Le Lorgnon Mélancolique présente le dernier essai de Muriel de Rengervé, Ma part d'animal :

« S’il n’est pas englouti dans le flot de la rentrée littéraire – trop de livres se neutralisant en une masse insignifiante – ce livre fera date. Des essais sur le végétarisme, il y a pléthore. Des témoignages sur le refus de carnivorer, sur la carnivoration, vous en trouverez peu de cette honnêteté, de cette hauteur humaine, de cette force de conviction. (…) Vestige du prolétariat industriel du XIXe siècle, les abattoirs sont les dernières grandes concentrations ouvrières, principalement en Bretagne où ils sont le premier pourvoyeur d’emplois. Tel un rapport d’enquête ne produisant que des faits, rien que des faits, ce récit met en lumière le quotidien atroce des ouvriers des abattoirs « Borel » – premiers producteurs de viande hachée en France – que l’auteur a découvert et minutieusement exploré. Au-delà des conditions de travail et du traitement des bêtes, le combat de la « cause animale » est aussi celui de l’anticapitalisme, face à la cupidité de l’industrie agro-alimentaire qui ne recule devant aucune ignominie à l’égard des hommes comme des bêtes (en traitant les hommes comme des bêtes) pour maximiser ses profits. Par-delà ce tableau dantesque de la mort organisée (et cyniquement déritualisée) Muriel de Rengervé s’interroge sur ce qui mène au refus de consommer de la viande. C’est moins la tendance vegan qui est en question ici que le sens profond de l’être végétarien. Engagement, décision qui n’est pas une mode, encore moins la marque d’une sensiblerie narcissique propre à l’Occident. Au contraire, il s’agit d’une prise de responsabilité propre à un choix éthique et, qui plus est, au cœur des préoccupations environnementales. »

Pour lire l'article en entier cliquez-ici.