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Blog des ELS La Revue Littéraire
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vendredi 30 novembre 2012

2035. Plagiat de Myriam Thibault, "Marque-Pages" de Dominique Guiou dans LE FIGARO LITTÉRAIRE

Je ne sais pas, vous, mais j'ai, pour ma part, de plus en plus de plaisir à lire le FIGARO LITTÉRAIRE animé par Étienne de MONTETY. J'éviterai donc d'évoquer ce que provoque en moi la lecture de certains autres suppléments littéraires (je dois, sur ce point, un devoir de réserve à nos auteurs).

Donc, dans la dernière livraison, où je recommande chaudement la lecture de l'article de Mohamed Aïssaoui consacré à Bernard de Fallois (je lui signale au passage que Simenon ne figure pas à son catalogue) Dominique Guiou, évoque dans la rubrique "Marque-Pages" le, déjà, troisième roman de Myriam Thibault : Plagiat :

Le narrateur vit à La Baule où il écrit des livres qui se vendent bien. Il a toutes les raisons d'être content de lui : il sait faire pleurer et rire ses lecteurs, et ses lectrices sont folles de lui.

Mais voilà que sa femme le quitte, sans laisser un mot, une lettre, un signe. Tout s'effondre. Notre homme prend sa voiture, direction Monaco où habitent ses vieux parents.

Myriam Thibault, qui n'a pas encore 20 ans, fait preuve d'une belle maturité littéraire dans ce troisième roman. Elle montre qu'elle sait donner une réelle épaisseur à un personnage. Son héros est touchant parce qu'elle suggère avec subtilité ses émotions, ses colères, son dépit.

La voix de ce quinquagénaire désemparé, blessé dans son orgueil et sincèrement défait par le départ inattendu de celle avec qui il formait un couple apparemment sans histoire, sonne juste.

Dominique Guiou, le 29 novembre 2012.

mercredi 28 novembre 2012

2034. Les nouveaux réalistes d'Alexander R. Galloway par Benoit Hamon, rédacteur en chef de THÉORIA

Benoît Hamon est jeune chercheur en philosophie, en études politiques et en philologie, notamment sur les questions des structures politiques et herméneutiques de la religion. Il est rédacteur en chef de Théoria.

Alexander R. Galloway, Les Nouveaux réalistes : C. Malabou, B. Stiegler, M. Belhaj Kacem, Q. Meillassoux, F. Laruelle

Léo Scheer, grande maison d'édition par les titres qu'elle offre à ses lecteurs, publie et traduit ce jour une série de conférences d'Alexander R. Galloway, portant sur Les Nouveaux réalistes : C. Malabou, B. Stiegler, M. Belhaj Kacem, Q. Meillassoux, F. Laruelle. Un ouvrage d'une grande clarté, qui ne sacrifie toutefois pas la pensée à la simplicité.

Il est un fait notoire : Alexander R. Galloway, se défend dès l'Avant-propos des Nouveaux réalistes « de vouloir expliquer la pensée française aux Français ». Nous le saluerons toutefois pour cette raison, tant la pensée française actuelle reste confinée dans des cercles restreint, et ne se diffuse guère chez nous que par l'intermédiaire d'outsider, comme se plait à se nommer l'auteur. A tel point qu'on a pu dire, et la thèse reste en vigueur jusqu'en Sorbonne, que la philosophie contemporaine ne se réduit, somme toute, qu'à une histoire de la philosophie. Une expression pour signifier que la messe est déjà dite, que la philosophie est passée, et que ses derniers sursauts ne reviennent in fine qu'à une déconstruction de l'édifice philosophique. L' « immixtion » de Galloway au sein de notre propre pensée (doit-on l'appeler ainsi, nous qui ne lisons pas nos philosophes ?) est loin d'être un mal.

Ce d'autant plus qu'il rend justice aux philosophes qu'il approche. J'aimerai en ce sens parcourir le chapitre consacré à la philosophe C. Malabou, par trop méconnue et dont l'œuvre, pourtant, est d'une grande pertinence, et gagnerait à être assimilée.

Galloway, d'une façon propre à l'Ecole anglo-saxonne, ne se focalise pas sur une difficulté à la philosophie de Malabou, mais cherche à en rendre les caractères essentiels par un cheminement tout au long de ses ouvrages (encore heureusement inachevée). Les difficultés, comme des obstacles, se dresseront le long du chemin ; et c'est par c'est obstacles que Galloway nous montrera la manière par laquelle Malabou les dépasse.

Le point d'entrée est ici la question du deuil, qui traverse une partie de l'œuvre de la philosophe. Le deuil est un « équilibre entre la fixité permanente du passé et la disparition de la trace », un équilibre vécu à chaque deuil, dans le maintien d'un passé dans le présent (le souvenir, en quelque sorte, de celui qui a passé), et le changement radical (la vie sans l'autre) ; entre la conservation du souvenir du mort, et sa crémation immédiate, son oubli. Ce premier regard permet à Galloway de suivre par la suite un cheminement double : d'une part de montrer le rapport de Malabou à Hegel et Heidegger, d'autre part d'avancer la thèse essentielle (s'il nous est possible d'utiliser ce terme) de Malabou, à savoir la plasticité de l'être, et son opposition à la flexibilité.

Quant au premier point, il est à remarquer à quel point l'intuition est fine et permet, encore une fois, de distinguer la pensée de Malabou en la liant à une histoire de la philosophie. Galloway organise un dialogue avec Hegel, fait de Malabou une contemporaine de ce maître. Il orchestre un temps de débat, et relève par-là même une intimité ' une proximité de la pensée. Peut-être est-ce une manière de dire que l'histoire de la philosophie est encore en marche, qu'elle-même relève d'une certaine plastique, qu'elle change et ne se cantonne pas à une exégèse continuelle du canon.

Le second point développe de manière admirable, et dans une clarté confondante, la question de l'équilibre (question qui était au centre de celle, plus spécifique, du deuil) comme étant celle-là même de l'histoire. Citant la philosophe, Galloway affirme :

Ce qui est crucial, ce sur quoi Malabou et Hegel insistent, c'est que l'Histoire « est la juste proportion entre maintient et anéantissement ». â?¦ Ils sont tous deux moteurs de la dialectique. 'Idéaliser, c'est bien supprimer et conserver à la fois', écrit-elle dans un beau langage de Hegel, « en un mot faire son deuil ».

L'historicité, en tant qu'équilibre, devient en ce sens plus fondamentale que l'être heideggérien : elle définit le changement à l'œuvre dans l'être : l'être est changeant, ou plutôt, reprenant le titre de son ouvrage sur Heidegger, l'être est change.

Galloway poursuivra dans son cheminement entre les concepts propres à Malabou, l?cher prise, résistance, commerce de l'être, et en rendra avec une grande justesse la marche qu'opéra la philosophe jusqu'à la notion d'universalité de la plasticité, et l'opposition de la plasticité à la flexibilité.

Il ne s'agit bien s?ur pas ici de faire un exposé de la pensée de Malabou, mais de noter la capacité de Galloway à entrer dans la pensée de l'auteur, à faire sentir une voie ou encore à guider son lecteur. Ce n'est pas seulement une introduction à la philosophie actuelle, mais un accompagnement à philosopher avec. A aucun moment Galloway ne réduira la complexité de Meillassoux ou Laruelle à un simplicisme, mais en retranscrira les mouvements constitutifs.

Ma perspective est celle d'un outsider et, en tant que tel, mes réflexions seront nécessairement différentes de celles des cercles autorisés.

Benoit Hamon, le 28 novembre 2012.

2033. Riefenstahl de Lilian Auzas par Christiane Miège pour CHRONIQUES DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

Le célèbre site d'Abeline : Chroniques de la rentrée littéraire consacre un "coup de coeur" à Riefenstahl le premier roman de Lilian Auzas.

« Artistiquement, elle est un génie, et politiquement, elle est une imbécile. » Liam O'Leary, historien du cinéma

C'est un autre historien de l'art, Lilian Auzas, qui s'intéresse essentiellement à la période phare de Leni Riefenstahl, celle qui voit naître le nazisme servi par cette géniale cinéaste de propagande. Il passe plus rapidement sur la période de trou noir de la guerre et l'après-guerre, et du retour tardif de cette femme indestructible à l'admiration de ses pairs, gr?ce à ses images de fonds sous-marins et de Noubas. Il aura d'ailleurs fallu la longévité de cette femme de 103 ans, pour que le temps de l'oubli lui redonne la place artistique qu'elle mérite, celle d'une formaliste exceptionnelle. Mais revenons à ce qui a porté Lilian Auzas à questionner sa fascination pour les films de Leni Riefenstahl, et à tenter de dénouer la complexité de cette conscience humaine et artistique, en proie à une des plus grandes folies criminelles contre l'humanité.

Sous la forme d'un roman-enquête, dont chaque indice historique nourrit un chapitre, l'auteur cerne la personnalité de la cinéaste, en reprenant les événements-indices successifs et se demande, comment peut-on concilier réalisation artistique dévorante et conscience morale fluctuante. Si la réponse de l'auteur ne nous apprend rien de ce que l'on connaissait déjà de la vie de lena, elle a le mérite de la clarté d'analyse, et le charme d'un lyrisme à hauteur de l'envo?tement et de la beauté des images. La fascination de cette femme libre sexuellement n'a d'égal l'ambition et le charisme qui emporta l'actrice des « Bergfilm » vers les cieux. Si le platonisme qui oppose le beau et le bien, au mal et au laid, trouve son écho dans l'idéologie nazie ou même le cinéma soviétique, le culte sous forme de propagande devient un acte politique. L'ambiguïté antisémite de Leni Riefenstahl, personnage intéressé et égoïste, même s'il est sans conviction idéologique n'en reste pas moins un opportunisme qui sert le criminel. N'édulcorant aucune noirceur de son sujet et ne cédant jamais à la beauté épurée des images de l'icône, l'auteur trouve finalement sa vérité. La qualité du roman, outre cette tentative de compréhension et questionnement intérieur, est surtout dans son style lyrique et son aimable exercice d'admiration.

Reste la grande technicienne, qui montait et remontait longuement ses films avec passion, l'idéaliste exaltée en quête de beauté formelle et d'absolu, et la détermination d'une artiste qui rencontra la monstruosité criminelle d'un homme.

Reste l'Histoire qui a jugé, et cette histoire qui a tenté de comprendre.

Leni Riefenstahl affirmait regretter l'Histoire mais n'a jamais renié son Art.

Chronique de Christiane Miège, le 27 novembre 2012.

lundi 26 novembre 2012

2032. Antoine Chez Mireille Dumas : FAUT-IL INTERDIRE LA PROSTITUTION ?

É l'occasion de la publication de son pamphlet : DÉLIVREZ-NOUS DES DOGMES ce soir, lundi 26 novembre à 20h30 sur France 3, ANTOINE sera l'invité du magazine de société : "SIGNÉ MIREILLE DUMAS". Thème du débat : FAUT-IL INTERDIRE LA PROSTITUTION ?

"En se prononçant, en juin 2012, pour l'abolition de la prostitution, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes, a relancé un débat vigoureux entre ceux qui veulent empêcher, co?te que co?te, le commerce du corps et pénaliser le client, et ceux qui revendiquent leur choix au nom de la liberté individuelle. Débat avec Antoine : Francis Caballero, Nathalie Bordes-Prévost, Madame Lisa, Maud Olivier, Grégoire Théry, Rosen Hicher.

samedi 24 novembre 2012

2031. Seule de Danièle Rousselier coup de coeur de Jérôme Garcin dans le NOUVEL OBSERVATEUR

Mère déchaînée.

Seule. Journal de deuil, Danièle Rousselier

Son existence est jalonnée de suicides. Son père, son héros, un résistant communiste qu'elle glorifia dans Le Colonel Rivier est mort, s'est tué d'une balle à 44 ans, quand elle en avait 12. Sa demi-soeur psychotique a mis fin à ses jours en se jetant en se jetant du haut des falaises d'Etretat. Et, en 2002, sa mère octogénère et "mortifère" a fermé le robinet de la bombonne à oxygène qui la reliait à la vie, après avoir laissé une lettre sur le table : "Je m'en vais, je vous aime, Janine".

Mais pour sa fille, "je vous aime" est de trop. Dans le journal qu'elle a tenu aussitôt, Danièle Rousselier raconte en effet que sa mère, un monstre d'égoïsme, n'a jamais su l'aimer et l'a toujours repoussée. Au point que tout contact avec elle la "révulsait". Sa fille n'a osé enfin caresser le corps de celle qu'elle appelait Janine, et non maman, que sur son lit de mort, lorsqu'il était froid.

Froid et marbré comme ce petit livre où Danièle Rousselier - historienne et spécialiste de l'art - dresse un portrait terrible de la disparue en alcoolique anonyme, méchante, perverse, et solitaire.

Un livre où elle ne se ménage pas non p^lus, jugeant qu'elle a hérité de sa mère une dureté, une sècheresse, un égocentrisme, dont elle voudrait tant se débarrasser. Ce qu'elle réussit à faire tandis qu'apparaissent, jour après jour et de page en page, des regrets, des remords et des larmes. Le mot de la fin est "maman".

Jérôme Garcin, le 22 novembre 2012.

2030. Indociles de Laure Limongi par Claire Devarrieux dans LIBERATION

Les "irrévérencieux" de Laure Limongi.

Une invitation à lire quatre auteurs qui bougent les lignes.

Si l'oeuvre de Kathy Acker (1947-1997) vous intimide, reportez-vous au livre de Laure Limongi. Elle explique comment, chez l'Américaine, "des motifs obsédants se mêlent à l'inter-texte dans une ronde cruelle". Ses textes très "référencés" ne sont pas si compliqués, ne pas avoir peur, l?cher prise.

La leçon vaut pour chaque auteur abordé, et, plus généralement, pour tous les créateurs qui dérangent.

Indociles'', "journal de lecteur" enthousiasmant, rassemble une petite communauté d'écrivains "irrévérencieux vis-à-vis de la forme et des genres". Laure Limongi, qui vient "parait-il''" de la poésie, avait une dizaine d'années, l'été de Tchernobyl. Elle a créé la collection "LaureLi", chez Léo Scheer, eut la révélation de Denis Roche (né en 1937) à la BPI du Centre Pompidou en 1996.

Elle a réédité la romancière Hélène Bessette morte oubliée en 2000. Les inventions typographiques de l'anglais B.S.Johnson (1933-1973) lui inspirent des analyses savantes et émues; une mise en page acrobatique permet des apartés.

"Laure, tu te souviens que tu as des problèmes avec la psychocritique, hein ?..."

Claire Devarrieux, le 22 novembre 2012

jeudi 22 novembre 2012

2029. Nathalie Rheims sur Web TV Culture

Sur WEB TV CULTURE

2028. Rencontre avec Nathalie Rheims et Léo Scheer le 13.12.12 à Aix en Provence organisée par PAULE CONSTANT

Au centre des écrivains du sud, entretien sur le thème : Quand le roman est un conte, conduit par Paule Constant, avec Nathalie Rheims et Léo Scheer.

Un beau ch?teau, une famille régnante, des fées, une sorcière, un ogre et une petite princesse prisonnière du secret et des apparences.Dans Laisser les cendres s'envoler, Nathalie Rheims reprend dans un roman familial que visitent les fantômes, les archétypes du conte de fées.

Cela se passera au Centre des écrivains du Sud - Jean Giono. Hôtel Maynier d'Oppède. 23 Rue Gaston de Saporta, à Aix. Email : ecrivainsdusud@free.fr Tél : 04 42 21 70 90

2027. La Chasse spirituelle d'Arthur Rimbaud par Grégoire Leménager pour BIBLIOBS

Question sur le site de BIBLIOBS

Et si le plus célèbre des faux Rimbaud était... un vrai Rimbaud?

Soixante ans après l'une des plus grandes polémiques littéraires du XXe siècle, il semblait acquis que la fameuse «''Chasse spirituelle''» était une supercherie. Une réédition documentée risque fort de relancer le débat.

Une page du fameux manuscrit de "la Chasse spirituelle", qui a été attribué à Arthur Rimbaud. A tort ou pas? C'est ce dont discute Jean-Jacques Lefrère dans la volumineuse postface qui accompagne la parution du texte chez Léo Scheer, ce 5 décembre 2012.

Tiens, il pourrait y avoir du nouveau chez Rimbaud. Cette fois, il n'est plus question de son «orientation LGBT (lesbien, gay, bi et trans)» qui, selon madame Najat Vallaud-Belkacem, «explique une grande partie de son œuvre». Il est question d'une partie douteuse de son œuvre. C'est largement aussi intéressant.

Cette partie douteuse de l'œuvre du poète, c'est la fameuse «Chasse spirituelle», ce texte mythique après lequel ont galopé toutes sortes de chercheurs, de collectionneurs et de maniaques pendant des décennies. Il sera en librairie ce 5 décembre, sous la couverture des éditions Léo Scheer.

«La Chasse spirituelle» proprement dite y occupera une douzaine de pages, elles seront suivies d'une postface de plus de 400 pages rédigée par Jean-Jacques Lefrère, le biographe bien connu de l'auteur du «Bateau ivre».

Cette postface-là est à elle seule la promesse d'une petite révolution. Car ce n'est pas la première fois que «la Chasse spirituelle» est publié quelque part. Pascal Pia s'y était risqué, dans «Combat» en 1949, avec la bénédiction de Maurice Nadeau. Ils croyaient sans doute faire un sacré coup. Ils en avaient surtout reçu beaucoup en retour.

André Breton leur était notamment tombé dessus à bras raccourcis, en dénonçant une mystification dans un pamphlet intitulé «Flagrant délit». Deux comédiens, Nicolas Bataille et Akakia Viala, avaient fini par dire qu'ils étaient à l'origine d'un canular.

Après avoir fait un bruit considérable, l'affaire semblait donc à peu près close depuis une soixantaine d'années. Il se trouvait bien de temps en temps quelqu'un pour formuler telle ou telle hypothèse. Mais globalement, le pape du surréalisme ayant parlé, la messe était dite. «La Chasse spirituelle» était devenu le nom d'une tache sur l'exceptionnel CV de Nadeau, et celui d'une des grandes polémiques littéraires du XXe siècle.

Le problème, c'est qu'il ne faut jamais dire jamais avec Rimbaud. On ignore à ce jour ce que contient la postface de Lefrère, et lui-même, au téléphone, se borne aujourd'hui à nous prévenir que «l'affaire est d'une complexité effroyable». Sur le site de Léo Scheer, on reste prudent aussi. On n'affirme pas que ce texte a été écrit par le poète des «Illuminations». Mais on annonce que «rien ne permet plus désormais d'affirmer qu'il est ou n'est pas de Rimbaud.»

En attendant, voici l'une des pages du manuscrit qui se trouve reproduit, en fac-similé, dans le volume:

Une des pages du manuscrit de "la Chasse spirituelle", qui pourrait être de Rimbaud.

Ggrégoire Leménager, le 21 novembre 2012

mercredi 21 novembre 2012

2026. Rater mieux de Géraldine Barbe par Émilie chez FATTORIUS

Article du 20 novembre 2012 sur ce livre paru il y a 4 ans :

Au début, il y a le feu. C'est ainsi que s'ouvre "Rater mieux", le premier roman de Géraldine Barbe dite Barberine, paru en 2008 dans le cadre de la collection "M@nuscrits" lancée par Leo Scheer - c'était du reste le premier de cette collection, et la blogosphère avait salué la démarche, originale, consistant à éditer sur papier des auteurs présélectionnés en ligne sur la base d'avis de lecteurs. Depuis, le temps a passé; revenons donc au feu...

... un feu, un incendie même, qui fait figure de symbole purificateur en début de roman. Ainsi l'auteur suggère le début d'une nouvelle vie, l'ancienne ayant été dévorée par les flammes, permettant le deuil. Face à cela, la naissance de l'enfant de la narratrice symbolise un renouveau; durant tout le roman, il fait figure de boussole, de seul élément stable. Ce que soulignent d'amples passages en italiques, où s'exprime un amour passionné, inconditionnel.

Reste qu'à part cette boussole, la narratrice se retrouve confrontée au vide de son existence. Une existence en partie vécue par procuration sur MySpace et sur Google (des fois que la narratrice serait à l'affiche et qu'elle ne le saurait pas - intéressant jeu de miroir autorisé par l'internet), qui ressemble aussi, parfois, à une manière de perdre son temps en subissant son existence: projet thé?tral qui n'avance pas, volonté labile de se reprendre en main, errements, attentisme - le titre fait du reste référence à "En attendant Godot" de Samuel Beckett: "Essayer. Rater. Essayer encore. Rater mieux." Peu d'aide à espérer de Pôle Emploi, enfin, d'autant plus que la narratrice refuse tout expédient. Cet attentisme, la narratrice le justifie par sa vocation d'actrice de thé?tre habituée à faire ce que lui ordonne un metteur en scène.

Dès lors, le lecteur a envie de lui mettre quelques claques, à cette narratrice qui aimerait bien exister mais ne sait pas trop comment faire... La rédemption pourrait venir de l'écriture; du coup, il est possible de concevoir ce roman comme le fruit de cette démarche personnelle de la narratrice. Cela, d'autant plus que le texte donne la priorité à l'introspection. Une introspection qui s'exprime en pages aussi peu chargées que l'existence de la narratrice, où se recrée un univers parisien où des Espagnols servent au restaurant dans lequel elle prend des notes. De là à aller dire que l'auteur est la narratrice, il y a un pas que je ne fais pas, malgré les ressemblances entre les deux personnes: je préfère considérer que je est un autre, comme qui dirait, et que l'auteur crée une fiction, un roman avec un personnage distinct d'elle, à partir de sa propre matière. Qu'elle se crée son propre personnage de thé?tre.

En définitive, on se perd un peu dans cette tranche d'existence qui avance petit à petit et foisonne de mille petits riens qui, dans le néant, revêtent une importance notable et suscitent une impression de dispersion ou de brouillon. Une impression tout à fait en phase avec le personnage de la narratrice, mais peu évidente à réceptionner pour un lecteur qui aime parfois qu'on le prenne par la main. Pas tout à fait convaincu par ce premier opus donc; mais j'ai bien envie de revenir à cet auteur à une prochaine occasion.

lundi 19 novembre 2012

2025. Les nouveaux réalistes d'Alexander R. Galloway par Jean-Clet Martin

Léo Scheer et Catherine Malabou accueillent un livre intéressant dans une nouvelle collection « Philosophie » dont on peut supposer d'importantes discussions à venir. Il y est question d'une configuration actuelle de la pensée française gravitant autour d'un néoréalisme entièrement philosophique. Les nouveaux réalistes - beau titre d'Alexander R. Galloway - nous propose un concept qui me fait penser immanquablement au néoréalisme italien pour la finesse attribuée à la banalité mais, plus encore, par son insistance brute sur le quotidien, sur l'équanimité d'une orange, d'un orgasme ou d'une fête politique qui finit au casse-pipe de l'être en tant qu'être. Cette réorientation de l'ontologie en direction de la mondanité des étants que Heidegger plaçait hors du cercle des questions philosophiques est franchement attractive. Elle a l'intérêt de marquer un coin dans un partage qui imposait une différence par trop intransigeante isolant l'ordre des phénomènes de celui des choses en-soi, devenues comme inaccessibles, dans un retrait quasi-théologique.

Difficile de résumer les thèses hétérogènes qui se battent en duel sous ce réel profane dont chaque objet dissolu fait valoir l'absolu. On pourra néanmoins laisser émerger une surface d'indifférence presque non-philosophique qui fait de l'objet une affirmation neutre, loin de tout idéalisme facile. Le concept de néoréalisme amorce une ligne de pensée extérieure au structuralisme qui avait dominé les années 60 en faisant la part belle à des paradigmes sans sujets ni objets, une structure n'étant ni un fait dur ni un droit idéal mais l'exercice d'un modèle flottant. Ce moment inobjectif et asubjectif, cette séquence historique un peu sclérosée sont donc bien finis. S'élabore alors non plus le panthéon du néoréalisme philosophique mais un vivarium où se jouxtent C. Malabou, B. Stiegler, M. Belhaj Kacem, Q. Meillassoux et F. Laruelle , dont A.R. Galloway a traduit certains textes en anglais qui mériteraient déjà une petite traduction en français réaliste. Toute la question posée, le nerf de l'argumentation conduit à opposer l'histoire (telle que sérialisée par le structuralisme) au réel dans son mouvement propre, dans sa réticence à toute réduction théorique.

Ce livre, parfois un peu trop manichéen, a le mérite de poser un problème et de relancer de manière vivace tout un mouvement qui se joue effectivement entre Badiou, Mehdi Belhaj Kacem, Quentin Meillassoux et Tristan Garcia quant à l'être éparpillé des choses. Choses enfin débarrassées de toute intentionnalité en même temps que de toute « supra » ou « infra » structure soustractive. Tout s'y tient sur l'extra-mince d'une platitude sans profondeur ni hiérarchie, quelque chose comme une plasticité que Catherine Malabou emprunte à Hegel mais qui parfois donne le sentiment que tout se vaut dans un monde sans expérience possible ni rencontre effective tant on se doit de référer chaque chose à l'obstination de sa différence indifférente.

Il me semble néanmoins qu'un concept plus fécond, lui aussi Hégélien, réoriente la philosophie contemporaine, sur un tout autre front, plus rigoureux. Et de façon très forte par son inscription dans un réel historique dont les publications ne sauraient être occultées par aucun néologisme. Il s'agit du concept d'expérience en lequel je me reconnais davantage pour l'attention portée à l'empirisme de Hegel mais encore par tout l'héritage Deleuzien d'une expérimentation Bergsonienne. Au néoralisme que déploie l'analyse de Galloway, se juxtapose dans l'effectivité des travaux actuels, tous visibles, un « empirisme radical » celui par exemple de David Lapoujade, d'Isabelle Stengers, d'Elie During auxquels je m'associe et dont l'orientation n'est constituée par aucun axe. Des noms que je lis en tout cas avec une affinité pour ainsi dire élective.

Ce mouvement de pensée, moins réaliste et davantage critique est sans doute celui que William James avait croisé entre Renouvier, Bergson et Hegel et qu'il nomme « Empirisme radical ». Autour de cette séquence rare et restreinte se noue une « nouvelle alliance » qui n'est ni structuraliste, ni phénoménologique, ni positiviste. S'y décline un empirisme qui, d'une certaine façon contre Kant, retrouve la pensée de Hegel : Hegel en Amérique, pris dans l'enfer de l'Absolu décrit par Jean Wahl dans sa thèse extraordinaire sur Les philosophies pluralistes d'Angleterre et d'Amérique. Là s'effondrent les réels aplatis, la compacité des choses, au bénéfice d'une expérience périlleuse nommée « empirisme radical ». Et c'est d'une façon inattendue Deleuze (qu'il faut bien réassortir du spectre de Hegel revenu d'Amérique), qui porte cette possibilité en cours, celle d'un plurivers sorti de ses gonds, éloigné de toute universalité et de toute stabilité. Quoi qu'il en soit, le livre de Galloway aura peut-être aujourd'hui le mérite de poser sa querelle dans la vivacité des prises, des captures, des stratégies qui permettent de laisser monter à la surface des sentiers éidétiques inédits. Ainsi naissent de nouvelles manières de penser dans le « règne animal de l'esprit ».

Jean-Clet Martin , le 19 novembre 2012

mercredi 14 novembre 2012

2024. Pourquoi Philippe Roth arrête d'écrire ? par Steven Sampson / Laurence Houot

Les 4 hypothèses de Steven Sampson

Le grand romancier américain Philip Roth, auteur de, "Portnoy et son complexe" (1969), "Pastorale américaine" (1997) ou "La Tache" (2000) a décidé d'arrêter l'écriture.

Confirmation vendredi via sa maison d'édition Houghton Mifflin. Comment réagissent les fans ?

Steven Sampson est journaliste et écrivain, spécialiste de Philip Roth, auteur d'une thèse et de deux ouvrages sur l'écrivain américain, "Corpus Rothi", et "Corpus Rothi II" (Editions Léo Scheer, 2011 et 2012). Il réagit à cette nouvelle et tente d'expliquer les raisons de cette décision.

"Je n'ai pas l'intention d'écrire dans les dix prochaines années. Pour tout vous avouer, j'en ai fini. "Nemesis" (paru en 2010, ndlr) sera mon dernier livre".

En octobre, Philip Roth, âgé de 79 ans avait annoncé cette décision dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Les Inrocks. "Il m'a confirmé que c'était vrai", a déclaré vendredi à Reuters son éditeur, Lori Glazer. Philip Roth, malgré son immense renommée internationale, la longueur de sa carrière (plus de 50 ans) et l'importance de son ?uvre (plus de 25 romans), n'a jamais reçu le prix Nobel de littérature. Il a été lauréat du prix Pulitzer en 1997 pour son roman "Pastorale américaine" et a reçu le National Book Award à deux reprises.

A noter :

"L'Amérique de Philip Roth", une conversation animée par Alexis Lacroix, avec Josyane Savigneau et Steven Sampson, dans le cadre des séminaires hebdomadaires de La Règle du Jeu. Dimanche le 25 novembre à 11 heures, au Cinéma Saint-Germain 22 rue Guillaume-Apollinaire, Paris 6e.Métro Saint-Germain-des-Près.

INTERVIEW

- Comment réagissez-vous à cette nouvelle ?

- Ce que l'on peut noter, déjà, c'est que la nouvelle s'est d'abord répandue en France. Avec cet entretien à la rentrée accordée à Nelly Kaprièlian des Inrocks. Les médias américains ont mis du temps à capter l'événement. Savoir si c'est volontaire de sa part d'annoncer ça en France, je n'en sais rien, mais c'est intéressant de le noter. Ensuite il faut se demander si c'est vrai ou pas. Roth aura 80 ans en mars prochain. Une grande fête "Roth@80" est prévue à cette occasion dans le New Jersey, organisée par la société des amis de Philipe Roth. Conférences, débats, visite prévue dans Newark, le quartier de son enfance. Il assistera au grand dîner de gala, peut-être à cette occasion donnera-t-il des précisions sur cette décision d'arrêter d'écrire.

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mardi 13 novembre 2012

2023. Ce matin, Sophie Davant reçoit Nathalie Rheims sur FRANCE 2

É 9h50, ce 13 novembre 2012, dans le cadre de son émission quotidienne C'est au programme, Sophie Davant, (avec Damien Thévenot), reçoit Nathalie Rheims pour son livre Laissez les cendres s'envoler.

lundi 12 novembre 2012

2022. Le retour d'ANTOINE. (RDV MERCREDI 14 NOVEMBRE À L'OLYMPIA)

Nous sommes particulièrement heureux de publier le pamphlet contre tous les dogmatismes d'Antoine qui symbolise à nos yeux l'intelligence, la gentillesse, la sensibilité et un go?t immodéré pour la liberté. Nous vous donnons rendez-vous le mercredi 14 novembre 2012 pour l'écouter et le rencontrer dans ce lieu mythique qu'est L'Olympia.

Voici quelques passages dans les medias qui ont salué son retour :

L'émission complète en vidéo

http://www.bienpublic.com

http://www.vousnousils.fr/

http://www.leparisien.fr/

2021. Les pieds nus de Marie Simon dans le hublog à lectures de Philippe Annocque.

leur mine désespérée de veuves à ma place

Je me suis dit que ça faisait longtemps que nous n'avions pas fait de fête. Une boum, tu sais comme j'aime les boums. Avec nos amis, ton frère, ma s?ur et son copain, des invités. Je me suis dit que j'allais faire une liste, puis un email commun, et puis des courses, des tas de courses. Je me suis dit que ce serait chouette que ça changerait que je verrais du monde tu sais comment ça se passe qu'on danserait qu'on boirait qu'on serait saouls qu'on se ferait des câlins qu'on casserait des verres qu'on aurait mal à la tête et que tout le monde rentrerait chez soi vers cinq heures du matin ' ce serait une soirée très réussie comme nos soirées à la maison. Alors j'ai fait tout ça. Des courses, la cuisine, le ménage. J'ai cuisiné et chantonné pendant deux jours. J'ai poussé tous les meubles, j'en transpirais. J'ai rangé tous les objets qui dépassaient, sécurisé le bois ancien, nettoyé à fond l'appartement. Ensuite, je me suis maquillée et coiffée et habillée et évidemment j'étais en avance. Au premier coup de sonnette, j'ai passé une main dans mes cheveux, et j'ai bondi vers la porte, j'étais surexcitée de recevoir nos invités à Paris, d'organiser, toute seule, une vraie fête.

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dimanche 11 novembre 2012

2020. Sur la panaméricaine de Alexandre Guyomard dans le Prix BibliObs

Tous les ans, BibliObs décerne son Prix aux meilleures premières phrases des romans de la rentrée.

Nous avons été très heureux d'apprendre que la première phrase du premier roman d'Alexandre Guyomard, ''Sur la panaméricaine'' avait été saluée au milieu d'un petit cercle d'auteurs tels que Linda Lê, Olivier Adam, Mathias Enard, Christophe Donner, Christine Angot ou Patrick Deville....

Voici donc la première phrase du benjamin du Prix BibliObs :

« Le 1er janvier 2010, sur les 428 étudiants de la promotion 2003 de l'Ecole supérieure de commerce de Grenoble, 36 étaient sans emploi. »

Vous trouverez la suite de ce prologue dans l'extrait mis en ligne avec la fiche du livre sur le site des E.L.S. (Cliquer sur "Lire un extrait")

samedi 10 novembre 2012

2019. À lire LE MAG de LIBÉ : Spécial ANTOINE and the DOGME'S.

Les dogmes l'ont toujours mis en pétard. Cette fois, c'est pour défendre le travail des prostitué(e)s que le chanteur revient au port et lance le débat. à lire :

L'édito : La mémoire courte. et l'article Quand la gauche parlait dignement de prostitution par BÉATRICE VALLAEYS

ANTOINE la tendresse bordel : entretien avec BAYON

É CONTRESENS :

Libertines chéries par MARCELA IACUB

vendredi 9 novembre 2012

2018. La Soirée Obama de Isabelle Miller par Lisa Vignoli pour LE MOUV'

Il s'agit d'une des Perles de culture découvertes par Lisa Vignoli pour Le Mouv'. Cela se passait le matin même de la ré-élection de Barack Obama (annoncée par le titre du livre d'Isabelle Miller. Nous étions donc doublement contents.

Il suffit de lire les ouvrages précédents d'Isabelle Miller, pour comprendre que nous sommes face à un auteur majeur de la scène littéraire française. La Soirée Obama devrait lui permettre de toucher un large public. Ce roman, dont la forme originale, utilisant un dispositif narratif linéaire pour dérouler une apparente succession de nouvelles, permet au lecteur de découvrir qu'elles ne forment qu'une seule et même fiction, celle qui relie les fils invisibles et magiques de ses personnages en quête de célébrité, prisonnier des illusions de leur vanité. Ce cheminement et cette écriture subtiles, produisent un plaisir de lecture particulièrement fascinant.

Comme le dit Lisa Vignoli à la fin de sa chronique pour résumer : "C'est fin, acide, drôle et particulièrement enlevé".

2017. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par ARNAUD VIVIANT pour Regards.fr

Avec le temps, des lecteurs, critiques, écrivains, découvrent dans le livre de Nathalie Rheims des aspects jusque là peu traités par les media, portant sur une facette sociologique de ce roman.

Il s'agit, plus précisément, des derniers restes, dans le monde actuel, de ce qu'on appellait la "praxis de classe" et qui, si elle a généralement disparu chez la classe ouvrière, demeure assez vivace dans certaines branches de la grande bourgeoisie, en particulier dans les dynasties financières, comme l'a très bien remarqué Arnaud Viviant :

Arnaud Viviant le 8 novembre 2012

Voici deux « romans » qui valent surtout pour la documentation qu'ils nous apportent sur deux très riches familles françaises : les Schneider d'une part, les Rothschild d'autre part. Félicité Herzog est la fille de l'alpiniste Maurice Herzog (vainqueur de l'Annapurna en 1950, dans une entreprise de redressement de l'ego national, financé à la fois avec des deniers publics et privés) et d'une descendante Schneider ; elle est le fruit d'un mariage sans amour. Qui finira par emporter son petit frère dans la folie. C'est pour raconter cette pathétique histoire que Félicité Herzog s'est mise en congé sabbatique d'Areva, où elle était le bras droit d'Anne Lauvergeon, avant finalement de rejoindre la banque Lazard. Soit la banque concurrente (pour ne pas dire la banque ennemie) de la banque Rothschildâ?¦ Justement, descendante Rothschild, Nathalie Rheims règle ses comptes avec cette famille d'argent dans Laisser les cendres s'envoler. Avec des phrases terribles telle que : « Chaque personne, dans ce système, est envisagé comme un bien spéculatif. Il est recommandé de n'investir son amour et son affection que dans la perspective d'un retour sur investissement, le moment venu ». Deux livres riches, sociologiquement parlant, pour comprendre pourquoi, ainsi que l'expliquent les Pinçon-Charlot, les très riches sont la dernière classe sociale à se vivre en tant que telle.

mercredi 7 novembre 2012

2016. Une littérature sans écrivains de Basile Panurgias par Arnaud VIVIANT pour TRANSFUGES

Mouton, comme qui dirait, de Panurgias

Vous ne connaissez certainement pas Basile Panurgias.

Auteur n'ayant jamais connu le succès, il est un oracle singulier pour le monde de l'édition.

Déshabillage de cet héritier.

Par Arnaud Viviant.

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2015. Alexandra VARRIN et Marie SIMON dans la sélection du PRIX BAZ'ART des MOTS

Le prix du Baz'Art des mots est décerné par un groupe 11 personnes à partir d'une sélection de 50 titres de la rentrée littéraire, ce prix est délibéré début février en présence des auteurs.

Catégorie "Roman"

- Archarnement de Mathieu Larnaudie chez Actes Sud

- C'est maman qui a tué le père Noël d'Alexandra Varrin chez Léo Scheer

- La Gardienne du ch?teau de sable de Christian Estébe chez Finitude

- La grande bleue de Nathalie Démouli aux Rouergue

- La nuit tombée d'Antoine Choplin à la Fosse aux ours

- La vie de Régis de sà Moreira au Diable Vauvert

- L'amour sans le faire de Serge Joncour chez Flammarion

- Les derniers jours de Smokey Nelson de Catherine Mavrikakis

- Les Pays de Marie Héléne Lafon chez Buchet Chastel

- L'escalier de Jack de Jean Cagnard chez Gaïa

- L'hiver des hommes de Lionel Duroy chez Juilliard

- Mon pire ennemi est sous mon chapeau de Laurent Bennegui

- Tous les diamants du ciel de Claro chez Actes Sud

Catégorie " Premier Roman"

- Des impatientes de Sylvain Pattieu au Rouergue

- Dieu n'est même pas mort de Samuel Doux chez Julliard

- Haut et court de Philippe Vohen Grillet au Dilettante

- Je suis la marquise de Carabas de Lucile Bordes ches Liana Levi

- La déesse des petites victoires de Yannick Grannec chez Anne Carriere

- Le meilleur des jours de Yassaman Montazani chez Sabine Wespieser

- Les immortelles de Mackenzie Orcel chez Zulma

- Les pieds nus de Marie Simon chez Leo Scheer

- Mon pays étranger de Sandrine Charlemagne à la Différe

mardi 6 novembre 2012

2014. Entretien entre Évariste Lefeuvre et Stéphanie Fontenoy pour SUD OUEST

Éuvariste Lefeuvre, économiste en chef pour la banque d'investissement Natixis aux Etats-Unis, a vécu de près bouleversements de l'économie américaine. Dans son ouvrage « La renaissance américaine » il dresse un bilan de la crise qui a façonné la présidence de Barack Obama. Selon l'expert, « les défis à relever sont gigantesques, mais ne mènent pas nécessairement au déclin ». Quel que soit le président élu mardi 6 novembre, la reprise passera pas le Congrès.

Quand on pense aux dernières années de crise, le titre de votre livre, « La renaissance américaine » est audacieuxâ?¦

Il est vrai que l'économie américaine connaît depuis quelques années des problèmes structurels : chômage de longue période, déficit public lié à la santé et aux retraites, inégalités en terme de revenus ou de logement. Mais on voit aussi que les séquelles de la crise s'estompent. Le secteur immobilier s'est assaini, l'excès de production de maisons est quasiment résorbé, les mises en chantier redémarrent. L'immobilier n'est plus un frein. Au delà de cette reprise cyclique, l'économie américaine repart non pas grâce à des politiques de demande mais par des transformations de l'offre. Premièrement, dans le secteur manufacturier, avec le retour sur le territoire américain de la production de sociétés comme Black & Decker et Caterpillar par exemple. La construction automobile américaine s'est plutôt bien refaite. Deuxièmement à travers la révolution du gaz de schiste et de l'extraction pétrolière domestique. Les Etats-Unis sont passés de 5 millions de barils de brut produits en 2008 à 6 millions en 2012. Ils sont loin de leur pic de 1970 quand ils en produisaient dix millions. Mais cette nouvelle dynamique modifie l'économie américaine en profondeur, car elle induit des créations d'emplois, une refonte des infrastructures et une hausse des exportations. Dans ces deux secteurs, industriel et énergie, les sources d'investissement et d'innovation potentiels existent.

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2013. Basile Panurgias Signature à La Belle Hortense

A l'occasion de la publication du Variation XXV des ELS : son essai La littérature sans écrivains, rendez-vous avec Basile Panurgias à la Belle Hortense le Mardi 13 novembre 2012 à 20h, 31 rue Vieille du Temple 75004 Paris.

É lire, dans le TRANSFUGES de novembre 2012 le très bel article d'Arnaud VIVIANT avec des photo de Thomas PIREL : "Mouton, comme qui dirait de Panurgias".

2012. La renaissance américaine d'Evariste Lefeuvre par Audrey Fournier dans LE MONDE

L'Amérique ne renaît pas de ses cendres, elle se reconstruit.

Voici le regard pragmatique que pose sur les Etats-Unis post-subprimes Evariste Lefeuvre, chef économiste de Natixis à New York.

Alors que les Américains s'apprêtent à élire leur président pour les quatre années à venir, dans un contexte de reprise économique lente et poussive, l'auteur fait le point sur les forces et faiblesses de cette " puissance indispensable ", dont la légitimité et l'exemplarité ont été ébranlées par cinq années de crise financière. Au sortir d'une décennie de croissance sans emploi adossée à une bulle de crédit spéculative, la question de la reconstruction du tissu productif américain se pose avec urgence : Barack Obama en a fait un des fers de lance de sa campagne, s'appuyant sur le sauvetage de General Motors orchestré par Washington durant son premier mandat. Mais, dans cette " économie iPhone " qui, à l'instar du modèle Apple, fait cohabiter chercheurs et développeurs hautement qualifiés et rémunérés avec, en bout de chaîne, des vendeurs sans diplôme et mal payés, tout en évacuant l'emploi intermédiaire à l'étranger, quels peuvent être les nouveaux moteurs de la croissance ?

Comment faire régresser la part du chômage structurel et freiner le tassement de la classe moyenne, qui entraîne une polarisation de la société entre riches de plus en plus riches et pauvres de plus en plus pauvres ? Dans une société qui place le mérite en tête des valeurs et assimile toute hausse d'impôt à une ingérence de " l'Etat nounou " (" Nanny State "), comment répartir dépenses publiques et recettes fiscales afin de préserver le financement des biens publics et de la protection sociale, tout en épongeant une dette qui bat des records ? Confrontés à un marché du travail dysfonctionnel et à une fiscalité largement considérée comme inique, les Américains voient leur mobilité sociale se dégrader et les inégalités se creuser. Face à eux, des politiques radicalisés par la nécessité d'emporter une large adhésion au sein de leur parti bloquent les processus des réformes indispensables. Les Etats-Unis ne sont pourtant pas sans atouts : leur capacité énergétique, leur force de frappe en matière d'innovation technologique sont autant d'avantages comparatifs qui font que, si le pays n' est plus un modèle, ils reste un important " laboratoire du changement ". Le temps de faire du " nation building " à la maison est venu, martelait Barack Obama lors de l'ultime débat préélectoral face à Mitt Romney, le 22 octobre. Ce livre met en évidence l'ampleur du défi à relever.

Audrey Fournier, LE MONDE, le 5 novembre 2012.

2011. La renaissance américaine d'Evariste Lefeuvre par Laurent Chemineau dans l'AGEFI

En prenant ses quartiers dans le bureau ovale, le président américain issu du scrutin du 6 novembre trouvera les dossiers parmi les plus délicats qu'un chef de l'Etat puisse avoir à traiter: réussir la sortie du pays de la «Grande récession» et s'attaquer aux périls qui minent en sous-sol la puissance américaine depuis des décennies: «le délabrement des infrastructures, le déficit de la formation des jeunes, le creusement des inégalités, la concurrence chinoise, le maintien d'un taux de chômage et d'une dette publiques élevés, l'agonie du secteur de la construction», écrit Evariste Lefeuvre dans «La renaissance américaine» (Editions Léo Scheer). Autant de dérives qui «peuvent aisément étayer la thèse du déclin», relève le chef économiste pour l'Amérique du nord de Natixis à New York.

Car «l'Amérique va mal», dit-il : la crise du surendettement a révélé des défaillances longtemps masquées par la surabondance du crédit et les taux faibles. Et la restauration des finances publiques est devenue urgente. Pour commencer, la nouvelle administration évitera difficilement de se poser la question d'une «refonte de l'impôt», et cela au delà de la menace que fait planer la «falaise fiscale» fin 2012 sur la croissance économique. L'économiste souligne en effet que «les recettes fiscales s'établissent à 15,5% du PIB, et les dépenses à 24% ». Compte tenu de cet écart, « il faudra jouer sur les deux volets budgétaires pour revenir à l'équilibre».

Pour assurer le redressement national, Washington ne manque toutefois pas d'atouts. «Forte de la taille de son marché intérieur et de l'abondance de ses ressources, l'économie américaine est en train de se remodeler», analyse Evariste Lefeuvre. « Le secteur manufacturier est en mutation; l'exploitation du gaz et du pétrole refaçonne la géographie économique du pays» et « la thèse de l'effondrement du dollar sera bientôt de l'histoire ancienne», prévoit l'auteur.

Reste la difficulté, pour les dirigeants, de prendre la mesure des bouleversements en gestation qui dépassent le simple cadre économique . « Leur dimension est à la fois politique, sociétale et géographique », dit-il. « A une expansion est-ouest, se substituent des liens économiques et humains transfrontaliers entre le nord et le sud ». L'auteur pousse loin l'extrapolation en annonçant pour le prochain siècle « une nouvelle confédération ou Union des Etats d'Amérique ».

Laurent Chemineau, le 5 novembre 2012

2010. Louis Gallois a-t-il lu Nathalie Rheims ?

C'est la question que pose Bernard-Gensane sur son blog

(...) Nathalie Rheims nous offre avec Laisser les cendres s'envoler, une description déchirante de sa relation fracassée avec sa mère.

Je doute que Nathalie Rheims soit de gauche et qu'elle ait voté Mélenchon ou Poutou lors de la dernière élection présidentielle (à vrai dire, je n'en sais rien). Mais au moment où tout ce que la France compte d'idéologues du discours unique et de défenseurs des intérêts des riches demande au peuple de verser une nouvelle et énorme obole aux grands patrons, Nathalie Rheims évoque une technique misérable utilisée par les détenteurs de dividendes ' qui ne sont pas, eux, à l'ordre du jour des réflexions de Louis Gallois ' pour escroquer le prolétariat et les classes moyennes :

"Un soir, au cours d'un dîner chez l'un de mes cousins banquiers, j'avais entendu une étrange conversation. Il était question d'un nouveau produit financier, qu'ils appelaient le "prêt à neutrons". Je me souvenais que cette expression m'avait fait sursauter.

Elle faisait évidemment référence à la bombe du même nom â?¦ qui ne détruisait que les gens, laissant intacts les biens matériels.

â?¦ Ils disaient que c'était le nec plus ultra. Il s'agissait de prêter de l'argent à des personnes démunies qui voulaient, par exemple, acheter une maison. Le banquier savait que les emprunteurs ne pourraient pas rembourser, qu'ils seraient ruinés par ce crédit, alors que le bien immobilier, lui, serait préservé. On pourrait toujours le revendre. Tout le jeu consistait à faire varier la valeur de cette maison et surtout celle du prêt, qu'on avait, dans le même temps, transformé en titre côté en bourse.

On jouait avec les êtres comme s'ils étaient des numéros sur un tapis de roulette. Mais surtout on spéculait sur l'effondrement du système, qui devenait un moyen pour les riches de l'être encore davantage.

â?¦ Lorsque notre monde commença à s'enfoncer dans la crise avec l'affaire des subprimes, cette conversation me revint à l'esprit, et j'eus enfin la réponse à ma question. C'était bien une fraude, mais personne n'était coupable ou responsable. C'était la conséquence d'un système livré à lui-même, en roue libre, protégé de toute règle, une sorte de bombe à neutrons qui allait peut-être nous détruire, laissant intacts les biens matériels, fabriquant du désespoir et de la suspicion."

PS : Ohé Gallois, porte-coton du CAC 40 ! La masse salariale des entreprises non financières (industrielles et de services) a été multipliée par 3,6 depuis une trentaine d'années. Pendant ce temps, la somme des dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par 20.

lundi 5 novembre 2012

2009. Antoine Chez Ruquier

É l'occasion de la sortie mercredi 7 de son livre : Délivrez nous des dogmes Antoine est reçu par Laurent Ruquier dans son émission On n'est pas couché sur France 2. "Un pavé dans la mer !" annonce l'animateur-producteur.

samedi 3 novembre 2012

2008. ALEXANDRA VARRIN LAURÉATE DU PRIX CLAUDE MILAN

Communiqué / Premier prix Claude Milan

Créé par Eric Naulleau en souvenir d'un ami cher, Claude Milan, récemment disparu, « maître et compagnon en irrévérence » ainsi que l'indiquait la dédicace du "Jourde et Naulleau". Fondateur et directeur de la revue Balkan. Ancien propriétaire de La Pensée russe. Grand connaisseur des cultures et de la politique des pays de l'Est. Homme libre.

En hommage à ce maître et compagnon, le prix Claude Milan distingue un ouvrage paru dans l'année où brille le seul esprit qui vaille, le mauvais esprit, où soufflent des vents opposés à l'air du temps.

Il sera remis pour la première fois le samedi 17 novembre 2012 à 18 heures lors des Littératures Européennes Cognac à Alexandra Varrin pour C'est maman qui a tué le père Noël paru aux éditions Léo Scheer. Ou les retrouvailles orageuses, en forme de huis-clos et sur fond de nativité, de trois générations de femmes décidées à ne pas se faire de cadeaux, même pour Noël, surtout pas pour Noël.

Le jury du Prix Claude Milan est composé de Hubert Artus, Rodolphe Bosselut, Philippe Delaroche, Pierre Jourde, Baptiste Liger, Joseph Macé-Scaron, Eric Naulleau, Mazarine Pingeot, Olivier Poivre d'Arvor, Nicolas Rey et Arnaud Viviant.

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