Le plus infréquentable des écrivains nous invite dans une "Province" française aussi plombée par les bobos que par les islamistes.

Richard Millet racle les fonds de terroir. À quelque chose malheur est bon. Richard Millet a la chance d'avoir des ennemis ridicules, et même odieux. On a envie de le défendre rien que pour contrarier les tartuffes qui se prennent pour des consciences et l'ont fait chasser de chez Gallimard en le traitant de "fasciste".

Comme si cette vénérable maison n'avait pas toujours abrité d'épouvantables staliniens, d'indécrottables vichystes et cent spécimens de plumes allongeant volontiers leur encre du sang des autres. La police y faisait la chasse aux fautes de français mais pas aux écarts de pensée.

Menée par Annie Ernaux, une cabale a pourtant écarté de la rue Sébastien-Bottin celui dont tout Paris murmurait qu'il avait transformé plusieurs manuscrits pour en faire des Goncourt.

Son crime : se laisser aller à une mélancolie hargneuse quand il songeait à sa vieille France, à sa chère langue, à ses chapelles et ses cathédrales. Bref, être paléo-réac sans état d'âme.

L'ennui, c'est que les amis de Richard Millet sont aussi exaspérants que ses ennemis. À les entendre, c'est l'ultime défenseur de la grande langue française et du roman digne de ce nom.

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