme s’il était un médicament amer. Et si nous examinions notre âge du point de vue du temps joui et non pas subi nous serions peut-être aussi jeunes qu’un nourrisson.

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mardi 5 juin 2012

1910. Sibylle Grimbert par François Bégaudeau

François Bégaudeau se livre depuis quelque temps à un exercice critique d'un genre nouveau : l'analyse d'une phrase prise plus ou moins au hasard dans ses lectures, qui lui sert de révélateur du style et de l'univers d'un écrivain.

Cela s'appelle le Blog-phrase et se trouve sur le site begaudeau.info. Le Blog-phrase n5 est consacré à Sibylle Grimbert, pour une phrase tirée de La Conquête du monde (p. 238) :

Chose étrange, il avait un Bic dépassant de sa poche poitrine, or que faisait un Bic chez les morts, qui n'ont pas besoin d'écrire puisqu'ils sont omniscients ?

Si vous voulez savoir comment, à partir de là, Bégaudeau arrive à la conclusion suivante :

« La Conquête du monde est un roman kafkaïen. L'adjectif est si galvaudé qu'il faut insister. On dit bien : kafkaïen. Intimement, stylistiquement. Ni bureaucratie, ni homme-insecte, ni prescience du totalitarisme, ni Chteau, mais de la logique plaquée sur de l'absurde, du bon sens sur du biscornu »

ou encore à ceci :

« L'écrivain aime bien s'acoquiner avec les morts, prétendre que ce sont les morts qui tiennent la plume, mais il devra se résigner à l'idée que ce sont bien des vivants qui écrivent, que l'écriture est, dans son incomplétude, la marque de la vie »

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samedi 2 juin 2012

1909. "Emouvant, violent, joyeux" : Fors intérieurs d'Isabelle Boccon-Gibod dans Le Monde

Fors intérieurs
Rendez-vous avec des mathématiciens
d'Isabelle Boccon-Gibod

Que se passe-t-il dans la tête d'un mathématicien ? Les réponses seraient certainement aussi variées que le nombre de chercheurs examinés, mais l'auteur a choisi de demander à huit d'entre eux (dont deux femmes) de décrire leur travail. Heureuse surprise, la technique laisse la place à l'intime, écartant toute difficulté de lecture. Ces courts récits personnels montrent la passion qui anime ces esprits, mais aussi leurs angoisses (après des vacances, sauront-ils encore faire des maths ?) ou leur solitude. Beaucoup décrivent aussi cette sorte de sixième sens qui les conduit à être à l'aise dans plusieurs dimensions de l'espace ou à « voir » les chemins d'un raisonnement au milieu des mondes abstraits. Certains aiment le bruit, d'autres griffonnent des tas de feuilles ou parlent fort avec des collègues. Émouvant, violent, joyeux, c'est une fascinante manière de parler des maths autrement que par leur beauté, leurs progrès ou leurs applications.

Le Monde
26 mai 2012

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