É propos de Oublier Modiano de Marie Lebey, il faut retenir ce passage du discours de Modiano :

"Ce jour-là, je crois n'avoir jamais ressenti de manière aussi forte combien un romancier est aveugle vis-à-vis de ses propres livres et combien les lecteurs en savent plus long que lui sur ce qu'il a écrit. Un romancier ne peut jamais être son lecteur, sauf pour corriger dans son manuscrit des fautes de syntaxe, des répétitions ou supprimer un paragraphe de trop. Il n'a qu'une représentation confuse et partielle de ses livres, comme un peintre occupé à faire une fresque au plafond et qui, allongé sur un échafaudage, travaille dans les détails, de trop près, sans vision d'ensemble."

Dommage que cette pensée subtile ne lui soit pas venue à l'esprit en lisant le merveilleux livre de Marie Lebey qui est, par ailleurs, un exercice d'admiration pour l'oeuvre de notre Prix Nobel National.