Stéphane Barsacq nous partage sa lecture du nouveau roman de Thomas A. Ravier, Apollon dans la poussière qui paraît demain 15 mai en librairies.

« Lecture du livre de mon ami Thomas A. Ravier, Apollon dans la poussière (Éditions Léo Scheer). Pourquoi cette référence au Seigneur de Delphes ? Peut-être parce qu'Apollon chante en frappant sa lyre et en usant des rayons du soleil comme plectre ? Peut-être aussi parce qu'il est double : il plaît et il tue. Toute la question est de savoir qui.

Ce livre a je-ne-sais-quoi du Malraux de l'époque farfelue ou du René Crevel de Êtes-vous fou ? C'est vif, enlevé et très drôle : impossible à résumer, sauf à dire que c'est aussi beau que la rencontre fortuite de Marguerite Duras et de Tintin sur la scène de l'Opéra Charnier.

Ceci devrait mettre en joie Frank Riesert : Mon architecte préféré ? Dieu, bien sûr ! ; ceci, François Pinault : On dirait un prince de la Renaissance dans un centre commercial bondé. ; ceci, tout le monde : Je t'aimais tellement, c'est ça le pire. Tellement que j'aurais pu me tuer pour toi. Me sacrifier comme Alceste dans l'opéra de Lully. - ça ne te dit rien ? Mais si, souviens-toi, tu as ronflé pendant les cinq actes... Oui j'aurais pu me tuer pour toi. Cinq ans plus tard, c'est drôle, c'est l'inverse : je pourrais te tuer. Le massacre de la Saint-Valentin ! »