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mardi 14 février 2017

2402. "LE METRO" de Luka Novak, par Thierry Voisin, dans TELERAMA.

Dans la rubrique "Lu et approuvé", de Télérama Sortir, le 8 février 2017, Thierry Voisin parle du Métro de Luka Novak:

"Le métro parisien est structuré comme un roman de Flaubert, où le hasard est aboli. Son odeur est un véritable paradis artificiel, à la manière de Baudelaire. Et ses lignes tissent, comme un inconscient, les rêves urbains des Parisiens. Dans son ouvrage, aussi surprenant qu'original, Luka Novak, enfant de la station Passy, brosse un drôle de portrait de notre métro. Il le compare à ceux de New York, Londres ou Tokyo, révélant finalement que, tout en assurant les fondements de la vie sociale de la capitale française, il lui a permis d'entrer dans la modernité. Sans métro, moins illusoire que le bus, Paris serait resté un simple village et les voyageurs condamnés au hasard."

lundi 6 février 2017

2401. "LE METRO", de Luka Novak, par Jacques Munier, sur FRANCE CULTURE.

Intitulé « Si vous êtes pauvres, vous êtes morts », le rapport montre que « la police prend systématiquement pour cibles des personnes en général pauvres et sans défense » et « fabrique des preuves, dévalise les victimes et rédige des rapports d’incidents mensongers ». Depuis que le président Rodrigo Duterte est arrivé au pouvoir, « plus de 7 000 personnes ont été tuées dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue ». Il est plus rentable de tirer que d’interpeller, puisqu’une prime est alors accordée aux policiers et pas en cas d’arrestation. Ce mode de règlement par la violence extrême du problème de la délinquance est au cœur de la dernière livraison de la revue L’Homme. Du Brésil au Pakistan, en passant par les États Unis ou la gestion des sans-papiers sur notre sol, le dossier étudie les diverses formes de ce qu’on désigne sous le terme ambigu de « pacification », héritage d’un mode colonial de résolution des conflits. Dans le ghetto portoricain de Philadelphie, Philippe Bourgois et Laurie Hart ont enquêté sur la paradoxale « Pax narcotica » du marché de la drogue. Un « terrain miné » s’il en est, puisque l’anthropologue a eu les côtes fracturées en se faisant plaquer au sol, menotter et frapper lors d’un raid de routine de la brigade des stups, qui l’avait pris pour un toxicomane blanc alors qu’il menait un entretien ethnographique avec trois revendeurs au coin d’une rue. Dans ces quartiers paupérisés, le démantèlement de l’État social sous l’effet du néolibéralisme a eu pour corollaire un investissement massif dans la répression : « la police opère comme si elle était une force d’invasion coloniale et ne cherche pas à établir de contact social avec les habitants ». Mais son incompétence et le taux particulièrement élevé d’arrestations injustifiées fait de Philadelphie la ville américaine dont le taux de condamnations pour crime après arrestation est le plus bas. Cela dit, la politique de « tolérance zéro » a considérablement aggravé l’importance des peines pour la détention ou la revente de petites quantités de drogue, considérées comme un crime comparable à un meurtre, passible de 15 ans d’emprisonnement, voire de la perpétuité, ce qui a fait exploser la population carcérale aux États Unis. Les anthropologues mettent en évidence le système économique qui s’est constitué sur les ruines de l’État social, le transfert des ressources vers les personnels de police et de sécurité, ou les secteurs des urgences médicales et des services psychiatriques chargés de traiter l’addiction, sur laquelle peut prospérer l’industrie pharmaceutique en générant son propre marché de l’addiction : « dans les années 2010, les overdoses dues aux médicaments opioïdes ont dépassé celles dues à la consommation illégale d’héroïne ». Sans compter le juteux marché des prestataires privés des établissements pénitentiaires, dont les associations des droits de l’homme ont constamment dénoncé, par exemple, les marges exorbitantes dégagées par la surfacturation des télécoms ou des transferts d’argent.

Peut-on alors vraiment parler de pacification urbaine ?

Comme le montrent Michel Agier et Martin Lamotte en rappelant l’origine coloniale du terme, « la pacification est un processus de conquête sans fin ». Mais tout le paradoxe et l’intérêt de l’enquête de Philippe Bourgois et Laurie Hart c’est de mettre en valeur sur le terrain des trafiquants, à l’opposé de cette guerre asymétrique, une économie morale de relations clientélistes : « tout en recourant à la violence armée pour défendre leur territoire, les patrons locaux de la drogue doivent simultanément renvoyer l’image de figures généreuses et pacificatrices pour éviter que les habitants ne les dénoncent à la police ». Cela va de la discipline imposée à leurs troupes à la redistribution des ressources, pour aider à payer un loyer, offrir des barbecues géants au moment des fêtes, ou installer une piscine gonflable pour les gamins du quartier.

Les phénomènes de ségrégation et de ghettoïsation peuvent être accentués par les infrastructures

C’est le cas de cette autoroute urbaine construite dans les années 60 au beau milieu du Bronx et qui contribua à faire d’un quartier relativement calme un territoire relégué. « Au lieu d’être relié à Manhattan et aux autres quartiers par la construction d’un réseau de métro supplémentaire, le Bronx fut isolé par cette autoroute », souligne Luka Novak dans une ode au métro parisien, qui selon lui réalise tout le contraire : le brassage des populations. Le Métro, inconscient urbain, publié aux Éditions Léo Scheer, est un réjouissant petit livre à la gloire du métropolitain, et dont le lyrisme peut confiner à la sensualité. « La station Passy a quelque chose d’érotique à l’état latent. La sortie de la rame de la bouche moite et la vue sur la tour dressée recèlent une charge puissante qui a séduit bien des cinéastes ». C’est qu’à Paris, « le libertinage est à portée de métro », comme l’affirme le mensuel Soixante-quinze, preuve à l’appui. J’ai ainsi découvert qu’il y a différentes nuances d’échangisme, comme le mélangisme ou le côte-à-côtisme…

Jacques Munier, Le Journal des idées, France Culture, 1er février 2017.

samedi 4 février 2017

2400. "LE METRO", de Luka Novak, par Thibaut Sardier, dans LE MONDE DES LIVRES.

Deux libres déambulations dans la capitale, l'une effectuée par l'urbaniste Claude Eveno, l'autre par le slovène Luka Novak.

Dans les années 1950, Guy Debord (1931-1994) réalisa dans Paris des expériences de "psychogéographie". Il s'agissait de parcourir la capitale dans une logique de "parfaite insoumission aux sollicitations habituelles" voulues par les urbanistes. Il en tira des cartes reconstituant la ville sous la forme d'un archipel de quartiers appréciés pour leur ambiance. Celle-ci était ainsi restructurée non pas selon des axes haussmaniens, mais d'après une perception individuelle.

La démarche a inspiré de nombreux ouvrages. Dans L'Invention de Paris (Seuil, 2002), Eric Hazan proposait une psychogéographie des limites séparant les quartiers de la capitale. Avec Revoir Paris, c'est au tour de l'urbaniste Claude Eveno de s'approprier le concept de façon rigoureuse, c'est-à-dire personnelle et libre. "Je n'aime pas la place Vendôme, je crois même que je la déteste", écrit-il en ouverture de ce carnet de quinze voyages, donnant ainsi à comprendre son titre. Revoir la capitale française, c'est d'abord un exercice de lucidité face aux discours qui célèbrent sa grandeur avec un respect trop prononcé du patrimoine et une admiration béate des grands chantiers. C'est aussi retrouver l'espace parcouru et vécu depuis l'enfance, dans les années 1950, entre la plaine Monceau et Asnières.

On ne s'étonnera donc pas de voir le parcours souvent déterminé par la fuite. Le marcheur se refuse à traverser l'île Saint-Louis ou la rue Saint-André-des-Arts, non conformes aux souvenirs, abandonnées aux riches et aux touristes en short. Il s'agace dans les lieux qui continuent à célébrer des républicains colonisateurs comme Gallieni et Lyautey, chacun avec sa statue aux abords des Invalides. Enfin, ses traits les plus rudes visent "l'architecture hors sol" des zones d'aménagement concerté - celle de Clichy-Batignollles en prend pour son grade - bâties pour être admirées plus que véritablement habitées.

Au fil des détours, le récit conduit à des instants de grâce. On est convié par exemple à un voyage de quatre jours dans le seul jardin du Luxembourg. La ville actuelle est alors magnifiée par les références au passé, dans un ensemble très documenté qui met en bonne place Eugène Atget et Jacques Prévert.

Une perspective freudienne.

Grand connaisseur de Paris, Eveno oublie toutefois son célèbre métro. On remédiera à cet oubli avec le petit livre de l'écrivain slovène Luka Novak. Le Métro, inconscient urbain. S'il fait un peu la psychogéographie des tunnels, racontant les trajets d'un enfant des années 1970 sensible aux odeurs du caoutchouc, il adopte surtout une perceptive freudienne. A travers une comparaison avec Londres ou New York, il montre que l'inconscient parisien se niche dans les profondeurs de ce réseau - le plus ramifié du monde et qui dessert tous les quartiers. Le métro serait ainsi à la fois démocratique et bourgeois, ce que suggère la concomitance entre le développement du Paris souterrain et les aménagements d'Haussman. Une façon peut-être d'expliquer que Claude Eveno, chantre d'un Paris populaire, ne s'y engouffre pas.

Au travers de ces deux livres, et à l'heure du Grand Paris qui dilue la ville dans l'urbain, on se rappelle le vers de Baudelaire: "La forme d'une ville/ Change plus vite, hélas! que le coeur d'un mortel". Pourtant, impossible de dire si ces textes expriment simplement le spleen d'une génération qui devra se résoudre à perdre la ville telle qu'elle l'a connue, ou s'il s'agit de l'observation impuissante d'une cité qui se meurt: Paris a pour elle mille qualités, mais pas l'éternité.

Thibaut Sardier, Le Monde des Livres, 3 février 2017.

vendredi 27 janvier 2017

2399. La Revue Littéraire N° 66 par Pierre Perrin

La Revue littéraire

De format 14,5 par 22,5 cm, avec une couverture blanche et rouge qui rappelle la sobriété nourrie de l’antique NRf avec son exigence de qualité, ce riche numéro offre un grand plaisir de lecture. On y retrouve d’ailleurs des auteurs que publiaient Réda, puis Braudeau, au premier rang desquels Paul Gellings et Richard Millet.

Ce dernier est ici rédacteur en chef. Il livre entre autres des “notes sur la vérité littéraire” qui commencent par cette interrogation : « N’y a-t-il pas pour un écrivain, une manière de déchéance à regarder une série télévisée américaine, genre devenu le vecteur privilégié de la sous-culture mondialisée, avec le rock, le roman policier et le cinéma pornographique ? » On ne peut mieux cerner à la fois un sujet de circonstance et franchir le Rubicon.

La réflexion sur l’état de notre littérature est poursuivie par Paul Gellings qui cite en exergue : « Jadis on écrivait un livre et on devenait célèbre. À l’heure actuelle on est célèbre et on écrit un livre. » À partir de ce trait d’un éditeur néerlandais, il montre bien la décadence occidentale à l’œuvre : « un programme de civisme, de frotti-frotta et de sociologie ! »

Rejoindrait-il Jean-Michel Delacomptée ? Sa Lettre de consolation à un ami écrivain, Fayard, 2016, fait l’objet d’une chronique intelligente en ce qu’elle rappelle La Boétie et que « le marché est une formidable d’école d’obéissance ». Toujours sur cette ligne d’analyse de la décomposition de la littérature, une autre chronique, signée Julien Teyssandier, agrandit le champ de l’analyse. À partir d’un prétendu roman, loué par la critique borgne, lauré d’un prix Médicis, il nous est donné de voir comment la toute-puissance d’un fait divers, sans quoi on ne publie plus, ruine la fiction, sans parler de la « poétique à peu près aussi ambitieuse que celle d’un procès-verbal ».

Une critique, digne de ce nom, n’a de sens qu’avec des réserves. L’une de ces chroniques commence mal : « Lorsque l’on prend la décision d’écrire, la première question qui se pose est celle de la musique que l’on va écouter pendant ce temps. » C’est de l’écriture de charretier : “lorsque l’on, musique que l’on” ; mais surtout faire deux choses à la fois, écouter de la musique et écrire, est un double massacre. Cette première phrase n’en donne-t-elle pas déjà la preuve ?

Une autre, une peccadille, mais à cette altitude, elle fait tache, bien qu’elle émane d’un musicien, mais enfin celui-ci parle de “pieds” en poésie. La française ne connaît que des “syllabes”. Dernière cible de ma lecture à bâton raccourci : le nombre de coquilles excédant la dizaine mériterait une relecture soignée. Ceci bien entendu n’est rien à côté de la valeur générale de la revue. Les notes de lecture sont plus d’une vingtaine, toutes d’analyse et de qualité, ce qui devient rare.

L’une ose épingler, à l’encontre du dernier roman de Gaudé, « une certaine insuffisance de style qui peine à s’extraire du verbiage journalistique ». Une autre relève ailleurs une contradiction de poids : des savants, tout à leur louable exigence de s’en tenir aux faits, affirment que « la formation de l’univers s’est faite sans plan préconçu ». Malicieux et sans pitié, le critique interroge : « est-ce là un fait ou un dogme initial ? »

Un article, encore, assassine avec brio ces pages de journal indigent qu’on publie désormais, dont celles de Bergounioux, et la louange énamourée que leur misère même suscite. « On peine à s’intéresser aux chaudes-pisses, aux crises de foie, de diarrhée, de prostate ou d’eczéma de Gombrowicz. On ne gagne pas plus à épier une femme dans sa salle de bains qu’un écrivain dans ses toilettes ou dans les “coulisses” de son œuvre. »

Les trente dernières pages livrent une suite du Journal, année 1992, de Richard Millet qu’André Blanchard tient pour « le plus grand écrivain français vivant » in Le Reste sans changement, Le Dilettante, 2015. Ces pages débordent de beauté. « Aimer, c’est être amoureux de l’espérance à travers l’illusion charnelle. » Les aphorismes, nombreux, côtoient des confidences noires et blanches. « Nous sommes des êtres en attente, rongés par un désir que nulle femme ne peut apaiser, et nous voulons être consolés par elles, que nous ne savons pas aimer. » Le style Millet laisse loin derrière lui ses détracteurs. L’auteur notait déjà : « les livres n’apportent aucune joie, aucune consolation ». Pourtant, à le lire, on respire. « Chaque pas est une leçon de lumière et d’odeurs. » Cette revue rend à la littérature la grandeur qu’elle mérite.

Pierre Perrin, note inédite du 26 janvier 2017

samedi 14 janvier 2017

2398. L'AFFAIRE RICHARD MILLET DE Muriel de Rengervé par Luc Vercauteren pour MONARQUE 3.0

LIBERTÉ POUR LE CAMARADE GALLIMARD

Au cœur de l’Orwell-Monde, la pensée autre (que de gauche) est un ennemi par nature. Les affaires démontrant cette affirmation ne manquent pas, elles pullulent chaque année, toutes plus croustillantes les unes que les autres. Parmi ces nombreuses affaires, celles qui touchent le monde littéraire sont les plus intéressantes, en ceci qu’elle se produisent dans le sein même de la pensée dite libre, tolérante, républicaine, universaliste et j’en passe (le fameux « monde des Lettres », qui se prétend au-delà de l’ignorance crasse et populaire de la France dite moisie).

La chasse à l’homme (mal) pensant autrement dont a été victime l’écrivain Richard Millet, et dont il est du reste toujours victime, est un exemple particulièrement révélateur de la façon totalitaire dont le monde intellectuel prétendument antitotalitaire et tolérant se comporte dès que l’on veut penser librement, c’est-à-dire simplement penser. Car il n’est de pensée, vraiment intéressante pour le moi que je suis, qu’autre et libre. Le reste n’est que mimétisme pavlovien et contentement de soi égotique. Une définition de la majeure partie de ce qui s’écrit dans le Paris éditorial mainstream en somme — à l’exception de lieux de résistance se comptant sur les doigts d’une main. Sur cette « affaire Millet », on lira avec profit l’essai de Muriel de Rengervé réédité il y a peu (L’Affaire Richard Millet''. Critique de la bien-pensance, Editions Léo Scheer) ainsi que l’essai de l’écrivain, texte entraînant le mécanisme de l’éradication totalitaire (Langue fantôme suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik,'' Pierre- Guillaume de Roux).

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dimanche 25 décembre 2016

2397. Romaric SANGARS : une nouvelle génération de (grands) écrivains. TV LIBERTÉS

ZOOM – ROMARIC SANGARS : UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE (GRANDS) ÉCRIVAINS

Écrivain et critique littéraire de talent, l’ anticonformiste Romaric Sangars avait choqué le monde littéraire en publiant : « Suffirait-il d’aller gifler Jean d’Ormesson pour arranger un peu la gueule de la littérature française ? » Il récidive en publiant son premier roman : Les Verticaux. Un beau vin subtil, corsé et revigorant pour chasser le spleen de l’hiver. Portrait d’un écrivain dandy et iconoclaste. Synopsis de l’ouvrage de Romaric Sangars :

Vincent Revel, journaliste parisien, écrivain raté, trentenaire désabusé, rencontre deux êtres qui vont relancer sa fièvre initiale. Le premier est une jeune femme inspirée  : Lia Silowsky, habitée par une forme de mysticisme où se mêlent chants bulgares et visions oniriques. Le second, Emmanuel Starck, est un aventurier revenu s’installer à Paris après avoir beaucoup voyagé, expert en hacking comme en arts martiaux, hanté par les traditions d’une chevalerie résolument obsolète. Avec eux, Vincent se livre à des sabotages symboliques plus proches du happening que de l’attentat, tandis que son intérêt pour Lia se mue en authentique passion.

jeudi 8 décembre 2016

2396. Lecture du Cartel, pour La Revue Littéraire n°65, à la librairie Matière à Lire

mercredi 26 octobre 2016

2395. Les Verticaux de Romaric Sangars par Christian AUTHIER dans L'OPINION

Des hommes qui s’éloignent

Les Verticaux de Romaric Sangars met en scène trois trentenaires à l’étroit dans une époque sans transcendance.

Tout premier roman a une part de règlements de comptes. Celui de Romaric Sangars prend pour cible notre époque dénuée de transcendance et de grandeur, sinon sous des formes dévoyées.

Autour de Vincent Revel, journaliste parisien trentenaire chargé de faire le portrait de pseudo-artistes pour un magazine branché, Les Verticaux dessine une société techno-marchande où la vie paraît avoir disparu dans des simulacres. « J’avais voulu être écrivain et ivre de Paris. C’était tellement français... Mais la France semblait finie, épuisée, et la littérature avait perdu sa fonction opérative », confesse Vincent rongé par l’amertume de ne pas réussir à s’extirper de la gangue de « ces temps de nuit opaque pour l’esprit ».

Lia, jeune femme mystique, et Emmanuel, hacker affirmant vouloir renouer avec la tradition de la chevalerie, vont lui offrir les compagnons d’armes d’une guerre métaphysique à la recherche des «magies mortes».

Si Romaric Sangars saisit parfaitement « l’atmosphère schizophrène de notre époque : hygiéniste et sanglante, puritaine et obscène, absurdement rationnelle et méthodiquement fanatique, post-historique sur un certain plan et, sur un autre, rouvrant les lignes de fracture de l’an 700, ultra-relativiste et absurdement dogmatique, infantile et dégénérée, ma- ternante et exterminatrice », ses révoltés – entre romantisme des causes perdues et grandiloquence post-adolescente de lecteurs de Dominique de Roux – ne sont pas loin, à travers certaines de leurs tentatives de sabotage façon casseurs de pub, de verser dans de « prétentieux happenings ».

Cependant, le tragique et le négatif le plus radical vont s’inviter pour lester ces destinées et les éclairer d’une lumière défiant les ténèbres.

À l’inverse de tant de romans formatés et aseptisés, Les Verticaux fait entendre une voix singulière.

Christian AUTHIER, Octobre 2016

mardi 25 octobre 2016

2393. Les Verticaux de Romaric Sangars par Christophe Bourseiller dans sa chronique littéraire

2392. PROVINCE de Richard MILLET Par Louis GALABERT pour BREIZH-INFO

Dans Breizh-Info

Richard Millet : « Province » ou le délitement de la France

Richard Millet, cet amoureux fou de la langue française, est devenu un écrivain maudit après la publication en 2012 de Langue fantôme, suivi d’Éloge littéraire d’Anders Breivik. Figure des éditions Gallimard, il fût contraint de démissionner du comité de lecture, tout en restant salarié. Son récent licenciement vient de le priver de salaire et de parachever la volonté de le tuer socialement.

Cela n’a pas réussi à tarir sa production littéraire, ni à le priver de son talent. D’autres éditeurs à l’esprit libre, Pierre-Guillaume de Roux, Fata Morgana, Léo Scheer, L’Orient des livres, Les Provinciales, publient ses dernières oeuvres. Province, roman sur le délitement de la société française, est la dernière en date.

Ce roman s’inscrit, comme le dit son titre, dans la veine provinciale de Richard Millet, mais aussi dans son obsession des femmes et de leur mystère. Son personnage principal, l’écrivain parisien Saint-Roch de son vrai nom Mambre, revient dans sa ville natale d’Uxeilles. De l’aveu même de Richard Millet, il s’est inspiré d’Ussel pour créer cette ville imaginaire, métaphore de la société française contemporaine.

Uxeilles se divise en trois parties, la ville haute plus riche et bourgeoise, la ville moyenne intermédiaire et la ville basse plus populaire. C’est par cette dernière qu’arrivent les turcs, image de l’immigration de remplacement, avant de progresser dans les autres quartiers. Sa population se partage entre les " Océaniques " , ouverts aux influences atlantiques, et, parce qu’ils font profession de s’opposer aux musulmans, les "Lépantistes" . Uxeilles représenterait un conservatoire moribond des traditions françaises.

C’est dans ce cadre que va se dérouler la nouvelle vie de Saint-Roch – Mambre. Elle nous sera contée à travers les yeux et témoignages d’un petit milieu local, intrigué par son retour, qui l’a plus ou moins connu avant son exil parisien. Est-il là pour « baiser le plus de femmes possible » selon un mot qui fait le tour de la ville? A t-il l’ambition d’écrire le roman local toujours attendu à la manière de Jouhandeau et de damer le pion aux gloires littéraires locales?

Les discussions de ces divers protagonistes permettent à Richard Millet de décrire la vie d’aujourd’hui, tel que les ravages de la société de consommation et de l’individualisme : «  trois générations sacrifiées sur l’autel du bien-être européen et de la liberté personnelle, de l’égoïsme, du reniement de soi, de la consommation déculpabilisée des plaisirs." . Par un groupe de jeunes, qui se baptisent les chevaliers, qui « voulaient perfectionner un nihilisme non comme un accomplissement du narcissisme mais comme une critique, par l’absurde, de la société contemporaine" , il montre l’impasse qu’affrontent les générations montantes.

En contrepoint, nous assistons aux multiples conquêtes féminines du revenant, qui finissent par phagocyter le récit.

Au final, Richard Millet nous offre un roman au style éblouissant, comme à son habitude. Mais cette Province, qu’on peut croire le refuge de la France profonde, n’incite pas à l’optimisme, pour l’avenir.

Louis Galibert

jeudi 20 octobre 2016

2391. PROVINCE de Richard MILLET dans les PETITS PAPIERS

Sur le site des Petits Papiers

"Province" Richard Millet, Editions Léo Scheer

Richard Millet est un écrivain méconnu et désormais proscrit. Il a été longtemps un homme de lettres puissant, éditeur chez Gallimard, jusqu’à son suicide en direct lorsqu’il a publié il y a quelques années son « Eloge littéraire à Anders Breivik ''», le tueur de masse norvégien, où d’aucuns ont découvert en lui un fasciste, le contraignant à la démission. C’est qu’ils ne l’avaient point lu auparavant…

Sa « Confession négative », récit de sa guerre de jeunesse auprès des milices libanaises chrétiennes au plus fort de la guerre à Beyrouth contre tout ce que le Liban comptait de Palestiniens et autres musulmans disait l’essentiel. Ce livre est un chef d’œuvre intense, noir, cruel, magnifiquement écrit, dérangeant et puissant. Le pendant d’un «  Captif amoureux » de Jean Genet ou de son « Sabra et Chatila » (même engagement, même goût de la langue, même sincérité crue, même exaltation jouissive à choquer), mais à l’envers, de l’autre côté.

Et quand on aime la littérature, on peut aimer à la fois le très réactionnaire Richard Millet et le pro-palestinien et gauchiste Genet.

D’autant qu’il y a chez l’un et l’autre un narcissique (plus que masochiste) désir de déplaire très rafraîchissant.

« Province » le dernier Richard Millet, dont nul ne parle, est un roman qui peut déplaire. On y retrouve ses idées fixes (la théorie du grand remplacement, l’héritage chrétien de la France gravement menacé, quelques règlements de comptes littéraires subalternes), des phrases comme celles-ci « nous assistions à ce progressif remplacement en tâchant de le minimiser, quelques opportunistes se montrant même prêts à pactiser avec les Turcs », ou celle-là « un romanichel amputé d’une jambe et qui demandait l’aumône avec une sorte de colère qu’on avait peine à trouver juste », ou celle-là encore « les Maghrébins, que nous aimions encore moins que les Turcs, pour des raisons historiques et surtout parce qu’ils nous sont pour la plupart hostiles ». J’accorde que cela peut rebuter, mais Richard Millet a une circonstance atténuante à mes yeux, il disait et écrivait ce genre de choses quand ce n’était pas encore à la mode. Et au fond, à la différence de tous, en dépit des événements, il n’en rajoute pas.

Car le thème de son livre est autre.

L’intrigue ? Le retour d’un Don Juan, la soixantaine, qui a fait carrière à Paris dans une ville imaginaire de Corrèze (Uxeilles), petite-bourgeoise et léthargique, terriblement provinciale. Parisien, il se faisait appeler Saint-Roch, ici on le connaît sous le patronyme Mambre. Chacun s’interroge. Que vient-il faire ici ? , cet ici qu’il a déserté au point qu’on l’y considère presque comme un étranger. Retrouver son père malade ? Reprendre le journal local ? Pire : écrire un roman qui compromettrait la tranquillité des habitants ? Non, c’est plus simple « Je suis revenu à Uxeilles pour baiser le plus de femmes possible » annonce le personnage.

Mais l’intrigue au fond importe peu. Ce à quoi Richard Millet ambitionne, c’est d’écrire le roman de la province au XXIème siècle. « La province n’est pas forcément la région, plus récente, plus politique, donc insignifiante. La région est moindre ; la province est une essence ». « Nous sommes des provinciaux qui avons fini par aimer la province pour elle-même, et non seulement la nôtre, en particulier, mais le fait provincial, un peu comme on s’habitue à l’idée de mourir, par désirer l’idée de la mort parce qu’elle est universelle et apaisante, comme la province, l’amour, la littérature, la maladie ».

Mais le roman et spécialement le roman de la province, façon Balzac, Mauriac, Bernanos, n’est-il pas mort ? C’est le défi que tente de relever Millet, dans une langue sinueuse et enveloppante, que ses exigences de style rendent quelquefois hélas un peu raide, une prose aux phrases longues, interminables comme un pari littéraire sans fin, qui, boursoufflées d’orgueil, reprennent rarement leur souffle, qui se nouent, se retournent et tardent trop souvent à trouver leur conclusion, comme s’il fallait sans cesse en différer l’issue, tel qui repousse la mort. Des raideurs mais des pépites.

Le thème de ce livre est évidemment le déclin, déclin de la province, de la langue et de la littérature. Et cette nuit qui vient ( « celle qui vient en fin de journée comme celle qui monte en chacun de nous ») étreindre un monde qui s’achève est le propos essentiel de ce livre mélancolique, résigné, non pas défaitiste, mais las. Un livre de vaincu (« La province est l’ultime argument des vaincus » écrit Richard Millet) . En forme d’hommage au temps au ralenti, aux noms qui sonnent « bien français » aux « syllabes dans lesquelles nous avons vu le jour et qui est le plus précieux de ce qui roule dans une langue, la province restant le grand réservoir des noms français, le chant de l’originel, un cantique de l’étymologie, de ce qui est propre et éternel dans un nom ».

Ce « vieux cerf blessé », cet « écrivain ténébreux et rare » ressemble à son personnage, le fameux Mambre qui, lui, n’écrira pas le livre que son entourage redoute, mais offre à l’auteur quelques merveilleuses pages de ses aventures avec de jeunes filles (la relation avec Amandine un des plus beaux personnages du livre) ou sur la fin de son père, lesquelles font de la petite ville imaginaire du roman un continent fragile, crépusculaire et tragique comme le «  Monsieur Ouine » de Bernanos, mais avec, hélas – on ne se refait pas- moins de mystère et certes moins de charité.

PetitsPapiers, septembre 2016

samedi 15 octobre 2016

2390. PROVINCE de Richard MILLET par Richard Blin pour LE MATRICULE DES ANGES

À LA LISIÈRE DE L'OMBRE

Renouant avec le genre romanesque, Richard MILLET trouve un nouveau souffle pour témoigner des moeurs et des tourments de la province. Un roman aussi balzacien que désenchanté.

crire sur la province - écrire Province - c'est se mesurer au temps, donner à voir et à sentir sa pâte.

"La province, c'est le temps sensible et triomphant."

Grâce à la magnificence d'un style envoûtant qui retrouve la magie originelle de la vive voix lorsqu'elle se conjugue au plaisir du récit, c'est l'entier de la langue que Richard MILLET nous donne à entendre, et l'expérience même du temps humain qu'il nous fait partager.

Dans ce quatorzime roman, il nous transporte à Uxeilles, une petite ville du Limousin où "les valeurs constitutives de l'ancien monde sont encore trs sensibles."

Entourée de grands bois, elle s'étage sur trois niveaux et compte deux camps : les "Océaniques" ouverts aux influences atlantiques, et les "Lépantistes" ainsi nommés parce qu'ils révrent "la victoire de la chrétienté sur les Ottomans".

Une ville de cette province profonde, "si différente de tout autre lieu par son goût du secret, ou plus exactement le goût de se taire".

Et voici qu'une nuit de janvier, arrive un homme qui est de retour à Uxeilles aprs avoir fait carrire à Paris. Mais qui est cet homme qui semble avoir plusieurs noms? Et pourquoi revient-il? Pour une femme? Pour s'occuper de son pre? Pour écrire le grand roman d'Uxeilles? Pour "baiser le plus de femmes possible"?

Un retour dont on attend qu'il libre de l'ennui "qui nous habite, nous fait tendre l'oreille à tout, depuis le bruit de nos ventres, jusqu'au lent déchirement des nuages dans le ciel", dit la voix féminine d'un témoin privilégié qui, par souci de ne pas se nommer, délgue le récit à la voix collective d'un "nous", d'une sorte de choeur d'où se détachent, quand il le faut, une figure et une voix qui s'individualise.

Ce concert de voix savamment distribuées nous fait entendre le bruire de ce qui se dit, se sait, se devine ou s'ignore.

Chaque fait et geste du "revenant" est inlassablement commenté, soumis à l'exégse publique, ce qui, dit la voix collective, "nous contraignait à sortir de nous-mêmes comme des renards enfumés. Il nous forçait à parler, à prendre parti, à regarder au-delà du cercle de nos jours et de nos prétentions".

Ce retour, qui est pour Pierre Mambre - car tel est son vrai nom - l'occasion d'une descente au fond de soi, dévoile aussi ce que devrait être la vraie littérature : "aller au delà du rideau et témoigner de ce qu'on voit". Dire la vérité du monde, de ce qui est, car pour être à l'écart de tout, la province n'en connait pas moins les problmes de la France contemporaine.

Elle a ses réfugiés, ses jeunes qui veulent partir pour la Syrie ou ceux qui rêvent "de s'ouvrir au grand vent du néant", qui plutôt que vouloir être "Rimbaud, Guevara ou Aung Sans SUU KYI, punks ou djihadiste", désirent n'être rien et ne vouloir savoir que "ce que c'est que faire le mal pour le plaisir".

Mais derrire ces faits et leurs conséquences, ce qui s'entend, c'est l'immémoriale récitation des vies humaines - veuvages, amours, expiations, folies - sur fond de fatalisme, de monde en train de finir et de mélancolie.

Face à cet état de fait, l'enracinement dans la langue et le littéraire - qui n'est pas le littéral, faut-il le rappeler - devient un refuge et une réponse.

Mambre est cet homme qui ne s'en laisse pas compter par l'esprit du temps, ne croit plus qu'en la langue, "la grammaire étant l'ultime divinité de ceux qui sont résolus au crépuscule, de la même façon que vouloir baiser le plus de femmes possible était un acte littéraire". D'où le constat de la vox populi : "Il nous avait déçus. Il n'était pas des nôtres".

Richard Blin, octobre 2016

jeudi 6 octobre 2016

2389. Richard Millet l'invité culture de Patrick Poivre d'Arvor sur Radio Classique

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mardi 27 septembre 2016

2388. Les Verticaux de Romaric Sangars par Matthieu Falcone pour CultureMag

« Nous sommes quelques-uns. Nombreux, peut-être… Qui l’estimera ? »

Qui, en effet, en sait le nombre, sinon Celui vers qui tendent ceux que Romaric Sangars dénomme les Verticaux ?

Dans ce premier roman, le jeune écrivain dresse le portrait d’une poignée de trentenaires, dont deux vont extraire le narrateur de sa morosité désabusée. Car ces deux personnages, Lia Silowsky et Emmanuel Starck, n’ont pas renoncé à se hisser vers les sommets, à s’extraire de l’horizontalité du monde, quitte à se consumer rapidement, comme deux étoiles filantes. Avec quelques autres, ils se décident à former un groupe menant des actions de sabotage symboliques, semblant plutôt désirer se distraire que réveiller le monde.
Comme si ce monde occidental assoupi, il n’était plus possible de l’éveiller, les attentats terroristes eux-mêmes se montrant incapables de l’atteindre. Que faire face à une telle force d’inertie, sinon renoncer ou se briser ? Alors les uns fuient dans les drogues, dans la folie ; d’autres dans les voyages ou le travail, tous dans les loisirs et l’ivresse chimique.

« On ne peut pas toujours – et surtout longtemps –, déserter l’Histoire… », affirme un des personnages. Le problme auquel il se confrontera, c’est que nul ne peut écrire l’Histoire seul, car elle est œuvre commune. Comment donc ne pas se briser quand une telle force d’inertie résiste à l’avancée de l’Histoire ?

Rien ne peut y faire, semble nous confier Romaric Sangars, et pourtant nous sommes encore quelques-uns, nombreux peut-être, à refuser de baisser les bras ; à refuser de ne pas lier le rêve à l’action ; à refuser que le monde avance sans but, faute de pouvoir demeurer statique. Quelques-uns qui n’ont pas perdu la foi, contre toute raison, parce que ne pouvant faire autrement, ou parce que continuant de croire à l’absurde.

mardi 13 septembre 2016

2387. PROVINCE de Richard MILLET par Matthieu FALCONE pour CultureMag

Avec Province, Richard Millet revient au roman, trois ans après la publication d’ "Une artiste du sexe" qui était paru dans la prestigieuse collection blanche de la maison Gallimard, maison dont il a été banni à la fin de l’hiver dernier dans les conditions que l’on sait.

Une artiste du sexe, en faisant du narrateur un jeune écrivain américain s’essayant à la langue de Racine, (ou peut-être davantage à celle de Le Clézio, ce qui est déjà mesurer la chute vertigineuse de la langue française), permettait à Richard Millet une critique amusante et salutaire du personnage de son invention, Pascal Bugeaud, sur lequel il a sans doute transposé en les caricaturant, un certain nombre de ses traits de caractère.

Salutaire, parce que, comme l’explique Millet, il faut éviter à tout prix de tomber dans le pastiche de soi-même et dans la satisfaction de son propre talent. Salutaire, parce que la littérature, contrairement au feuilleton, n’a pas pour tâche de créer des personnages types que l’on retrouve à chaque épisode et qui donnent si peu à saisir de la vérité humaine contradictoire, paradoxale, changeante, déconcertante.

Il fallait un jeune américain ou une femme pour moquer la prétention de l’écrivain français.

Province donne à Millet une nouvelle occasion d’évoquer la figure de Pascal Bugeaud, mais en second plan, comme un motif lointain, une ombre planant désormais sur la ville d’Uxeilles, comme l’adieu à un homme qui s’éloigne et se perd dans l’épaisseur et l’anonymat de son œuvre.

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