Accueil
Actualité
Catalogue
A paraître
Blog des ELS La Revue Littéraire



mardi 26 décembre 2017

2438. "Conversion" de Romaric Sangars, coup de cœur de Patrick Poivre d'Arvor

"Conversion" de Romaric Sangars, en librairie le 3 janvier 2018, coup de cœur de Patrick Poivre d'Arvor dans son émission « Vive les livres » sur CNews.

jeudi 14 décembre 2017

2437. "La Distance" d’Alexandre Steiger, par David Foenkinos, dans L’EXPRESS

Le superbe premier roman d’Alexandre Steiger, La Distance, est le coup de cœur, dans L’EXPRESS, de David Foenkinos. Mais, comme il s’agit d’une rubrique qu’il tient en alternance avec Mazarine Pingeot, il y a eu un mic-mac au magazine, et ils ont indiqué que le livre était le choix de cette dernière, alors que c’est bel et bien David Foenkinos qui l’a écrit ! Nous tenons, du coup, à le remercier chaleureusement ici.

« La rentrée littéraire de septembre s'achève pour laisser place à celle de janvier. Des centaines de romans viennent d'être publiés, pour si peu d'élus. Il y a forcément des livres injustement oubliés. Salomé me dit: " Tu devrais lire ce roman. Il va te plaire. Certaines phrases m'ont fait penser à toi. " Elle cite alors celle-là : "Toute ma vie, j'avais confondu l'amour et les cheveux longs." J'avoue que cela me plaît. J'ai terriblement envie de savoir qui se cache derrières ces mots. Qui est donc Alexandre Steiger ?

Lire la suite

lundi 11 décembre 2017

2436. Les funérailles de la France blanche par Richard Millet

Chronique du 10 décembre 2017 de Richard Millet sur son site :

Les funérailles de la France blanche

Qu’on ne se leurre pas : enterrés en grandes pompes avec la bénédiction de l’État français, le comte d’Ormesson et le chanteur populaire Hallyday ont toujours été morts. Ils ne représentaient rien d’autre que la mort française, la France étant morte, on le sait, depuis un demi-siècle, Mai 1968 n’ayant rien été d’autre que l’ultime contrecoup de la débâcle de 1940, et l’immigration de masse l’accomplissement voulu par le capitalisme mondialisé.

L’unanimité nationale, pompeuse, grotesque, hypocrite qui s’est constituée autour de ces deux personnages est donc la version française du nihilisme contemporain. Certains ont trouvé bon d’évoquer la mort de Cocteau, éclipsée par celle de Piaf, en 1963. Cocteau et Piaf sont encore perçus, à l’étranger, et à des degrés différents, comme des représentants de l’esprit français, lequel n’existe plus depuis longtemps. D’Ormesson et Hallyday sont, eux, inconnus hors de l’hexagone : ils ne sont que des parodies, le premier d’une littérature qui s’est réfugiée dans le simulacre, l’autocensure, la police de la pensée, la falsification, et dont le comte d’Ormesson était la version aimable ; le deuxième n’étant que l’« Elvis français », c’est-à-dire rien : l’ersatz local de cet instrument de domination planétaire qu’est la sous-culture yankee, et qui rappelle que la liberté n’est en vérité que jouissance de la condition d’esclave.

Des « héros », d’Ormesson et Hallyday ? On a ceux qu’on peut, et les « icônes » sont bel et bien des effigies du Démon. Les hommes qu’on a enterrés avec la bénédiction du chef de l’État et de la clique médiatico-littéraire sont, j’y reviens, des symboles de la mort française : la bourgeoisie déculturée se regrette elle-même dans cet homme de lettres certes sympathique mais littérairement sans intérêt, quoiqu’il fût entré dans cette espace de symbolisation culturelle qu’est la Pléiade (comme, avant lui, ces vermicules littéraires que sont le dialoguiste Prévert et l’histrion Boris Vian), tandis que l’autre, « Johnny », non moins sympathique, est pleuré comme un « Dieu » par le « peuple » français, ou par ce qu’il en reste – nul immigré ni descendant d’immigré ne se trouvant à ses funérailles, de la même façon que ces mêmes post-Français ignorent l’existence du comte d’Ormesson, la France américanisée, aliénée, abrutie de rock, de moto, de cannabis et d’athéisme enterrant aussi, en sous-main, un des ultimes représentants de la « vieille France » – la bourgeoisie et le « peuple » devenus l’une et l’autre des zombis sur un territoire qui n’est plus qu’une dépendance de l’Union européenne.

Situé entre le royaume islamique de Belgique et celui, anciennement très catholique, d’Espagne, entre l’Allemagne toujours plus luthérienne et une Italie quasi mafieuse, la France est ravagée par la déchristianisation, l’inculture, la médiocrité, le communautarisme, le séparatisme provincial qui s’ajoute à sa provincialisation post-culturelle : elle n’entretient plus que sa propre caricature sous la forme d’écrivains et de chanteurs insignifiants, ou de produits dérivés tels que le très idéologique Louvre d’Abou Dhabi, qui n’est qu’un Disneyland post-culturel aux mains du pouvoir sunnite.

Ce pays qui ne fait plus que commémorer et enterrer – mais qui a ignoré la mort d’Henri Dutilleux et à peine commenté celle de Pierre Boulez – bannit en revanche les esprits qui continuent à dénoncer le devenir parodique de la culture dans la redéfinition perverse de la « personne humaine », au sein d’un présent où s’agitent des collabos du néant : écrivains et journalistes aussi vulgaires que les « bikers » qui ont descendu les Champs-Elysées, cette prétendue « plus belle avenue du monde » où ils ont défilé, drapeaux américains sur la selle, sous l’œil ému des « Français » qui se croyaient à l’enterrement de Victor Hugo – le pouvoir culturel ayant délivré le message selon lequel culture est désormais passée de Hugo à d’Ormesson, comme de Piaf à Hallyday, avant d’« acter » que les chanteurs chantent maintenant directement en anglais, tandis que le marquis du Clézio, la parolière post-féminine Ernie et le chansonnier Ben Jelloon écrivent dans un sous-français automatiquement traduit « vers » l’anglais par une plateforme de traduction située au Bengladesh.

Le même soir, je suis descendu dans un des rares endroits où s’est réfugié le réel : le RER – ce réseau électif de la réalité. On y est confronté à l’abomination sociale, morale, ethnique, écologique. Cette nuit-là, à la station Gare-de-Lyon, je me tenais le plus loin possible des humanoïdes qui attendaient le train – tout près d’un haut chariot chargé de poubelles transparentes (car même les « sacs poubelles » doivent être transparents, voire « démocratiques »). J’en admirais le contenu comme on peut le faire d’une « pièce » d’art contemporain : gobelets, emballages de sucreries et de kebabs, journaux gratuits, paquets de cigarettes vides, gants perdus, mouchoirs en papier – mais pas de bébé mort). Le balayeur africain me regardait en souriant : « En Afrique, ces déchets vaudraient de l’or », m’a-t-il dit, en un français bien meilleur que celui de deux pouffes blanches dont j’avais fui jusqu’à la voix. « Oui, c’est le monde à l’envers ; ou c’est le nouvel ordre du monde », ai-je répondu avant qu’il n’aille chercher d’autres poubelles, me laissant devant ces déchets somme toute plus estimables que mes contemporains.

Richard Millet le 10.12.2017

Archives Syndication
août 2018 (222)
juillet 2018 (177)
juin 2018 (192)
mai 2018 (160)
avril 2018 (122)
mars 2018 (210)
février 2018 (193)
janvier 2018 (262)
décembre 2017 (182)
novembre 2017 (205)
octobre 2017 (210)
septembre 2017 (245)
août 2017 (222)
juillet 2017 (177)
mai 2017 (160)
février 2017 (193)
janvier 2017 (262)
décembre 2016 (182)
octobre 2016 (210)
septembre 2016 (245)
août 2016 (222)
juillet 2016 (177)
juin 2016 (192)
mai 2016 (160)
avril 2016 (122)
mars 2016 (210)
février 2016 (193)
janvier 2016 (262)
décembre 2015 (182)
novembre 2015 (205)
octobre 2015 (210)
septembre 2015 (245)
août 2015 (222)
juillet 2015 (177)
juin 2015 (192)
mai 2015 (160)
avril 2015 (122)
mars 2015 (210)
février 2015 (193)
janvier 2015 (262)
décembre 2014 (182)
novembre 2014 (205)
octobre 2014 (210)
septembre 2014 (245)
août 2014 (222)
juillet 2014 (177)
juin 2014 (192)
mai 2014 (160)
avril 2014 (122)
mars 2014 (210)
février 2014 (193)
janvier 2014 (262)
décembre 2013 (182)
novembre 2013 (205)
octobre 2013 (210)
septembre 2013 (245)
août 2013 (222)
juillet 2013 (177)
juin 2013 (192)
mai 2013 (160)
avril 2013 (122)
mars 2013 (210)
février 2013 (193)
janvier 2013 (262)
décembre 2012 (182)
novembre 2012 (205)
octobre 2012 (210)
septembre 2012 (245)
août 2012 (222)
juillet 2012 (177)
juin 2012 (192)
mai 2012 (160)
avril 2012 (122)
mars 2012 (210)
février 2012 (193)
janvier 2012 (262)
décembre 2011 (182)
novembre 2011 (205)
octobre 2011 (210)
septembre 2011 (245)
août 2011 (222)
juillet 2011 (177)
juin 2011 (192)
mai 2011 (160)
avril 2011 (122)
mars 2011 (210)
février 2011 (193)
janvier 2011 (262)
décembre 2010 (182)
novembre 2010 (205)
octobre 2010 (210)
septembre 2010 (245)
août 2010 (222)
juillet 2010 (177)
juin 2010 (192)
mai 2010 (160)
avril 2010 (122)
mars 2010 (210)
février 2010 (193)
janvier 2010 (262)
décembre 2009 (182)
novembre 2009 (205)
octobre 2009 (210)
septembre 2009 (245)
août 2009 (222)
juillet 2009 (177)
juin 2009 (192)
mai 2009 (160)
avril 2009 (122)
mars 2009 (210)
février 2009 (193)
janvier 2009 (262)
décembre 2008 (182)
novembre 2008 (205)
octobre 2008 (210)
septembre 2008 (245)
août 2008 (222)
juillet 2008 (177)
juin 2008 (192)
mai 2008 (160)
avril 2008 (122)
mars 2008 (210)
février 2008 (193)
janvier 2008 (262)
décembre 2007 (182)
novembre 2007 (205)
octobre 2007 (210)
septembre 2007 (245)
août 2007 (222)
juillet 2007 (177)
juin 2007 (192)
fil rss
fil rss commentaires



Copyright
Top