Tout en décrivant les pires dérives d'une société figée dans le patriarcat, hypocritement arc-boutée sur un islam caricatural, Saphia Azzeddine, lance un salutaire pavé dans l'Islam. Un petit roman percutant, 146 pages d'une longue prière bouleversante. Une plume directe sans chemin de traverse qui crève l'écran en posant une rage froide. Morceau choisi : « Le fkih, ce fils de pute, il lui a dit (à mon père) que la chose la plus haram c'est de ne plus être vierge. Décidément ! Dans l'absolu, moi je ne vois pas ce que ça change d'être trouée ou pas, mais apparemment ce trou-là est au centre du monde depuis des milliers d'années. Ca obsède tous les bonshommes. Et c'est même pas le leur, bordel ! ». Et L'auteur d'ajouter : « De la maltraitance des femmes ce sont les hommes les responsables, il faut arrêter de culpabiliser Dieu qui n'est pas là pour répondre » (Elle). Véritable démonstration de foi, la poésie, l'humour et la tendresse affluent sans prévenir dans ces « confidences » aussi délicieuses que contrastées. Ce roman nous traverse littéralement ; difficile de garder jalousement les secrets de Jbara, on le partage volontiers.

Saphia Azzeddine est écrivain, scénariste et cinéaste. Son premier roman, Confidences à Allah, a fait l'objet d'une adaptation thé?trale au Festival Off d'Avignon en 2008, dans une mise en scène de Gérard Gelas. Dans le rôle de Jbara, Alice Belaïdi (cf. « Sophie et Sophie » ' Canal +), a été récompensée d'un Molière de la révélation thé?trale 2010 pour son interprétation. La pièce a été jouée au Thé?tre du Petit-Montparnasse au printemps 2009 avant d'être à nouveau jouée au festival Off d'Avignon en 2009. Le spectacle a été présenté en tournée en France, Suisse, Belgique, Luxembourg avant de s' achevée définitivement en mai 2011. Le livre a remporté le Prix Nice Baie des Anges en 2008. Le roman a depuis été traduit en espagnol, italien et suédois.