A l'occasion d'un dossier consacré à la place que tiennent les Etats-Unis dans la littérature française contemporaine, Raphaëlle Leyris parle du premier roman de Guillaume Fédou, sur fond de 11 septembre et de french touch 1.0:

Même les jeunes branchés n'arrivent pas tout à fait à jouer les blasés face à New York. C'est là qu'Arthur Ganate - oui, comme le carabin qui fait parler Bardamu au début de Voyage au bout de la nuit - entraîne sa mère, alcoolique et dépressive, dans les premiers jours de septembre 2001. Un voyage que la famille Ganate avait prévu de faire au grand complet, du temps où le père n'avait pas encore quitté la mère, et que des indemnités de licenciement permettent à Arthur de financer, histoire de changer les idées de sa "Mama" adorée et ingérable, loin de la France, "ce pays de Twingo et de bergers allemands". Entre deux sueurs froides causées par les incartades maternelles, Arthur promène à travers Manhattan ses Converse montantes, son indolence et ses théories sur le monde balancées à coups de bons mots. Le 11 septembre, il est aux premières loges pour assister à l'attentat contre le World Trade Center; il regarde pourtant la télévision afin d'être s?ur que l'événement est d'importance, sans réussir à tout à fait s'en convaincre. Du moins au débutâ?¦ Enfant des années 1980 - jusque dans la manie publicitaire de la formule -, le chanteur Guillaume Fédou signe, à 40 ans, un premier roman générationnel, qui se place sous la double influence de Brett Easton Ellis et de Woody Allen, mais ne masque pas une pointe d'accent girondin."

Raphaëlle Leyris le 31 janvier 2014