Sur son site : ElyAl28, Alain Baudemont nous parle du nouveau roman de Nathalie Rheims : Maladie d'amour :

LE MASTERPIECE de Nathalie Rheims.

Je bouge délicatement mes yeux de gauche à droite pour entrer (lentement) dans cette singulière « Maladie d'amour », le dernier roman de Nathalie Rheims (Éditions Léo Scheer). J'aime lire ce texte. Oui, j'aime beaucoup ces femmes qui me surprennent, me déstabilisent. En pur fantasme, je dis pas non, vous pensez, une maîtresse comme la petite Alice, je prends. Et pourquoi non, puisque j'y suis, une autre maîtresse, comme l'adorable Camille, je prends absolument. Ma femme me dit oui, tu peux tout faire avec elles, toutes tes belles de nuit, de jour, tant qu'elles ne sont que des tigresses en encre et papier. Oui, s?urement, ma douce, je dois être de maladie, complètement de maladie.

Pour le dire précisément comme je le pense, lisant « Maladie d'amour » (un titre largement utilisé par ailleurs avec des artistes de tous poils), j'aime quand aucun objet ne déborde, n'apparaît de mauvais go?t, dans cette nouvelle histoire d'amour à la manière Nathalie Rheims, que j'ai déjà lu comme une grande poétesse, (je pense à Lettre d'une amoureuse morte) imaginé (Nathalie) comme une redoutable charmeuse de crotalus (le serpent à sonnette le plus dangereux qui fait du bruit avec sa queue).

Les pages se déroulent, dans ce roman à l'eau précieuse d'Hermès, avec un charme, parfumé à l'extrême, de bonne odeur, agréable dans leurs chimies au style tenu, porté par des mots, certes un peu anciens, mais aux illuminatifs enchantement (De naturelles prédispositions pour les jouissances secrètes de l'amour divin, l'amenaient vite sur cette lisière à peine indéfinissable qui sépare la vie illuminative de cette vie unitive (Goncourt).

Camille se rend floue, en écoutant, lancinante, séduisante, insistante pleurnicher la chère Alice. Mais si le plus douloureux, c'était quand on en guérit, se disait Camille en son for intérieur, (c'est ce que j'imagine, moi, lecteur, lisant « Maladie d'amour », alors, ça, c'est tout de même fort de café, l'allons voir, et qu'il faudra donc, par pure expérience, boire.

Buvonsâ?¦

Une femme qui a un secret, n'est pas, pour autant, en Société une femme secrète. On peut considérer, comme je le considère, que « Maladie d'amour » est un chef-d'oeuvre.

Disons que « Maladie d'amour » est LE MASTERPIECE de Nathalie Rheims.

Sur TFI ça l'frait grandiose, comme le pense assurément Léo Scheer, si à la façon italienneâ?¦

Pour ma petite histoire, je dirais que dès l'instant où j'ai compris que ce que font trois poules sur un mur n'est rien d'autre qu'impair, vu comme nombre non divisible en deux, et non qu'un père, mal entendu, mal auditionné comme vieille boulette, grossière connerie, superbe gaffe papa, etcâ?¦ bref, dès l'instant où j'ai compris l'évidence de ce que font trois poules sur un mur, j'ai aussi compris que la maladie, seulement « La Maladie », pour quiconque la possède, les coqs en leur corps, aussi bien que les femmes en leur corps et ?me et les hommes idem, n'est rien de rassurant.

Qu'il est donc préférable, nous avons toujours le choix, agréable de mourir de maladie d'amour au lit du déshonneur pour n'avoir pas foutu le camp devant l'inexpliquable amour, doux de mourir, en amants, les deux dos au mur, et feu à volonté, que précisément supporter cette insupportable, redoutable, longue maladieâ?¦ tout court.

Vous allez me dire, c'est mon grain de sel ma petite histoire, et que vous n'y salez aucune de vos soupes.

Bref, j'essaye de faire mon Masterpiece perso, mais je suis pas encore rendu.

Alain Baudemont, le18 décembre 2013