Accueil
Actualité
Catalogue
A paraître
Blog des ELS La Revue Littéraire



lundi 14 janvier 2008

345. Entretien avec Nicolas Jones-Gorlin

Quelqu'un, je ne sais plus qui (pardon), se plaignait dans un commentaire de notre propension à parler ici de Saphia Azzeddine au détriment de nos autres auteurs ; il y voyait le signe de Dieu sait quelles turpitudes. Quant à celles-ci, je ne suis pas juge, mais cette idée de favoritisme n'a aucun sens. Chaque livre possède son moyen propre de trouver ses lecteurs, et doit être défendu d'une manière spécifique.
Confidences à Allah a dès sa sortie suscité un début de buzz sur internet, dont la tonalité était polémique, passionnée en tout cas, ses partisans (votre serviteur, par exemple) l'étant avec autant d'acharnement que ses contempteurs (la brigade Wrath-Beaujean, entre autres). Notre intérêt, notre devoir (certains faits étant à rétablir) et notre go?t étaient d'y prendre part, d'essayer d'enrichir le débat, de le prolonger - le plus loin possible de certaines idées préconçues ou trop rapidement formées. Quel autre parti pris y aurait-il là-dedans, que celui de défendre nos auteurs où et quand s'impose la nécessité de le faire ?
Pendant ce temps, le roman de Nicolas Jones-Gorlin, Mérovée, faisait l'objet de premiers articles, en particulier un grand papier très élogieux dans Paris Match la veille de sa sortie (voyez la revue de presse, qui sera bientôt complétée), lancement que j'aurais dit inespéré si je n'avais toujours cru qu'un roman aussi fort ne pouvait que retenir l'attention. Il la retient d'autant plus, en l'occurrence, que la presse (et, semble-t-il, le public) n'a pas oublié le tapage que connut le précédent roman de Nicolas, Rose Bonbon, et qu'elle attendait, depuis cinq ans, de voir ce que pourrait bien écrire désormais un aussi singulier écrivain, qui fut si singulièrement traité. Le terrain propre de Mérovée était donc différent. Il pouvait avoir d'emblée une place dans la presse ; il était moins urgent qu'il en prît une sur les blogs.
Mais à terme, ces deux courants, qui demeurent parallèles, doivent se rejoindre. C'est une des choses à quoi nous travaillons sur ce blog, il me semble. Saphia sera repérée par la critique, je n'ai guère de doutes sur ce point, et Nicolas se fera une place sur internet. Cela, pour tout dire, a déjà commencé, et en voici un premier élément : l'excellente interview réalisée par Nicolas Cauchy pour son site auteur.tv, qui vient compléter celle réalisée pour nous par Dahlia.


343. "B". Jérôme Garcin : "Son excellence, monsieur mon ami" par Florent Georgesco pour la R.L.33.

Jérôme Garcin : "Son excellence, monsieur mon ami" Gallimard, 208 pages, 16 euros

Je me souviens très bien de François-Régis Bastide. Comment, quand on a eu 20 ans dans les années 80, aurait-on échappé à cette figure aristocratique, proustienne, glissée comme par mégarde, croyions-nous alors, dans les arcanes du mitterrandisme ? Ambassadeur, manière de conseiller plus ou moins occulte, homme de radio, essayiste (dont, pour peu qu'on s'intéress?t à Saint-Simon, on ne pouvait ignorer la brillante petite monographie qu'il lui consacra dans la collection « Écrivains de toujours »), romancier (la phrase musicale, lancinante, de l'émouvant Homme au désir d'amour lointain reste dans l'oreille longtemps après qu'on l'a lu), c'était, dans le paysage de ce temps, un monument peut-être un peu isolé, et passablement insolite, mais incontestable. Que penseriez-vous si, un matin, traversant l'île de la Cité, vous tombiez sur un bosquet d'arbustes recouvrant les ruines de Notre-Dame ? J'ai été triste, en ouvrant le nouveau livre de Jérôme Garcin, de comprendre qu'il l'avait écrit parce que son ami était mort depuis dix ans, parce qu'il s'enfonce dans l'oubli, parce qu'à vrai dire nous sommes, lui et moi, parmi les derniers à le distinguer encore à l'horizon. En dix ans François-Régis Bastide a eu le temps non seulement de mourir, mais de disparaître. Les monuments humains s'effacent d'un coup et ne laissent pas de ruines.
Son excellence, monsieur mon ami est ainsi l'accomplissement d'un devoir mélancolique, une tentative désabusée de réveiller la mémoire d'un homme ayant sans doute trop appartenu aux époques où il déploya ses multiples talents pour leur survivre. Un tel exercice aurait pu achever de rendre mon humeur morose. Par chance, il se passe, au fil des chapitres, un petit miracle, qui est que, plus l'auteur avance dans ses souvenirs, plus ceux-ci se font vivants, proches, présents. Une vie nous apparaît, avec ses hasards, ses succès, ses chagrins, avec tout l'attirail de bonheur et de malheur, d'aventures et d'échecs, ce flux et reflux irrépressible qui fait de toute vie quelque chose de captivant, qu'on ne se lasse pas de raconter. Savoir que le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste (Pascal est, sur ce point, indépassable) n'y change rien ; le plaisir de l'évocation l'emporte. La mélancolie ne cède bien s?ur pas la place pour autant, mais la réussite de Jérôme Garcin est de l'avoir dissimulée à demi, d'en faire un motif caché, qu'il laisse apparaître par de brèves notations, puis enfouit de nouveau, et qui revient. Son livre a le rythme d'une méditation à la fois sereine et inquiète, dans laquelle le lecteur, séduit par cet art pudique, entre peu à peu. Et de même que l'auteur, pour avoir succédé à François-Régis Bastide à la tête du « Masque et la Plume », semble se demander, en arrière de son texte, s'il lui succèdera dans l'oubli, de même le lecteur s'aperçoit enfin, le c?ur légèrement serré, qu'on lui a tendu, dans les deux cents pages d'un livre délicat et secret, un miroir.

Florent Georgesco

mardi 8 janvier 2008

332. Entretien avec Saphia Azzeddine

Confidences à Allah, sorti vendredi, a largement fait la preuve de sa capacité à délier les langues (ici même entre autres). J'admire la rapidité de certains lecteurs, qui en parlent déjà fort doctement. Mais il se peut qu'au milieu de tant de passion pour la littérature quelques préjugés se soient glissés. Outre le traitement radical consistant à acheter ce livre, je recommande de regarder l'entretien que Saphia m'a accordé, dans lequel elle exprime très clairement les intentions qui l'ont menée jusqu'à cette publication, et raconte l'aventure réelle de son écriture. La réalité, ce n'est pas toujours désagréable, vous verrez.

Archives Syndication
août 2010 (227)
avril 2010 (122)
mars 2010 (211)
février 2010 (196)
janvier 2010 (273)
décembre 2009 (183)
novembre 2009 (210)
octobre 2009 (219)
septembre 2009 (257)
juillet 2009 (177)
juin 2009 (192)
mai 2009 (163)
avril 2009 (122)
mars 2009 (211)
février 2009 (196)
janvier 2009 (273)
décembre 2008 (183)
novembre 2008 (210)
octobre 2008 (219)
septembre 2008 (257)
août 2008 (227)
juillet 2008 (177)
juin 2008 (192)
mars 2008 (211)
février 2008 (196)
janvier 2008 (273)
décembre 2007 (183)
octobre 2007 (219)
août 2007 (227)
juillet 2007 (177)
fil rss
fil rss commentaires



Copyright
Top