Le livre L'homme qui frappait les femmes de Aymeric Patricot, sera en librairie le 6 février 2013, dors et déjà, l'ouvrage et l'auteur intriguent.

Résumé

«Je ne chercherai pas dans ce livre à me justifier ni même à présenter les choses sous un jour avantageux pour moi. Je ne ferai pas non plus l'apologie de ce que j'ai commis. Je comprends qu'on m'en veuille et, dans une certaine mesure, je comprends qu'on fantasme ma mort. (...) Je tiens d'ailleurs à m'excuser pour la véritable indécence que constitue ma vie. Je suis bien obligé de constater que ce défaut dans mon caractère m'a valu des succès...»

Le narrateur est un homme dominé par ses pulsions. Des plages normandes aux boulevards parisiens, du collège à l'Assemblée Nationale, il poursuit les femmes de sa passion destructrice. Ironie du sort, il deviendra pourtant responsable d'une association féministe. Mais pourra-t-il cacher indéfiniment ses penchants ?

Comment mener sa vie, comment fonder une famille lorsque des actes inavouables rythment et défigurent votre quotidien ?

Aymeric Patricot est professeur de lettres et enseigne à La Courneuve. Il est l'auteur de deux romans : Azima la rouge, chez Flammarion, en 2006, Suicide Girls, chez Léo Scheer, en 2010, et d'un essai : Autoportrait du professeur en territoire difficile, chez Gallimard, en 2011. Courier des auteurs le 12/01/2013

__Entretien : __ 1) Qui êtes-vous ? !

Je suis professeur de français en lycée, en BTS et à Sciences-Po et je publie des romans et des essais depuis 2006.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

Le thème central pourrait être celui des violences conjugales, mais il est plus précisément celui de la pulsion : le narrateur est un homme possédé par ses pulsions de violence envers les femmes. Il est écrit dans une veine réaliste, celle de Simenon par exemple, et il est suivi par un essai qui évoque la question du traumatisme en littérature et définit ce que pourrait être un roman punk.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

La toute première : «Je ne chercherai pas dans ce livre à me justifier, ni même à présenter les choses sous un jour avantageux pour moi.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Une chanson punk, comme «I wanna sniff some glue» des Ramones, ou bien une chanson de rock sombre et mélodieuse comme «Sympathy for the devil.»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Le sentiment d'une certaine énergie, d'une certaine beauté du désespoir radical.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

J'écris beaucoup dans les cafés - je prends en moyenne trois ou quatre cafés par jour dans les bistrots parisiens.

7) Comment vous vient l'inspiration ?

Je puise dans ce que je ressens, et je travaille beaucoup pour l'organiser dans une matière romanesque.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'écris depuis le plus tendre ?ge - huit ou neuf ans. C'est quelque chose que j'ai fait spontanément. J'ai aussi essayé la musique et le dessin, mais je ne suis pas doué pour ces choses-là...

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Mon premier choc littéraire a été celui des nouvelles et romans de Sartre, à propos desquels je faisais des exposés en classe de cinquième. Mes premiers vrais plaisirs, au même ?ge, étaient cependant tournés vers l'aventure et la science-fiction...

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A transmettre des émotions, à aider à mieux comprendre le monde, à créer de la beauté et à garder trace de ce qu'il est advenu dans l'histoire humaine.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

Une grande place, puisque j'y passe presque tous les jours. Cependant elles me plaisent et m'angoissent à la fois parce qu'elles me rappellent que je ne pourrai jamais lire tout ce qui existe - encore moins m'en souvenir...