C'est depuis "SON CANNES À LUI" que Pierre VAVASSEUR évoque le dernier livre de Richard MILLET consacré à Bernard MENEZ :

COUCHÉ

La veille de l'Ascension, l'Uberchauffeur qui m'emmène sur les hauteurs à la villa Domergue, pour l'enregistrement et la fête de l'émission "On n'est pas couché" (un pléonasme, à Cannes) est extra. Il fait des extras. Quand il ne conduit pas, il ne reste pas immobile, il est dans l'immobilier. Sa boite est à deux vitesses.

Le long de la route, on s'élève de quelques étages. En bas, il faisait chaud et lourd, sous les étoiles, il fait frais et léger. Les invités sont collé-serrés. Certains seront tout à l'heure à touche-couche.

Au bar, ça bouchonne. Bernard Menez parait. J'ai justement dans mes valises, un livre qui vient de paraître et lui est consacré (Pour Bernard Menez de Richard Millet) À la page 87, l'auteur écrit :

"Menez ne suscite pas un humanisme à la bonne franquette, mais une humanité qu'il incarne dans l'innocence de l'immédiat, loin de l'idéologie, des redéfinitions sexuelles, des abominations post-civilisationnelles en cours."

Ça va intéresser Godard. Un débat là-dessus et on n'est pas couchés.

Redescendu sur terre, une notion, elle aussi, assez abstraite sur la Croisette, je tombe dans les pattes de mon pote Jappeloup. Dans cette ville où tout le monde se lèche la pomme, il vient lécher la mienne. Jappeloup c'est un chien. Pas question de lui dire "Couché!" ni de chambrer ses maîtres. Ce sont les patrons de l'hôtel Pruly. Des gens normaux et souriants. Ils ne font pas de cinéma. Le jardin est joli. Le silence est leur ami. Chez eux, on est très vite couchés.

Pierre VAVASSEUR, Cannes le 26 mai 2017