Est-ce l'effet du livre de Baudelaire, on parle déjà de Mouche' dans Bruxelles News :

Voici un roman d'une belle tenue, tracé avec une plume allègre et caustique.

Marie Lebey y dresse un portrait caricatural de sa mère qu'elle surnomme Mouche' et qui n'a rien à voir avec un totem hérité du monde du scoutisme. C'est que notre héroïne vit une curieuse d'enfance dans le giron d'une maman qui cherche constamment la beauté autour d'elle et qui s'épanouit dans les arts. Au point de ne pas prêter beaucoup d'attention à sa fille qui, curieusement, paraît terne à ses yeux.

Après le décès de son époux et de sa fille aînée, elle en arrive à perdre lentement ses repères, au point d'enfermer sa cadette dans une espèce de chambre verte, telle que François Truffaut l'a si bien décrite dans son film éponyme. Soit, un lieu entièrement habité de souvenirs et hanté par les fantômes des êtres chers trop tôt disparus. Pour lui échapper, la jeune Marie ne trouve qu'une issue : devenir belle et exister aux yeux des autres. Par elle-même. Pour elle-même.

Plutôt que d'emprunter un ton rageur ou dépité, l'auteur emploie tous les artifices de la tendresse pour décrire une situation compliquée et finalement s'offrir un exutoire à travers le regard des hommes qu'elle croise. Jamais il n'est question de vengeance ou d'amertume. Plutôt d'écrire une longue lettre d'amour à celle qu'elle continue d'aimer malgré tout. Contre tout !

Anny Dimelow, le 29 décembre 2012