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Blog des ELS La Revue Littéraire



mercredi 14 mai 2008

553. Les livres de la "rentrée" 2008.

Voici les livres de la rentrée aux E.L.S.

  • Le Chemin des sortilèges. Nathalie Rheims. E.L.S. (27 ao?t)
  • La Stagiaire. Serge Safran. Melville/L.S. (27 ao?t)
  • Bastard battle. Céline Minard. LaureLi/L.S. (27 ao?t)
  • Mlle de Biche. Emmanuel Tugny. LaureLi/L.S. (3 septembre)
  • Festino ! Festino ! Élodie Issartel. E.L.S. (10 septembre)
  • Remember Me. Claire Delannoy. E.L.S. (17 septembre)
  • Comme un voleur attend l'aurore. Caroline Boidé. Melville/L.S. (17 septembre)
  • Marilou sous la neige. Angie David. E.L.S. (1er octobre)
  • Rouge à lèvre sur le plongeoir d'une piscine municipale. Tarik Noui. LaureLi/L.S. (15 octobre)
  • Tout sera à nous. Virginie Luc. Melville/L.S. (15 octobre)
  • Rater mieux. Barberine. M@nuscrits/L.S. (15 octobre)

Je suis à votre disposition pour vous en parler. (nous contacter)

A.P.

vendredi 11 janvier 2008

338. "B" : Laurence Tardieu : "Rêve d'amour" par Anne Procureur pour la R.L.33

Laurence Tardieu : "Rêve d'amour" Stock 162 pages, 15,50 euros

Début décembre, un jour de pluie froide, au musée d'Art Moderne. Une affiche sur un mur du métro m'a poussée à m'y rendre : le portrait au regard sombre d'une femme inconnue. L'exposition présente l'?uvre oubliée d'une peintre finlandaise, Helene Schjerfbeck (1862-1946), et c'est son autoportrait qui a retenu mon attention. Avec les autres visiteurs étrangement silencieux, je partage la sourde mélancolie qui se dégage de ces toiles : maisons isolées dans la brume, personnes seules, immobiles et pensives et puis les autoportraits si inquiets de la vie, puisque rien ne dure. Cette émouvante exposition fait écho à ma lecture du moment, le roman de Laurence Tardieu, Rêve d'amour, qui suscite chez moi une certaine tristesse et un vif plaisir de lecture.
Dans son précédent livre, Laurence Tardieu décrivait avec justesse le désarroi des êtres face à la disparition d'un être aimé. Dans Rêve d'amour, écrit à la première personne, une jeune femme tente de découvrir qui était sa mère morte beaucoup trop tôt. Son père, muré dans le silence, ne raconte rien, le passé est figé, aplat de couleurs sombres. Avant son dernier souffle, il lui dira que sa mère a aimé un autre homme et lui donne son nom. Elle part à sa recherche, besoin de savoirâ?¦
« Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Gérard Oury est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Éa encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. (â?¦) Les choses les plus importantes sont-elles celles que l'on sait, ou celles que l'on cherche ? Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Je cherche ma mère. »
Laurence Tardieu est, avec ses mots, comme un peintre, elle avance par touches, par couleurs. C'est comme la peinture de cette Finlandaise : des vides magnifiques, des espaces lourds de sens, peu de personnages, on est si seul parfoisâ?¦ Son héroïne cherche une vérité, car elle est persuadée que cela lui permettra tout simplement de vivre. Laurence Tardieu est tout à fait en empathie avec son personnage et son style rythmé nous fait vivre au plus près la quête d'une vie paisible. « Je n'ai pas envie de lutter, comme c'est bon, le corps qui tombe, je crois que je souris, je n'ai plus froid, le drap est doux, je me sens bien. »
Laurence Tardieu devrait voir cette exposition, elle semble avoir la même écoute du monde et de ses chagrins. Mais à la différence d'Helene Schjerfbeck, elle choisit de croire, pour ses personnages, qu'il y a de l'espoir. Et l'émotion n'en est pas moins présente.

Anne Procureur

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