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Blog des ELS La Revue Littéraire



lundi 7 janvier 2008

329. "B" : Brigitte Kernel : "Fais-moi oublier" par Céline Ottenwaelter pour la R.L. 33

Brigitte Kernel : "Fais-moi oublier" Flammarion, 278 pages, 18 euros

Ce roman s'ouvre sur la douceur d'un été finissant : une soirée qui réunit quatre amis ' deux couples, Louise et Léa / Olivier et la narratrice. Ils partagent une même passion pour le journalisme, chacun dans des domaines différents. Olivier s'occupe d'un journal féminin, Louise est grand reporter. Elle voyage dans les pays en guerre et en rapporte des images époustouflantes, qui lui ont valu d'obtenir le prix Albert-Londres et une reconnaissance unanime dans son milieu. Léa crapahute elle aussi à travers le monde mais pour observer la condition des femmes. La narratrice, quant à elle, travaille la nuit à la radio, elle lit des textes de grands auteurs pour les noctambulesâ?¦
Ce dîner est cotonneux de quiétude et de presque mélancolie. Paris est vide et silencieux, les soirées encore longues. Ce moment est l'occasion pour Léa de mieux faire connaître sa compagne à ses amis, qui sont sous le charme ' autant de la jeune fille que de cette relation si harmonieuse. Louise décolle le lendemain pour le Moyen-Orient et les promesses de se revoir vont bon train. Le lendemain est le jour de l'éclipse totale de soleil, attendue depuis longtemps : les trois amis partent pour la Normandie observer le phénomène depuis Saint-Valéry-en-Caux. La journée promet d'être incroyable. Mais l'horreur de la nouvelle que la narratrice apprend alors, la mort de Louise, fusillée parce qu'elle ne voulait pas donner son portefeuille, fait voler en éclats la tranquillité qui prédominait depuis le début du récit. Les sentiments se succèdent en elle : colère, tristesse, désespoir, peur. Comment va-t-elle pouvoir l'annoncer à Léa ?
C'est ce que le second temps du roman va minutieusement décrire : l'impossibilité de dire, pour ne pas inscrire la mort de Louise dans la réalité. La narratrice se répète ces mots à l'infini : tant qu'on ne dit pas ce n'est pas vraiment vraiâ?¦ Évidemment la réalité s'infiltre, et réussit à étendre ses conséquences partout. La vie ne sera plus jamais la même. Ce n'est pas l'éclipse qui va marquer ce jour d'une pierre blanche mais la disparition tragique de Louise, l'amoureuse de Léa, celle avec qui elle voulait un enfant. É la manière de dominos tombant les uns après les autres, tout est peu à peu bouleversé. En premier lieu la vie de Léa, qui passe de l'hébétude au désespoir ; puis la colère et l'incompréhension prennent le dessus, comme pour la pousser à vivre encore. Les existences de la narratrice et d'Olivier vont être chamboulées elles aussi. La première évidence est qu'il ne faut pas laisser Léa seule dans cette épreuve. L'appartement se transforme pour accueillir Léa et ses amis venus la réconforter. Il est désormais impossible de vivre normalement : le rire est banni ; l'enthousiasme ou les projets d'avenir sont difficilement supportables. Comment faire l'amour dans un moment pareil ? Olivier et la narratrice vivent à distance l'un de l'autre. Pour elle, la seule proximité possible est féminine. Et Léa aussi recherche la compagnie de son amie. Les deux femmes s'effleurent, s'observent. Leurs rapports sont les mêmes qu'avant et pourtant quelque chose est en train de changer, imperceptiblement. L'amitié glisse doucement vers un autre univers. Elles se désirent avec une force qui semble puiser son énergie dans le malheur.
Dans le troisième temps du récit, les deux jeunes femmes vont se battre contre cette puissance qui les ramène inexorablement l'une tout près de l'autre. La narratrice n'a jamais fait l'amour avec une femme. Son histoire d'amour avec Olivier est belle, c'est l'homme de sa vie. Et pourtant elle ne peut s'empêcher de rêver de la douceur de la peau de Léa, de ses lèvres contre les siennes, de l'odeur de ses cheveux. Là est le véritable enjeu de Fais-moi oublier : l'attirance de ces deux amies qui rêvent de devenir amantes, l'insinuation du désir à un moment où la vie devrait avoir déserté les c?urs.

Céline Ottenwaelter

vendredi 6 juillet 2007

60. La vie à l'envers d'Alain Jessua

Hier, nous avons reçu aux éditions La vie à l'envers d'Alain Jessua qui sortira en librairie le 24 ao?t prochain. Ce livre est accompagné du dvd du film (sorti au cinéma en 1964). En rentrant chez moi, je me suis précipitée sur mon lecteur dvd. Depuis que nous travaillons sur ce projet, j'ai souvent discuté avec Alain Jessua de la façon dont ce film est né, de son rapport avec les acteurs (la timidité de Charles Denner, la gentillesse de Jean Yanne...), de la réception du film à sa sortie. Alain Jessua m'a raconté que lorsqu'il rencontrait des femmes qui avaient vu le film, elles lui sautaient au cou en racontant leur émotion et aussi les dépressions nerveuses qui ont souvent suivi le visionnage. Léo Scheer m'en a aussi beaucoup parlé : il se souvient d'y être allé dès sa sortie, c'est un film qu'il n'a jamais oublié. Pour lui, il tombait sous le sens qu'il était important de le rendre disponible au public, de le faire enfin connaître. J'ai donc appréhendé ce film "à l'envers" puisque je le connaissais, en quelque sorte, de l'intérieur. Ce film est fascinant : il s'agit bien de folie mais il n'en est jamais question. J'ai retrouvé quelques similitudes avec Le procès, dans la façon de filmer et dans certaines situations, à une immense différence près : je n'ai jamais ressenti la moindre angoisse ou un quelconque malaise. L'humour est partout présent, les acteurs sont parfaits. J'ai vraiment ressenti une grande fierté lorsque le film s'est fini, j'ai le sentiment que c'est quelque chose d'important que les gens connaissent et voient La vie à l'envers. Lorsqu' Alain Jessua a eu l'idée de ce film, il a rencontré des médecins, des psychiatres. L'un d'entre eux lui a dit de ne pas chercher à imiter la folie telle qu'on la voyait dans les hôpitaux mais plutôt de chercher au fond de lui sa propre folie. Ce film a réussi à me tranquilliser : nous pouvons être heureux, mais vraiment heureux, lorsque nous devenons fous...

vendredi 22 juin 2007

28. Fin de journée aux éditions

Qu'est-ce qu'une journée type dans une maison d'édition ? Il m'est toujours difficile, lorsque l'on me demande en quoi consiste exactement mon travail (et ça arrive...), de répondre simplement. Alors je décris ma journée. Mon rôle aux éditions Léo Scheer est pour le moins polymorphe et c'est son intérêt. Le matin, je m'attaque aux chiffres de vente, je veille à ce que les stocks soient suffisants, je contrôle les sorties et les retours. Autre exemple : aujourd'hui, j'ai mis en vente auprès de Flammarion (notre diffuseur) et d'Union-distribution (notre distributeur) La Revue Littéraire n?31. C'est la dernière et indispensable étape pour que notre revue soit présente sur les tables des libraires. Il y a un côté presque magique (et vertigineux aussi) dans cette procédure. Une erreur dans le gencod et nous ratons l'office. Je me sens toujours quelqu'un d'important quand j'envoie un fichier de mise en vente. C'est la maison d'édition au complet que je porte. Nous avons fini avec Julie le calcul des droits d'auteurs, c'est une grande découverte pour moi (qui ne suis pourtant pas une grande fan des formules Excel). Ca me permet de connaître par coeur notre catalogue : je suis incollable sur les dates de parution ou les entrées de production d'un titre. Je commence à me pencher sérieusement sur la fabrication du titre à paraître en octobre prochain dans la collection Melville Retour à Vienne (Roland Jaccard pour le texte, illustrations de Romain Slocombe). Je vais aider Mathieu Térence pour cet ouvrage. Je m'occupe donc des devis aux imprimeurs, de la maquette... Je reviens vers mes premières amours non sans une immense joie. Je me rends compte que je pourrais raconter ma journée pendant des heures. Je file donc avec dans mon sac le premier roman de Minh Tran Huy : La princesse et le pêcheur (éditions Actes Sud), que je vais chroniquer pour La Revue Littéraire de la rentrée. Ce n'est donc jamais fini...

mardi 19 juin 2007

11. Le blog des éditions...

Depuis aujourd'hui, mardi 19 juin 2007, jour de grande chaleur, le blog des éditions Léo Scheer est en service. Cet espace va permettre à chaque membre des éditions de raconter, chaque jour, ses aventures. En ce qui me concerne, je t?che de réunir tous les livres de la rentrée de septembre pour les chroniqueurs de La Revue Littéraire, et ce n'est pas une mince affaire.

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