Sur son blog : Les pieds dans le plat Gilles Pudlowski évoque ainsi le premier roman d'Alexandre Steiger : ''La Distance'' en librairie le 23 août.

Cela démarre joliment à Positano, sur la côte amalfitaine, près de Naples, mais cela va vite entraîner le lecteur en banlieue parisienne dans un lieu où tout se délite.

Bilan, confession, souvenir? Pour Alexandre, qui est comédien au chômage, tout va mal: sa compagne, Jeanne, l’a quitté pour un autre; il chute financièrement; ses deux enfants, élevés par deux mères différentes, réclament de l’attention… qu’il n’accorde qu’à lui-même.

Il se perd entre ses rêves romantiques et son petit appartement de Villejuif, ne peut se raccrocher qu’à Francis, son meilleur ami, qui vit dans l’aisance, mais se perd, lui, dans ses passions homosexuelles.

Il rate son dernier essai pour un rôle qui pourrait lui aller comme un gant, s’égare au palais de Justice, tente de renouer avec Jeanne, vainement.

Le sort ne l’épargne pas. Mais n’est-il pas le reflet d’une époque qu’il décrit en noir et en creux? Peut-être une lueur va-t-elle s’allumer dans sa nuit..?

Cet autoportrait d’un raté est le premier roman d’un comédien-réalisateur qui livre ses clés pour décrire le monde comme il va. Paris, ville des fausses lumières, livre aussi des rencontres iconoclastes. Comme avec cette professionnelle – anglaise – de l’amour rencontrée sur un site de rencontres, croisée près des Invalides, quittée avec un repas raté dans une belle table italienne. Ou encore ce cadre cherchant « coloc' », venu du Sud-Ouest, avec son accent rocailleux, sa jovialité, son cassoulet, partageant son appartement jusqu’à, très vite, l’envahir.

Le registre de l’auto-fiction amoureux et d’apprentissage prend alors des reliefs drôlatiques. Voilà, en tout cas, un premier roman dense, déroutant, prenant, intrigant, entre pathétique, critique sociale et détours romantiques. Comme une bonne occase à saisir.

Gilles Pudlowski, le 21 août 2017