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vendredi 27 septembre 2013

2119. Nouvelle Revue Littéraire : FABER. Le Destructeur, de Tristan Garcia par Angie David

Tristan Garcia, FABER Le Destructeur

Il ne m'a pas fallu plus de trois jours pour lire, avec avidité, le nouveau roman de Tristan Garcia, Faber. Le Destructeur, qui porte le nom de son héros. Je ne l'ai pas seulement dévoré parce qu'il est construit comme un thriller ' l'auteur est un amateur de littérature de genre, en particulier de SF ' ou parce que l'écriture, aux forts accents proustiens, est aussi vive que précise, mais aussi parce qu'il évoque ma génération, celle des années 90. J'ai trois ans de plus que Tristan Garcia et les trois personnages principaux, Faber, Basile et Madeleine ' tous nés en 1981 ', mais je venais de passer le bac quand, à l'automne 1995, ont commencé les mouvements sociaux qui ont embrasé les lycées français, et ont représenté pour Faber son chant du cygne. J'ai écouté les mêmes disques de post-punk, new-wave, rock alternatif et grunge, et j'ai également découvert et aimé un peu plus tard le hip-hop, bien que j'aies écouté davantage de techno minimale et me suis lancée à corps perdu dans les raves démentes qu'on organisait à l'époque. Je n'étais pas aussi politisée que Faber, mais je me sentais, comme tous mes amis, proche des idées révolutionnaires ' qui n'arborait pas, dépassant du sac-besace acheté au surplus militaire, le Monde libertaire ?

On a tous connu un Faber : le mec le plus beau du bahut, le plus brillant, le plus engagé, l'allié des déclassés, celui qui dresse un pont entre les petits-bourgeois en mal de sensations fortes et les cailles qui n'attendent qu'un élément déclencheur pour mettre le bronx. Mais ce qui pourrait ressembler à un teen-novel sur le thème de la rivalité ou de la réunion des souffre-douleur et des gens les plus populaires du lycée se déplace immédiatement du côté du roman métaphysique. Je ne connais rien à la philosophie, et je ne me risquerais pas à analyser les données théoriques qui sous-tendent le livre, mais je peux en faire une lecture strictement littéraire, et prendre plaisir à me confronter à des interrogations bien plus qu'à la confirmation de ce que je pensais déjà. Faber révèle à quel point ma génération a eu maille à partir avec la médiocrité. Croyant partager les aspirations révolutionnaires de la génération précédente, elle n'a fait que courber l'échine devant un avenir décevant : devenir adulte, c'est-à-dire « normal », abandonner la beauté négligée de la jeunesse, chercher un travail qu'on ne trouve pas, acheter une maison à crédit sur 30 ans, se lover déjà dans un petit coin de sa propre tombe. La singularité éclatante de Faber, à une époque où les résidus de valeurs idéologiques ordonnaient encore un peu les rapports sociaux, avant que la nouvelle génération, totalement étrangère à ces considérations, brandisse, en guise de riposte, le plus grand désordre possible, était là pour rappeler à ceux qui l'entouraient qu'ils n'en auront jamais été que le pâle reflet.

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2116. Nouvelle Revue Littéraire. Faber. Le Destructeur, de Tristan Garcia par Léo Scheer

Le nouveau nouveau roman de Tristan Garcia s'appelle Faber le destructeur, comme Jacques le fataliste ou Thomas l'obscur. Sous la plume d'un de nos plus brillants jeunes philosophes, ce titre intrigue. Il y a un paradoxe entre le nom, le mot latin Faber, qui évoque la "construction" et le surnom qui signifie "la destruction". Il fut adopté par Mr et Mme Faber qui ont gardé le prénom de cet enfant de la DDASS d'origine algérienne, Mehdi. Le personnage fait penser à quelques figures contemporaines, d'un côté à Julien Coupat et de l'autre à Mehdi Belhaj Kacem. Mais aussi, parfois, à David Nebreda, avec ses scarifications et sa terrible phrase : "Je me transformerai en l'un d'entre vous et je le détruirai".

É l'école, Faber fascine les élèves de sa classe et devient l'idole de Basile Lamaison, et de Madeleine Olsen. Cette dernière pourrait bien avoir pour père "génétique" l'amant de sa mère, un certain Hersent, élu régulièrement maire de la ville où l'action se déroule, Mornay (on pense à mort-né, comme Madeleine fait penser à Marie-Madeleine et Basile à la maison). Madeleine se souvient : « Le nom qui revenait le plus souvent était celui du maire. Mais Faber évoquait parfois la possibilité de détruire la ville entière, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un cratère fumant en lieu et place de cette cité de merde. Hersent, c'était le trou du cul de Mornay. Mornay, le trou du cul de la France. Et la France, le trou du cul du monde. »

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mercredi 25 septembre 2013

2118. Nouvelle Revue Littéraire : Facebook mon amour ! d'Éric NEIRYNCK par Lilian Auzas

De la volupté du web il n'est ici question, mais de brefs textes cruciaux où l'humanité est traitée à travers le plus redoutable et universel des sentiments. On découvre surtout une plume et on espère lire bientôt un roman de ce Monsieur Neirynck.

Facebook, mon amour ! est un recueil de 16 petites nouvelles écrites par l'écrivain belge Éric Neirynck. Et disons-le tout de suite, ceci n'est pas un livre sur Facebook, mais sur l'amour.

Tout simplement. Les histoires courtes évoquent l'Éros sous toutes ses formes. L'amour n'est qu'une boule à facettes réfléchissantes où se projettent des moments de vie, quelques instantanés bruts. C'est l'amour fou, c'est l'expérience sexuelle, c'est la passion, c'est la violence, c'est la douceur, c'est la partie de baise. L'amour.

Éric Neirynck séduit avec une écriture directe mais non linéaire. Il y a dans la fulgurance de ses récits quelque chose de la caresse et de l'uppercut. De l'amour doux et partagé au plus simple coup de bite.

Dans la nouvelle Liberté, un de ses antihéros affirme : « tant d'espaces, tant de possibilités, j'en ai la tête qui tourne. » (Facebook, mon amour !, page 39) Cette sentence pourrait définir les sentiments contraires qui nous bousculent lorsque nos amours nous jouent des tours. L'auteur semble, avec son livre, avoir accepté la multitude de combinaisons qui s'offraient à lui. Il a cessé de lutter car personne ne peut grand chose devant une telle force. La vie est un labyrinthe et le c?ur un guide tantôt adorable, tantôt pervers. Et c'est justement cela qu'écrit Éric Neirynck.

« C'est sans doute ça la vie, une quête de l'autre, de son autre. Et puis, l'amour c'est un sentiment tellement égoïste et incontrôlable. On aime parce qu'on a peur, pour nous faire oublier le néant, nous donner un sens. L'amour, ce sentiment qui nous unit à l'autre, cette connexion, peu importe son nom, révèle toute notre folie. » (Facebook, mon amour !, page 17) Le clair-obscur qui ressort d'une telle lecture démontre la difficulté de l'homme à s'adapter dans une société où tout va très très vite. Destination inconnue. Facebook et tous les autres réseaux sociaux du web ne sont pas des produits maléfiques. Certes, tout y est exagéré et par là même monstrueux, mais ça n'en reste pas moins des outils humains avec lesquelles nous devons composer. Internet n'est qu'un rempart, un bouclier de plus face à la vie. Facebook, un prétexte supplémentaire pour s'aimer.

Éric Neirynck, Facebook, mon amour !, Omri Ezrati, Books on Demand, Paris, 2013, 53 p. (4,90 â?¬)

Lilian AUZAS

2117. François Dupeyron adapte "Chacun pour soi, Dieu s'en fout" au cinéma par Jean-François Cadet pour RFI

Le réalisateur François Dupeyron

«Mon ?me par toi guérie» est le nouveau film de François Dupeyron, adapté de son roman «Chacun pour soi, Dieu s'en fout» paru chez Léo Scheer. Un titre baudelairien pour un film rempli de spleen, de lumière et de poésie, accompagné par une musique souvent violente et mélancolique, mais qui donne espoir en la vie, espoir en l'homme, tout simplement.

« Mon ?me par toi guérie » sort ce mercredi 25 septembre 2013 sur les écrans français, avec Grégory Gadebois, Céline Sallette, Jean-Pierre Darroussin, et Marie Payen.

Jean-François Cadet

mercredi 11 septembre 2013

2115. Premières sélections pour les prix littéraires 2013

Prix Goncourt :

Jean-Daniel Baltassat, Le divan de Staline (Seuil) David Bosc, La claire fontaine (Verdier) Sorj Chalandon, Le quatrième mur (Grasset) Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes (P.O.L) Sylvie Germain, Petites scènes capitales (Albin Michel) Pierre Jourde, La première pierre (Gallimard) Pierre Lemaître, Au revoir là-haut (Albin-Michel) Yann Moix, Naissance (Grasset) Boris Razon, Palladium (Stock) Thomas B. Reverdy, Les Evaporés (Flammarion) Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein (Flammarion) Chantal Thomas, L'échange des princesses (Seuil) Jean-Philippe Toussaint, Nue (Minuit) Karine Tuil, L'invention de nos vies (Grasset) Frédéric Verger, Arden (Gallimard)

Prix Médicis :

Laura Alcoba, Le bleu des abeilles (Gallimard) Metin Arditi, La Confrérie des moines volants (Grasset) Roland Buti, Le milieu de l'horizon (Zoé) Thomas Clerc, Intérieur (Gallimard) Delphine Coulin, Voir du pays (Grasset) Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes (POL) Tristan Garcia, Faber. Le Destructeur (Gallimard) Cloé Korman, Les saisons de Louveplaine (Seuil) Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil) Céline Minard, Faillir être flinguée (Rivages) Yann Moix, Naissance (Grasset) Philippe Vasset, La conjuration (Fayard) Frédéric Verger, Arden (Gallimard)

Prix Fémina:

Laura Alcoba, Le bleu des abeilles (Gallimard) Tristan Garcia, Faber. Le Destructeur (Gallimard) Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock) Mikaël Hirsch, Avec les hommes (Intervalles) Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel) Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil) Leonora Miano, La saison de l'ombre (Grasset) Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages) Véronique Ovaldé, La grâce des brigands (L'Olivier) Eric Passan, Muette (Albin Michel) Olivier Poivre d'Arvor, Le jour où j'ai rencontré ma fille (Grasset) Patricia Reznikov, La transcendante (Albin Michel) Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein (Flammarion) Jean-Philippe Toussaint, Nue (Minuit) Karine Tuil, L'invention de nos vies (Grasset)

Prix Renaudot :

Pour les romans : Etienne de Montéty, La Route du salut (Gallimard) Chistophe Ono Dit Biot, Plonger (Gallimard) Yann Moix, Naissance (Grasset) Patricia Reznikov, La Transcendante (Albin Michel) Philippe Vasset, La Conjuration (Fayard) Thomas Clerc, Intérieur (L'Arbalète) Romain Puertolas, L'extraordinaire voyage du fakir qui reste coincé dans une armoire Ikea (Le Dilettante) : un livre exceptionnel ! Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel) Philippe Jaenada, Sulak (Julliard) Cloé Korman, Les Saisons de Louveplaine (Seuil) Frédéric Verger, Arden (Gallimard) Metin Arditi, La confrérie des moines volants (Grasset) Et pour les Essais: Gabriel Matzneff, Séraphin c'est la fin (Table ronde) Frédéric Schiffter, Le Charme des penseurs tristes (Flammarion) Pierre Jourde, La première pierre (Gallimard) JeanPaul et Raphaël Enthoven, Dictionnaire amoureux de Proust (Plon/Grasset) Lydie Salvayre, 7 femmes (Perrin) Bernard Quiriny, Monsieur Spleen (Seuil) Serge Sabchez, La Lampe de Proust (Payot/Rivages).

Prix Décembre :

- Nelly Alard, Moment d'un couple (Gallimard) - David Bosc, La claire fontaine (Verdier) - Tristan Garcia, Faber : le destructeur (Gallimard) Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock) Jean-Yves Lacroix, Haute époque (Albin Michel) Pierre Mérot, Toute la noirceur du monde (Flammarion) Yann Moix, Naissance (Grasset) Maël Renouard, La réforme de l'Opéra de Pékin'' (Rivages) Thomas B. Reverdy, Les évaporés'' (Flammarion) Jean Rolin, Ormuz (P.O.L) Frédéric Verger, Arden (Gallimard) Marc Weitzmann, Une matière inflammable (Stock)

Prix Wepler :

Sylvie Aymard, C'est une occupation sans fin que d'être vivant (Grasset) Nicolas Bouyssi, Les rayons du soleil (P.O.L) Marcel Cohen, Sur la scène intérieure (Gallimard) Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock) Emmanuelle Heidsieck, É l'aide ou Le rapport W (Inculte) Thierry Laget, Provinces, Atlas des amours fugaces (Arbre vengeur) Loïc Merle, L'esprit de l'ivresse (Actes Sud) Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages) Philippe Rahmy, Béton armé (La Table ronde) Tiphaine Samoyault, Bête de cirque (Seuil) Marina de Van, Stéréoscopie (Allia) Philippe Vasset, La conjuration (Fayard)

Prix de Flore :

Nelly Alard, Moment d'un couple (Gallimard) Xavier Boissel, Autopsie des ombres (Inculte) David di Nota, Ta femme me trompe (Gallimard) Olivier Lebé, Repulse Bay (La Grande Ourse) Alizé Meurisse, Neverdays (Allia) Fabien Prade, Parce que tu me plais (NiL) Monica Sabolo, Tout cela n'a rien à voir avec moi (Lattès) Sacha Sperling, J'ai perdu tout ce que j'aimais (Fayard) Flore Vasseur, En bande organisée (Éditions des Équateurs) Marc Weitzmann, Une matière inflammable (Stock)

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2114. La Trilogie totalitaire de Lilian Auzas par Sophie Adriansen

Lilian Auzas est né en 1982. Il est l'auteur de trois romans parus aux éditions Léo Scheer et formant sa « trilogie totalitaire » consacrée à la vénéneuse séduction du mal : Riefenstahl (ao?t 2012), Charlie Fuchs & le monde en marge (juillet 2013), et La Voix impitoyable (ao?t 2013).

Sur son blog : SOPHIELIT, Sophie Adriansen pose la question :

Pourquoi écrivez-vous, Lilian Auzas ?

Il m'est difficile de répondre à cette question. Je ne saurais dire pourquoi. Maintenant que j'ai un éditeur, et que j'ai publié trois livres, plein de questions m'assaillent. La plus violente étant : « comment ai-je fait pour vivre avant ? »

Depuis longtemps, loin, loin dans mon enfance, je ressentais physiquement un vide dans mes entrailles. Une sorte d'état de manque. Bien s?ur, je n'ai pas compris du jour au lendemain que l'écriture pouvait me remplir le ventre, me nourrir. Me faire exister.

J'ai toujours eu une imagination fertile, il ne me manquait qu'un moyen de l'exprimer. Le passage à l'acte fut terrible, difficile ; j'étais handicapé par une peur incommensurable et une timidité assez rigide. Parce qu'au-delà de la question primordiale portant sur la qualité de ce que l'on produit ' suis-je bon ? ' on peut surtout se perdre dans les rets de sa propre écriture. S'enivrer. Devenir comme un joueur. L'hygiène tient en un seul mot : respecter. Si l'on respecte la page, les mots, l'encre, et l'idée que l'on transcrit, alors oser devient permis. Le temps fait le reste. On m?urit avec l'usure de sa plume (ou des touches de son clavier).

J'écris parce que j'en ai l'envie. J'ai envie d'exister. Ecrire c'est naître. Je suis né avec Riefenstahl, je suis né avec Charlie Fuchs & le monde en marge, je suis né avec La Voix impitoyable. J'espère pouvoir naître encore.

Ces renaissances me comblent autant qu'elles me donnent le vertige. La hauteur alimente ma peur viscérale. Alors j'écris encore. C'est vicieux ; mais pas malsain. Un jour, je devais avoir 18 ou 19 ans, j'ai lu sous la plume de Madame de Staël « c'est pour les malheureux qu'il faut écrire. » Ce sont les premiers mots de ses Réflexions sur le suicide. Comme un miroir réfléchissant, j'ai tout de suite su que Madame de Staël cherchait avant tout à se sauver elle-même en écrivant cela. Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais perdu cette phrase de mon esprit.

Que l'on cherche à dénoncer, que l'on fasse un éloge, ou tout simplement que l'on divertisse, il faut écrire avec respect. Se respecter soi-même et respecter les autres. Alors, c'est ce que j'essaie de faire. J'écris parce que j'espère pouvoir respecter la vie et ce monde. J'écris parce que je ne sais pas faire grand chose d'autre non plus. Sans l'écriture, je ne dirais pas que je me suiciderais, je n'en ai pas le courage, encore moins l'envie. Sans l'écriture, je serais un peu l?che, tout en fadeur parce que triste. Je suis donc obligé d'écrire.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

S'il y a bien une chose dont je ne me sens pas capable, encore moins légitime, c'est bien de prodiguer un quelconque conseil en matière d'écriture. Il n'y a pas de méthode miracle, ni de rythme efficace à 100 %. C'est à chacun de trouver ses marques. Il n'y a que l'écriture. Ecrire, écrire et encore écrire. Le style apparaît petit à petit. Alorsâ?¦ écrivez ! Encore et toujoursâ?¦ Ah si, et (re-)lisez les Lettres à un jeune poète de Rilke. « Rentrez en vous-même. »

Propos recueillis par Sophie Adriansen, le 11.09.2013

mardi 10 septembre 2013

2113. Gabriel Matzneff dans la sélection essais du Renaudot

C'est avec grand plaisir que nous avons appris la bonne nouvelle. Nous croisons les doigts.

Gabriel Matzneff, Séraphin c'est la fin (La Table ronde)
Frédéric Schiffter, Le Charme des penseurs tristes (Flammarion)
Pierre Jourde, La première pierre (Gallimard)
Jean-Paul et Raphaël Enthoven, Dictionnaire amoureux de Proust (Plon/Grasset)
Lydie Salvayre, Sept femmes (Perrin)
Bernard Quiriny, Monsieur Spleen (Seuil)
Serge Sanchez, La lampe de Proust (Payot)

jeudi 5 septembre 2013

2112. Sylvia Bataille de Angie David par Jérôme Dupuis dans L'EXPRESS STYLE

REINE DES SECONDS RÉLES.

Angie David a retracé le DESTIN de cette comédienne émigrée qui épousa Georges Bataille avant de lui préférer Lacan...Émouvant.

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous n'avez pas pu oublier son visage bouleversant dans la merveilleuse Partie de campagne de Jean Renoir. C'est elle qui interprète la fille de commerçants tombée follement amoureuse d'un pêcheur.

Elle s'appelait Sylvia Bataille (1908-1993). Angie David a décidé de lui redonner vie dans une biographie. Bonne idée, tant cette femme gracieuse aura traversé toutes les aventures artistiques de son siècle.

Issue d'une famille juive originaire de Roumanie, Sylvia Makles fréquente très tôt les surréalistes et épouse Georges Bataille, adepte invétéré de la transgression orgiaque, tant dans ses livres que dans sa vie (pour le plus grand malheur de ses compagnes).

L'une des soeurs de Sylvia, Rose, deviendra, elle, l'épouse du peintre Masson. On baigne donc dans les rivalités de chapelles surréalistes et apparentées - mouvance Limbour, groupe Octobre, tendance Leiris, etc.-, au point de s'y perdre un petit peu...

Devenue comédienne, sylvia enchaîne les rôles d'adolescentes romantiques, sans jamais vraiment crever l'écran, si ce n'est dans cette Partie de campagne, qu'un tournage cauchemardesque - pluie continuelle et tensions électriques au sein de l'équipe - laissera inachevé.

Lassée des frasques de Georges Bataille, un beau jour, au café de Flore, elle a le coup de foudre pour un jeune psychanalyste : Jacques Lacan. Elle l'épouse. On s'en doute, ce n'est pas auprès de ce clinicien égocentrique et volage que Sylvia trouvera la sérénité. D'autant que la guerre mettra fin à sa carrière cinématographique.

On ressort partagé de cette promenade biographique sans la moindre note ni référence bibliographique, qui, curieusement, fait l'impasse sur les quarantes(!) dernières années de la vie de Sylvia Bataille. Et les apartés naïf d'Angie david sur sa propre fille n'éclairent guère le propos.

Reste néanmoins le destin d'un émouvant second rôle - sur les écrans et, plus cruellement encore, dans la vie...

Jérôme Dupuis, le 5 septembre 2013

2111. Nouvelle Revue Littéraire : L'invention de nos vies de Karine Tuil par Angie David

Karine Tuil, L'invention de nos vies, Grasset, 495 p., 20, 90â?¬.

Dans la tradition du roman social à la française, les personnages de Karine Tuil sont animés par l'ambition de réussir, mais la méthode qu'ils utilisent pour y parvenir est résolument contemporaine : la mystification.

Samir Tahar, lorsqu'il était étudiant en droit, s'est lié d'amitié avec un couple, Samuel et Nina. Jeune homme tourmenté, à l'histoire familiale compliquée, Samuel avait depuis longtemps renié ses origines juives et ne trouvait de sens à sa vie que dans la compagnie de Nina, qui, avec son physique spectaculaire, était un trophée (transférentiel) que les deux hommes se disputaient. Complexé par son identité arabe, son appartenance à la classe des défavorisés ' il n'a pas connu son père, vivait dans un HLM avec sa mère, femme de ménage, et son demi-frère, François, né d'une liaison ancillaire ' qui ont maintenu fermées toutes les portes, Samir, après que Nina a finalement décidé de rester avec Samuel, a alors refait sa vie ailleurs, à New York, où il est devenu un avocat star. Quand L'Invention de nos vies, roman foisonnant, ultra-détaillé, à la manière des bibles que rédigent les scénaristes de séries télévisées aux Etats-Unis, commence, Samir, qui se fait appeler Sam, est ce célèbre avocat new-yorkais, mais quelque chose cloche : il a épousé l'une des it-girls les plus en vue de la ville, la fille du richissime Rahm Berg, et il est juif.

A Paris, au même moment ' le récit alterne entre le point de vue des deux « Sam » ', Samuel croupit avec Nina dans un sordide appartement de banlieue. Il est fauché et n'a jamais rien réussi, même pas à achever la rédaction du roman qu'il a en lui, et qui l'écrase autant qu'il lui permet de s'accrocher à un rêve, un projet. Un soir comme un autre, il regarde avec sa femme la télévision, et là, à la faveur d'une affaire judiciaire hautement médiatique, ils voient leur ancien ami, sûr de lui, élégant, qui s'exprime dans un anglais parfait. Comme il est d'usage aujourd'hui, ils se précipitent ensuite sur Internet pour le « googliser ». Il ne leur faut pas longtemps pour découvrir que Samir s'est attribué l'histoire de Samuel, et qu'il a fondé son existence sur un mensonge aussi excessif que celui qui a conduit Jean-Claude Romand à massacrer toute sa famille. Le point de bascule est, là-aussi, cette brèche qui s'ouvre dans le mensonge : jusqu'où ira notre Rastignac façon Rocancourt pour empêcher que la vérité éclate au grand jour ? Le problème est que la réalité étant la seule chose qui existe, il est impossible d'arrêter son dévoilement.

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