Nathalie Rheims réussira à mettre des mots sur sa souffrance après des années de silence austère et peut-être salvateur pour son équilibre mental. Mais sort-on toujours indemne du drame de la mort de sa mère?

Nathalie Rheims revient sur son enfance troublée et liée par le silence. De son éducation, issue d'un monde bourgeois, juif et codifié, elle ne sort pas son égratignure au cœur. La résistance froide de sa famille face au bouleversement de la vie de sa mère et par conséquent de la sienne, reste énigmatique pour l'auteur. Elle cherche des réponses mais face au dénis de chacun elle se retrouve désarçonnée.

Ce roman est émouvant car la vérité est mise à nue. Nathalie Rheims se construit dans la fuite de ces liens familiaux obscurs. Elle refuse de transmettre à une descendance cette loi du silence. Ce roman a pu voir le jour car ses ancêtres ont disparu et que les lois de la famille se sont distendues.

Certains pourront reprocher à l'auteur son manque d'empathie mais son schéma éducatif est une enclume difficile à soulever. Nathalie Rheims analyse de manière psychanalytique les divers mouvements de sa vie et admet avec difficulté : le poids de l'hérédité.

Sortie prévue le 22 ao?t 2012

Voici quelques citations tirées du roman:

« J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion. Tout reste plat comme une mer gelée, pas un seul petit frémissement à la surface de l'eau. Quand je pense à elle, il ne se passe rien. »

« Je savais les mots trop dangereux, et qu'apprendre le silence, c'était parler la langue familiale. Je ne savais pas encore, mais je le découvrirais assez tôt, que ne pas hériter me délivrerait de ce sortilège. »

« Tout m'étais indifférent. Je n'attendais que le moment béni d'oublier. Chacun jeta une rose en passant. Lorsque ce fut mon tour, le cercueil avait disparu sous les fleurs. Ce n'était pas un adieu. Il avait eu lieu depuis longtemps. C'était une distance supplémentaire, irréversible, l'enterrement de mon chagrin. »