Éloge du chat. Collection ANIMA

)Stéphanie Hochet, après tant d?autres écrivains, célèbre avec talent et amour, sans ronronner, le compagnon domestique le plus indépendant qui soit...

Livre érudit, bien documenté, Éloge du chat multiplie les références pêle-mêle de Rilke à Quignard en passant par Natsume Sôseki, Rabelais, La Fontaine, Balzac, Perrault, Nodier, Patrick Rambaud et Amélie Nothomb. Les plus belles pages du livre sont dévolues à la passion dévorante de Colette pour ce mandarin cruel...

Stéphanie Hochet peut maintenant se targuer à raison d'avoir, elle aussi, écrit sur ce petit fauve qui fit couler beaucoup d'encre. A-t-elle pour autant apprivoisé son sujet' ? La réponse est oui, indéniablement.

Muriel Steinmetz - (L'Humanité du 27 mars 2014)

Résumé

Stéphanie Hochet quitte exceptionnellement le genre du roman pour nous raconter, dans un essai tout littéraire, comment le chat, animal jugé cruel, sournois et hautain est devenu l'un de nos préférés et un personnage omniprésent dans la littérature.

Véritable dieu pour les Égyptiens, qui lui donnèrent les traits de la déesse de la virginité, Bastet, aussi dangereuse que protectrice, le chat a vu son image évoluer au fil des siècles. En particulier en Occident, où il est passé du statut d'ami des sorcières, banni de la société, à l'utile chasseur de souris, pour finir en potentat domestique, adulé et sublimé dans de nombreuses oeuvres d'art.

Animal flexible, qui a compris que la souplesse et la ruse étaient plus efficaces que la force, le chat a une position unique : mi-sauvage, mi- domestique, il profite autant de sa liberté naturelle que du confort de nos habitations modernes. É la fois indépendant et séducteur, sauvage et affectueux, le chat est paradoxal, tout comme le rapport que nous entretenons avec lui. Ne symbolise-t-il pas autant la sensualité que la mort - Eros et Thanatos -, suscitant ainsi un comportement toujours excessif, que ce soit l'opprobre ou l'idol?trie ?

L'AUTEUR : Stéphanie Hochet est née en 1975. Elle est l'auteur de neuf romans, dont Combat de l'amour et de la faim (Fayard, Prix Lilas 2009), La Distribution des lumières (Flammarion, Prix Thyde Monnier de la SGDL 2010) et Sang d'encre (Editions des Busclats, 2013). Éloge du chat est son premier essai. Courrier des auteurs le 12/04/2014

1) Qui êtes-vous ? !

Un écrivain qui s'essaie à différentes expériences littéraires.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

L'approche littéraire et philosophique du personnage chat tel qu'on le trouve dans les oeuvres (romans, cinéma, arts graphiques etc.)

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

«Et si cet animal était avant tout un point d'interrogation se promenant sur des coussinets ?»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

La comédie musicale Cats d'Andrew Lloyd Webber.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Mon admiration pour les écrivains qui ont si bien su parler de l'animal aux griffes rétractiles, quitte à parfois s'identifier à cette créature paradoxale et séduisante. Mais aussi ma fascination pour la flexibilité telle que le chat la pratique : cette capacité à incarner des personnages charismatiques, et à le faire avec souplesse.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

J'écris plutôt le matin mais pas seulement, il faut simplement que je sois au calme sans musique ni bruits parasites si possible (ce qui n'est pas toujours le cas). Dans une pièce où je suis seule. Je suis perturbée par le regard d'autrui quand j'écris.

7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?

Je ne me suis jamais dit que je serais écrivain quand j'étais enfant mais j'étais déjà une lectrice passionnée et le phénomène a pris son ampleur à l'adolescence. Fin de l'adolescence je commence à écrire de la poésie, des textes courts, tachant de saisir en quelques phrases une impression de beauté. Tout fut progressif, sans véritable prise de conscience.

8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?

Colette, Dialogue de bêtes à l'?ge de neuf ans. Pour la première fois, je me dis en lisant que «la façon d'écrire» est belle. Vers 10 ans (rien à voir) : Sherlock Holmes, Cocteau (première rencontre avec la poésie), les oeuvres de Tolkien puis Balzac à 14 ans en commençant par Eugénie Grandet, une oeuvre d'un érotisme sophistiqué.

9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

Les crivains créent des mondes parallèles qui reflètent le nôtre, mais ils y ajoutent une poésie qui en augmente la distance.

10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

Les librairies sont des havres, on y débusque toujours une pépite. Mais quand on est auteur, ces havres peuvent intimider d'une certaine façon.

La revue de presse : Muriel Steinmetz - L'Humanité du 27 mars 2014

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires en partenariat avec 20minutes.fr