Nathalie Rheims: la petite fille et le comédien

Comment une enfant de 12 ans d'entiche d'un homme bien plus ?gé qu'elle. Un vrai faux roman gentiment licencieux signé Nathalie Rheims.

Nathalie Rheims n'est jamais aussi pertinente - et impertinente - que lorsqu'elle traite de sa parentèle. Trois ans après Laisser les cendres s'envoler, où elle évoquait sa mère et son incroyable famille (celle des Rothschild, par les branches dites "von Worms" et "de Paris"), la voici de nouveau aux prises avec son clan, qui se prélasse tous les étés dans sa belle ex-bergerie corse de Saint-Florent.

Alors que le père, historien d'art (et commissaire-priseur dans la vraie vie) prétendant à l'Académie, converse avec quelques grands esprits (Michel Mohrt, Paul Morand, Félicien Marceau, Guy Schoeller, autant d'hôtes réguliers) et trompe la mère avec la comtesse voisine, la narratrice, 12 ans, tout juste sortie de trois années de maladie, se morfond.

Gaiement irrévérencieux

Blessée dans son corps et dans son ?me, elle traîne son mal-être jusqu'à ce que Dalida débarque en compagnie d'un homme superbe, sociétaire de la Comédie-Française (?gé de 43 ans) venu jouer L'Aiglon. Fascination immédiate. Obsession permanente. Eveil des sens. La chasse commence, mensonges (aux parents) à la clef.

Comment se faire aimer par le beau comédien? Et, surtout, lui faire oublier la différence d'?ge? Rentrée à Paris, elle hante les corbeilles du Français. Prise de passion pour l'art dramatique, elle convainc son père de la laisser prendre des cours, puis d'abandonner le lycée. Arrivera-t-elle à ses fins? La réponse est dans Place Colette, vrai faux roman gentiment licencieux, gaiement irrévérencieux.

Mariane PAYOT, paris le 26 octobre 2015