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vendredi 30 octobre 2009

1161. Les m@nuscrits de la semaine 30.10.2009

- Manuel Montero, about contemporary art
- Jean Houraà, Nisi Dominus
- Jean Houraà, Deux cents jours de la vie de Nina
- Jean Houraà, Vent de sable
- mohamed agne, Mémoires Orphelines
- Bahia.Z, Les Pommes Rouges
- marguerite champseix, BERLIN-N'DJAMENA
- le rimailleur, Les chroniques d'Oneiros chap 3
- Benoît Demeaux, Esméralda
- Bahia.Z, Les Pommes Rouges
- Bahia.Z, Les Pommes Rouges
- le rimailleur, es chroniques d'Oneiros Chap 2
- Peggy P., Sale gosse

1160. Que (re)lisez vous Gabriel Matzneff ?

Sur ObsVideo.com
Que (re)lisez-vous, Gabriel Matzneff?
Une vidéo de Joseph Vebret

"Essayiste, romancier, Gabriel Matzneff l'est assurément - relire pour s'en convaincre « Ivre de vin perdu » (1981) -, même si on ne retient le plus souvent de lui que son journal intime, son got des jeunes femmes et son dandysme. Reste que l'Å“uvre de ce proche de Montherlant, nourri par la pensée gréco-latine, est traversée du souffle d'Horace, Casanova, Byron, Schopenhauer... « Carnets noirs », son journal 2007-2008 (Léo Scheer, avril 2009) est dans la sélection du Renaudot essais.

Pour la caméra de Joseph Vebret, il répond aujourd'hui à cette question devenue rituelle: Que (re)lisez-vous?"

P.S.Claude, le livre de Nathalie Rheims sera en librairie le 4 novembre, Gabriel Matzneff en parle à 2mn10s.

1158. M@nuscrits : Bilan personnel par Gaël Brunet (B.C.N°16)

Il est d'usage ou, en tout cas, cela pourrait devenir une coutume, de faire le bilan de l'expérience M@nuscrits quand on manifeste le désir d'en sortir (en tant qu'auteur). Je crois me rappeler les bilans dressés, en leur temps, par Reine Bale et Emmanuel Laurent-Piperno. J'avais trouvé cela très intéressant d'avoir ces retours d'expérience de manuscrivants appelés vers d'autres horizons éditoriaux (notamment The Book Edition pour Reine Bale).

Mon tour est arrivé. Je retire mes textes de l'interface automatique, cette version Beta, ce deuxième « segment » dans lequel les auteurs s'auto-éditent dans l'attente d'être lus et dans l'espoir d'être « repérés » pour aller un peu plus loin : l'édition en ligne de textes choisis par les ELS ou mieux, bien mieux, la sacro-sainte publication papier (par les ELS ou par un autre éditeur).

Mes trois textes mis en ligne (deux nouvelles et un roman) ont été correctement lus et appréciés, il me semble. Les deux nouvelles sont publiées ailleurs : en ligne sur le site de la Revue des Ressources pour l'Aiguille de Kéréon, sur papier dans le numéro 40 de Décapage, revue littéraire « hébergée » par les éditions de la Table Ronde pour Rêve. En ce qui concerne mon roman (le titre n'est pas encore déterminé : Cahin Chaos au début, puis Avant que le jour ne cède et peut-être autre chose encore d'ici sa parution). Je ne peux, pour l'heure, davantage en parler mais il sera effectivement publié par une très bonne maison d'édition avec laquelle j'ai l'immense plaisir de signer. A ce sujet, et pour tous les auteurs qui espèrent, je suis la preuve vivante que même si on est provincial, parfaitement inconnu et sans aucune relation au monde éditorial et en particulier le cénacle germanopratin, il faut continuer d'y croire et de persévérer car il est possible d'y arriver...

En plus que d'être lu par d'autres personnes complètement en dehors de l'entourage proche et d'avoir des retours souvent construits sur ses textes, Manuscrits a aussi été pour moi l'occasion de rencontrer des gens comme Marie, Véra, Nicolaï et d'autres encore. Je souhaite, à l'occasion de ce bilan, témoigner toute ma sympathie à Marie qui, si je me souviens bien, a été la première à manifester de l'intérêt pour mon roman et à croire en sa possible publication.

Gaël Brunet le 30 octobre 2009

vendredi 23 octobre 2009

1150. Le billet du jour de : Alain Baudemont.

Jean, qui ne rit, Jean, qui ne pleure

...Mais j'avais une excuse car je n'étais pas seul,...

... Qui atteint la bonne mesure fait entrer l'éternité. Si vous me posez la question de savoir si j'ai parlé au Président de tous les Français, je vous réponds non, mais j'ai parlé avec mon père, comme un fils demande à son père de le conseiller et comme naturellement un père parle à son fils parce qu'il l'aime. Est-ce un bien, est-ce un mal d'avoir un père et de lui demander de l'aide, quand demain, non par la seule maîtrise d'une bonne gestion sociale, mais par l'efficacité des biotechnologies, les nouveaux enfants n'auront aucun père à qui se confier, aucune mère à qui donner leurs sourires, si tant est qu'ils aient seulement la capacité à sourire. Je n'ai pas volé ma vie, et je pense, et je crois, par moi même, et souvent, que rien n'est neutre, pour ne réserver qu'à son application le jugement de valeur sur l'effet constructif ou destructif.

Je pense, et je crois, je veux croire que la vie de toutes et de tous, la mienne, est à la fois bonne et mauvaise, ouverte et fermée, bienheureuse de santé ou malheureuse de maladie, chargée de vérités et lourdes d'illusions. Je pense et je crois, je veux croire que la vie n'est pas toujours là, douce et tranquille, et que sa rumeur, joyeuse et funeste, naît de beaucoup plus loin que de la seule ville. Je pense et je crois, je veux croire que les vérités et les illusions de la vie n'existent que par les millions de disparus (es) qui permettent son renouvellement. Je ne suis pas l'enfant de Prométhée, celui qui veut savoir autant que son père, plus que son père, autant que ses maîtres, plus que ses maîtres; je ne suis pas l'enfant enserré entre un bonheur naturel et un progrès technique; je n'ai rien volé. Je ne suis pas un voleur.

Je n'ai pas volé ma vie. Je n'ai rien volé. Mon père m'a donné la vie, ma vie, ma mère, m'a donné la vie, ma vie; tous les deux, ils m'ont donné la vie, ma vie, dans une union légitime, et d'amour, surtout d'amour, et sans honte, et sans culpabilité, et sans trahison, d'aucune loi. Je suis enfant de l'amour. Intégralement venu de l'amour, et je fais lien unique avec le Don, et de l'Amour, et de la Vie. Me voici. Pourquoi alors devrais-je, en mon me et conscience, mettre en mouvement un moindre, un quelconque désir de réparation, quand je ne participe pas de cette étincelle dispersée par la folie d'un vent qui engendra au hasard le vivant pour d'autres vivants sans père, ni mère, qui engendra au hasard des fripons de haut vol qui toujours perceront les yeux des enfants innocents.

Je suis un être venu de l'amour qui ne marche pas au hasard avec la vie, car je sais que si je marche au hasard avec la vie, je sais que la vie marchera, elle aussi, au hasard avec moi. Je pense et je crois, je veux croire que chaque personne qui essaye, qui approche, qui atteint, qui touche la grce, fait advenir l'éternel.

Alain Baudemont, le 23 octobre 2009

1149. Conquistadors d'Éric Vuillard par Marc Séfaris (Marco).

Sur le site La littérature du sous-sol de Marc Séfaris,(Ici, on parle littérature, mais ça se passe dans le sous-sol parce qu'on n'a pas été invité au salon.) cet excellent article consacré à Conquistadors d'Éric Vuillard.

Mirifiques déroutes

Conquistadors d'Eric Vuillard n'ira pas conquérir les grands prix littéraires de l'automne, question de réseaux, d'époque _ c'est pareil. Mais voilà une oeuvre à la densité peu commune, grave et escarpée comme une épopée, agile comme un roman, belle et fulgurante comme un poème.

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1147. Les m@nuscrits de la semaine 23.10.2009

- le rimailleur, Les chroniques d'Oneiros Chap 1
- Chopard Patrick, La Cinquième saison
- elinkasara, Ôreste !
- Jean-Marc BARROSO, LE COMPLEXE DE VINCENT
- Nourit masson-sékiné, Là-haut sur la montagne
- Benoît Demeaux, Mon oeil !
- Myriam KENDSI, Pres des oliviers palpitent les origines
- Jean Houraà, Le reflux
- Christine Motti, Femmes dans tous leurs émois
- Les (h), Les (h) et le grand pont sur la Loire
- Les (h), Les (h) au Réverbère

vendredi 16 octobre 2009

1143. Les m@nuscrits de la semaine 16.10.2009

- Jean-Luc Manet, CDDeath
- Eric Meije, Hôtel Alderns
- Laure REBOIS, A LA POURSUITE DE SON REVE
- Laure REBOIS, MON ETOILE
- Fabrice Causapé, Minute de décadence
- Serge ULESKI, Pièce à conviction
- Jean Houraà, Ces feux qui meurent
- Carole Edwards, Autopsie d'une liaison
- Michel Dautricourt, LE NOUVEAU REGIME DE LA BETISE
- Jean-Marie Paisse, Christine
- Marie France LEGAS, Sans issue.
- Marie France LEGAS, Une gamine sans nom...
- Marie France LEGAS, Florent perd sa première dent
- Marie France LEGAS, Laetitia et le yéti
- Marie France LEGAS, Xavier et l'Arbre Niala
- Manuel Montero, opérettes et chansonnettes
- Axel Forté, Full Moon
- Benoît Demeaux, Tu mépriseras ton voisin.
- BAHIA.Z, Les Pommes Rouges
- Christophe Samarsky, Naufrage sillonne (pas d'elle)
- Arthur Palach, Il n'est pire sourd.
- Sébastien Bayle, Ballade en forêt
- Clouee Delaube, Remorques & Cie

mardi 13 octobre 2009

1141. Conquistadors d'Éric Vuillard par Juan Asensio (Stalker).

Après L'or., prélude à Conquistadors d'Éric Vuillard publié sur Stalker, voici le billet consacré à ce livre par Juan Asensio aujourd'hui 13 octobre 2009 (Les exergues sont à la fin du texte) :

"L'or, ou la sangre del dios Sol

Au commencement, il y a l'or. C'est lui qui, par sa souveraine puissance, créa Dieu pour se donner un rival moins éclatant et contempler ainsi sa munificence dans son miroir infini. L'or, voyant que sa création était belle, décida qu'elle manquait d'un être qui serait capable de partir à Sa recherche, de Le traquer durant des années, sans avoir peur de fouler des terres inconnues ou de s'enfoncer dans les profondeurs obscures de la terre, où il se repose depuis des millénaires. Alors l'or, qui est Dieu et plus que Dieu, créa l'homme, un être insatiable, dévoré par la faim et la cupidité, qui n'aurait de cesse de vouloir Le posséder et en parer sa compagne avant de retourner à la poussière de laquelle il vient. L'or créa l'homme pour qu'il Le cherche et Le trouve et je ne sais s'Il vit que cela était bon.
J'ai écrit ces quelques mots, comme par amusement, alors que je venais de commencer ma lecture de Conquistadors, le magnifique quatrième roman d'Éric Vuillard, puis j'ai noté ces lignes écrites par l'auteur (pp. 144-5) : «Le premier jour, Dieu avait séparé la lumière des ténèbres et il avait nommé la lumière or et les ténèbres fer. Il n'y avait pas eu de second jour.»
En quelques mots, l'écrivain a ramassé le sujet de son livre, qu'il déroule en plus de quatre cents pages de poésie, d'effroi, de beauté et de violences. Dieu. L'or. Le fer. Dieu que tour à tour les conquistadors insultent, prient et implorent, veulent posséder dès qu'il se matérialise sous forme d'or, cet or que, cinq cents ans avant les Incas, les indiens Mochicas affirmaient être la sangre del dios Sol. Dieu qui paraît aux conquistadors plus lointain encore que ne l'est leur patrie et les femmes restées dans leur maison. L'or, l'or divin (cf. p 57), l'or omniscient, omnipotent et invisible (cf. p. 50), idole dont le culte sanglant (cf. p. 114) transcende les époques («Mais, bientôt, il n'y aurait plus de Terre promise où disperser nos tribus. L'unité du monde ferait fondre les idoles et les vouerait à terminer leur vie minuscule en lingots dans les coffres de la couronne», p. 61), l'or qui est devenu aux yeux des conquistadors un mirage de plus de réalité que leur propre vie en Espagne, lorsqu'ils n'avaient encore point quitté leur pays âpre et violent, l'or que l'on dirait avoir été extrait des ténèbres chaudes de la terre par la seule ténacité d'hommes dignes d'être peints par Goya (cf. p. 63 : «Pareils sont les tableaux de Goya. Des hommes taillés dans le charbon. Un mouvement de panique, une charnière. Ils vivent d’une satisfaction très forte mais fugace. Ils ne partagent rien, le soir ils s’allongent dans l’herbe rase. Après le repas, ils se rincent les mains dans la terre»). L'or qui, comme Dieu, ne peut être représenté puisque même la vue de montagnes d'or ne donne aux conquistadors qu'une seule certitude : l'or, ce n'est pas encore cela, Il se cache, Il ne peut pas simplement se réduire à ces objets de la vie quotidienne ou bien réservés au culte des dieux, Il ne peut même pas se calculer, se chiffrer ou se déchiffrer; en fait, comme Dieu, l'or n'est absolument rien d'étant. Son empire est infini et tous les hommes de la Terre, mis les uns derrière les autres pour constituer quelque interminable colonne de chiffres et de servitude, d'avarice et de cupidité, n'en constitueraient qu'un unique maillon (cf. p. 157). Le fer enfin qui est l'âge, et la matière, et l'instrument des hommes pour amonceler des montagnes d'or et, peut-être, parvenir, par la force, à contempler quelque écaille d'un or spirituel (puisque «Celui qui cherche Dieu verra une écaille de soleil», p. 163), Dieu peut-être ou sa trace, dont le métal précieux n'est pas même le symbole mais l'incarnation mauvaise, grotesque, impérissable et pourtant née de la terre et y retournant. Cet unique et monstrueux jour de la création enfin, qui paraît se consumer dans sa giration, dans une gyre qui, à la différence de celle de William Butler Yeats, ne s'élargit pas sur sa propre base, accomplissant ainsi des révolutions qui embrasent de nouveaux mondes, font naître de nouveaux destins, fécondent de nouvelles âmes. L'or et le fer sont liés, moins par quelque décision d'archonte ou de démon que par la mystérieuse alchimie d'un temps qui n'obéit pas aux lois de la physique.

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vendredi 9 octobre 2009

1137. Les m@nuscrits de la semaine 09.10.2009

- Clarisse THOMAS, Le chant du cygne
- Elisheva, Edouard
- f.minod, Le Buste Blanc
- C. Ollivier-Chantrel, Marée Basse à la Guimorais
- dionisi, Digressions importunes
- Manuel Montero, le rapt d'Europe
- Antoine Sanchez, Chansons
- Manuel Montero, Contre-culture à l'italienne
- Antoine Sanchez, Fables pour adultes
- juji, Cruels contes bulgares
- Jean Houraà, Le coureur des Hautes terres
- ibara, Mémoires d'un bourricot en accéléré
- Antoine Sanchez, Trois Jours Sans Importance...
- Meir Sirllov, Retour à Tanger
- Ouam-Chotte, Fucking Western
- Nicéphore Pétrolette, Mahomet enculé
- kohnliliom, LAON
- lemarcussien, Erreur Système
- LOUSSAUT, LES PREMIERS SOUVENIRS
- Benoit Deville, PEINS LA PLUIE
- Benoit Deville, LE CAPTIF
- Benoît Demeaux, Muriel
- Eric Meije, Juste récompense
- le rimailleur, Ma vie à N.D.Lay 4-5-6
- Alex, Let's Roque !

1136. M@nuscrits vu par Urs Engeler.

Voici le message reçu de notre "ami allemand".

Bonsoir M. Léo Scheer, bonsoir chers amis. Voici ma traduction, accompagnée d'une petite note explicative. Né en 1962 à Zürich, Urs Engeler est l'une des grandes figures de l'édition de langue allemande.
La maison qu'il dirige a notamment fait découvrir aux lecteurs des pays germaniques certaines Å“uvres de Jean Paulhan et de Pier Paolo Pasolini.
Dans un entretien accordé au quotidien Frankfurter Rundschau (7 octobre 2009), il réfléchit au statut de l'éditeur à la fin des années 2000.

Analysant brièvement la situation française, il dit être admiratif devant la richesse de l'offre :

"Là-bas, il y a toutes ces revues, toutes ces maisons d'édition, toutes ces formes de publication. Il est clair que nous sommes tous préoccupés par la situation déplorable de la Librairie et que nous observons l'espace des possibles à l'ère de l'Internet."
Regardons ce que fait l'éditeur français Léo Scheer ; si vous allez sur son site Internet (www.leoscheer.com), vous allez trouver toute une rubrique consacrée à l'édition électronique, c'est vraiment quelque chose que je n'avais encore jamais vu auparavant. On propose aux gens des outils afin qu'ils mettent en ligne leurs propres livres.
Il s'agit d'un éditeur porteur d'une très grande ambition littéraire. Il serait impensable qu'un éditeur allemand surmonte son sentiment de supériorité et accepte de ne pas décider de ce qu'il publie, et puis que par-dessus le marché, il reçoive autant de textes ! »''

L'interview a été mentionnée dans la revue de presse quotidienne effectuée par le site littéraire le plus fréquenté d'Allemagne (www.perlentaucher.de).

mardi 6 octobre 2009

1130. Conquistadors d'Éric Vuillard par Yannick

J'ai fini le roman d'Eric Vuillard. J'ai pris mon temps. On a parfois le sentiment de lire un livre important, et c'est le cas, je pense. Et cela, indépendamment du J'aime/j'aime pas. Les romans disons historiques, je déteste ça, à vrai dire. Je n'y trouve pas mon compte. Sauf que dans ce cas précis, je me suis dit : c'est quand même quelque chose ce roman.

On l'a déjà dit ici ou là, c'est un récit ambitieux. Eric Vuillard ne fait pas semblant, il vous fiche une claque de 450 pages, lourde, la claque, et pas une page ne semble l'ignorer. Vuillard est là derrière, il ne se laisse pas oublier, il en met plein la vue.

Sa prose est spectaculaire. D'abord, elle donne à voir, on pense aux scènes de bataille, évidemment, bien que cette dimension spectaculaire anime chaque détail. Elle donne à voir donc, mais aussi, elle se donne à voir. Il fallait quand même oser une prose pareille, style Siècle d'Or. Certes le style convient peu ou prou à l'époque relatée, et il fonctionne à plein régime, mais le code ne nous laisse jamais oublier que tout cela, gloire des conquêtes, got du rutilant, a vécu. La prose d'Eric Vuillard est le siège d'un paradoxe : elle charme violemment, fascine, et nous tient à distance. Elle est à la fois le moyen de la fascination, et son antidote.

D'ailleurs cette magnifique prose épique est régulièrement sabrée par le narrateur. Je pense aux passages soudains à la première personne, Eric Vuillard semble nous parler de lui, de lui à la lumière (sombre) des protagonistes. Dès lors fini le vernis épique à la troisième personne. Le tableau se craquelle, la tapisserie se déchire, il y a quelqu'un derrière.

Et puis aussi, parfois, le style brutal, énergique, visant haut, usant de périodes belles et imposantes, se casse la gueule, par l'usage d'une familiarité, ou d'une référence contemporaine. L'effet est le même, à mon sens : l'épopée est alors minée par la dérision, délectable dérision.

Et puis enfin, si l'on ne s'attarde pas, dans Conquistadors, (la prose se presse, avance, inéluctablement, et nous tient en haleine, aux côtés de ses barbares qui n'en finissent pas d'avancer vers on ne sait quoi ) se creuse une espèce d'écart monumental entre la Haute Langue et la toujours plus grande déchéance des « héros ». Leurs essoufflements, leurs incertitudes, leurs détresses, leurs violences, ne nous apparaissent jamais autant que lorsque la langue se veut encore belle. Moins elle s'essouffle, plus le désir au cÅ“ur du récit semble s'éparpiller, perdre sens, et but. Moins elle s'essouffle, plus elle se montre , agissant, comme je le disais plus haut, comme un véritable outil critique.

Et c'est bien ce que semble nous demander Eric Vuillard, j'espère ne pas me tromper : de considérer cette période troublée, non pas pour simplement cultiver l'autoflagellation de la bonne conscience, mais aussi pour observer, étudier ce qui nous entoure, bref pour rendre le lecteur à même de penser le contemporain.

De passer par une langue datée pour éclairer le présent, c'était un beau pari. Je crois qu'Eric Vuillard l'a réussi. Mais je dis ça je dis rien...

Yannick, le 5 octobre 2009, sur le blog des ELS.

vendredi 2 octobre 2009

1123. Les m@nuscrits de la semaine 02.10.2009

- Serge ULESKI, Des apôtres, des anges et des démons
- dionisi, La ronde de l'oubli
- Christine Motti, L'autre côté du miroir
- BAHIA.Z, Les Pommes Rouges
- LEO NEMO, L' ETERNITE ROMAN
- Benoît Demeaux, Flchss
- colosso, L'epopée du train Ocean Indien-Lac Victoria (1895-1901)
- le rimailleur, Ma vie à N.D.LAy
- Eric Meije, Ouverture
- Eric Meije, Etoiles mortes
- Eric Meije, Punitions invisibles
- lemarcussien, Erreur Système
- Julio Mindjimba, La Clé

jeudi 1 octobre 2009

1120. de l'usage des M@nuscrits sur le blog.

Ce billet reprend un commentaire de Marie concernant le M@nuscrit qu'elle a mis en ligne dans l'interface automatique, il est suivi par les commentaires s'y rapportant qui ont été déplacés ici afin d'éviter qu'ils trollent le fil consacré à Hyrok.

@Léo. Si vous estimez que ce texte est de nature à nuire à la collection m@nuscrits, dites le moi, je le mets hors ligne aussitôt. Il me semble cependant que cette blague de potache n'a rien d'infamant. Je compile des commentaires lisibles par tous sur les archives de ce blog et quand on lit attentivement, on peut voir que personne n'est pas épargné, tout le monde en prend pour son grade, moi la première. Je rappelle aux oublieux que j'ai soutenu des gens de grande qualité comme Eric Meije, Carole fives, Manuel Montero, Nic, Gaël brunet, même Karl Mengel qui n'a pas toujours été tendre, et beaucoup d'autres. M'accuser de sabordage (surtout quand on répète en tous lieux et sur tous les tons qu'il ne faut surtout pas donner de texte chez vous, et oui c'est écrit noir sur blanc sur ce blog, commentaire repris dans le texte décrié) est d'une absurdité et d'une mauvaise foi qui me laissent pantoise.

Marie.

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