C'est le premier roman d'un acteur. Je lis le début. Le narrateur, un comédien qui s'appelle Alexandre (je suis à deux doigts de penser que c'est de l'autofiction) est en vacances avec Jeanne. C'est l'été, c'est l'Italie, c'est le rêve. Un livre sur le bonheur ? Illusion fugitive. Deux pages plus tard, et deux années plus tard, cette même Jeanne dépose une main courante au commissariat pour chasser cet ex encombrant. Quel début ! On dirait du cinéma. L'amour. Cut. Le désamour. Tout le livre est ainsi. La succession de péripéties qui ne sont finalement que des espoirs déçus. La phrase qui pourrait résumer notre héros se trouve dès la page 21 : "Je n'avais rien vu venir." A l'écouter, la vie amoureuse se déroule ainsi : on boit des mojitos en charmante compagnie et, trois ans après, on se retrouve chez le juge pour verser une pension alimentaire. Le pauvre a 40 ans, enchaîne les castings foireux, a deux enfants avec deux femmes différentes (Louis et Louise) qui, évidemment, habitent à l'autre bout de Paris. Et puis, il y a les factures qui s'enchaînent aux factures. Il est obligé de prendre un colocataire. Un Patrick, en plus. C'est difficile de croire dans les relations humaines dans ces cas-là. Il y a toujours une " distance " qui se crée à un moment ou à un autre. Quel beau titre d'ailleurs pour évoquer simplement ce qui sépare deux êtres après l'amour. Finalement, ce livre est un roman d'aventures pour oublier une femme : "Pour seule trace, Jeanne n'avait laissé qu son souvenir. Et c'est précisément la raison de sa présence éternelle." Une des pépites de ce roman si charmant que je propose qu'il soit à nouveau publié à la rentrée de janvier. »

David Foenkinos, pour L'EXPRESS du 8 décembre 2017