Sur le site ElyAl28

Il y a de la famille muette. Il y a de la famille bavarde. Les secrets de famille, comme la lutte des classes, ne nous y trompons pas, ça existe.

Dans la famille où règne le silence, où les secrets se gardent, la môme (...) h?tive et mourante à haute dose, cherche de manière maladive à tout savoir, faute de n'avoir... jamais rien su.

"Faut savoir (troublante sonorité) que chez nous, on cause pas, on avale qu'en chilence, oh, c'est pas qu'on a la bouche vide, ça, non, pleine de dents, vois-tu, comme tout le monde, mais on fait des grands schlapes, entends-tu, avec la langue, en avalant l'espèce de schloupe aux lardchoux des vieux de la vieille brique montée en ch?teau."

On causait pas à la maison, qu'elle nous dit, la Dame-Écrivain. Ah, j'ai entendu ça plus d'une fois, j'ai lu plus d'une fois dans news gala, les People dans l'actu, qu'il y a des familles comme ça qui ne s'aiment (troublante sonorité) que sur les non-dit, c'est bien vrai, qui ne s'adorent que sur des secrets bétons armés. Je comprends, alors, oui, que la meilleure attitude, oui, tout bonnement, vous avez raison de nier, de masquer, que c'est ce qui se pratique dans la maison muette.

É suivre avec une loupe Sherlock Holmes, les traces ineffaçables du récit familiale, il y aurait du Abraham et du Torok. Plus intimement du Nicolas et de la Maria, genre deuil impossible, secrète identification avec un autre, incorporation sinon introjection (...) dans les secrets de familles, répétition de la Dame, comme il se doit de la théorie du fantôme, il y aurait, à remarquer, dans l'histoire familiale, une sorte de geste, au sens moyen-?ge de l'expression, où seraient embellis, ni trop bien, ni trop mal, les exploits de tel papa, mais où les faits, moins glorieux, de telle maman, seraient bouche cousue, mis à l'enterrement, cachés, mis en crypte. Non, oui, fort, da... Bon... pour en savoir davantage, il faudra s'y pencher, aller y lire.

Le problème du secret de famille c'est que l'événement caché prend une importance d'autant plus grande que l'on aura fait beaucoup d'efforts pour le cacher.

Cacher une mort, une maladie honteuse, un événement incompris, c'est risquer le retour du refoulé maison. Les descendants de ceux qui ont mis en place le secret de famille n'ont de cesse de retrouver et d'explorer les thématiques mêmes de ce secret, jusqu'à devoir le reconstruire dans leur vie, dans leur écriture, dans leur art.

Déni, non-dits, secrets de famille, laissent des traces, des manifestations de communication familiale malsaine. En effet, il y aura des résonances, des conséquences désastreuses, qui gêneront aux entournures tous les membres de la maison-famille.

Dans les familles, à l'avenir, devrons-nous rester secret, ou bien jouer de la transparence. C'est la question que pose directement "Laisser les cendres s'envoler" de Nathalie Rheims. Aussi bien que l'auteure nous invite à ne plus périr de nos malsaines situations de non-dit. Parlons ensemble, ni trop, ni trop peu. Écrivons ensemble. Lisons ensemble.

De Nathalie Rheims, "Laisser les cendres s'envoler", un doux remède.

Alain Baudemont, le 23 ao?t 2012.