La saison est aux nécrologies. Nous venons d'apprendre la mort, le 15 décembre dernier, de l'historien, bibliste et assyriologue Jean Bottéro, auteur de livres fondamentaux sur l'Orient ancien (notamment babylonien et hébraïque) comme Naissance de Dieu, Initiation à l'Orient ancien ou Mésopotamie. L'écriture, la raison et les dieux, et, entre tant d'autres (voyez déjà la bibliographie succincte proposée sur Wikipedia), d'un passionnant livre d'entretiens, Babylone et la Bible, où il revenait sur sa vie étonnante, au cours de laquelle le service d'une "science inutile" prit souvent les allures d'un combat, d'une aventure conduite intrépidement, avec un entêtement et une liberté dont l'Université ne donne pas tant d'exemples. L'article que Philippe-Jean Catinchi vient de lui consacrer dans Le Monde vous donnera un bon aperçu de cette vie. Enfin (car je me tiendrai la bride courte : il faudrait être plus savant que je ne suis pour rendre à cet homme l'hommage qu'il mérite), Jean Bottéro a publié une traduction magistrale de L'Épopée de Gilgamesh, qui est en quelque sorte le fondement scientifique du Gilgamesh de Léo Scheer paru ici même l'an dernier. Vous pouvez deviner que Léo, actuellement prisonnier de la lagune vénitienne, s'associe à ce petit billet, et s'incline avec moi devant cette belle figure disparue.