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mardi 31 juillet 2012

1930. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Noann pour LIVROGNE dans la catégorie "Grand vin"

Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion. Cette phrase de Saint Augustin a été choisie cette semaine par le site littéraire Livrogne.com consacré à la passion des livres qui sont dégustés et classés comme des millésimes. Leurs critiques littéraires, attribuent des verres comme d'autres des étoiles et n'ont rien à envier aux meilleurs crus de la presse.

Laisser les cendres s'envoler – Nathalie Rheims : Catégorie "Grand vin".

« â€†J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion.  »

Par ces mots chargés de sens débute le quatorzième roman de Nathalie Rheims. Mais s'agit-il vraiment d'un roman ou d'une auto-biographie ? Le doute plane un peu, tout au long des pages. Tant la présentation de l'éditeur que l'introduction de l'auteur laissent penser à une histoire fictive… Pourtant on sent beaucoup de conviction, de réalisme, d'affect personnel… S'agirait-il d'une Å“uvre intermédiaire, qui marie la puissance du réalisme à la force de l'imagination ? Un travestissement peut-être, d'une réalité trop sombre, trop lourde, un arrangement avec les morts, sous le fardeau de l'hypocrisie imposée par une famille bien pensante…?

La famille justement, elle est au centre de cette histoire. Elle est imposante, dominante. C'est une famille de capitalistes notables et notoires, bien établie depuis des générations. Une famille où tout ne se dit pas, où les sentiments sont considérés comme nuisibles. Il ne fait pas bon critiquer, surtout les siens. Il ne faut pas s'exprimer directement, ouvertement. Dans ce milieu-là, la vérité ressemble quelquefois à un blasphème, surtout lorsqu'elle touche à la personnalité. À moins que cette façon de voir les choses soit celle pressentie par la narratrice, par le miroir déformant de ses émotions.Laisser les cendres s'envoler

La mère est en point de mire. Presque toujours absente dans la vie. Omniprésente dans le récit, dans les souvenirs. Elle a quitté sa fille, la narratrice, brutalement, à un ge où la présence d'une mère aimante compte plus que tout. Elle est partie pour un hidalgo, un magicien, un artiste, qui l'a subjuguée habilement. Pour lui elle aurait tout fait, elle a tout fait, elle a tout donné. Et la fille subitement n'avait plus d'importance… Longtemps après, après la mort de la mère, la fille se souvient et dresse un portrait touchant de cette mère ambivalente, qui a fait tant défaut, tout en monopolisant chacune de ses pensées… La fille ressuscite des sentiments inhumés depuis longtemps, et qui n'avaient finalement pas assez vécu. La fille parle de sa mère. Elle parle à sa mère, lui pose des question, tente des réponses…

L'écriture est concise, ciselée, fluide. Les phrases ouvragées. L'émotion omniprésente. Chaque mot parle et évoque la douleur d'un passé qui ne cesse de hanter le présent, dans ses moindres instants…

C'et pu être mortellement ennuyeux. La plupart des écrivains évoquent tôt ou tard leurs parents, avec plus ou moins de brio. Mais l'auteure de « Laisse les cendres s'envoler » évite les pièges usuels du genre, le narcissisme, le pathos, les anecdotes trop personnelles, l'excès d'enthousiasme… L'histoire est un peu amère dans le fond, mais vue par une plume qui cherche à comprendre, avec une lucidité implacable, qui ne condamne pas. Avec talent, l'auteure nous introduit dans cette famille éclatée, par le jeu des pensées, des souvenirs ambigus, riches de sens, et des émotions authentiques et profondes.

Article publié par Noann le 30 juillet 2012 dans la catégorie Grand vin

lundi 30 juillet 2012

1929. GALIGNANI.

Les Éditions Léo Scheer et La Librairie Galignani, "Experts en matière littéraire", l'un des QG de Karl Lagerfeld, dirigée par Danielle Cillien-Sabatier, ont le plaisir d'annoncer la soirée donnée le mardi 18 septembre 2012 de 19h à 21h, 224 rue de Rivoli Paris 1er, à l'occasion de la présentation du livre de Nathalie Rheims : Laisser les cendres s'envoler, (en librairie le 22 aot 2012).

dimanche 29 juillet 2012

1926. laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Claire pour ONIRIK

Un livre qui se lit sans lassitude ni temps mort, grce à une fluidité du texte, une intimité des sentiments, une connivence née par le prisme des mots. Touchant.

Avis de Claire

A chaque fois que Nathalie Rheims prend la plume, le lecteur sait qu'il va à la rencontre de la fluidité, de l'exigence des mots, mais surtout de la sincérité du récit.

C'est le cas avec cet ouvrage poétiquement intitulé Laisse les cendres s'envoler dans lequel une femme qui lui ressemble singulièrement laisse entrevoir une partie de ses souvenirs, avec en palimpseste à peine voilé, un magnifique portrait de femme libre, rebelle et terriblement égocentrique.

L'image de la mère, - et en particulier le récit de sa mort -, est livrée sans fards, sans artifices, presque comme une blessure à vif, comme une vilaine plaie à cautériser. "Laisser les cendres s'envoler" c'est finalement faire oeuvre de bonne volonté, c'est une profession de foi pour aller mieux.

L'exercice de l'écriture apparaît alors comme une nécessité et pas seulement comme un moyen, même si les mots naissent dans la douleur, ce que la narratrice concède volontiers " Il m'a fallu beaucoup de temps pour oser écrire cette histoire et tout remettre à plat. Tenter de faire revivre celle que je n'arrivais pas à convoquer (...)."

Le livre-confession de Nathalie Rheims se lit d'une seule traite. On y rentre en catimini, avec cette sensation de traverser son intimité sur la pointe des pieds, conscients que nous sommes de son lourd héritage.

Présentation de l'éditeur

Dans son quatorzième roman, Nathalie Rheims laisse apparaître, pour la première fois, la figure de la mère. Une femme se souvient, des années plus tard, du jour où, quand elle était adolescente, sa mère l'a abandonnée. Sa croyance en un amour maternel absolu, irrévocable, était-elle une illusion  ?

Avec une lucidité intransigeante, Laisser les cendres s'envoler livre les secrets d'une relation brisée, les non-dits d'une famille singulière, les troubles enfouis qui, pour être démêlés, requièrent souvent une vie entière. Mêlant émotion et férocité, ironie et tendresse, Nathalie Rheims dévoile ses vérités les plus intimes, et invite le lecteur à venir à sa rencontre.

Claire pour Onirik

lundi 23 juillet 2012

1925. Les Grimaces de Jennifer Murzeau par Myriam H. pour MAD MOI ZELLE

Les Grimaces : Le livre de la semaine

Pondu par Myriam H. le 19 juillet 2012

pour Mad MoiZelle.

Chaque semaine, Myriam H. viendra vous parler littérature, vous faire découvrir un auteur ou un bouquin qui mettra du soleil dans vos petits cÅ“urs. Aujourd'hui, elle vous parle du premier roman d'une jeune écrivaine, Les Grimaces.

Sorti début juin 2012, Les Grimaces est le premier roman de Jennifer Murzeau, une journaliste de 28 ans qui vit et travaille à Paris. On y suit les parcours croisés d'Alain, Angelica et Marie, trois employés d'une chaîne de télévision qui s'y sentent mal, pour diverses raisons, et s'ignorent mutuellement.

Alain, le lien invisible

Alain Hussard est le personnage, quasi-invisible, qui ouvre et clôt Les Grimaces. Employé de bureau terne et banal, qui n'inspire que l'indifférence, il se méprise sans grande conviction et éprouve principalement une lassitude intense à l'idée que sa vie restera toujours telle qu'elle est, sans remous, sans changement, dans la grisaille parisienne. Salarié anonyme d'une grande chaîne de télé, loin des combats d'ego et des promotions arrachées à coups de couteau dans le dos, il suit son petit bonhomme de chemin sans enthousiasme, sans désir, ne rêvant que d'avoir un ami, peut-être, un jour. C'est James McAvoy au début de Wanted, c'est ce fantôme gristre des open spaces qui ne sera jamais mis en valeur, jamais dans la lumière, sauf le jour du pot de départ peut-être, quand il y aura du Coca tiède et des petits fours surgelés.

Angelica, la fureur sous-marine

Angelica est la vraie héroïne des Grimaces, celle qu'on suit le plus longtemps, celle sur laquelle on en apprend le plus. Chargée de production pour une émission similaire à Toute une histoire, elle subit sans cesse les remontrances de sa collègue aux dents longues, est ignorée par tous les autres employés, trop préoccupés par leurs luttes intestines et leurs soirées mondaines. Elle vit seule, mange seule, dort seule, mais la lassitude qui prévaut chez Alain laisse place, chez elle, à une fureur proche de la démence.

Énervée contre ses parents incapables de l'aimer, contre sa soeur qui réussit mieux qu'elle, contre sa solitude et le mépris dont elle est victime, Angelica focalise sa haine et sa frustration contre Marie, belle et élancée, séductrice et intelligente, cette collègue à qui tout réussit, qui ne lui accorde jamais un regard, qui possède tout ce qu'elle n'a pas. Elle sombre lentement dans une obsession dangereuse, exorcisant sa douleur dans des fantasmes de violence qui pourraient bien prendre corps si Angelica lche prise.

Marie, l'inattendue complexité

Marie, justement, la belle plante qui n'a aucune raison de se plaindre, complète de façon inattendue ce triptyque de losers sur la corde raide. Car si elle sait jouer de sa plastique et séduire sans franchir le pas du « coucher pour réussir », Marie est lassée de n'être vue que comme des seins, de longues jambes, un ventre plat, des cheveux soyeux. En charge d'une émission littéraire menacée, l'idée de s'avilir à nouveau devant le patron de la chaîne la révulse, et elle comprend, étrangement, la détresse d'Angelica sans se douter de la haine que celle-ci lui porte.

Une violence sourde, mais omniprésente

À travers ces trois mes perdues, Jennifer Murzeau parle sans douceur de la violence omniprésente dans certaines entreprises, particulièrement intense dans le monde du spectacle et de l'audiovisuel. Ce qui déprime Alain, ce qui rend Angelica à moitié folle, ce qui force Marie à jouer de ses charmes, c'est cette course au « meilleur », au plus occupé, au plus juteux contrat, avec les luttes ridicules, les mesquineries, le mépris de chaque personne ayant un peu de pouvoir et l'utilisant pour rabaisser, écraser, épuiser ceux qui en ont moins. Un roman très mature et prometteur, qui fait réfléchir sur l'attitude que tout un chacun peut avoir au travail et en dehors, et sur la souffrance silencieuse de ces « invisibles » que nous croisons quotidiennement.

Myriam H.

lundi 16 juillet 2012

1924. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Jérôme Béglé dans les 30 romans de la rentrée du POINT.fr

FAMILLE JE VOUS HAI...ME.

Par Jérôme Béglé pour Le Point.fr

Chaque jour Le Point.fr sélectionne un extrait d'un livre de la rentrée littéraire 2012.

Découvrez les premières pages de "Laisser les cendres s'envoler" de Nathalie Rheims :

J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion. Tout reste plat comme une mer gelée, pas un seul petit frémissement à la surface de l'eau. Quand je pense à elle, il ne se passe rien.

Je l'avais perdue bien avant qu'elle ne meure et, dès qu'elle traverse mes pensées, mes souvenirs deviennent des ombres chinoises même si, parfois, un instant apparaît dans le vide, un éclat du passé semblable à du verre, fragile et transparent.

Je devrais m'en vouloir, me sentir coupable, éviter de poser ces questions sans réponse et qui resteront à jamais lettre morte. Mais, en même temps, ce qui m'attire, ce qui me pousse vers l'avant, au risque de me faire trébucher, c'est ce néant surgissant dès que je pense à elle.

Le rien de cette relation est devenu chez moi aussi profond que l'absence de désir d'enfant. Impossible de m'imaginer donnant la vie. À sa façon, ma mère s'est enfuie avec la mienne, me laissant sans réponse face au froid qui s'installe à sa seule pensée.

Une cantate de Bach, la 51e, chantée par Suzanne Danco. C'est par là que je peux commencer, tenter d'attraper quelques bribes de ce que nous avons vécu elle et moi. En l'écoutant me revient l'image de ce gramophone posé sur une table, puis la sonorité nostalgique de ce disque de vinyle égrainant son léger grésillement, derrière lequel étincelait la voix si pure de la cantatrice.

J'avais neuf ans. À ce moment-là j'aimais encore ma mère. Quand ai-je perdu sa trace ? Par quelle tourmente le brouillard est-il venu tout recouvrir ?

Dans ma famille tout le monde s'est toujours tu, comme si parler était indécent, comme si les mots étaient des injures. La bienséance, la bonne éducation s'accompagnaient forcément d'un épais silence. Parler oui, mais pour ne rien dire. Bavarder plutôt, de tout et de rien. À la question « Comment vas-tu ? », ne jamais s'écarter de la seule réponse possible : « Très bien. » Dire que j'allais mal, que des doutes pouvaient me torturer, c'était inconcevable.

Je suis née dans une famille singulière, avec tant de ramifications, de secrets. Comme dans la plupart des familles sans doute, mais je ne peux écrire que sur la mienne. Née d'un père aussi incertain qu'invisible et d'une mère morte pour moi avant qu'elle ne le ft vraiment, souvent je me disais que l'on m'avait déposée sur des marches et qu'ils m'avaient recueillie.

Dès que j'eus un vague état de conscience, tout, autour de moi, me parut étrange, les lieux où je grandissais, les gens que je voyais, les propos que j'entendais le soir en m'endormant. Tout m'était étranger. Je rêvais alors que quelqu'un me retrouvait pour m'emmener dans un endroit où je me reconnaissais, une chambre avec du papier à fleurs et des poupées de fête foraine vêtues de robes de satin jaune et mauve.

Mon enfance fut solitaire, si solitaire que je le suis restée. Je me sentais minuscule. Tout ce que je voyais m'apparaissait démesuré, gigantesque.

Je me souviens d'un étang gelé, d'un domaine si étendu qu'il m'aurait fallu une vie entière pour en faire le tour, d'un chteau si vaste qu'il me semblait impossible de le traverser, d'une salle à manger constellée de miroirs où se reflétaient des fées et des sorcières, d'une chambre aux murs en tissu où volaient des oiseaux. Je me souviens de moi, assise devant d'immenses fenêtres, attendant en vain que ma mère vienne me dire bonsoir, me lire une histoire, me raconter que tout cela n'était qu'un conte pour s'amuser à se faire peur.

Me retrouver dans le dédale des souvenirs, savoir exactement à quel moment de ma vie j'ai perdu sa trace. Comprendre ce qui s'est cassé. Je voudrais faire resurgir le passé, le vrai comme le faux, le réel et l'imaginaire, sans faire le tri. Savoir enfin pourquoi le silence est une fatalité, une astreinte. Me laisser aller vers ce qui me pousse à ouvrir la boîte aux secrets, ceux qui ne se disent pas. Quelle éducation ai-je reçue pour croire que parler c'est le diable et que se taire c'est Dieu ?

Aussi loin que je remonte dans mon enfance, j'ai toujours eu une conscience nette et absolue des êtres qui m'entouraient. Je les devinais. Je savais que je n'avais pas été élevée comme les autres enfants. Lorsqu'à l'ge de cinq ans ma mère me mit à l'école communale, cette certitude se fortifia et je compris tout de suite que pour moi les choses étaient différentes, qu'elles l'avaient été depuis l'origine, qu'elles le resteraient pour toujours.

Je me liai d'amitié avec la fille de la gardienne de l'école. J'échappais à la cantine pour la rejoindre dans sa loge et goter les merveilleux plats préparés par sa mère. Je sens encore aujourd'hui l'odeur des gteaux aux pommes servis sur une table en chêne sculpté. Il y avait des napperons de dentelles, des cartes postales du Portugal. Un buffet rempli de verres de couleurs. Sa chambre tapissée de roses, son lit et son étagère en formica, sa collection de poupées folkloriques de tous les pays trônant dans des boîtes transparentes en plastique, tout me semblait si beau, si chatoyant, y compris la télé en noir et blanc perpétuellement allumée. Tout me faisait envie. Je me sentais à l'abri.

On aurait dit une roulotte. Je me rêvais trapéziste, artiste de cirque en regardant, chez eux, « La piste aux étoiles ». Chez moi, pas de télé, pas de poupées du monde, mais une entrée immense tapissée de rouge sombre, un couloir sans fin donnant sur ma chambre, une chambre ronde comme une tour, comme un donjon. Ma mère venait parfois m'embrasser le soir en robe longue avant de sortir. « Bonne nuit », me disait-elle. Je me rêvais fille de forains, galopant sur les routes, poinçonnant les tickets de la grande roue.

J'avais pourtant conscience, déjà, de l'absurdité de ce que je ressentais. Qui aurait pu ne pas avoir envie d'appartenir à la famille prestigieuse qui était supposée être la mienne ? Qui aurait pu ne pas adorer tous ces gens charmants, élégants, si bien élevés, si gentils aussi ?

Tout le monde aimait ma mère, lui trouvait une grce hors du commun. Elle semblait pouvoir tout comprendre, tout accepter, tout pardonner. Bienveillante et toujours impeccable, ses cheveux relevés en un chignon bas. J'étais sa fille chérie, mais pourquoi écrire « j'étais » ?

Dans mon esprit cela m'assignait à être parfaite, à ce que rien ne se voie, jamais, ni mes peines, ni mes désirs. Ma mère devait être fière de moi et je lui devais d'être la fille idéale, moi, le fruit de ses entrailles. Rien que d'y penser, cela me donne la nausée. Derrière cette façade, ce statut que je subissais docilement, je craignais que ma mère ne ft en réalité une sorte d'ogre et qu'elle n'et entrepris de me dévorer.

Dès les premiers jours de ma vie, je rejetai son lait. Je vomissais déjà tout ce qui venait d'elle. On me donna alors du lait en poudre, déshydraté, aseptisé. Peut-être avais-je compris, malgré l'amour que j'avais pour elle, que je devais rester sur mes gardes, pressentant qu'elle était toxique, détraquée, dangereuse pour moi.

Depuis son premier livre L'un pour l'autre en 1999, Nathalie Rheims redonne vie aux disparus. Qu'ils soient proches d'elles (son père Maurice Rheims, son compagnon Claude Berri), qu'ils appartiennent aux siècles passés (Le cercle de Megiddo ou L'ombre des autres), c'est en eux qu'elle trouve la force et l'inspiration d'écrire. Dans Laisser les cendres s'envoler, elle prend les accents d'une fille qui évoque l'ombre tutélaire de sa mère, omniprésente malgré son absence. La famille qu'elle décrit semble avoir construit sa solidité et sa réputation sur le culte de la discrétion. "Never explain never complain" pourrait être son unique devise. Sous des dehors enviables dorment de vieux démons, et de grandes hypocrisies. On ne condamne jamais le comportement de l'un des siens, même s'il heurte la morale ou blesse un autre membre de la famille. Pourvu que tout cela ne se sache pas, l'honneur est sauf... L'enfant grandit sous cette chape de plomb. Devenue adulte, elle voit sa mère s'éloigner dans un de ses voyages que l'on sait sans retour. Elle tente de tirer les sonnettes d'alarme, mais aucun pompier ne vient à son secours. Ce jeu de l'oie entre les ombres de l'me et les ors du décor de cette dynastie finira mal...

Le grand défi de l'automne consistera à démêler le vrai du faux, à comprendre ce qui tient des souvenirs et ce qui est à mettre au crédit de la fiction. L'ouvrage est si finement tissé que le lecteur n'en a cure. La sorcière et sa méchanceté bonasse, l'artiste peintre et ses oeuvrettes ruineuses, l'oncle élégant qui comprend tout, mais ne répond de rien, la mère faible et amoureuse, la fille obstinée qui veut jouer les Don Quichotte... On se familiarise avec des personnages attachants. Ils sont les héros d'un roman sans temps mort, sensible, mais qui évite l'écueil de la sensiblerie.

Jérôme Béglé, le 16 juillet 2012

Par JÉRÔME BÉGLÉ

dimanche 15 juillet 2012

1923. Les 30 roman de la rentrée du Point.fr

Le Point.fr présente, cette année une sélection de 30 romans de la rentrée littéraire 2012.

Aujourd'hui, un auteur que nous apprécions particulièrement : Simonetta Greggio pour L'Homme qui aimait ma femme :

Simonetta Greggio réinvente le triangle amoureux

Par SABRINA DUFOURMONT

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1922. Dans un mois : la rentrée littéraire 2012. My BOOX fait le point.

C'est parti !

On le sait, la rentrée littéraire d'automne commence en plein été, dès le 15 août en librairie.

Tous les sites et media littéraires tentent, eux aussi, d'exister dans ce qui se présente, de plus en plus, comme une rude compétition.

Dans cette bataille, on le sait déjà, seuls quelques rares livres pourront "tirer leur épingle du jeu".

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vendredi 13 juillet 2012

1921. KIM de Angie David par Maxime Simoëns et Augustin Trapenard dans ELLE

RHABILLÉ POUR L'ÉTÉ

ET SI LES CRÉATEURS RELOOKAIENT LEUR ROMAN PRÉFÉRÉ ?

Cette semaine, Maxime Simoëns imagine un roman d'Angie David en héroïne d'Alfred Hitchcock...

Quand style rime avec crime ! Kim d'Angie David, est un roman paru en 2010 qui raconte les désillusions d'une jeune comédiznnz fascinée par les héroïne hitchcockiennes.

"C'est une obsession que je partage et j'ai été frappé à la lecture de ce livre par un certain nombre d'échos avec mon travail.

L'univers du cinéma et ses coulisses, bien sr, puisqu'il s'agit de ma première passion. Mais aussi la mise en abîme du sujet, avec ce personnage d'actrice qui se rêve dans la peau d'une autre : c'est ce même principe que j'explore pour chaque collection.

Je me souviens très bien du jour où j'ai découvert ''KIM'', l'année dernière, juste après mon premier défilé. Son auteure est une très bonne amie, et je sais qu'Angie David m'a offert son roman en fine connaisseuse de mes gots et de mes passions. En parcourant les pages, j'ai eu la sensation de revivre Vertigo, plongé que j'étais dans l'univers si léché du maître du suspense. Je me délectais de découvrir tant d'anecdotes inédites sur le monde du cinéma.

Et quel plaisir de lire un ouvrage si documenté, nourri de nombreuses références littéraires et musicales ! S'il fallaitincarner ce roman dans un vêtement, ce serait sans doute une robe corolle en gabardine, bleu profond, à découpes noires, architecturée, très cintrée...et ultra féminine. Un avant-got de ma collection printemps/été 2013 qui s'inspire de l'époque New Look.

Une égérie ? L'icône de Vertigo qui se donnait cet air fatal si cher aux actrices de l'ge d'or du cinéma américain. Une certaine Kim... Novak !"

Propos de Maxime Simoëns recueillis par Augustin Trapenard.

lundi 9 juillet 2012

1920. Les Sept Péchés capitaux de la justice française de Jean-Claude Magendie par Caroline Castets pour LE NOUVEL ÉCONOMISTE.

Jean-Claude Magendie :

« Il serait normal que la justice soit à l’égal des pouvoirs législatif et exécutif »

Les propositions de l’ancien Premier président de la Cour d’appel de Paris, pour réformer une institution qu’il juge parfois en désaccord avec son époque.

Bio express

Le gardien du temple

A 68 ans dont 37 passés dans les couloirs des tribunaux, Jean-Claude Magendie n’est pas prêt à sortir du circuit. Il vient de faire paraître un ouvrage intitulé Les Sept Péchés capitaux de la justice française (chez Léo Scheer) dans lequel il liste les dérives et manquements de la justice française et formule 21 propositions pour y remédier. Il faut dire qu’après une carrière entière passée au sein du système, il en maîtrise les rouages. Il a 25 ans lorsque, jeune diplômé de l’Ecole nationale de la magistrature, il devient auditeur de justice. Trois ans plus tard, il est nommé juge d’instruction au TGI de Toulon avant d’occuper pendant dix ans le poste de conseiller référendaire à la Cour de cassation. Nommé président de chambre à la Cour d’appel de Rouen en 1989, il passe, quatre ans plus tard, à celle de Versailles. En 1997 il devient président du TGI de Créteil, puis de Paris avant d’être nommé en 2007 Premier président de la Cour d’appel de Paris. Il est par ailleurs, depuis trois ans, membre de la commission de réflexion pour la prévention des conflits d’intérêts dans la vie publique.

Trente-sept. C’est le nombre d’années que Jean-Claude Magendie a passées au service de la justice. Près de quatre décennies qui lui auront permis de multiplier les postes d’observation et les angles de vue sur l’exercice de la justice et sur ce qui vient l’entraver. Sur ses manquements et ses dérives. C’est la liste de ces failles qu’un an tout juste après son départ à la retraite il a voulu dresser dans un livre au titre éloquent Les Péchés capitaux de la justice. Une démarche aux allures de bilan professionnel qui ne se limite pas à une revue de détail mais propose des pistes d’amélioration pour, au final, parvenir à un meilleur exercice de la justice.

Parmi ses suggestions pour réformer l’institution et la rendre plus conforme aux attentes de son époque : introduire du collectif dans la fonction naturellement isolée de juge, favoriser le recours à la médiation plutôt que le “duel judiciaire” qui prévaut aujourd’hui dans la résolution des conflits, ou encore faire passer la justice du statut d’autorité à celui de pouvoir constitutionnel pour préserver son indépendance et, avec elle, cette notion clé de séparation des pouvoirs – “Chacun dans son rôle et tous dans le même jeu institutionnel”, sans laquelle “une démocratie meurt rapidement”. A méditer.

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dimanche 8 juillet 2012

1919. Enfer de la philosophie de Jean-Clet Martin par Jean-Philippe Cazier pour MEDIAPART

A écouter, également, l'entretien avec François Noudelmann sur France Culture

Le livre de Jean-Clet Martin, Enfer de la philosophie, est bref, composé de courts chapitres. L’auteur y rassemble certaines lignes de son Å“uvre pour en souligner le dessein, les convergences, mais également rendre leurs rapports plus denses, en amplifier l’intensité ainsi que, en un sens, la violence : intensifier la pensée en l’accélérant, en établissant des rapports plus immédiats entre des lignes dispersées à travers une Å“uvre plurielle. Il s’agit de travailler un style fait de raccourcis, de chocs, d’introduire dans la pensée des vitesses plus rapides : c’est ce style, déjà à l’œuvre dans ses ouvrages précédents, que le philosophe applique à son propre travail. Ce panorama rapide de sa pensée ne propose pas cependant de « faire le point », plutôt de rassembler en instantanés les chemins parcourus, en suivre les variations et relancer la pensée. Faire le point, savoir ce que l’on a déjà fait, qu’il s’agisse de son travail ou de son existence, n’est pas intéressant – récapituler la vie de sa pensée (ou l’histoire de la philosophie) ne vaut que par un futur qui peut alors s’ouvrir : relancer la pensée, agir sur la pensée pour la maintenir en mouvement.

Ce style semblerait adéquat au monde auquel Jean-Clet Martin est attentif : monde de vitesses, de tourbillons, d’instants fugaces, fragiles. Le style de ce livre le rendrait proche des stoïciens auxquels il est fait référence, Marc-Aurèle, Epictète, Sénèque : « Pénétrer les arcanes d’une constellation, la vision de sa chute – comme cette goutte que Sénèque fait tomber d’une tuile pour dire notre fin –, cela exige une certaine vitesse …. Nul livre monumental, nulle thèse n’y tiendrait ! De simples gestes, des notes vitales ». Ces auteurs privilégiaient des formes brèves comme la lettre, la citation, la maxime ou la formule qui apparaissent nécessaires pour une pensée voulant donner un cadre à l’événement, aux vitesses constitutives du monde. Cet art de la forme brève, de la formule est recherché par Jean-Clet Martin et s’impose d’autant plus qu’il s’agit aussi de penser l’hétérogénéité inhérente au monde : « Sénèque veut du paradoxe, du court-circuit, une association brutale qui fracasse le temps pour en extraire un instant capable de tenir sur une même corde des significations contraires ». Dire et faire sentir l’hétérogénéité du monde est possible si la pensée, loin de se déployer selon la temporalité longue d’un discours dialectique, se resserre dans l’instant d’une formule qui, en un éclair, contracte ce qui bien qu’éloigné, différent ou disjoint, pourtant coexiste et fonctionne ensemble.

Comment penser l’hétérogénéité du monde, penser le monde non comme univers mais comme plurivers (Plurivers étant le titre d’un ouvrage récent du même auteur) ? La question demande que soient déterminés ce qui fait obstacle à une telle pensée, mais aussi les possibles à créer pour la rendre effective. Lorsqu’il s’agit de penser, il n’est jamais uniquement question de la pensée mais toujours, en même temps, de l’action et de la vie : comment penser, vivre et agir dans notre monde qui est un plurivers ? L’éthique et le politique sont impliqués par la réflexion, le problème étant que celle-ci se trouve largement empêchée par les conceptions du monde et de la pensée réduisant le monde à un univers, c’est-à-dire une unité homogène, cohérente, platement rationnelle – ce qui correspond à l’image dominante que la philosophie (mais pas seulement) semble développer depuis longtemps. Penser le monde comme univers et la pensée comme ordre unifié et cohérent nous empêche d’agir et de vivre dans notre monde. Repenser le monde et la pensée, l’action et la vie, demande alors d’aller voir du côté de « l’enfer », de ces zones interdites qui, barrées par la pensée dominante, mettent en évidence ce qu’est pourtant le monde et permettent d’éroder le discours philosophique commun. L’idée de la pensée comme exploration de l’enfer s’oppose bien sûr à celle qui, depuis Platon, semble ordonner l’image philosophique de la pensée définie comme élévation, ascension vers le ciel éternel et fixe de la vérité (et accessoirement de la divinité).

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vendredi 6 juillet 2012

1917. Les Grimaces de Jennifer Murzeau par Virginie Jannière pour DIRECT MATIN

Haine, gloire et beauté.

Angelina n'a pas un physique facile. Affaire apparemment délicate quand on veut évoluer dans le milieu rutilant de la télévision. Chargée de production pour une chaîne du cble, timide et esseulée, Angeline ronge son frein en attendant de se venger sur Marie, jeune présentatrice qui représente tout ce qu'elle exècre: culte de la célébrité et beauté formatée. Mais les apparences sont trompeuses et Angelina va l'apprendre à ses dépens. Pour son premier roman, Jennifer Murzeau, journaliste, se plonge dans un milieu qu'elle connaît bien. Mais dotée d'un humour cinglant et d'une touche de désenchantement, la jeune auteur se moque plus largement du monde du travail et de notre société où la loi du plus fort est plus que jamais en vigueur. Tension en crescendo et détails du quotidien finement observés montrent que ce Grimaces - dont on a du mal à se détacher - est l'oeuvre d'un écrivain à suivre.

Virginie Jannière.

1918. Les Grimaces de Jennifer Murzeau par Anne Bersac pour Nord Bretagne.

« Les grimaces » de Jennifer Murzeau

Angelina travaille dans les bureaux d'une chaine de télévision. Elle effectue très correctement son travail, ce dont personne ne la félicite jamais vu qu'elle est totalement transparente aux yeux des autres. Une petite souris grise qui se fond dans le décor alors que la mode est plutôt aux grandes plantes péroxydées infiniment proches du haut de la pyramide hiérarchique.



Jusque là, Angelina faisait avec, elle composait et contenait les remontées acides qui menaçaient de déborder. Mais tout le monde ayant son point de rupture, un jour la petite voix intérieure se fait plus pressante et Angelina pète le nez d'une collègue à coup d'agrafeuse. Elle l'a bien cherché cette punaise malveillante mais ce genre de rapports étant définitivement proscrit au sein d'une entreprise il va falloir assumer.



L'auteur procède avec beaucoup de talent à un état des lieux du monde du travail avec ses petites violences quotidiennes. Elle met en perspective la quête de la place à occuper dans la vie et dans SA vie. Comment parvenir à exister dans un univers qui broie plus qu'il ne vous ouvre les bras ? La famille et la société en général sont intelligemment dépeintes. Humour féroce, caustique, style vif et enlevé, ce roman a vraiment tout pour plaire.

Anne Bersac

mardi 3 juillet 2012

1916. Mistral noir de Bernard Alteyrac (collection POLAR) par Élise Padovani sur ZIBELINE.

Depuis 2012, nous avons, nous aussi, et pourquoi pas, notre collection POLAR. Mistral noir est le second roman publié dans cette collection, et ça marche. Élise Padovani (ZIBELINE) imagine même que le maréchal des logis-chef Giraud puisse devenir un personnage récurrent à la Maigret. On croise les doigts.

Naissance d'un personnage

Ça commence dans une truffière où Gambette «l'idiot» du village découvre un cadavre en costard trois pièces, nez contre terre. Gambette pense aux mouches rabassières, scatophages, nécrophages. Nous, déjà, aux Érinyes tragiques. On est dans le Luberon, le vendredi 1er aot 1975. Sur les routes meurtrières roulent sans airbag, DS, 2CVs et 403. D'anciens hippies devenus bergers vendent du fromage de chèvre sous le regard hostile des autochtones. Les gendarmes changent le ruban de leurs machines à écrire et la dernière guerre est assez proche pour obombrer le présent comme les nuages le ciel quand soufflent les rafales du Mistral Noir. Surtout lorsqu'un fantôme surgi du passé solde leurs comptes à des assassins impunis, infiltrés autrefois dans les maquis de la région.

La vengeance en plat froid, ce n'est pas bien nouveau dans le polar français. On pense à L'Été meurtrier de Japrisot, à La mort n'oublie personne de Daeninckx, au secret des Andrônes de Magnan. Bernard Alteyrac assume ces références et d'autres encore dans ce premier roman très maîtrisé ! Croisant les points de vue, il recrée, sobre et précis, par touches successives, deux époques également révolues donnant naissance à un nouveau personnage d'enquêteur, père attentif, mari résigné : le maréchal des logis-chef Giraud, gendarme comme le Langlois du Roi sans divertissement de Giono. On l'imagine (on l'espère !) déjà récurrent à l'instar d'un Maigret, Laviolette, Carvalho, Montalbano, Wallander, ou Adamsberg, s'étoffant d'affaire en affaire, de mort en mort.

ÉLISE PADOVANI

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