Avec le temps, des lecteurs, critiques, écrivains, découvrent dans le livre de Nathalie Rheims des aspects jusque là peu traités par les media, portant sur une facette sociologique de ce roman.

Il s'agit, plus précisément, des derniers restes, dans le monde actuel, de ce qu'on appellait la "praxis de classe" et qui, si elle a généralement disparu chez la classe ouvrière, demeure assez vivace dans certaines branches de la grande bourgeoisie, en particulier dans les dynasties financières, comme l'a très bien remarqué Arnaud Viviant :

Arnaud Viviant le 8 novembre 2012

Voici deux « romans » qui valent surtout pour la documentation qu'ils nous apportent sur deux très riches familles françaises : les Schneider d'une part, les Rothschild d'autre part. Félicité Herzog est la fille de l'alpiniste Maurice Herzog (vainqueur de l'Annapurna en 1950, dans une entreprise de redressement de l'ego national, financé à la fois avec des deniers publics et privés) et d'une descendante Schneider ; elle est le fruit d'un mariage sans amour. Qui finira par emporter son petit frère dans la folie. C'est pour raconter cette pathétique histoire que Félicité Herzog s'est mise en congé sabbatique d'Areva, où elle était le bras droit d'Anne Lauvergeon, avant finalement de rejoindre la banque Lazard. Soit la banque concurrente (pour ne pas dire la banque ennemie) de la banque Rothschildâ?¦ Justement, descendante Rothschild, Nathalie Rheims règle ses comptes avec cette famille d'argent dans Laisser les cendres s'envoler. Avec des phrases terribles telle que : « Chaque personne, dans ce système, est envisagé comme un bien spéculatif. Il est recommandé de n'investir son amour et son affection que dans la perspective d'un retour sur investissement, le moment venu ». Deux livres riches, sociologiquement parlant, pour comprendre pourquoi, ainsi que l'expliquent les Pinçon-Charlot, les très riches sont la dernière classe sociale à se vivre en tant que telle.