Antoine, a souhaité engager un débat politique avec l'ensemble des législateurs, députés et sénateurs, autour de son livre ''Délivrez-nous des dogmes'' et des divers projets de lois évoqués dans la presse, en particulier ceux relatifs à la réglementation de la prostitution.

Guy Geoffroy a été rapporteur de la mission d'information parlementaire sur la prostitution présidée par la député PS Danielle Bousquet dont les travaux ont débouché sur un texte voté par l'Assemblée nationale le 6 décembre 2011, confirmant l'interdiction du commerce des corps en France, initiée en 1946 avec la fermeture des maisons closes et déjà affirmée en 1960 avec la ratification de la Convention de l'ONU pour la répression de la traite des être humains et l'exploitation de la prostitution d'autrui.

Guy Geoffroy, député UMP de Seine et Marne est le premier à lui proposer ici le débat à partir de son livre (que nous venons de déposer à son bureau à l'Assemblée :

Je suis d'accord : délivrons-nous des dogmes

par Guy Geoffroy

De passage à mon bureau de l'Assemblée Nationale, je trouve bien en évidence le dernier livre écrit par le chanteur Antoine et qui porte le titre plutôt réjouissant : «Délivrez-nous des dogmes».

J'avais en effet demandé à le lire et l'un de mes collaborateurs l'a trouvé afin que je puisse rapidement m'y plonger.

Car j'en ai vraiment h?te, compte-tenu de ce que j'ai entendu Antoine lui-même dire à propos de cet ouvrage dont il s'efforce, et je ne veux pas le bl?mer, de faire l'apologie sur toutes les radios et télévisions où il se produit ces derniers temps.

Pour ne rien vous cacher, j'aime beaucoup le personnage d'Antoine. J'étais avec des copains à son spectacle à l'Olympia, il y a maintenant plus de â?¦.45 ans. L'homme est resté frais et avide de découvertes et il aime les faire partager, ce qui est souvent un régal.

Mais quand il se sert de sa notoriété pour écrire des choses bien arrêtées sur la prostitution, je commence à le trouver un peu « décalé » et, qu'il me l'excuse, un peu « ringard ».

Il faut en effet en être resté aux bluettes des temps anciens pour trouver dans la prostitution « une activité bénéfique à l'équilibre d'une société démocratique » comme l'indique sans vergogne la brève de présentation au dos du livre.

Il faut se fermer les yeux devant la réalité pour feindre d'ignorer qu'aujourd'hui la prostitution est imposée à plus de 90 % à des femmes et des hommes d'origine étrangère victimes d'une des plus immondes pratiques qui puisse exister : la traite des êtres humains.

Il faut se contenter de rester sur l'écume de ce qui « fait bien » pour balayer d'un grand revers de main les sévices horribles que connaissent ces victimes avant d'être mises en p?ture sur nos trottoirs, à la lisière de nos forêts ou sur le net.

Il faut aussi un peu de « malice » pour mélanger les termes, en maniant à contre-emploi « pour avoir l'air de connaître » les concepts d'abolitionnisme ou de réglementarisme.

Il faut surtout avoir la mémoire un peu courte pour « zapper »que notre pays a ratifié en 1959 la Convention Internationale de 1949 contre la traite des êtres humains et en particulier la prostitution, une des premières signée sous l'égide de l'ONU, et qui a marqué la volonté de la France de lutter contre cette forme inacceptable de violence.

Je vais bien s?ur lire attentivement le livre du cher Antoine.

Et je serai ravi de pouvoir débattre avec lui juste après.

Et si quelqu'un peut m'aider à entrer en contact avec lui, j'en serai très heureux.

Je suis confiant dans son intelligence et sa capacité à se livrer à une "vraie réflexion, sans a priori dogmatique". Alors je lui dis « chiche » !

Et je suis d'autant plus optimiste qu'il comprendra parfaitement que lutter contre la prostitution c'est tout le contraire que de vouloir stigmatiser des « femmes et hommes de mauvaise vie ».

C'est tout simplement combattre pour leur dignité, leur identité, leur VRAIE liberté et non pas cette « pseudo liberté » dont ceux qui s'en servent comme des objets voudraient leur faire « cadeau ».

Et si la liberté sexuelle c'est celle de ceux qui ont le droit d'acheter le corps de l'autre, il y a pas mal de chemin à faire pour lutter contre tous les poncifs et tous les dogmatismes qui arrangent bien nos chers redresseurs de tort, qui s'arrogent « le privilège de la modernité« . C'est tellement facile !

Il y a quelques jours, j'aurais dit à Antoine : « Prière de ne pas déranger, je suis en vacances « .

Aujourd'hui je suis frais et « dispo » et je lui dis : « expliquons-nous, sans a priori ni dogmatisme ».

Je parie une chemise à fleur qu'il accepteraâ?¦