Je reçois cette note de lecture de Sylvie, que je ne connais pas, sur Mérovée. de Nicolas Jones-Gorlin. Sylvie n'est pas critique littéraire, elle n'écrit pas de romans, elle n'a pas de blog. C' est une lectrice. Elle a lu un livre qu'elle a aimé, elle a eu envie de nous le dire. Je trouve que c'est bien, et qu'il y a de bonnes intuitions dans ce qu'elle dit.

"Le héros de Mérovée est un Roméo des temps modernes mais s'il s'appelle Jean, sa Juliette s'appelle Rachid. Leur histoire est encore plus improbable que celle des amants de Vérone car ils appartiennent à deux mondes qui non seulement se détestent, mais sont diamétralement opposés et murés dans l'incompréhension réciproque. Sauf sur un point, leur mépris pour les “pédésâ€? : Le monde des keufs et le monde des rebeus.

Car Jean est flic et leur amour voit le jour non pas dans un somptueux chteau italien de la Renaissance, mais dans le parking d'une des cités les plus violentes de la banlieue parisienne.

Et pourtant, la beauté transcende cet univers glauque, beauté des corps, l'un brun et doré, l'autre blond et ple, mais tous les deux jeunes et musclés, beauté des paysages et des scènes filmés par Rachid qui préfère voir la vie à travers l'objectif de la caméra qui ne le quitte pas.

Point d'angélisme dans cette histoire. Oui, il y a de la “racailleâ€?, des dealeurs, des violeurs, des casseurs. Oui, il y a des flics ripoux, des fascho, des lches. Mais il y a aussi des purs, comme le père de Rachid, homme à la foi inébranlable, et des braves types qui, comme Jean, sont entrés dans la police pour fuir leur campagne et se retrouvent propulsés sans aucune préparation dans ces zones de guérilla urbaine.

Tous les ingrédients d'un bon roman sont réunis: de l'action, du sexe, du sentiment, de l'émotion, et aussi beaucoup d'humour.

Si j'étais réalisatrice, j'en ferais un film. Je prendrais comme acteurs deux beaux mecs mais j'édulcorerais les scènes de sexe, très crues dans le livre. Il ne faudrait pas que ça devienne un porno gay, ce serait dommage car cette histoire est tellement plus que ça. C'est beau, c'est drôle et c'est émouvant. En un mot, c'est humain car c'est avant tout une histoire d'amour."

Sylvie