Goncourt

« Les Lisières », d'OLIVIER ADAM

Après avoir accédé au statut d'écrivain à succès, Paul Steiner tombe en enfer. Sa femme quitte cet homme alcoolique et dépressif. Dans le même temps, il déserte la côte bretonne où il s'est replié pour retourner voir ses parents. Sa mère est à l'hôpital. Entre un père tenté par le Front national, un frère qui lui reproche son absence et d'anciens amis d'enfance épuisés par des vies sans rêve, Paul découvre un secret que la famille lui avait caché. Depuis combien d'années Olivier Adam est-il en orbite autour des prix? Avec ce livre aux accents bouleversants, l'auteur de « Je vais bien, ne t'en fais pas » mérite d'être enfin couronné.

« Les Lisières », d'Olivier Adam, Éd. Flammarion, 453 pages, 21 â?¬.

Renaudot

« La Théorie de l'information », d'AURÉLIEN BELLANGER

Il faut être honnête : à moins d'être un acharné des sortilèges numériques, un geek maîtrisant les réseaux de la communication moderne, on ne comprend pas tout au livre de ce surdoué de 32 ans, docteur en philosophie. Il n'en reste pas moins que sa « Théorie de l'information », inspirée de la trajectoire de Xavier Niel, inventeur du Minitel rose et aujourd'hui patron de Free, est le fascinant récit d'une mutation technologique majeure qui fait valser les milliards et danser le destin des hommes sur un volcan.

« La Théorie de l'information », d'Aurélien Bellanger, Éd. Gallimard, 488 pages, 22,50 â?¬.

Femina

« Réanimation », de CÉCILE GUILBERT

Il y a du monde au portillon, à commencer par Véronique Olmi et son « Nous étions faits pour être heureux » (Albin Michel). Mais notre coup de c?ur va au témoignage autobiographique de Cécile Guilbert, confrontée du jour au lendemain au coma dans lequel Blaise, l'homme qu'elle aime, bascule. Son mal, une « cellulite cervicale », réclame un cycle de soins échappant au sens commun. Combat de l'amour contre la mort, de l'espoir contre la fatalité, « Réanimation » laisse une trace unique dans la mémoire.

« Réanimation », de Cécile Guilbert, Éd. Grasset, 270 pages, 17 â?¬.

Prix de l'Académie française

« Laisser les cendres s'envoler », de NATHALIE RHEIMS

Nathalie Rheims a attendu son quinzième livre pour aller fouiller au plus profond d'un mal d'enfance. Envo?tée par un artiste gourou, sa mère, de la lignée des Rothschild, s'est désintéressée de sa fille en l'abandonnant à sa solitude. Récit glacé écrit au cordeau, « Laisser les cendres s'envoler » est le versant féminin de la première phrase de « l'Etranger », de Camus : « Aujourd'hui ma mère est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

« Laisser les cendres s'envoler », de Nathalie Rheims, Éd. Léo Scheer, 255 pages, 19 â?¬.

Médicis

« L'Hiver des hommes », de LIONEL DUROY

En 1997, il écrivait « Des hommes éblouissants ». Ceux que l'on croise dans « l'Hiver des hommes » sont les soleils noirs de l'histoire récente. Nous sommes en 2010, en République serbe de Bosnie. Marc est venu là, dans un décor de neige et de maisons tristes, enquêter sur le suicide de la fille du général Mladic, surnommé le Boucher des Balkans. Livre troublant, puissant, ce reportage en harmonie totale avec l'art romanesque interroge la nature de l'homme.

« L'Hiver des hommes », de Lionel Duroy, Éd. Julliard, 357 pages, 19 â?¬.

Interallié

« Les Fidélités successives », de NICOLAS D'ESTIENNE D'ORVES

Porter le nom d'un martyr de la Résistance devait un jour ou l'autre inciter Nicolas d'Estienne d'Orves à jouer son va-tout littéraire. Son livre raconte la trajectoire d'un homme amené à fréquenter le milieu de la collaboration en travaillant au journal antisémite « Je suis partout ». Son livre est un flot. L'auteur joue sur tous les tableaux romanesques, décrit un Paris des heures sombres aux multiples visages, campe d'hallucinants portraits et maîtrise, jusqu'à la fin, son affaire et son suspense.

« Les Fidélités successives », de Nicolas d'Estienne d'Orves, Éd. Albin Michel, 716 pages, 23,90 â?¬.

Le Parisien