De la volupté du web il n'est ici question, mais de brefs textes cruciaux où l'humanité est traitée à travers le plus redoutable et universel des sentiments. On découvre surtout une plume et on espère lire bientôt un roman de ce Monsieur Neirynck.

Facebook, mon amour ! est un recueil de 16 petites nouvelles écrites par l'écrivain belge Éric Neirynck. Et disons-le tout de suite, ceci n'est pas un livre sur Facebook, mais sur l'amour.

Tout simplement. Les histoires courtes évoquent l'Éros sous toutes ses formes. L'amour n'est qu'une boule à facettes réfléchissantes où se projettent des moments de vie, quelques instantanés bruts. C'est l'amour fou, c'est l'expérience sexuelle, c'est la passion, c'est la violence, c'est la douceur, c'est la partie de baise. L'amour.

Éric Neirynck séduit avec une écriture directe mais non linéaire. Il y a dans la fulgurance de ses récits quelque chose de la caresse et de l'uppercut. De l'amour doux et partagé au plus simple coup de bite.

Dans la nouvelle Liberté, un de ses antihéros affirme : « tant d'espaces, tant de possibilités, j'en ai la tête qui tourne. » (Facebook, mon amour !, page 39) Cette sentence pourrait définir les sentiments contraires qui nous bousculent lorsque nos amours nous jouent des tours. L'auteur semble, avec son livre, avoir accepté la multitude de combinaisons qui s'offraient à lui. Il a cessé de lutter car personne ne peut grand chose devant une telle force. La vie est un labyrinthe et le c?ur un guide tantôt adorable, tantôt pervers. Et c'est justement cela qu'écrit Éric Neirynck.

« C'est sans doute ça la vie, une quête de l'autre, de son autre. Et puis, l'amour c'est un sentiment tellement égoïste et incontrôlable. On aime parce qu'on a peur, pour nous faire oublier le néant, nous donner un sens. L'amour, ce sentiment qui nous unit à l'autre, cette connexion, peu importe son nom, révèle toute notre folie. » (Facebook, mon amour !, page 17) Le clair-obscur qui ressort d'une telle lecture démontre la difficulté de l'homme à s'adapter dans une société où tout va très très vite. Destination inconnue. Facebook et tous les autres réseaux sociaux du web ne sont pas des produits maléfiques. Certes, tout y est exagéré et par là même monstrueux, mais ça n'en reste pas moins des outils humains avec lesquelles nous devons composer. Internet n'est qu'un rempart, un bouclier de plus face à la vie. Facebook, un prétexte supplémentaire pour s'aimer.

Éric Neirynck, Facebook, mon amour !, Omri Ezrati, Books on Demand, Paris, 2013, 53 p. (4,90 â?¬)

Lilian AUZAS