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mardi 12 mai 2015

2266. La Solitude du témoin de Richard Millet par Félicia-France Doumayrenc pour ACTUA LITTÉ

L'isolé absolu.

« Nous vivons sous le régime de la fin ».

Ce sont par ces mots que s'ouvre le dernier livre de Richard Millet Solitude du Témoin. Fin de la pensée, fin de l'écriture, fin du monde. Fin. Donc, pourquoi écrire si tout est sur le point de se terminer à jamais ? Pourquoi ? Puisque « Ce qui est mort est l'idée de culture en tant que civilisation, le Culturel lui, étant l'alliance du divertissement et de la Propagande, c'est-à-dire un conditionnement de masse opérant au nom même du narcissisme individuel ».

Parce que Richard Millet le dit lui-même : « Mais oui ! Je vois et j'écris. La phrase est le lieu de ma solitude et de ma non-ouverture. (â?¦) Mon style est l'écho de mon origine dans la langue, ce que je fus, suis et serai : la singularité par quoi je ne cesse de témoigner de la langue ».

Ce livre, cet essai, ces fragments (il est difficile de mettre dans une case ce texte) est un point de vue sur le monde, l'écriture, sur le déclin d'une société, l'islamisme, la déchristianisation, la défaite de la langue littéraire, le consumérisme, l'individualisation petite-bourgeoise, le capitalisme mondialisé, la bien-pensance, la déculturation, l'anti-racisme d'Etat.

Si Richard Millet a voulu être macabre et faire frémir son lecteur, il s'est trompé. Ce qu'il dit est grave, parfois pesant, on peut être en opposition complète avec ses idées politiques et sa vision sur le monde, mais quelle langue ! Quel talent ! Ce livre est jubilatoire lors de certaines anecdotes comme celle-ci « François Hollande (â?¦) m'envoie ses vœx (â?¦). Deux phrases. La première comporte deux erreurs : 'necessaireâ? est écrit sans accent, et il n'y a pas de point à la fin d'une phrase. (â?¦) Comment gouverner sans orthographe ? La faute d'orthographe n'entraîne-t-elle pas l'erreur politique ? », mais, surtout fort juste, et on l'aimerait pessimiste sur le déclin réel de notre langue et de la linguistique, ainsi explique-t-il : « Apocope et aphérèse. Proposez à des imbéciles le mot 'randoâ? au lieu de randonnée, ou 'appliâ? au lieu d'application, ou encore 'adoâ? pour adolescent, ils choisiront d'emblée l'abréviation. », or il pointe, avec justesse, une attristante réalité.

Richard Millet écrit un texte sans concession sur le monde, mais ce qui est le plus frappant est qu'il ne s'en fait pas, non plus, à lui-même.

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2268. Les revues littéraires par Bernard Quiriny dans l'OPINION

Certes, les revues n'occupent plus la même place qu'à l'époque du Mercure de France, de La NRF, de La Table Ronde mais la situation n'est pas si dramatique

Comment vont les revues littéraires'?

On dit souvent qu'elles se portent mal, par comparaison avec le monde anglo-saxon. En vérité, la situation n'est pas si dramatique. Certes, les revues n'occupent plus la même place qu'à l'époque du Mercure de France, de La NRF, de La Table Ronde.

Mais elles existent, se multiplient, se transforment. La Revue Littéraire, lancée en 2004 par Léo Scheer, fait sa mue sous la houlette de Richard Millet, nouveau rédacteur en chef. Pestiféré depuis trois ans, Millet n'a plus rien à s'interdire'; autant dire que sa version de La Revue risque d'être intéressante. Au sommaire du numéro 57, Dominique de Roux, Marc Fumaroli, Henry Raczymow, notamment.

Dans un autre registre, L'Atelier du roman de Lakis Proguidis compile dans son quatre-vingt-unième numéro les interventions faites en septembre dernier à Thélème, nouveau rendez-vous annuel des écrivains de la revue, sur le thème de la liberté. N'y manquez pas, entre autres, le texte désopilant de Pascal Fioretto sur les festivals et la vie d'écrivain.

Autre registre encore': Feuilleton, aux éditions du Sous-sol (pilotées par Adrien Bosc, et ainsi nommées parce que nées dans une cave, rue Charlemagne), sort ce printemps son treizième numéro, consacré à la musique. Un format hybride, entre littérature et journalisme, qui tient du mook de luxe, pour employer ce mot à la mode. Les papiers des précédents numéros, souvent passionnants, sont republiés simultanément dans quatre anthologies thématiques (faits divers, économie, drogue, bizarreries), en poche.

Des revues naissent, aussi. Voici, chez Grasset, le premier numéro du Courage, dirigé par Charles Dantzig, sous une couverture rouge vif. Vingt-et-un auteurs y sont réunis. Particularité': les textes en langue étrangère ne sontâ?¦ pas traduits. La revue étant annuelle, il reste donc douze mois pour se mettre à l'italien afin de lire Fausto Melotti, ou à l'anglais pour lire Patrick McGuiness. (Etrangement, le texte de Chun Se, sur la littérature chinoise, est accompagné d'une traduction. Sans doute douze mois ne suffiraient-ils pas pour apprendre le chinois). Le Courage se décline aussi en collection de textes littéraires'; on trouve parmi les premières parutions un beau livre de Laurent Nunez, Si je m'écorchais vif, sur Rimbaud, Laforgue et Hugo.

Enfin, Christian Bourgois met à l'honneur la Paris Review, célèbre trimestriel anglophone né en 1953, où ont écrit tous les grands. Après deux recueils d'entretiens, ce nouveau tome propose une sélection de nouvelles parues dans la revue, choisies par des auteurs d'aujourd'hui. Une quinzaine de façons d'envisager le texte court, de Denis Johnson (présenté par Eugenides) à Donald Barthelme (présenté par Ben Marcus). Clou du spectacle': Aleksandar Hemon ressort Funes ou la mémoire, l'une des plus célèbres nouvelles de Borges. La Paris Review l'avait publiée dans son numéro 28, en 1962.

Paris Review, leçon de choses (traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj, Christian Bourgois, 436 p., 25 â?¬)

La Revue littéraire n? 57 (Léo Scheer, 204 p., 10 â?¬)

Feuilleton n? 13 (Editions du Sous-sol, 192 p., 15 â?¬)

Le Courage n? 1 (Grasset, 440 P., 28 â?¬)

L'Atelier du roman n? 81 (Flammarion, 186 p., 20 â?¬)

Si je m'écorchais vif, de Laurent Nunez (Grasset, 185 p., 18 â?¬)

2264. Les 30 ans de TV6, la plus jeune des télés, aux ELS le 1er mars 2016 par Léo Scheer

En novembre 2014, pour son trentième anniversaire, j'ai publié, chez Michel Lafon un livre où je racontais l'invention de Canal +.

Au 1er mars 2016, pour ses 30 ans, je publierai un livre aux ELS où je raconterai l'aventure, qui est la suite du livre précédent, de cette chaine de télévision qui fut la première année du 6e réseau national de télévision sur lequel émit, à partir du 1er mars 1987 la chaine M6 qui en était le prolongement.

TV6, remplacé par M6, tout le monde l'a oublié ne serait-ce que par la volonté de ses actionnaires qui, une fois indemnisés par l'Etat, ont préféré que la page soit tournée. Dans ce livre, je vais essayer de montrer à quel point TV6 a été un tournant essentiel pour les medias et la culture en France. Je vais créer un site qui lui sera consacré, où nous allons essayer de faire revivre ses archives qui ont disparu et où je tiendrai un blog qui sera la préfiguration de mon livre, accompagné, je l'espère, par d'autres blogs de ceux qui ont vécu cette aventure.

Avec le recul, on découvre, trente ans après, que les stars des années 80 qui furent lancés par TV6 rencontrent un certain engouement de la part d'une nouvelle génération, celle des enfants de ceux qui les ont portées au pinacle. L'Internet n'existait pas à l'époque de TV6. Peut-être va-ton découvrir que cette chaine était faite pour être sur Internet et que le moment est venu pour elle de commencer à vivre cette véritable existence.

Léo Scheer

mercredi 6 mai 2015

2263. La Revue Littéraire N° 57 (Avril/Mai 2015) par Félicia-France Doumayrenc dans ActuaLitté

Les revues littéraires tiennent une place importance dans l'histoire de la littérature. Place qui, malheureusement, n'est pas assez reconnue. Qui se souvient de l'origine des Temps Modernes fondés par Sartre et Simone de Beauvoir et qui analysaient avec acuité tant les événements politiques, que les nouveautés littéraires et qui continuent sans eux'? De même qui a gardé en mémoire, la magnifique revue fondée par Bernard Noël, André Velter et d'autres : Nulle part qui faisait écrire des écrivains et des poètes sur un thème déterminé (telle la beauté) et soulevait le lecteur par la qualité des textes'?

La Revue Littéraire publiée par les Éditions Léo Scheer est dans cette même veine et mérite qu'on s'y attarde. Le numéro 57, d'avril-mai : celle-ci paraissant tous les deux mois, est un remarquable montage de critiques, de chroniques, de notes qui rappelle le rôle essentiel du point de vue des critiques sur la littérature. On entre à pas feutrés dans la poésie de Fernand Ouellette qui dans des extraits choisis narre sa douleur de la perte de sa femme et nous fait découvrir une langue d'une beauté pure :

« Il n'y a pas de mort,

Sauf si je me tourne vers la présence invisible

Ou vers l'absence crue de la proximité ».

On savoure l'interview du musicien Régis Campo interrogé par Richard Millet qui vient de composer sur Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès et qui explique « j'ai écrit ma musique, pas celle de Koltès. Il faut trahir le texte, le maltraiter, le dépecer, vampiriser les mots pour les transmuter en musique. Puis, c'est à travers la musique que le texte va renaitre de ses cendres. Un travail d'alchimie. »

On déguste et on s'amuse de l'éloge littéraire de Léo Scheer sur Michel Surya. Pour ceux qui l'ont oublié, Surya est l'auteur de l'exhaustive biographie sur George Bataille et le fondateur de la revue Lignes, publiée d'abord aux éditions Séguier, reprise par les Éditions Léo Scheer et qui maintenant s'édite elle-même. L'éloge littéraire de Léo Scheer est intéressant puisque celui-ci porte sur les rapports que Michel Surya entretient avec le défunt Maurice Blanchot.

Pilier de la littérature et, sans nul doute, un de nos plus grands écrivains français, Blanchot connu pour ses engagements politiques d'ultragauche n'a jamais voulu admettre ses écrits politiques d'extrême droite et avait désigné Jacques Derrida comme son exécuteur testamentaire afin que ceux-ci ne soient pas dévoilés.

Blanchot et Derrida sont morts, restent ses encombrants écrits qui ne sont toujours pas publiés. Léo Scheer remarque avec humour qu'après avoir lu le livre L'autre Blanchot de Michel Surya, « très joli br?lot sortilège qui ressemble un peu à du Blanchot avec, en plus, cette signature inimitable de la triple négative du patron de Lignes. Moins + moins = plus + plus moinsâ?¦ On se sait plus », il n'a pu « résister au plaisir de rire devant le spectacle de certaines contorsions de Michel Surya ». Quels sont actuellement les rapports de ces deux hommes qui ont, un temps, travaillé ensemble nous n'en saurons rien. Et, ceci n'appartient qu'à eux.

Mais une des choses les plus intéressantes de La Revue Littéraire est le journal de Richard Millet qu'il a décidé de publier tout en précisant : « Sans la conjonction d'événements et de signes qui peuvent recevoir ici le nom de Léo Scheer, ce journal aurait pris feu. Les flammes seront d'ailleurs mon critère de lecture, puisque, à mesure, que paraîtront les pages que j'en tire (et dont, je ne garde, en matière de date que l'année, je br?lerai les cahiers les concernant » in La Revue Littéraire de février-mars 2015).

Ces pages intimes n'en ont que plus de prix puisque l'auteur a pris la décision de les jeter au feu et ne laisse donc comme seule trace que les mots écrits dans la revue.

Il est temps de redonner une vraie place aux revues littéraires et en particulier à celle-ci dont la directrice de publication est Angie David qui est aussi la directrice des Éditions Léo Scheer. Une revue met l'écrit en perspective, oriente le lecteur, lui ouvre un nouveau regard, lui fait découvrir des auteurs, des textes pour la plupart inconnus du grand public.

Oui, il est grand temps de redonner aux revues littéraires leur titre de noblesse. Celle-ci en est l'exemple frappant. La Revue Littéraire des Éditions Léo Scheer donne envie de lire ce qu'elle critique, et publie. Elle est un pur chef-d'?uvre de ce que doit être toute revue.

Félicia-France Doumayrenc, Présidente des Ateliers de Granhoux, fondatrice des Nouveaux Etats Généraux de la Culture, écrivaine, peintre, pas aux abonnés absents, le 5 mai 2015

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