Pionnière du Nouveau Roman, aimée par Duras, Sarraute (wikipedia) Je téléphone. Communication coupée. Interceptée. Un inconnu répond. Voix de gorge. Voix pleine. Et : - I'm sorry. Il y a erreur. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre. Ils sont seules. Avec leur téléphone. Alors ils nagent. Et elles tombent. Il paraît que les textes, certains soirs, c'est violent : on entend la guerre qui vient, les mitrailleuses et l'impact des bombes. La haine : Voici le temps des sans-abri, des sans-papiers, des sans-familles, des sans-amis.

Mais ce soir, c'est après l'orage : tendre. Les pétales de roses par terre. Les feux de la Saint-Jean. Et chaque fois les feuilles mortes /Te rappellent à mon souvenir /Jour après jour les amours mortes /N'en finissent pas de mourir. L'homme-cheval nage dans l'eau qu'il expulse de sa bouche en nuages. Il pleut. La blonde monte sur le bord de la fenêtre. Je suis dans le courant d'air. La charnelle ouvre son peignoir, montre ses seins (et ses ailes) : oui, Deneuve/Bunuel (on rit beaucoup aussi). La musique du Mépris : elle n'a pas sauté par la fenêtre. A défaut de mort, le grand désespoir de l'exil. Ils sont seules sur la scène. Pour être libres, il faut un passeport et de l'argent. Mais je les oublie tout le temps dans ma chambre. On est seuls avec eux. Qu'est-ce qu'on fait des corps? L'air, la terre, l'eau, le feu.Yves-Noël est assis à quelques personnes de moi, je ne l'avais pas vu (depuis cinq ans peut-être) : il a toujours son air d'Iggy Pop enfant. Il dit : je vais vous dire qui sont. On croit : les noms des comédiens (puisqu'il est le metteur en scène). Non : les plantes, sur la scène, différentes chaque soir, côté jardin évidemment. On les appelle des délaissées. Les délaissées des jardins à la française. On entend moins les oiseaux. La circulation des Champs Elysées entre dans la maison. C'était sa maison de rêve à Yves-Noël, il nous avait invités et on va se retrouver dehors, expulsés dans la ville. Je me souviens : on avait parlé des femmes qui font la vaisselle dans Nathalie Granger, la maison de Marguerite Duras, et des petits carnets où il note au vol ces dialogues qu'on entend par bribes (ils parlent tout bas dans les coulisses vertes) : non, là, je peux plus tenir, il faut que j'aille faire pipi. Tant pis : Attitude d'esprit : refuser la haine. Retrouver la mentalité des heureux peuples sans guerre, sans invasion. Hélène Bessette.

C'est comme si mon cerveau avait pris l'air. J'achète Si à la librairie.

Dehors, le vent est tombé, le ciel d'orage est nettoyé. La Seine est bleu clair, le ciel transparent, la lumière éclatante. Le Soleil n'a jamais été si jaune. Sur la passerelle des Arts, une rangée de CRS regardent un groupe chanter A la Bastille, on l'aime bien Nini Peau de Chien. Quelqu'un dit : On dirait que c'est la fin de quelque chose, on dirait que quelque chose de nouveau va arriver. '' Je m'occupe de vous personnellement'', mise en scène :Yves-Noël Genod, Thé?tre du Rond-Point, 19h, jusqu'au 24 juin (dimanche : 15h30). Avec : Valérie Dréville, Marlène Saldana, Alexandre Styker, Dominique Uber, Marcus Vigneron'Coudray, Yves'Noël Genod.