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jeudi 28 mars 2013

2089. Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule de Hélène Maurel-Indart par Philippe Meyer sur France Culture

mardi 26 mars 2013

2088. Théorie du trou de Laurent de Sutter par Marianne Dautrey dans Mouvement

Une (sale) histoire d'oeil.

Une sale histoire, film maudit, désespéré mais génial d'un réalisateur maudit, désespéré (suicide en 1981) mais génial (Jean Eustache) fait l'objet aujourd'hui d'un traité philosophique de Laurent de Sutter : Théorie du trou.

Tout film machine une idée - mais "Une sale histoire" le fait peut-être davantage que d'autres., note l'auteur. Par sa forme vertigineuse, deux parties identiques et en miroir, autant que par son propos : deux hommes y assument à la première personne la même "sale histoire", avec les mêmes mots, devant le même type d'auditoire.

Un trou dans la porte des toilettes d'un café, offrant une vue directe sur le sexe des femmes, devient obsession. Seule différence : dans la première partie, l'histoire est racontée par un acteur (Lonsdale), tandis que, dans la seconde, elle est dite par son auteur (Jean-Noël Picq).

Une histoire d'urinoir donc, dans un dispositif duchampien (trou et répétition). Ce n'est pas Duchamp qu'y retrouve Sutter cependant, mais Bataille, un Bataille relu à l'aune de la mélancolie et de l'épuisement des années 1970 : autour de l'axe oeil-sexe, faux et vrai, haut et bas, norme et anormalité se mettent à tournoyer avec une force de perversion implacable.

Mariane Dautrey.

2087. Théorie du trou de Laurent de Sutter par Philippe Nassif dans Philosophie Magazine

Dans l'abîme.

Parfois, un grand film parvient à forger un mythe moderne. Tel est le cas de Une sale histoire de Jean Eustache, sorti en 1977 : le récit d'un homme qui regarde le sexe des femmes depuis un trou percé au raz du sol dans les toilettes d'un café.

Il touche ainsi, nous dit le philosophe Laurent de Sutter, à la "vérité intenable" qui fait du couple de l'oeil et du sexe la réalité du "trou" primordial.

C'est l'irréfragable lien entre la jouissance et l'humiliation qui est mise en scène, et sa forclusion par une conception contemporaine de l'érotisme vu comme un simple exercice d'hygiène.

Là où, avec Platon, nous sortons de la caverne vers la vérité solaire, avec de Sutter, la sortie douloureuse du monde "de la frime" se situe vers le bas : au sous-sol souillé d'un rade fréquenté par des voyeurs à moitié fous.

Philippe Nassif

mardi 19 mars 2013

2086. Sang d'Encre de Stéphanie Hochet, un chef-d'oeuvre selon Lilian Auzas

Qui a peur de Stéphanie Hochet ?

par Lilian Auzas

Stéphanie Hochet (née en 1975) est sans aucun doute, l'un des écrivains les plus brillants de ce début de siècle, auteure entre autres de Moutarde douce (Robert Laffont, 2001, Stock, 2004), Je ne connais pas ma Force (Fayard, 2007), La Distribution des Lumières (Flammarion, 2010) ou encore de Les Éphémérides (Rivages, 2012). Elle nous revient avec un petit chef-d'?uvre publié aux Éditions des Busclats : Sang d'Encre.

Qui est Dimitri ? Là sera la grande question. Le beau, le grand, le fort, le tatoueur Dimitri.

Notre héros ' le narrateur ' est son meilleur ami, bien que sa peau soit totalement vierge. En revanche, il dessine sur papier des modèles de tatouages pour Dimitri. Un jour, après une contemplation esthétique dans un musée archéologique italien, il entrevoit dans une inscription latine un signe salvateur : Vulnerant omnes, ultima necat. Ces paroles étaient jadis gravées sur les cadrans solaires de l'Empire romain. Vulnerant omnes, ultima necat. Disposés en croix, ces mots seront le tatouage de notre héros. Sur le plexus solaire. Éa ne pouvait être que là. Toutes blessent, la dernière tue. Voilà le sens de l'inscription à jamais transposée à l'encre de chine sur son torse par l'ami, l'artiste Dimitri. Toutes blessent, la dernière tue... Les heures de la vie, le temps qui passe.

Le héros se fait alors anti-héros. Un nouveau Sisyphe. Parce qu'en tatouant cette locution latine, il accepte son sort ; mais cette acceptation n'est-elle pas un défi lancé à la nature, à la vie ? Et voilà qu'un beau jour une partie de la phrase s'efface petit à petit. Seule restera : Ultima necat, la dernière tue... Est-ce la fin ? Déjà ? La fuite du temps (tempus fugit) opère de façon merveilleuse dans ce petit récit de Stéphanie Hochet.

Qu'arrive-t-il donc à cet humain trop humain, qui décide trop vite et trop tôt d'accepter son sort en le gravant à jamais sur sa peau d'homme ? Une peau qui se rebelle et refuse. Est-ce la faute à Dimitri ? Avec sa beauté m?le, son corps puissant et son derme presque totalement recouvert de dessins à l'encre, est-il un ange des ténèbres, un Méphistophélès des temps modernes ? Lui offrir sa peau, est-ce livrer son ?me au Diable ?

Et puis il y a la maladie dont le nom commence par un « L ». Et elles, les femmes : Jeanne, Marie et Marion. Il y a un peu d'Italie, et les rues de Paris. 97 pages de grande littérature où la plume incise gravement. Un récit fantastique où le corps se veut memento mori, où l'être réfléchit sur sa condition en espérant un état de gr?ce : « Je suis sauvé ! » répète trois fois notre héros. L'esthétique comme soin palliatif. Art vivant. Et la chaire devient totem. Parce qu'en se tatouant, l'homme ne se rapproche pas de Dieu, il se fait Dieu. A la fois créateur et objet créé : un performer.

« Je suis le même homme. Suis-je le même homme ? Pas exactement, je porte autre chose en moi, quelque chose qui me tient à c?ur ' à tel point que j'ai accepté de souffrir pour qu'il m'appartienne ou me désigne ou me porte chance ou tout le contraire. Rapidement, je me suis dit que cette phrase n'était qu'à moi. Prenant conscience de l'absorption du sens par ma peau, les interrogations ont commencé. » Stéphanie Hochet, Sang d'Encre, Éditions des Busclats, 2013, p. 28.

Stéphanie Hochet, dont l'écriture est incisive et grave comme un tracé au pistolet à encre, nous entraîne dans un abîme ; aux confins d'un Royaume indélébile sur une peau vierge. Comme à son habitude, l'auteure emporte le lecteur avec force là où il a peur de se rendre. Et toujours en revenir vivant. Sang d'Encre est une révélation, une « sismographie » de l'?me humaine.

Lilian Auzas, le 19 mars 2013

samedi 16 mars 2013

2085. Mouche' de Marie Lebey par Abeline pour Chroniques de la rentrée littéraires

Sur cet excellent site littéraire, Abeline évoque le dernier roman de Marie Lebey :

« Mouche » est le surnom de sa mère, que l'auteure « apostrophe » dans le titre de son dernier livre. Mouche' sans ce petit signe typographique distinctif ne serait qu'une femme affublée d'un surnom charmant, alors qu'ici, cette mère épinglée est sacrée personnage bien au-delà du roman.

D'entrée le ton est donné. Avec son humour léger et décalé, l'?il pétillant de Marie Lebey observe et pointe un portrait « analytique » de cette mère hors-norme. Débordant l'exercice d'admiration (on repense d'ailleurs au précédent roman de l'auteur si impregné de Modiano), l'auteure souligne la propension exaspérente de Mouche' à trouver tout ce qui l'entoure digne de cette fameuse admiration.

Le sujet de ce roman est bien l'exploration de la filiation, et les multiples chemins de traverse de la transmission. Les souvenirs d'enfance de la mère, augmentés par l'histoire des origines familiales, historiques ou géographiques, imprègnent l'imaginaire de la future écrivain. Les visons artistiques d'une Mouche' vibrillonante dans le Paris du début de son mariage pétrissent la jeune fille en devenir.

Mais la mort, successivement du père et de la soeur, vont briser la famille et enterrer vivante Marie Lebey que sa mère ne « voit » plus. On comprend l'importance désormais de l'écriture pour se sauver, s'exprimer, mieux vivre, ainsi que la quête esthétique permanente, car la beauté seule attire l'attention selon Mouche'.

Marie Lebey trace une route littéraire talentueuse à travers une vision tendre de la vie, sans jamais se départir d'une lucidité envers les aspects grotesques ou tragiques du réel.

La littérature est sa baguette magique depuis que les sortilèges ont disparu.

Restent l'énergie combattive de Mouche' et celle follement gaie de Marie Lebey, reste l'apostrophe dernière d'une fille à sa mère :

« N'oublie pas, quand tu partiras, de laisser la lumière du couloir allumée ».

Abeline, le 12 mars 2013

mercredi 6 mars 2013

2084. À propos de Théorie du trou de Laurent de Sutter

« J'ADORE !!! »

Slavoj Zizek, auteur de Bienvenue dans le désert du réel (Flammarion)

Un « livre puissamment original (â?¦). Il donne au 'trou' sa véritable dimension cosmologique. »

Elie During, auteur de Faux raccords (Actes Sud)

« Formidable, goguenard et stimulant. »

Jean-Baptiste Thoret, auteur de Cinéma contemporain, mode d'emploi (Flammarion)

Un « remarquable et unique essai. »

Eric Sadin, auteur de La société de l'anticipation (Inculte)

«(L)a sécheresse théorique de Laurent de Sutter fait des merveilles. Il a le courage de parler en fonction d'un vocabulaire neuf, de forger ses propres concepts, de recommencer tout de... zéro... et je dis bravo. Etre contemporain de sa pensée m'enchante et me rassure.â?

David Di Nota, auteur de Bambipark (Gallimard)

« Enfin une bonne raison de s'abaisser : Théorie du trou est un ouvrage lumineux, percutant et stylé. »

Dick Tomasovic, auteur de Le palimpseste noir (Yellow Now)

« Assurément un livre important. »

Fabien Danesi, auteur de La beauté de l'indifférence (Sens & Tonka)

« Un modèle de commentaire-prolongement. »

Stéphane Bou, auteur du Dictionnaire des assassins (Calmann-Lévy)

« Un magnifique essai. »

Joachim Olender, réalisateur de Tarnac, le chaos et la gr?ce

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