Accueil
Actualité
Catalogue
A paraître
Blog des ELS La Revue Littéraire
TV6



mercredi 30 janvier 2013

2070. Mouche' de Marie Lebey dans la sélection du PRIX DE LA CLOSERIE DES LILAS 2013

Les douze romans de cette première sélection du Prix de la Closerie des Lilas 2013 sont :

Les Traversées, de Solange Delhomme (Denoël)

Heureux les heureux, de Yasmina Reza (Flammarion)

Deux étrangers, d'Emilie Frèche (Actes Sud)

L'atelier des miracles, de Valérie Tong-Cuong (J.C. Lattès)

Sombre dimanche, d'Alice Zéniter (Albin Michel)

Une faiblesse de Carlotta Delmont, de Fanny Chiarello (l'Olivier)

Une saison,de Sylvie Bocqui (Arléa)

Mouche', de Marie Lebey (Léo Scheer)

L'Enfant de Calabre, de Catherine Locandro (Héloïse d'Ormesson)

Mourir est un art, comme tout le reste, d'Oriane Jeancourt Galignani (Albin Michel)

Ecoute la pluie, de Michèle Lesbre (Sabine Wespieser)

Tout s'est bien passé, d'Emmanuèle Bernheim (Gallimard)

lundi 28 janvier 2013

2069. L'Homme qui frappait les femmes de Aymeric Patricot par Omri Ezrati pour Paris Tribune

Sur le site de Paris Tribune, OMRI EZRATI évoque le nouveau roman d'Aymeric Patricot : L'homme qui frappait les femmes :

Aymeric Patricot revient chez Léo Scheer avec L'homme qui frappait les femmes, un superbe roman qui raconte la vie d'un homme "bien sous tout rapport" qui ne peut résister à ses violentes pulsions.

Une histoire forte, pas une apologie de la violence

Un roman, à l'écriture très directe, qui peut choquer, avec des scènes de violences inouïes décrites sans détours par Patricot.

Son premier roman Suicide girls, déjà, nous transportait dans un univers glauque, celui d'une prof, obsédée par le suicide.

L'homme qui frappait les femmes ou comment un homme peut mener une vie bien rangée, travailler au contact quotidien des députés, fonder une famille, avoir des enfants, présider une association féministe, et le soir venu devenir un psychopathe sans scrupules qui rôde dans Paris à la recherche de femmes à frapper, parfois jusqu'à la mort. Patricot nous décrit avec justesse cet homme, depuis son adolescence en Normandie jusqu'à l'aulne de sa vie sur la même plage normande qu'il fréquentait gamin.

Contrairement à ce qu'on pourra facilement croire, cet homme aux pulsions violentes à l'égard des femmes n'aura pas vécu une enfance de maltraitance, bien au contraire. Il fera des études, fera de la politique, deviendra un militant socialiste apprécié... Comme nous tous, il aura aussi des amis, même si l'un d'entre eux finira par s'en éloigner, choqué par son obsession, ou un autre qui se taira.

Le roman de Patricot est peut-être l'une des plus belles découvertes de ce début d'année. On ne ressort pas indemne de cette lecture. A lire.

Omri Ezrati, le 27 janvier 2013

vendredi 25 janvier 2013

2068. Le plagiaire sans scrupule de hélène Maurel-Indard par Ariane Charton pour My Boox

C'est sur le très bon site de My Boox

VOLEURS DE TEXTES

Les affaires de plagiat défrayent régulièrement la chronique, mettant le monde littéraire en émoi. Dans ''Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule'', Hélène Maurel-Indart, spécialiste du sujet, détaille cette pratique et livre une analyse vivante et sans concession.

Hélène Maurel-Indart en un clin d'?il

Hélène Maurel-Indart est professeur de littérature à l'université François Rabelais de Tours. Lire la biographie d' Hélène Maurel-Indart.

Pourquoi on aime "Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule"

Le plagiat est un crime qui, curieusement, ne nuit pas toujours à son auteur. Le culot, la notoriété ou un habile plan de communication avec des aveux bien ficelés permettent à bien des accusés de s'en sortir à bon compte. Quant à la victime, dont le nom est souvent inconnu, si elle se manifeste, c'est à peine si elle est l'objet de compassion. En somme, le plagiat est souvent une illustration de la loi du plus fort.

Hélène Maurel-Indart, depuis des années, s'attache à théoriser ce type de pillage, mais aussi à le combattre, prenant la défense des "besogneux thésards" et autres auteurs discrets. Dans Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule, elle revêt le costume du commissaire et nous livre une enquête scientifique, façon les Experts appliqués à la littérature souvent avec un humour plaisant et satirique. Chaque élément du crime (mobile, témoin, complice, mode opératoire, système de défenseâ?¦) est nourri d'exemples variés. L'auteur décline les différents profils de plagiaire : "narcissique", "hédoniste", "visionnaire". Elle les illustre avec des personnages de romans comme Simon Simonini, dans le Cimetière de Prague d'Umberto Eco (victime lui-même d'emprunts par Louise Peltzer présidente de l'Université de la Polynésie française). Elle donne aussi de nombreux exemples réels, tel, récemment, Patrick Poivre-d'Arvor, pillant une ex-compagne pour un roman et "victime" pour sa biographie d'Hemingway de son nègre inavoué, plagiaire d'un biographe américain. Même s'ils sont moins médiatiques, les plagiaires sont aussi légion à l'université : il y a l'étudiant paresseux bien sœur mais aussi des gens éminents comme un recteur de l'université de Fribourg ou encore Pál Schmitt, professeur et chef de l'État hongrois.

L'auteur rappelle également que l'emprunt, bien qu'avéré, peut ne pas être condamné car trop difficile à prouver concrètement. En effet, les idées sont dans le domaine public et seule l'analyse de ces dernières est protégéeâ?¦ Patrick Griolet, auteur d'un lexique de la langue cajun, a vu ainsi ses recherches exploitées par Jean Vautrin, pour un roman couronné par le Goncourt, sans obtenir la reconnaissance de son travail. Le plagiaire peut même aller jusqu'à citer ponctuellement en note l'auteur pillé ou le remercier afin de cacher l'ampleur du larcin. Tous les moyens sont bons pour maquiller son crime.

Même si rien n'arrête le voleur motivé, Hélène Maurel-Indart montre aussi qu'à l'ère du numérique le plagiat devient plus compliqué. De nombreux documents sont numérisés : facilement accessibles, il est plus dangereux de feindre d'en être l'auteur. Sans compter les logiciels antiplagiat et les moteurs de recherche pouvant révéler un emprunt à partir de quelques phrases seulement. Il arrive cependant que le vol soit effectué dans un but créatif. L'auteur donne ainsi l'exemple de Pérec et "ses collages façon puzzle" ou d'Antonin Artaud réécrivant une traduction du Moine de Lewis. Au passage, elle pointe du doigt ces plagiaires qui, reprenant le principe de ces écrivains, ne font que "saboter le modèle" sans art.

Bien sœur, en expliquant les différentes techniques même les plus retorses, en pointant les failles de chaque méthode, l'ouvrage a des allures de manuel pour le plagiat parfait. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le livre a une morale : il n'y rien à gagner à voler et il vaut mieux faire confiance à sa réflexion, à sa créativité. On peut ainsi, en forme de conclusion, opposer la figure de Willy, compagnon de Colette qui, raconte l'auteur, a exploité les autres au lieu de tirer parti de son esprit à Balzac, qui, loin de redouter la fin de l'inspiration, déclara : "ce monde est grand, et la cervelle humaine est aussi vaste que le monde."

La page à corner

Edgar Allan Poe a mis en scène des personnages se livrant notamment au remplissage, piquant des phrases ici ou là : "Ce que révèlent ces drôles de contes, c'est que la conscience de Poe a eu maille à partir avec les tentations du plagiat et qu'il s'en est, au bout du compte, fort bien tiré par d'artistiques pirouettes."

Ariane Charton, le 24 janvier 2013

dimanche 20 janvier 2013

2067. Riefenstahl de Lilian Auzas avec "La lumière bleue" pour L'inconstance du coeur

AU C?UR DE LA TEMPÉTE

(Avec, ci-dessous, l'intégralité du film La Lumière bleue de et avec Leni Riefenstahl.)

« La vision était lumineuse. Leni voyait déjà comment, sous l'objectif de la caméra, le sublime allait naître de chacun des détails qu'elle avait sous les yeux. Elle comprenait que c'était à elle de transcender cette ville. Comme dans le laboratoire du docteur Faustus, elle allait repousser les limites de sa splendeur. Dans cette ville, son art s'élèverait vers le génie. Nuremberg était déjà belle. Elle allait devenir mythique. »

J'ai choisi de citer ce passage du roman de Lilian Auzas, Riefenstahl, paru aux éditions Léo Scheer, car j'ai le sentiment que la vie de Leni Riefenstahl (une longue vie, elle mourut en 2003 à l'âge de cent un ans) est parfaitement résumé en ces quelques lignes. Une vie d'ambition. L'ambition jusqu'à l'aveuglement. La jeune femme est à un tournant de sa carrière. On est en 1933. Elle a rencontré Hitler et dans son esprit se dessine ce qui sera plus tard l'une des grandes réussites de sa vie : le film documentaire Le triomphe de la Volonté, abjection nauséabonde pour certains, coup de génie pour d'autres (Francis Ford Coppola, notamment).

L'exercice est risqué pour Lilian Auzas : construire un roman sur la vraie vie d'une femme qui suscite toujours autant la controverse aujourd'hui. Car, Leni Riefenstahl a bel et bien flirté avec le diable. Les faits sont là. Elle a réalisé des films de propagande pour le compte du Troisième Reich, côtoyé Hitler et Goebbels, a été correspondante de guerre en Pologne où elle aurait peut-être été témoin d'exécutions de civils juifs (dans la ville de Ko?skie). En décembre 1933, elle se trouve dans un hôtel de Berlin où elle signe, en présence d'Hitler lui-même, un partenariat avec un certain Julius Streicher, un des antisémites les plus violents de l'Allemagne nazie. De par cette signature, elle tourne le dos à des personnalités du monde cinématographique, juifs pour certaines, avec lesquelles elle avait pourtant noué des liens solides. Cependant, le doute subsiste. On dit qu'elle était en grande difficulté financière, que des procès lui pendaient au nez, qu'elle était au bout du rouleauâ?¦ Est-ce le désespoir qui a guidé son geste ?

Lire la suite

2066. l'homme qui frappait les femmes de Aymeric Patricot par Noann dans la catégorie des crus bourgeois.

Mon avis :

Avec ce court roman, l'auteur fait un pari risqué. Il mise tout dans la psyché d'un seul personnage, un pervers à qui le lecteur aura peine à trouver la moindre circonstance atténuante. L'auteur nous le livre sans fard, sans tenter d'atténuer sa responsabilité. L'homme dont il est question est détestable au plus haut point. On aura du mal à le comprendre, quand, dès les premières pages, il frappe tout à coup une femme qui l'aime. Alors que tout auteur normalement constitué tente d'émouvoir le lecteur, en lui présentant des personnages qui peuvent être mauvais mais s'amendent d'une façon ou l'autre, se remettent en question, ou sont rattrapés par la justice ou par les victimes, celui-ci poursuit ses violences purement gratuites tout au long d'une vie, sans quasiment être jamais inquiété.

La question : est-ce que ça le fait ? comme on dit. Je dois vous avouer que chez moi la méthode n'a pas vraiment marché, mais que le texte a suscité mon intérêt, mon effroi mêmeâ?¦ Et puis, en annexe, l'auteur nous livre quelques pages d'un « essai », où il nous dévoile sa motivation et ses craintes à la publication de son ouvrage. Et finalement, ces quelques pages absolvent un peu cette histoire accablanteâ?¦ Dans le fond, son personnage serait un phantasme, une projection des idées lugubres de l'auteur, de son trop plein d'adrénaline, qu'il ne parvient pas à canaliser. Alors je me suis quelque peu retrouvé, j'ai pensé qu'on avait tous un surplus de hargne qui errait en nous et qu'il suffisait d'un accroc pour que le contenu se déverse. Il reste que le personnage de « l'homme qui frappait les femmes » est déroutant, voire décevant, parce qu'il frappe trop, trop vite, trop souvent, sans véritable raison, trop jeune, avant même que la vie, la boisson ou la drogue ait pu l'affecter. Toutefois le sujet est consensuel, et j'aimerais un peu plus de bouquins sur la violence de la femme, et un peu moins sur le leitmotiv rab?ché et très à la mode de l'homme violent. Je ne me suis pas reconnu dans le personnage de l'auteur, et je n'ai reconnu aucun homme, peut-être par un a priori. Il me semblait que la violence, si elle est innée, ne peut s'épancher que dans certaines circonstances.

Noann le 20 janvier 2013

samedi 19 janvier 2013

2065. Les passages de Marie Lebey à la télévision

Il est indispensable, pour saisir toute la saveur des écrits de Marie Lebey, de regarder les traces de ses trop rares passages à la télévision, comme chez Bernard Pivot sur le thème des femmes enfermées, ou l'interview Yes No chez Thierry Ardisson.

jeudi 17 janvier 2013

2064. À propos de La Chasse spirituelle de Rimbaud et de la postface de Jean-Jacques Lefrère chez Philippe S@LLERS

Voici les documents recueillis du côté de Philippe S@LLERS sur cet ouvrage.

mercredi 16 janvier 2013

2063. Confidences à Allah de Saphia Azzeddine dans Moodstock

Voir apparaître, sur Moostock, un billet le 16 janvier 2013 sur un livre publié en 2008, cela fait plaisir et prouve qu'on peut faire sur le Net pour le livre des choses qui seraient impensables dans les medias classiques.

Comment devenir libre quand tout vous destine à la soumission ?

Confidences à Allah est un témoignage sans détour sur l'oppression des femmes au Magreb. Récit poignant mais non moins attachant d'une jeune fille musulmane d'aujourd'hui, réduite au rang de servante par un père ignorant et brutal. Jbara est belle, mais elle ne le sait pas. Dans un village où les femmes ne sont rien, elle n'a pas encore appris que sa beauté est un pouvoir. Depuis sa plus tendre enfance, la prostitution est le triste loyer de son existence ; avec lassitude elle accepte de souiller son corps, parfois seulement pour quelques friandises, jamais son âme. Une libération s'esquisse cependant au milieu des tourments lorsqu'une valise tombe d'un car de touristes américains, qui lui révèle un autre monde. Une réconciliation aussi, peut-être ' avec les hommes comme avec Dieu, sur lequel souffle une rage irrépressible. A la fois fidèle et rebelle, respectueuse et mutine, elle l'implore sans cesse, lui demandant pardon ou lui rendant grâce. Dans un monde qui, semble-t-il, ne voulait pas d'elle, Dieu est son seul confident. Déçue des hommes et la société qui l'enserrent dans un carcan cruel, elle s'adresse à lui sans cesse, sans jamais le défier ou le culpabiliser.

Lire la suite

2062. Mouche' de Marie Lebey par Delphine Peras dans L'EXPRESS

Les vies de Marie Lebey

Marie Lebey, révélée en 1986 avec Dix-Sept Ans, porte 57, continue son oeuvre autobiographique avec Mouche', une évocation de la figure de sa mère.

Marie Lebey, ex-épouse du footballeur Dominique Rocheteau, est l'auteure de 5 livres en 25 ans. On veut bien la croire quand elle écrit dans Mouche', surnom de cette mère fantasque, attachante, irritante, auquel son livre rend un hommage tendre et inspiré : "J'étais belle. J'avais tous les garçons à mes pieds." A 54 ans, Marie Lebey attire toujours les regards avec son joli minois et sa chevelure fournie.

A la très parisienne brasserie Lorraine, place des Ternes, elle semble presque étonnée de se retrouver dans le rôle de l'écrivain. C'est que cette fille de bonne famille, abonnée aux institutions religieuses, de Sainte-Marie de Neuilly à Sainte-Ursule, taquine la plume en pointillé - cinq livres en vingt-cinq ans -, avec gr?ce, sans plan de carrière, dans une veine toujours très autobiographique. "Je me sens un peu comme ces peintres qui peignent ce qu'ils ont sous les yeux : mon matériau, c'est ma vie", confesse d'emblée l'ex-épouse du footballeur Dominique Rocheteau, avec qui elle a eu trois fils.

Et quelle vie ! Traumatisée (tout comme sa mère), quand elle avait 12 ans, par le décès de son père, banquier, dans un accident d'avion, puis par celui de sa soeur aînée, br?lée vive sous un camion à l'?ge de 17 ans, Marie Lebey a arrêté l'école en troisième pour essayer de "faire l'actrice". Roger Vadim l'enrôle dans Une femme fidèle, en 1976. "Mais ce n'était pas un métier pour moi", avoue cette brune inclassable, qui a pourtant suivi des cours à l'antenne parisienne de l'Actors Studio, moyennant de menus travaux - standardiste, balayeuse...

En 1986, elle déboule en majesté sur la scène littéraire avec un premier roman, Dix-Sept Ans, porte 57, évoquant sa liaison avec le chah d'Iran, ce qui lui valut d'être invitée sur le plateau d'Apostrophes.



Recluse aujourd'hui dans sa maison de Picardie, mais restée très amie avec Catherine Breillat et Isabelle Huppert, à tu et à toi avec le monde politique - elle organise des matchs de foot caritatifs entre élus et journalistes -, Marie Lebey a refait parler d'elle en 2011 avec Oublier Modiano, dans lequel elle pistait l'écrivain (au grand dam de celui-ci) pour conjurer ses démons. Dans ce récit elle parlait aussi de la veuve de Céline, Lucette Destouches, 100 ans aujourd'hui, qu'elle a rencontrée à Meudon : "Une esthète, un peu bohème, très gentille."

Marie Lebey a l'admiration chevillée au corps et au coeur. Et elle n'a pas attendu le centenaire de sa mère - 80 petits printemps - pour l'honorer et lui dire toute son affection malgré les relations complexes nouées entre ces deux femmes frappées si tôt par les deuils.

Delphine Peras le 15 janvier 2013

mardi 15 janvier 2013

2061. L'homme qui frappait les femmes de Aymeric Patricot entretien pour 20mn et Le Choix des libraires.

Le livre L'homme qui frappait les femmes de Aymeric Patricot, sera en librairie le 6 février 2013, dors et déjà, l'ouvrage et l'auteur intriguent.

Résumé

«Je ne chercherai pas dans ce livre à me justifier ni même à présenter les choses sous un jour avantageux pour moi. Je ne ferai pas non plus l'apologie de ce que j'ai commis. Je comprends qu'on m'en veuille et, dans une certaine mesure, je comprends qu'on fantasme ma mort. (...) Je tiens d'ailleurs à m'excuser pour la véritable indécence que constitue ma vie. Je suis bien obligé de constater que ce défaut dans mon caractère m'a valu des succès...»

Le narrateur est un homme dominé par ses pulsions. Des plages normandes aux boulevards parisiens, du collège à l'Assemblée Nationale, il poursuit les femmes de sa passion destructrice. Ironie du sort, il deviendra pourtant responsable d'une association féministe. Mais pourra-t-il cacher indéfiniment ses penchants ?

Comment mener sa vie, comment fonder une famille lorsque des actes inavouables rythment et défigurent votre quotidien ?

Aymeric Patricot est professeur de lettres et enseigne à La Courneuve. Il est l'auteur de deux romans : Azima la rouge, chez Flammarion, en 2006, Suicide Girls, chez Léo Scheer, en 2010, et d'un essai : Autoportrait du professeur en territoire difficile, chez Gallimard, en 2011. Courier des auteurs le 12/01/2013

__Entretien : __ 1) Qui êtes-vous ? !

Je suis professeur de français en lycée, en BTS et à Sciences-Po et je publie des romans et des essais depuis 2006.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

Le thème central pourrait être celui des violences conjugales, mais il est plus précisément celui de la pulsion : le narrateur est un homme possédé par ses pulsions de violence envers les femmes. Il est écrit dans une veine réaliste, celle de Simenon par exemple, et il est suivi par un essai qui évoque la question du traumatisme en littérature et définit ce que pourrait être un roman punk.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

La toute première : «Je ne chercherai pas dans ce livre à me justifier, ni même à présenter les choses sous un jour avantageux pour moi.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Une chanson punk, comme «I wanna sniff some glue» des Ramones, ou bien une chanson de rock sombre et mélodieuse comme «Sympathy for the devil.»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Le sentiment d'une certaine énergie, d'une certaine beauté du désespoir radical.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

J'écris beaucoup dans les cafés - je prends en moyenne trois ou quatre cafés par jour dans les bistrots parisiens.

7) Comment vous vient l'inspiration ?

Je puise dans ce que je ressens, et je travaille beaucoup pour l'organiser dans une matière romanesque.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'écris depuis le plus tendre ?ge - huit ou neuf ans. C'est quelque chose que j'ai fait spontanément. J'ai aussi essayé la musique et le dessin, mais je ne suis pas doué pour ces choses-là...

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Mon premier choc littéraire a été celui des nouvelles et romans de Sartre, à propos desquels je faisais des exposés en classe de cinquième. Mes premiers vrais plaisirs, au même ?ge, étaient cependant tournés vers l'aventure et la science-fiction...

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A transmettre des émotions, à aider à mieux comprendre le monde, à créer de la beauté et à garder trace de ce qu'il est advenu dans l'histoire humaine.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

Une grande place, puisque j'y passe presque tous les jours. Cependant elles me plaisent et m'angoissent à la fois parce qu'elles me rappellent que je ne pourrai jamais lire tout ce qui existe - encore moins m'en souvenir...

dimanche 13 janvier 2013

2060. Steven Sampson CAUSEUR de Philip Roth

Dans le magazine Causeur, cet entretien passionnant entre Steven Sampson et David di Noota sur une oeuvre que j'ai la faiblesse de considérer comme majeure, en tout cas celle dans laquelle je me reconnais le mieux à tous égards, l'oeuvre d'un certain Philip Roth, et sur laquelle Steven Sampson dit des choses qui me font rire comme le ferait un bon "Witz" un peu "Michigene" :

Ceci est mon Roth

Spécialiste de littérature américaine contemporaine, Steven Sampson, Parisien du Milwaukee, jette sur l'oeuvre du romancier américain un éclairage christico-érotique qui ne plaît pas à tout le monde.

PROPOS RECUEILLIS PAR DAVID DI NOTA

Steven Sampson vit à Paris, ville de ses rêves depuis que sa mère lui chantait la berceuse Frères Jacques... Après avoir soutenu une thèse de doctorat à Paris vii consacrée à l'oeuvre de Philip Roth, il écrit des essais sur la littérature américaine. il a publié trois livres aux éditions Léo Scheer (1) et de nombreux articles dans La Revue littéraire, L'Infini et La Quinzaine littéraire. il a brisé la malédiction rothienne qui veut que le juif ne fasse pas d'enfant.

Causeur. Aucun doute à ce sujet : Philip Roth est une célébrité. Les ménagères l'achètent. Les critiques se demandent pourquoi il n'a pas le prix Nobel. Des bus mènent à sa maison d'enfance, signalée par un panneau. Tout ça n'est pas forcément bon signe. Peut-on se défaire de ce brouhaha assourdissant pour le lire vraiment ?

Steven Sampson. Mark Twain disait qu'un livre « classique » est celui que tout le monde veut avoir déjà lu et que personne ne veut lire. Apparemment, Philip Roth n'a pas encore atteint ce niveau puisqu'il donne toujours envie d'être lu. Lui qui aspire surtout à autre chose : être bu. il faut commencer avec Portnoy et son complexe, livre généralement ignoré dans la célébration qui entoure Pastorale américaine, La Tache et Némésis. Pourquoi ne pas le lire aux toilettes ? Histoire non seulement de se mettre dans l'ambiance, mais aussi de se recueillir, d'échapper à la foule, de trouver un moment de silence et de concentration profonde. Henry Miller ne serait pas d'accord, lui qui, après s'être penché sur la question, a prétendu qu'il ne fallait pas se disperser, que le bonheur consistait à se consacrer à une seule activité à la fois. É mes yeux, Portnoy mérite une dérogation à la règle. Bien évidemment, dans un espace si réduit, il serait difficile de convoquer des étudiants pour un séminaire sur Roth. Mais Roth doit être lu de près, pris à bras-le-corps. Quelle meilleure façon d'affronter le Corpus Rothi qu'en exposant son propre corpus ?

C. Vous avez choisi de traverser son oeuvre en suivant un fil conducteur unique, la symbolique christique. Comment s'est-il imposé à vous ?

Lire la suite

vendredi 11 janvier 2013

2059. La tribune d'Antoine dans le HUFFINGTON POST

É lire, la tribune d'Antoine dans le Huffpost C'est la vie

Prostitution : et si 2013 devenait en France l'année du retour au bon sens ?

Par Antoine

chanteur, navigateur, réalisateur, défenseur de la nature, et, 45 ans après avoir réclamé en chanson "la pilule dans les Monoprix", défenseur des droits des personnes qui se prostituent de leur plein gré.

Eternel voyageur, réalisateur de documentaires, j'ai la chance de pouvoir observer dans de nombreux pays du monde la libéralisation qui touche des domaines où nous avons hélas tendance en France à rester très dogmatiques ; c'est dans cet esprit que vous m'avez peut-être vu et entendu m'exprimer sur le thème de la prostitution, demandant que l'on mette fin à l'hypocrisie qui l'entoure. Invité sur de nombreux plateaux de télévision pour présenter mon livre Délivrez-nous des dogmes (1), j'ai été impressionné de la chaleur de l'accueil que m'ont fait les plus grands journalistes et animateurs, autant de femmes que d'hommes, qui tous partageaient mon souhait de voir le débat dans ce domaine revenir enfin à la raison, quitter le domaine des mythes et des stéréotypes.

Et si 2013 devenait en France l'année du retour au bon sens? De l'abandon des démarches dogmatiques qui ne causent que du malheur? Toujours à l'aff?t de signes positifs, j'en ai relevé deux, de premier ordre, dans l'actualité récente: en décembre dernier, tout d'abord, alors que les mouvements qui prétendent qu'il soit possible et nécessaire d'un jour "faire disparaître" la prostitution font toujours référence à la solution répressive choisie par la Suède. Or, son voisin le plus proche, le Danemark, après avoir étudié le bilan du "modèle nordique", ce pays a décidé de ne pas le suivre, car il n'améliorait en rien la situation des sexworkers, et a renoncé à pénaliser le recours à la prostitution; une étude financée en 2010 par le gouvernement danois avait clairement conclu que "la prostitution ne peut pas être traitée comme une entité monolithique et homogène" et que "de nombreux travailleurs sexuels ont choisi leur profession, ils n'y ont pas été contraints."

Et puis à quelques jours des fêtes, c'est le gouvernement français qui a publié un rapport révélateur de l'Inspection Générale des Affaires sociales, qui , pour la première fois en France, abordait sans a priori le problème, et déclarait à son tour "qu'il n'y a pas une mais des prostitutions" et que "les seules données disponibles (ne concernent) que la seule prostitution de rue, et ne saurai(en)t être extrapolé(es)", infirmant en cela les chiffres alarmistes proclamés par les abolitionnistes. "La commission a relevé des degrés très variables dans la contrainte ou au contraire dans la liberté" et choisi de souligner la part de libre arbitre dans le choix de cette profession , utilisant le terme "personnes qui se prostituent" plutôt que le passif "personnes prostituées"; ces conclusions convergent avec la position du Syndicat des Travailleurs Sexuels, le Strass, et avec celles que j'exprime dans mon livre, et c'est à les faire connaître que je m'appliquerai dans les mois à venir dans les colonnes du Huffington Post, afin de jeter une lumière nouvelle et constructive sur certains mythes et idées reçues à propos du travail des personnes -nombreuses- qui se prostituent de leur plein gré.

Dans cette première tribune, j'aimerais revenir simplement sur la position abolitionniste de la France: le rapport parlementaire de 2011 déclarait en la matière: "La France est devenue abolitionniste en ratifiant la Convention de l'ONU de 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui". Une convention présentée par le rapport comme un grand accord international, incontournable et respecté par la majorité des pays: il n'en est rien. Outre le fait que cette convention date d'une époque où sexualité hors mariage, homosexualité, contraception, avortement étaient des délits, seuls 30 à 40% des pays, de petits pays pour la plupart, l'ont ratifiée (en comparaison, la Convention sur les doits de l'Enfance a été ratifiée par 191 pays sur 192).

Pratiquement aucun grand pays démocratique au monde, Royaume-Uni, Allemagne, Australie, ne l'a ratifiée. Les quelques pays d'Europe qui l'ont fait, comme la Belgique ou l'Espagne, ne la respectent absolument pas: on peut comprendre cette réticence mondiale, quand on étudie le sort injuste et détestable que cette convention réserve aux personnes exerçant un métier au demeurant parfaitement légal, puisque la convention ne condamne que "l'exploitation de la prostitution d'autrui". En réalité, tout en l'autorisant, la convention édicte une série de principes visant à rendre l'exercice de la prostitution impossible, à commencer par l'interdiction la plus inhumaine, celle faite à toute personne de vendre ou de louer un appartement ou une maison pour qu'y soit exercé ce métier. Imaginez que l'on dise aux boulangers: "Vous avez le droit de faire du pain, mais pas le droit de louer ou d'acheter une maison pour y installer votre entreprise, vous ferez votre pain sous la pluie et dans le froid, dans la rue, où tout le monde pourra venir vous voler et vous menacer."

En réalité, les mouvements abolitionnistes, qui prétendent vouloir venir en aide aux prostitué(e)s, sont en très grande part responsables de l'ensemble des maux, violence, précarité, vulnérabilité à l'exploitation, stigmate, qui frappent cette profession. Quand ces mouvements cherchent à vous apitoyer en dénonçant les terribles conditions de travail des prostituées, les attaques dont elles sont victimes, leur espérance de vie plus courte que celle des autres personnes, ils oublient de dire que ce sont eux, et les règlements prohibitionnistes qu'ils ont érigés et qu'ils proposent encore d'aggraver, qui sont la cause directe de toutes ces souffrances.

Rejetée par l'essentiel des pays qui nous entourent, l'abolitionnisme est une doctrine obsolète, née du rêve de l'épouse d'un pasteur de l'ère victorienne, attisée après-guerre par les forces les plus conservatrices et votée sous de Gaulle (2), déclarée "inappropriée" par le Parlement européen, puis ranimée gr?ce aux financements du gouvernement Bush (3), qui nous est présentée aujourd'hui par un gouvernement de gauche comme un système révolutionnaire...

De nombreux pays, comprenant au contraire que, loin d'être un "fléau", la prostitution possédait une vraie valeur sociale, ont choisi, l'un après l'autre, de la légaliser d'une façon ou d'une autre. Dans une prochaine tribune, je vous proposerai d'examiner pays par pays la puissante libéralisation des lois sur la prostitution depuis quelques dizaines d'années à l'?uvre dans une grande partie du monde, en particulier dans la quasi-totalité des pays qui nous entourent.

En attendant, je vous invite à trouver des réflexions sur ce sujet, et les témoignages de centaines de personnes, dont de nombreuses personnalités, qui partagent mon opinion, sur mon blog www.lesartsdulit.org (si ce sont plutôt mes voyages qui vous intéressent - je vous en parlerai aussi parfois dans ces tribunes- vous les retrouverez sur www.antoine.tv).

Antoine, le 11 janvier 2013

(1) L'éditeur, Leo Scheer, en a remis à ma demande un exemplaire à chacun des membres de l'Assemblée nationale et du Sénat, qui l'ont trouvé dans leur casier postal à la reprise des débats après les vacances de fin d'année.

(2) La France avait d'ailleurs mis plus de dix ans, et attendu le retour au pouvoir, en 1958, du Général de Gaulle et de son épouse, la très rigide "Tante Yvonne" pour ratifier cette convention.

(3) Refusés à toute organisation ne se déclarant pas opposée à toute forme de travail sexuel.

mercredi 9 janvier 2013

2058. Mouche' de Marie Lebey par Paul Sunderland pour UNIDIVERS

Sur le site de Unidivers, La nouvelle vague culturelle et spirituelle :

Mouche' de Marie Lebey : Comment trouver sa place dans une mythologie familiale ?

« Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent. Je me retourne et m'en vais sans te dire adieu. Tu es mon gouffre, ma perpétuelle tentation de l'air et de la lumière. » (p.69)

Marie Lebey propose, avec Mouche', un roman subtilement piégé. Dans cette histoire, il est question d'une narratrice dont la mère, Mouche', a quelque peu perdu la raison à la suite de la mort de son époux et de sa fille aînée. Cette narratrice se retrouve engoncée, du fait de sa mère, dans un monde de références constantes au passé familial, ère peuplée de fantômes, d'oeuvres littéraires et baignant dans une délicatesse délicieuse et surannée. En réaction à cette sensation d'étouffement, la jeune femme s'ingénie à prendre le contrepied d'un effacement auquel elle se sent soumise dans ce musée des époques révolues. Il lui importe de se faire belle et d'attirer l'attention des hommes, afin de compenser l'élégante indifférence qui est son lot.

Roman subtilement piégé, donc, car le lecteur pourrait s'attendre, en tout cas au début de l'oeuvre, à une sorte de règlement de comptes, un meurtre symbolique. Il n'en est rien. Si la narratrice tente à toute force de ne pas ressembler à sa mère, elle ne condamne nullement celle-ci. Mieux : une bonne partie du texte est consacrée à l'exploration du passé qui a fait de Mouche' ce qu'elle est aujourd'hui. Tout en nuances doucement ironiques, le portrait de la mère que dresse la fille est bien celui d'une femme qui, autrefois, fut jeune, fit des rencontres inédites, surprenantes, dans un Paris aux allures de monde mythologique. Au fond, il s'agit bien davantage d'une fascination pour l'autrefois, la constitution d'un légendaire généalogique, que d'une mise à mort.

La narratrice fait montre d'une ironie bon enfant (si l'on ose dire) devant tous les aspects de l'existence. Lucidité, acceptation d'un passé marquant, la protagoniste (dont on apprend, vers la fin du livre, que son statut de narratrice correspond en réalité à l'identité de l'auteur, Marie Lebey) opère une reprise en profondeur du passé, revisite les épisodes fondateurs de sa mythologie familiale, tente de raccorder la jeune Mouche' à la Mouche' de son expérience contemporaine à l'écriture. Il ne s'agit pas de saborder un passé à l'excentricité délicate, mais de poser celui-ci en perspective devant un monde actuel de propriétés revendues, de lave-linge qui tournent en boucle pour les besoins familiaux et professionnels.

C'est l'expérience de la littérature qui arrondit les angles et désamorce ce qu'il pourrait y avoir de bilieux dans ce texte. Même une littérature détournée. Si Mouche' évoque le russe mouchka, bonne maman, si, sous le regard de sa fille, elle devient une caricature de la proustienne Madame Verdurin, patronnesse de salons littéraires et du bon go?t (ou ce qui passe pour tel), si même elle malmène Baudelaire et le fameux écrit de ce dernier sur la Belgique, c'est cette même présence à la littérature, en tant que lectrice et comme écrivain, qui permet à Marie Lebey d'éviter le piège d'un texte qui serait en quelque sorte borné par ses contraintes éditoriales propres. Au schéma classique de l'intrigue se substitue ici un regard ironique et tendre qui n'a de cesse d'entretenir la flamme que la mère a donnée à sa fille :

« Brusquement, toute cette misère humaine me devint inoffensive. Elle ne me faisait plus peur. Gr?ce à l'auteur de Crime et Ch?timent, et à l'oeil de Mouche' greffé en moi, j'avais extrait de ces vies ordinaires que je trouvais maintenant si romanesques le panache dont j'avais besoin pour me battre. 'Je pointe et je touche ! C'est un kyste ! C'est un roc ! C'est un picâ?¦ C'est une tumeur ! Que dis-je, un nodule ! C'est une belle cellule ! » » (p.45)

La littérature, donc, réenchante, sauve. Cette expérience, cela dit, va bien au-delà de la simple approche que proposent nos étiques manuels scolaires. Il s'agit d'une manducation sacrée, d'une synthèse bien assimilée de nos expériences personnelles et de la surdimension du personnage littéraire, surdimension acquise dans le passage à l'état de lettres, noblesse conférée par l'écriture, qui est le répondant nécessaire au seul acte de lecture. Je lis, je mange, il en sort quelque chose, mais point de scories. C'est tout au contraire l'attribution d'un sens vivant, pérenne, à ce qui aurait pu n'être qu'une vaine agitation organique marquée, dès le début, par sa finitude. La littérature réenchante, sauve, informe (met en forme). J'ai pour ma part senti que le roman Mouche' continuait bien au-delà des cent vingt-cinq pages qui le composent.

Paul Sunderland

mardi 8 janvier 2013

2056. Mouche' de Marie Lebey par Didier Hot Truck Radio pour LE PARISIEN

Sur Hot Truck Radio de YOU leparisien.fr, on en pense du bien :

Mouche' :de Marie Lebey : la belle surprise

Marie Lebey publie Mouche', son deuxième roman chez Léo Scheer. Une très belle histoire que la romancière a su magnifiquement mettre en mots par son écriture délicate.

Quelques lignes sur le roman

Mouche' : étrange surnom pour une mère. Avec une apostrophe en coin, transparaît la fantaisie qu'elle partage avec sa fille romancière. Marie Lebey esquisse une caricature de sa mère, légèrement ridicule, avec son côté Madame Verdurin pour qui l'art et la beauté sont partout, sauf chez sa fille qu'elle ne voit pas. Elle va jusqu'à moquer ses origines belges dont Baudelaire dresse le portrait au vitriol dans Pauvre Belgique ! Après la mort de son mari et de sa fille aînée, Mouche' a un peu perdu la raison et enfermé sa fille dans un musée peuplé des fantômes de ses ancêtres et de ses écrivains fétiches.

Pour lui échapper, celle-ci n'avait pas d'autre issue que de devenir une femme, belle et séduisante, captant le regard des hommes dans le seul but d'exister enfin aux yeux de quelqu'un.

On en pense quoi ?

Avec Mouche', Marie Lebey nous réconciliera avec nos mamans, jamais vraiment parfaites, mais tellement belles et uniques ! Avec une écriture parfois drôle, parfois ironique, Marie Lebey raconte avec une justesse quasi poétique l'histoire de cette relation mère fille. Sans jamais donner la moindre impression de régler ses comptes. A lire absolument !

L'extrait qui donne envie de lire Mouche'

"Si ma mère avait un instinct infaillible pour détecter du génie dans toutes les choses qui l'entouraient, ironie du sort, dès qu'elle se mettait à l'aquarelle, elle peignait des papillons riquiqui et conventionnels. A force de voir des chefs-d'oeuvre partout, elle avait fini par me dégo?ter définitivement de l'art."

2055. Mouche' de Marie Lebey par Marion Cocquet pour LE POINT.FR

Marie Lebey à la recherche du temps perdu

C'est un peu malgré elle que Marie Lebey s'est fait un nom. Dans Oublier Modiano, publié en 2011, elle partait sur les traces de son écrivain fétiche et tissait des liens entre leurs deux vies. L'entreprise n'avait pas eu l'heur de plaire à l'intéressé, qui avait fait envoyer à l'auteur "estomaquée" et à son éditeur, Léo Scheer, une vigoureuse lettre d'indignation. Oublié cet épisode : Mouche' est un roman sensible, où l'auteur rend hommage à une mère fantasque, pénible et adorée.

Cette dernière, dite "Mouchka", dite "Mouche'", trouve tout "magnifique" : la lumière d'après l'orage sur les tours de la Défense et les vitrines des Galeries Lafayette avant les fêtes ; la glace à la vanille d'un bistrot miteux et l'autoroute de l'Ouest sous la pluie. Mouche' traque dans Cabourg le fantôme de Proust, comme sa fille le fera plus tard avec un autre romancier, mais se change en Mme Verdurin lors des "après-midi littéraires" qu'elle donne avec un jeune agrégé. Mouche' s'est brisée à la mort de sa fille aînée et ensevelit la cadette sous de vieilles histoires de famille.

Dans cette lettre d'amour parfois douloureuse, parfois cruelle - "Mimi" impose à sa Belge de mère la lecture du pamphlet de Baudelaire Pauvre Belgique -, s'ébauche un autoportrait éclaté de Marie Lebey elle-même, qui finit en un inventaire à la Prévert où s'entremêlent les souvenirs de la mère et de la fille : "Le bon docteur Lotz, l'hôpital Tenon, la tuberculose, le cancer, le veuvage, le suicide, le mariage, les naissances, la mélancolie, les vertiges, le parquet, le carrelage, le lino, la moquette, et on revient au parquet, parce que c'est la mode et qu'on n'invente rien."

Extrait

Lire la suite

2057. Rencontres philosophiques avec Catherine Malabou à Gennevilliers

Dans le cadre des rencontres philosophiques organisées chaque année au thé?tre de Gennevilliers, Emmanuel Alloa invite Catherine Malabou, la rencontre aura lieu le samedi 19 janvier 2013 à 17h30.

Membres fantômes : le corps entre phénoménologie et neurologie

en regard de Muerte y reencarnación en un cowboy de Rodrigo García

L'expérience du membre fantôme est décrite par des patients ayant subi une amputation : à l'endroit où se trouvait initialement le membre disparu, ceux-ci ressentent encore toujours de la douleur. Dans la Phénoménologie de la perception, Merleau-Ponty a recours à Freud pour expliquer ce phénomène : il s'agirait du refus de se confronter à la perte. Les neurologues proposent aujourd'hui une autre explication. On étudiera en particulier les travaux de Damasio et Ramachandran sur ce point, montrant comment la neurologie développe une nouvelle vision du corps à partir des cartes neuronales et des marqueurs somatiques.

Catherine Malabou est professeure au Centre for Modern European Philosophy de l'Université de Kingston (Royaume Uni). A la suite de travaux portant sur la notion de plasticité chez Hegel et Heidegger, elle a exploré cette notion en esthétique (pourquoi les arts sont-ils dit plastiques ?) et en neurologie (pourquoi parle-t-on de plasticité du cerveau ?). Elle travaille actuellement sur les enjeux biopolitiques et thérapeutiques liés au corps.

dimanche 6 janvier 2013

2054. Guy Geoffroy d’accord avec Antoine pour nous délivrer des dogmes

Antoine, a souhaité engager un débat politique avec l'ensemble des législateurs, députés et sénateurs, autour de son livre ''Délivrez-nous des dogmes'' et des divers projets de lois évoqués dans la presse, en particulier ceux relatifs à la réglementation de la prostitution.

Guy Geoffroy a été rapporteur de la mission d'information parlementaire sur la prostitution présidée par la député PS Danielle Bousquet dont les travaux ont débouché sur un texte voté par l'Assemblée nationale le 6 décembre 2011, confirmant l'interdiction du commerce des corps en France, initiée en 1946 avec la fermeture des maisons closes et déjà affirmée en 1960 avec la ratification de la Convention de l'ONU pour la répression de la traite des être humains et l'exploitation de la prostitution d'autrui.

Guy Geoffroy, député UMP de Seine et Marne est le premier à lui proposer ici le débat à partir de son livre (que nous venons de déposer à son bureau à l'Assemblée :

Je suis d'accord : délivrons-nous des dogmes

par Guy Geoffroy

De passage à mon bureau de l'Assemblée Nationale, je trouve bien en évidence le dernier livre écrit par le chanteur Antoine et qui porte le titre plutôt réjouissant : «Délivrez-nous des dogmes».

J'avais en effet demandé à le lire et l'un de mes collaborateurs l'a trouvé afin que je puisse rapidement m'y plonger.

Car j'en ai vraiment h?te, compte-tenu de ce que j'ai entendu Antoine lui-même dire à propos de cet ouvrage dont il s'efforce, et je ne veux pas le bl?mer, de faire l'apologie sur toutes les radios et télévisions où il se produit ces derniers temps.

Pour ne rien vous cacher, j'aime beaucoup le personnage d'Antoine. J'étais avec des copains à son spectacle à l'Olympia, il y a maintenant plus de â?¦.45 ans. L'homme est resté frais et avide de découvertes et il aime les faire partager, ce qui est souvent un régal.

Mais quand il se sert de sa notoriété pour écrire des choses bien arrêtées sur la prostitution, je commence à le trouver un peu « décalé » et, qu'il me l'excuse, un peu « ringard ».

Il faut en effet en être resté aux bluettes des temps anciens pour trouver dans la prostitution « une activité bénéfique à l'équilibre d'une société démocratique » comme l'indique sans vergogne la brève de présentation au dos du livre.

Il faut se fermer les yeux devant la réalité pour feindre d'ignorer qu'aujourd'hui la prostitution est imposée à plus de 90 % à des femmes et des hommes d'origine étrangère victimes d'une des plus immondes pratiques qui puisse exister : la traite des êtres humains.

Il faut se contenter de rester sur l'écume de ce qui « fait bien » pour balayer d'un grand revers de main les sévices horribles que connaissent ces victimes avant d'être mises en p?ture sur nos trottoirs, à la lisière de nos forêts ou sur le net.

Il faut aussi un peu de « malice » pour mélanger les termes, en maniant à contre-emploi « pour avoir l'air de connaître » les concepts d'abolitionnisme ou de réglementarisme.

Il faut surtout avoir la mémoire un peu courte pour « zapper »que notre pays a ratifié en 1959 la Convention Internationale de 1949 contre la traite des êtres humains et en particulier la prostitution, une des premières signée sous l'égide de l'ONU, et qui a marqué la volonté de la France de lutter contre cette forme inacceptable de violence.

Je vais bien s?ur lire attentivement le livre du cher Antoine.

Et je serai ravi de pouvoir débattre avec lui juste après.

Et si quelqu'un peut m'aider à entrer en contact avec lui, j'en serai très heureux.

Je suis confiant dans son intelligence et sa capacité à se livrer à une "vraie réflexion, sans a priori dogmatique". Alors je lui dis « chiche » !

Et je suis d'autant plus optimiste qu'il comprendra parfaitement que lutter contre la prostitution c'est tout le contraire que de vouloir stigmatiser des « femmes et hommes de mauvaise vie ».

C'est tout simplement combattre pour leur dignité, leur identité, leur VRAIE liberté et non pas cette « pseudo liberté » dont ceux qui s'en servent comme des objets voudraient leur faire « cadeau ».

Et si la liberté sexuelle c'est celle de ceux qui ont le droit d'acheter le corps de l'autre, il y a pas mal de chemin à faire pour lutter contre tous les poncifs et tous les dogmatismes qui arrangent bien nos chers redresseurs de tort, qui s'arrogent « le privilège de la modernité« . C'est tellement facile !

Il y a quelques jours, j'aurais dit à Antoine : « Prière de ne pas déranger, je suis en vacances « .

Aujourd'hui je suis frais et « dispo » et je lui dis : « expliquons-nous, sans a priori ni dogmatisme ».

Je parie une chemise à fleur qu'il accepteraâ?¦

Archives Syndication
septembre 2017 (245)
août 2017 (220)
juillet 2017 (174)
mai 2017 (155)
février 2017 (186)
janvier 2017 (253)
décembre 2016 (179)
octobre 2016 (205)
septembre 2016 (245)
août 2016 (220)
juillet 2016 (174)
juin 2016 (187)
mai 2016 (155)
avril 2016 (117)
mars 2016 (202)
février 2016 (186)
janvier 2016 (253)
décembre 2015 (179)
novembre 2015 (199)
octobre 2015 (205)
septembre 2015 (245)
août 2015 (220)
juillet 2015 (174)
juin 2015 (187)
mai 2015 (155)
avril 2015 (117)
mars 2015 (202)
février 2015 (186)
janvier 2015 (253)
décembre 2014 (179)
novembre 2014 (199)
octobre 2014 (205)
septembre 2014 (245)
août 2014 (220)
juillet 2014 (174)
juin 2014 (187)
mai 2014 (155)
avril 2014 (117)
mars 2014 (202)
février 2014 (186)
janvier 2014 (253)
décembre 2013 (179)
novembre 2013 (199)
octobre 2013 (205)
septembre 2013 (245)
août 2013 (220)
juillet 2013 (174)
juin 2013 (187)
mai 2013 (155)
avril 2013 (117)
mars 2013 (202)
février 2013 (186)
janvier 2013 (253)
décembre 2012 (179)
novembre 2012 (199)
octobre 2012 (205)
septembre 2012 (245)
août 2012 (220)
juillet 2012 (174)
juin 2012 (187)
mai 2012 (155)
avril 2012 (117)
mars 2012 (202)
février 2012 (186)
janvier 2012 (253)
décembre 2011 (179)
novembre 2011 (199)
octobre 2011 (205)
septembre 2011 (245)
août 2011 (220)
juillet 2011 (174)
juin 2011 (187)
mai 2011 (155)
avril 2011 (117)
mars 2011 (202)
février 2011 (186)
janvier 2011 (253)
décembre 2010 (179)
novembre 2010 (199)
octobre 2010 (205)
septembre 2010 (245)
août 2010 (220)
juillet 2010 (174)
juin 2010 (187)
mai 2010 (155)
avril 2010 (117)
mars 2010 (202)
février 2010 (186)
janvier 2010 (253)
décembre 2009 (179)
novembre 2009 (199)
octobre 2009 (205)
septembre 2009 (245)
août 2009 (220)
juillet 2009 (174)
juin 2009 (187)
mai 2009 (155)
avril 2009 (117)
mars 2009 (202)
février 2009 (186)
janvier 2009 (253)
décembre 2008 (179)
novembre 2008 (199)
octobre 2008 (205)
septembre 2008 (245)
août 2008 (220)
juillet 2008 (174)
juin 2008 (187)
mai 2008 (155)
avril 2008 (117)
mars 2008 (202)
février 2008 (186)
janvier 2008 (253)
décembre 2007 (179)
novembre 2007 (199)
octobre 2007 (205)
septembre 2007 (245)
août 2007 (220)
juillet 2007 (174)
juin 2007 (187)
fil rss
fil rss commentaires



Copyright
Top