Du reste, quiconque a lu de bonne foi ce dernier livre sait que Richard Millet n?écrivait pas un « éloge de Breivik », seuls des ?personnes mûres pour l?asile pouvaient comprendre cela, mais un éloge littéraire, ce qui est très loin d?être la même chose. Millet le précise d?ailleurs à plusieurs reprises au long des 18 pages de son texte.

La Blitzkrieg anti-Millet des "Prêtres de la Grande Tolérance" a été lancée, fin août 2012, dans les organes officiels de la Propaganda d?État. J?ai nommé : Le Nouvel Observateur, Le Monde, Le Point et les Inrockuptibles. Médias officiellement « rebelles » n?est-ce pas, concrètement financés par l?État et les entrepreneurs du CAC 40. La gamelle a un prix et son nom est « liberté ». Au tout début, il manquait Libération. Mais bon... Libération, tout le monde s?en moque ? cela n?existe plus dans le réel depuis longtemps.

Une offensive journalistique en quatre temps donc, dans cet ordre d?apparition sur scène. L?ordre n?est pas toujours le même, selon les « affaires » (L?Idiot International, Dantec, Handke et sa présence à l?enterrement de Milosévic, Finkielkraut, Immédiatement, les « néos-réacs », Muray, le grand méchant Chevènement de 2002, Zemmour, Olivier Pétré-Grenouilleau, Renaud Camus, Jacques de Guillebon, Marcel Gauchet, le retour du maurrassisme, Michéa etc, la liste occuperait aisément les pages de l?n de ces médias), mais la volonté de détruire la pensée de l?Autre au nom de la tolérance, summum du comportement dictatorial en monde littéraire et intellectuel, est toujours la même.

Qui s?écarte trop de la doxa de gauche mentale dominante est médiatiquement un homme mort. Pour ainsi dire gazé. Millet s?est beaucoup éloigné de la doxa. Les chiens ont été lâchés. D?abord des nains de la pensée : Garcin, Ono-dit-Bio, Rérolle et la gestapiste Kapriélan. Plenel manquait à l?appel, il bronzait sans doute dans un Émirat. Le petit BHL arriverait plus tard. Tout comme la journaliste Aude Lancelin, laquelle devait ensuite tâter de la chasse aux sorcières qu?elle affectionnait pourtant tant. Une arroseuse arrosée, cela ne manque guère de piquant.

De cette première salve de bave ressortait un Millet « facho ». Une meute de journalistes, parfois plus ou moins auteurs ou plagiaires par ailleurs, suivrait bientôt la primo vomissure ? la masse choisissant comme il est d?sage de faire du gras sur l?homme isolé. Le niveau de la pensée dans ces têtes-là, dans cette presse là et dans ces cas-là ne dépasse jamais la hauteur des égouts, en une sorte d?amour inavoué de ce que furent des journaux comme Je Suis Partout.

D?emblée, cela sentait la pétition de délation. Elle viendrait vite. La gestapo stalinienne mentale du Paris prétendument littéraire et intellectuel a appliqué sa stratégie de destruction massive habituelle à Richard Millet : délégitimation de l?humain Millet (au nom de l?humanisme...) et reductio ad Vichysum tendance hitlerum (au nom de la tolérance et de la liberté de pensée). Il y a une police de la pensée à Paris, et cette police veille à ce que ?chacun écrive et pense selon les idées qui vont bien, sans quoi on reçoit une balle virtuelle dans la nuque dans les locaux de la rue Lauriston, siège secret de la milice kapriélianesque.

Mon propos n?est pas, ici, de revenir sur les détails d?ne affaire que l?on peut à bon droit comparer à l?Affaire Dreyfus (par la haine essentialiste dont a été victime l?écrivain Richard Millet) ou aux procès truqués de l?époque stalinienne (car les libéraux-libertaires- bobos ont tellement digéré les procédés stalino-gestapistes qu?ils en ont l?ADN bouffi), simplement de souligner combien l?Orwell-Monde, quand on le décline sur son mode parisiano-littéraire, est un étouffoir. Ce que traduit l?affaire Richard Millet c?est ceci : pour être différent dans le monde intellectuel parisien, il faut accepter d?être assassiné à longueur de pages de journaux, de tribunes et de pétition par les défenseurs de... la différence. Et cela traduit le mode totalitaire de la prétendue démocratie dans laquelle nous semblons vivre. Au nom de la tolérance, de la liberté d?expression, d?opinion et de l?amour de la différence, Richard Millet a été jeté aux lions par des journalistes nains, associés à quelques écrivains du ressentiment (ceux qui ne lui pardonnaient ni ses opinions ni son mode d?être, ni, sans doute, sa position chez Gallimard ? et sa réussite, l?éditeur Millet étant à juste titre considéré comme un « faiseur de Goncourt ») comme Ben Jelloun, Ernaux ou Le Clézio (dont la bassesse du texte publié contre Millet, en septembre 2012 dans Le Nouvel Observateur décrédibilise toute son œuvre de Nobel prétendument humaniste).

Ces « résistants » qui combattent tous les nazismes depuis la barricade de leurs comptes en Suisse et l?ambiance feutrée de leurs minuscules appartements populaires du c?ur de Paris. Ces animateurs d?ne pétition anti-Millet, signée par plusieurs dizaines d?écrivains ou s?annonçant comme tels, etc ? dont nombre ont du reste entièrement disparu des radars. On imagine très bien le degré de liberté dont ces derniers ont disposé... Nous avons, ici, au sein de Monarque 3.0, la mémoire d?écrivains mis au ban de Fayard pour n?avoir pas accepté de s?opposer à Renaud Camus, lors de cette autre affaire. Les signataires signent pour la gamelle.

La Collaboration jouit toujours du champagne produit par la sueur du peuple. Nous ne sommes pas dupes de ce qui s?est passé : Millet n?a pas été pourchassé pour un éloge qui n?existe pas, celui d?n assassin, mais pour ses positions sur l?état de la littérature, de la langue et de l?édition française, un état de son point de vue lié aux transformations en cours du paysage démographique du continent européen. Millet n?a été pourchassé que pour cette raison simple qu?il écrivait un ensemble de vérités qui dérangent, vérités que le peuple, le vrai, vit au quotidien et dont la réalité n?a de cesse de s?accentuer depuis 2012. Les gentils apôtres du multiculturalisme à la sauce Le Clézio ou Ernaux évitant pourtant de pétitionner contre leurs potes migrants traquant maintenant le blanc comme un lapin dans les rues des métropoles européennes. La chasse à l?homme médiatique contre Millet a été l?œuvre minable de ceux qui détiennent les cordons de la médiocrité du monde littéraire français actuel, médiocrité pour le coup universellement reconnue.

Vous collaborez à la destruction de ce que nous sommes, à une culture et à une civilisation, voilà ce que disait finalement Millet. Et cet être que nous sommes passe nécessairement par la langue qui à la fois le constitue et dont il est constitutif. Bon, reconnaissons- le... Un peu difficile à comprendre, intellectuellement, pour nombre d?acteurs « écrivains » en vue (de pétition). Pourquoi faire retour sur cette affaire qui, du point de vue de ses acteurs, à l?exception évidemment de la victime, est de l?histoire ancienne ? Car au premier prétexte (un avis exprimé sur un auteur maison), mais à distance chronologique de l?affaire, de façon à ce que cela se fasse sans trop de remous, Gallimard, l?éditeur de Céline et de Rebatet (le merveilleux Les Deux Étendards de Rebatet est fort heureusement toujours disponible... chez Gallimard), a mis à la porte son salarié éditeur au printemps 2016. Un éditeur accusé, comme Céline et Rebatet, entre autres, de « racisme », « xénophobie », « fascisme », tous mots qui en monde littéraire parisien désignent en réalité l?écrivain ne pensant pas comme on lui fait un devoir moral de penser.

Et c?est bien pour cela que la littérature française est un champ de ruines, occupé par des écrivains aux ordres et à la pensée en uniforme. Tout humaniste le reconnaîtra sans peine, y compris les « humanistes » signataires des tribunes, pétitions et autres ordres de délation prononcés en ???? à l?encontre du condamné d?avance Millet, pour l?éloge qu?il n?a pas fait d?n meurtrier, tout humaniste disais-je, et le Paris intellectuel est plein d?humanistes (une autre position étant par nature interdite), reconnaîtra, s?il est honnête sur le plan éthique, que Richard Millet a été condamné, y compris socialement, pour un crime qu?il n?a pas commis. Et ce crime il ne pouvait pas le commettre pour cette simple raison qu?n tel crime n?existe pas : il n?y a pas de délit d?opinion en France.

C?est pourquoi ? maintenant que les kalachs islamistes claquent dans Paris ou Berlin et que nous prenons le sang de toutes parts, donnant raison à l?écrivain Richard Millet, ainsi qu?à la défense que lui apporta Gabriel Matzneff ? Monarque 3.0 propose dans un souci d?apaisement, sans lancer de pétition inutile, sachant par avance que nous serions majoritairement entendus et suivis, ceci :

?Liberté pour les éditions Gallimard ! Libérons l?ancienne rue Sébastien- Bottin !

Comment ?

Que Richard Millet soit donc nommé directeur général des éditions Gallimard.

Qu?on lui confie le nettoyage des écuries de l?édition parisienne ! Un peu comme cela se fit après 1944.

Alors Paris sera de nouveau Paris.

Et la langue française ne sera plus fantôme.

Luc Vercauteren, MONARQUE 3.0. Bulletin du réel augmenté. n°1 / janvier 2017