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Blog des ELS La Revue Littéraire
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jeudi 30 juin 2011

1646. Les nouvelles de Julien Campredon par Bernard Quiriny pour EVENE

Bernard Quiriny retient L'Assassinat de la dame de pique de Julien Compredon dans sa sélection des nouvelles nouvelles, voir son billet sur EVENE :

LES NOUVELLES SONT-ELLES FRAÃŽCHES ?

Qui a dit que les Français n'aiment pas les nouvelles ? Malgré le complexe d'infériorité dont elle continue de souffrir vis-à-vis du roman, la nouvelle demeure un genre fort prisé par nos écrivains, apprécié par les débutants et riche d'une tradition inépuisable, du fantastique buzzatien au réalisme carvérien. La preuve avec ce panorama des recueils sortis au printemps, à égrener cet été sur vos plages préférées.

Le plus loufoque

On avait déjà repéré Campredon du côté de chez Monsieur Toussaint Louverture, brillant éditeur de curiosités étrangères ('Le dernier stade de la soif' de Frederic Exley) et de nouvelles françaises. Il persiste dans le genre bref avec ces sept textes loufoques et pleins d'imagination, à mi-chemin entre burlesque et parodie, avec un goût spécial pour les ailleurs et le charme d'un exotisme suranné (il est question d'îles désertes, d'expositions coloniales et de marins d'eau douce, avec une allusion significative à Pierre Mac Orlan). C'est inégal mais toujours drôle, plein de verve et d'invention. En guise d'échantillon, cette réplique définitive d'un personnage qui, après avoir cité un quatrain licencieux de Malherbe, se voit demander si c'est de lui : « La Poésie appartient aux poètes. Dans cette mesure oui, on peut dire que c'est de moi ». CQFD.

L'assassinat de la dame de pique, Julien Campredon, éd. Léo Scheer, 150 p., 17 €.

Résumé du livre

Recueil composé de sept nouvelles, L' Assassinat de la Dame de pique s'apparente à une seule flèche, à tête dentée bien sûr, dont le fil conducteur est une critique de l'abdication à laquelle les hommes cèdent trop souvent.

Où l'on rencontre un naufragé surnaturel qui passe son exil à faire semblant de travailler ; un Méridional honteux et raciste faisant réparer son système de ventilation en vue de l'Exposition ; un employé minable amené, au cours d'un délire éthylique, à réaliser un bien étrange cunnilingus au terme duquel il retrouvera son nom ; un homme qui se fait quitter, et aussitôt se retrouve dans la Vallée des hommes désespérés ; un autre témoignant des amours coupables de sa tante avec un torero ; des marins abrutis et veules se battant à fond de cale...

Julien Campredon

Nouvelliste français. Né à Montpellier en 1978

Attiré par la littérature dès son plus jeune âge, Julien Campredon écrit sa première nouvelle en pleine révision du Bac. Le précieux diplôme en poche, c'est pourtant vers le droit qu'il se dirige, jusqu'à l'obtention d'un DEA. Mes ses premières amours le rappellent et il commence à collaborer avec des revues de la région toulousaine où il s'est installé : 'Ragtime' à Toulouse, puis Brèves dans l'Aude et Monsieur Toussaint Louverture à nouveau dans la Ville rose. C'est d'ailleurs chez cette dernière qu'il publie son premier recueil de nouvelles 'Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes' (2007). La nouvelle qui donne son titre au recueil met en scène un musée attaqué par les punks et défendu par des gardiens armés de mitrailleuses. Remarqué pour son humour, sa fantaisie et son style toujours plus inventif, Julien Campredon est invité en 2009 à participer au recueil 'Si elles savaient.. . '. Comme les autres auteurs masculins conviés, il y raconte une aventure amoureuse malheureuse.

En 2011, il revient avec un nouveau recueil intitulé 'L' assassinat de la dame de pique' (éd. Léo Scheer). Sept textes loufoques et pleins d'imagination, à mi-chemin entre burlesque et parodie. Fidèle à son style.

Les autres recueils de nouvelles de la sélection de Bernard Quiriny sont :

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mercredi 29 juin 2011

1645. Article de Christine Salles sur Un passant ordinaire de Renaud Czarnes dans Psychologies Magazine

Un passant ordinaire,
Renaud Czarnes
Calude est un gars simple, pas très ambitieux, amoureux de Paris et fou de jazz, capable de s'enticher d'une tripière au grand cÅ“ur et de tomber amoureux de la première voisine venue! Viennent se greffer une sale maladie, les souvenirs d'expériences professionnelles passées et des apartés culinaires à ne pas conseiller aux végétariens.
Un premier roman avec une petite musique qui rend primesautier et donne envie de piller le rayon jazz de la médiathèque.

1644. Camille de Casabianca signature à la librairie TERRA NOVA à Bastia dans CORSE-MATIN.

Dans Corse-Matin d'aujourd'hui, cet entretien avec JEAN-MARC RAFFAELLI à l'occasion de sa signature à la librairie TERRA NOVA à Bastia :

Camille de Casabianca : « Je suis engagée mais pas sectaire »

Camille de Casabianca dédicace son livre Gourou aujourd'hui à Bastia. (Photo Gérard Baldocchi)

Le chef d'une entreprise de génie génétique s'apprête à vendre Carlotta, la vache qui produit du lait maternel, à des Américains pour sauver sa société. Mais il manque la signature de sa femme chercheur partie en Inde en quête de sagesse. Une course contre la montre haletante (on pourrait dire allaitante) s'engage.

C'est le sujet de "Gourou", le roman à suspense, drôle et sentimental, de Camille de Casabianca. L'actrice, scénariste, réalisatrice, écrivain, césarisée pour le scénario de Thérèse réalisée par son père Alain Cavalier, est à Bastia où elle dédicace son livre aujourd'hui à 18 heures, en présence de son éditeur Léo Scheer, à la librairie Terra Nova.

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mardi 28 juin 2011

1643. Une nouvelle du recueil N’entre pas, d'Emmanuel Loi, à paraître le 6 juillet.

Nous vous proposons de lire la première nouvelle du recueil N'entre pas, d'Emmanuel Loi, à paraître le 6 juillet.

“Des vengeances inexpiables, des pertes de conscience et de courage, des amours toxiques, des vacances à l'eau, du jardinage comme art de vivre, des divagations… Hamac ou radeau de la Méduse : peu importe l'embarcation, il y a ici de quoi fabriquer son voyage.”

- Lire la nouvelle

La deuxième nouvelle de ce recueil sera en ligne la semaine prochaine.

1642. Prochaine rencontre-signature avec Renaud Czarnes

À l'occasion de la sortie de son livre ''Un passant ordinaire'', Renaud Czarnes vous accueille à la Librairie l'Eternel Retour,
ce jeudi 30 juin, à partir de 19h30,
77 rue Lamarck 75018 Paris

1641. Oublier Modiano de Marie Lebey par Denis Cosnard dans LES ECHOS.

L'auteur de Dans la peau de Patrick Modiano, Denis Cosnard, qui est également Chef du Service "Industrie" au journal Les Échos et créateur du site Internet Le réseau Modiano, qui sait à quel point "l'autobiographique et le romanesque se superposent sans cesse, et que littérature et réalité ne font qu'un", a publié dans son journal Les Échos cet article sur le livre de Marie Lebey :

"Marie Lebey l'avoue elle-même : c'est « une fille un peu barge ».

Il y a quelques années, à une période où elle se cherchait, elle s'est lancée dans une expérience assez folle : après avoir relu tout Modiano - « un éblouissement », écrit-elle -, elle a décidé de photographier chacun des lieux mentionnés dans l'oeuvre. Le quai Conti où Modiano vécut enfant, les collèges provinciaux où il fut exilé, Thônes, Saint-Lô, la dernière adresse de Dora Bruder...

Des centaines d'images sont sorties de cet étonnant tour de France. Et un attachant petit livre, aujourd'hui, pour raconter cette aventure qui en dit sans doute plus long sur elle que sur l'auteur de « Rue des boutiques obscures ». Une sorte d'autobiographie en miroir. Marcher sur les traces de Modiano permet à Marie Lebey de livrer au détour du chemin sa propre histoire, ses propres déchirures. La mort de sa petite soeur, qui fait écho à celle du frère de l'écrivain. Son père disparu trop tôt lui aussi. Le suicide d'un amant.

Des scènes cocasses aussi, comme cette virée avec Lucette Destouches, la veuve de Céline, pour assister à la finale de la Coupe de France de football en 1995. « Modiano, ma soeur, mon bel amour : mon grand bal, où les fantômes dansent mieux que les vivants », résume Marie Lebey. Un drôle de bal auquel les lecteurs sont invités à leur tour."

Denis Cosnard,le 28 juin 2011.

1640. Article de Jérôme Leroy sur Le Voyage du poète à Paris de Serge Safran sur Causeur.fr

Les années 70, il y a un siècle…

Juste avant l'ère de tous les impossibles
Vous aviez des préjugés sur les poètes ? Vous les trouviez dépressifs, versatiles, égotistes, égoïstes, cyclothymiques, inadaptés, sensuels, paresseux, plaintifs, jouisseurs, graphomanes, impudiques ? Eh bien, n'en oubliez aucun, vous êtes encore au-dessous de la vérité. Ils sont effectivement comme ça, les poètes. En tout cas celui que décrit Serge Safran dans son roman ''Le voyage du poète à Paris''.

Si Serge Safran est lui-même éditeur (Zulia, et tout récemment Serge Safran éditeur), il est avant tout poète. Alors, inutile de le cacher, Le voyage du poète à Paris est un journal intime, une autobiographie déguisée, un roman d'apprentissage qui passe en contrebande, caché dans les double-fonds de la troisième personne. C'est l'auteur lui même qui l'avoue mais il a de bonnes raisons pour ça. Les poètes sont tout ce qu'on a dit mais ils sont aussi, dès qu'il est question de leur art, d'une méthode et d'une précision qu'on ne trouve que chez les poseurs de bombe ou les chirurgiens. Deux autres vocations semblables, malgré les apparences, à celle de rimailleur patenté. Le voyage du poète à Paris, pour Safran est une interruption qui correspondait à la résolution d'écrire sa propre existence à la troisième personne du singulier, et au passé, comme dans un roman.

La date aussi a son importance. Le roman, puisqu'il s'agit d'un roman, commence un 14 octobre 1980. Sous la pluie bordelaise, en plus. On aurait voulu nous indiquer que cette histoire commençait l'année inaugurale d'une décennie fatidique, on ne s'y prendrait pas autrement. 1980 marque assez précisément la fin de la parenthèse enchantée qui a donné son titre à un joli film de Michel Spinosa en 2000, c'est-à-dire cette période très courte d'insousiance sexuelle et sociale que put connaître une certaine jeunesse entre la fin de 1968 et les deux chocs pétroliers puis le sida qui marquèrent le retour à l'ordre.

Les velléités de Philippe Darcueil, trente-trois ans comme le Christ, qui s'en va à la recherche de travail et d'éditeurs à Paris ne sont pas sans rapport avec ce moment historique. L'espèce de dépression, d'acédie sur fond des Greatest hits de Bob Dylan qu'il va connaître en arrivant dans l'appartement inoccupé d'amis à Asnières, est autant liée à ses problèmes amoureux qu'au sentiment de basculer d'un monde à l'autre et pas seulement géographiquement. En 1980, on peut encore vivre dans une communauté en Ariège et connaître une histoire d'amour avec une fille de seize ans, Sandra. Sans qu'il y ait la moindre culpabilité de part et d'autre ni que la société trouve à y redire. La correspondance entre Sandra et Philippe qui émaille le roman, parfois très explicite sexuellement, ne choque pas. On ne parlait pas de pédophilie à tout bout de champ. Et puis l'avantage d'une époque où l'on s'écrivait encore et que parfois, comme dans le livre, on attendait le courrier en maudissant une grève de la poste, c'est que l'on a des documents qui appartiennent désormais à l'archéologie, c'est-à-dire des lettres d'amour. L'instantanéité des mails et des sms était encore un cauchemar futuriste La grammaire des sentiments et des affinités n'avait décidément rien de commun avec celle qui nous préoccupe aujourd'hui où le désir se fait obscénité dans la décomposition de la langue.

Serge Safran ne parle jamais explicitement de changement d'époque. De toute manière, ce serait contraire à ce projet de journal intime au passé mais cette espèce d'effondrement lent, d'implosion au ralenti n'est pas sans rappeler celle de L'Homme qui dort. Le héros de Perec, étudiant cloîtré dans sa chambre sordide, qui se force à une vie végétative pour mieux se retirer du monde est un presque contemporain de Philippe Darcueil, le personnage de Safran.

Et si l'on peut trouver à leur malaise toutes les explications psychologiques voire psychiatriques que l'on veut, on ne nous empêchera pas de penser qu'elles sont aussi, profondément, politiques.

1639. François Mauriac de Jean Luc Barré Prix des Éditeurs 2011

Comme l'annonce L'Orient-Le Jour, Le prix des Éditeurs 2011 a été décerné à J-L Barré pour «François Mauriac, Biographie intime 1885-1940» »

Le prix des Éditeurs 2011, qui couronne un livre dont l'auteur est un éditeur, a été décerné à Jean-Luc Barré pour son ouvrage François Mauriac (Fayard), biographie de l'écrivain prix Nobel de littérature en 1952, ont annoncé les organisateurs.

Auteur de nombreuses biographies, l'historien et éditeur Jean-Luc Barré dirige la collection «Témoignages pour l'histoire» chez Fayard et la collection «Bouquins» chez Robert Laffont.

Créé en 2001 par le café-restaurant Les Éditeurs, situé dans le quartier de l'Odéon, à Paris, et les éditions Alteredit, ce prix récompense un livre paru l'année précédente. Le lauréat bénéficie notamment d'un droit de table de 500 euros dans ce restaurant.

Le jury est composé de Olivier Cohen (Éditions de l'Olivier), Teresa Cremisi (Flammarion), Joëlle Losfeld (Joëlle Losfeld), Olivier Nora (Grasset / Fayard), Olivier Rubinstein (Denoël), Léo Scheer (Léo Scheer) et Raphaël Sorin (Libella). Il est présidé par Claire Chazal.

lundi 27 juin 2011

1638. L’Assassinat de la Dame de pique de Julien Campredon chroniqué sur evene par Bernard Quiriny

« Qui a dit que les Français n’aiment pas les nouvelles ? Malgré le complexe d’infériorité dont elle continue de souffrir vis-à-vis du roman, la nouvelle demeure un genre fort prisé par nos écrivains, apprécié par les débutants et riche d’une tradition inépuisable, du fantastique buzzatien au réalisme carvérien. La preuve avec ce panorama des recueils du printemps, à égrener aussi sur vos plages préférées.

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1637. Signature d'Émile Soulier à Paris

À l'occasion de la sortie du livre ''Incertaine'' d'Émile Soulier, la librairie L'Arbre à Lettre vous accueille à sa séance de dédicace,
mercredi 29 juin à partir de 19h,
14, rue Boulard 75014 Paris

vendredi 24 juin 2011

1636. Rencontres-lectures avec Julien Campredon pour son recueil L’Assassinat de la dame de Pique.

• Lectures à venir, attendons-nous-y de pied ferme

Samedi 25 juin, Gaillac, 14 h, salon Place aux livres

Samedi 2 juillet, Morlaix, 10 h 30, librairie Dialogue

Dimanche 3 juillet, Brest La Fest'Yves, « café-épicerie » solidaire et social Le Mille Pattes

Dimanchade 9 & 10 juillet, Fête du livre et de ses métiers de Lautrec (81), librairie-café Plum

Vendredi 22 juillet, 18 h 30, l'annexe du 5, rue des Cordeliers, Rabastens

Jeudi 18, vendredi 19, samedi 20, dimanche 21 & lundi 22 aot, Forcalquier, Salon du livre

Dimanche 11 septembre, Salvagnac, Salon du livre

Vendredi 16 septembre, Toulouse, librairie L'Autre Rive

Samedi 1 & dimanche 2 octobre, Gaillac, Salon du livre 

Samedi 8 octobre, librairie Le Grand Selve, Grenade-sur-Garonne

Samedi 22 & dimanche 23 octobre, Toulouse, Hôtel d'Assezat, Salon des Gourmets de Lettres

Samedi 4 & dimanche 5 novembre, Toulouse, Salon du livre


• ces endroits où vous n'étiez peut-être pas (sinon je vous y aurais vu)

13 mai, Mont-de-Marsan, librairie Caractères


20 mai, Paris, MK2 Quai de Loire


28 mai, Samatan, Bibliothèque municipale


31 mai, Toulouse, librairie Terra Nova


4 & 5 juin, Chteau de Martres Tolosane


Samedi 11 juin, 10 h 30, librairie Mots & Compagnie, rue Armagnac, Carcassonne

1635. Quelques mots, très bien vus, sur L’Assassinat de la dame de Pique, de Julien Campredon, dans Trois couleurs, le magazine de MK2

« Pour son troisième recueil de nouvelles, Julien Campredon fait osciller le monde contemporain entre l'antédiluvien et le postapocalyptique : L'Assassinat de la dame de Pique assume par l'apologue les figures peu romanesques de la société marketing (le businessman qui pisse sur le monde, l'amant clinquant de Toulouse qui déracine cyniquement la ville personnifiée). Le style amusé traque la lcheté des personnages, mais le prosaïque est toujours lié de près ou de loin à des récits d'aventure, faisant entrer le lecteur dans un “livre dont vous êtes le héros” par un jeu borgésien d'intertextualités et de mises en abyme. »

Lo.Sé.

jeudi 23 juin 2011

1634. Prochaine signature de Renaud Czarnes

À l'occasion de la sortie du roman ''Un passant ordinaire'' de Renaud Czarnes,
rendez-vous le samedi 25 juin, de 17h30 à 20 heures,
concert blues/rock suivi de la signature signature et d'une lecture à La Lettre Ouverte,
213, rue de la Convention 75015 Paris.

1633. Nathalie Rheims. Campagne d'affichage Jean-Claude Decaux

Voici un des mts-drapeaux du réseau Jean-Claude Decaux. Cet outil de communication est de plus en plus utilisé par les éditeurs pour promouvoir leurs livres. Ces mobiliers urbains sont réservés aux seules expressions culturelles. Ils sont organisés en réseaux, proposés pour une durée d'une semaine. En voici le descriptif commercial :

Le réseau "Coeur de Paris" compte 10 mts (soit 20 faces de format 120x174 cm) , implantés en exclusivité sur les adresses les plus emblématiques de la capitale : (boulevard Saint-Germain, avenue George V, faubourg Saint-Honoré, Montparnasse, Trocadéro, etc..). Il répond donc parfaitement aux attentes de ciblage géographique.

Notre campagne se déroule du 20 au 26 juin 2011.

1632. Serge Safran invité de Philippe Vannini sur Radio Aligre

À l'occasion de la parution de son roman ''Le Voyage du poète à Paris'' Serge Safran
sera l'invité de Philippe Vannini dans son émission Les Jeudis littéraires sur Radio Aligre le jeudi 30 juin à 10 heures

mardi 21 juin 2011

1630. Entretien avec RIP par Marianne Desroziers.

Entretien avec RiP sur Le Pandémonium Littéraire

Entretien décontracté avec Rip, auteur d’un premier livre paru chez Léo Scheer (Coke de combat) et de plusieurs nouvelles pour les éditions de l’Abat-Jour (Mythonymphomane, Huis clos). A noter : sa participation au hors série de la revue l’Ampoule de ces mêmes éditions avec « Rencontre du troisième type au bar de l’hôtel Redford », une nouvelle très réussie et qui ne fera pas plaisir à tout le monde…

Il me semble percevoir chez toi un certain dilettantisme, voire un dilettantisme certain : arrête-moi si je me trompe …

Je t’arrête tout de suite ! Tu dis ça parce que je suis chambreur et que j’aime déconner. C’est de la fausse décontraction, comme un musicien qui improvise sur une grille de blues : il a la liberté d’inventer des phrases mélodiques mais ne peut en aucun cas se soustraire à son devoir d’allégeance envers ces deux tyrans que sont l’harmonie et le rythme. Aah, le rythme, ce bourreau sans merci –même pas bonjour. C’est aussi paradoxal que ça. Pour répondre à ta question, je dirais que j’essaye d’être facile, de jouer simple, plutôt que dilettante.

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dimanche 19 juin 2011

1628. Collection VARIATIONS.

Variations

Collection dirigée par Léo Scheer

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1627. La canne de Saint Patrick, de Patrice Trigano PRIX DROUOT 2011.

Ce prix est décerné chaque année par un jury réuni autour de Georges Delettrez, président de Drouot Holding, et du romancier Philippe Colin-Olivier. Il récompense une Å“uvre de fiction ayant un lien avec l'art ou une Å“uvre d'art.

L'ouvrage primé est un roman sur la vie d'Antonin Artaud. Très inspiré par la personnalité délirante du poète, le galeriste Patrice Trigano y présente un Artaud « dandy de la misère », encore jeune et séduisant mais déjà névrosé et accro au laudanum.

Un Artaud qui ne se reconnaît pas dans « cette vie étriquée et mesquine (...) matrice de toutes ses souffrances, objet central de sa révolte ». On découvre au passage sa répulsion pour l'amour charnel et son désir de créer un thétre qui « va s'adresser aux nerfs », où l'on n'hésite pas à diffuser de mauvaises odeurs dans la salle, pour incommoder le public.

La fin de l'ouvrage, plus proche d'une biographie classique, ponctuée de dates et détails précis, décrit les effets désastreux des électrochocs sur la santé et le moral déclinants d'Artaud et les tentatives de soutien de ses amis intellectuels. Un livre émouvant, qui donne envie de se (re)plonger dans l'oeuvre du poète.

1626. Ma psy, mon amant de Brigitte Kernel

Il s'agit d'une video créée par LunArch Création Web, pour le livre de Brigitte Kernel : Ma psy, mon amant, on y reconnait la voix de Brigitte Kernel quotidiennement vouée à évoquer les livres des autres et, pour une fois, consacrée au sien.

vendredi 17 juin 2011

1625. Bréviaire de l'éternité de Jean-Clet Martin chez Adèle Van Reeth sur FRANCE CULTURE.

Ce petit livre de Jean-Clet Martin :Bréviaire de l'éternité a d'abord été une expérience inédite entre l'auteur et l'éditeur dans le cadre de l'expérience M@nuscrits autour du mystère d'une possible relation entre le peintre Vermeer et le polisseur de lentilles et philosophe Spinoza. Cette investigation conduisit à la mise en ligne d'un livre numérique qui reçut un excellent accueil auprès des internautes. Il fut repris en mars de cette année dans la collection Variations, dirigée par l'éditeur.

Jean-Clet Martin qui était l'invité de Raphael Enthoven pour parler de Deleuze eut l'occasion, au cours des 10 dernières minutes de l'émission, de parler du Bréviaire avec Adèle Van Reeth dans le cadre du journal des Nouveaux chemins de la connaissance. Est-ce la sincérité de l'éloge de la journaliste, la présentation passionnante de Jean-Clet Martin, l'intérêt du sujet et de la formule ? Le fait est que le livre s'est envolé dans la journée à la 4e place des meilleures ventes en Philosophie sur Amazon. Voici le podcast des 10 mn :

P.S. Sur le site de J-C M. : Strass de la philosophie, deux "portraits"l'un au dessus de l'autre : celui, photographique, de Deleuze et, au dessus, celui du "Prince des philosophes" (devenu astronome) peint par Vermeer, peut-être à partir d'une image de la camera obcura dont la lentille lui fut livrée par un certain Spinoza, lequel posa, (pourquoi pas ?), pour ce chef d'oeuvre éternel de l'histoire de la peinture, persévérant ainsi, de la plus belle manière, dans son être.

1624. Nathalie Rheims : Fantômette à l'Académie par Gilles Martin-Chauffier dans Paris MATCH

Extrait : "Ce retard était d à la lenteur de Jean-François qui marchait à l'époque avec deux béquilles sur lesquelles il s'appuyait pour avancer péniblement. Soudain, on entendit des coups de feu venant des fourrés où des snipers étaient cachés. On vit alors le Ministre de la Guerre jeter ses béquilles par dessus la tête et détaler à vive allure."

Nathalie Rheims imagine une mystérieuse malédiction qui frapperait les académiciens. Et se lance dans une immortelle randonnée à la recherche de son père.

Quand un académicien meurt, il se transforme en fauteuil. Le 2 reste celui de Montesquieu, Yourcenar s'est assise au 3, Musset siégeait au 10. Corneille, Bussy-Raburin, Hugo, Lecomte de Lisle, Lyautey et Hélène Carrère d'Encausse se sont succédé au 14. Et ainsi de suite...

Certains se moquent de l'Académie et estiment que la médiocrité s'y épanouit - sans songer qu'elle triomphe absolument partout - . Ils se pourlèchent de la réponse de Barbey d'Aurevilly, invité à rejoindre la compagnie : "La racine d'un vieux chêne dans mon genre ne tiendrait pas dans ce pot de cornichons."

Pour d'autres, au contraire, l'élection à l'Institut s'apparente à la conquête du Graal. Suspendus à leur rêve comme des lustres à leur crochet, ils refusent de voir que la plupart de leurs prédécesseurs se sont glissés dans l'oubli comme des ombres et n'ont déposé sur la postérité qu'une mince couche de poussière.

Certains sièges, cela dit, portent plus chance que d'autres. Vingt-deux plumes ont somnolé succéssivement le jeudi sur le siège 36 alors que Jean-Marie Rouart, en ce moment, n'est que le 13e immortel à goter le confort du 26.

Il en est même un qui porterait malheur : le 32, celui de Vaugelas, de Lucien Bonaparte et de Vigny. Mais aussi celui de Maurice Rheims, le commissaire priseur-infatigable, érudit, séducteur, millionnaire et désinvolte qui voyait la vie comme un jardin en juin.

Sa mort a naturellement brisé sa fille Nathalie qui, du coup, s'est raccrochée au dernier geste de son père comme à sa dernière bouée. C'était de lui offrir un manuscrit du "Fauteuil hanté", un roman de Gaston Leroux, l'auteur du "Mystère de la chambre jaune" et du "Parfum de la dame en noir".

Quel fauteuil ? Le 32, bien entendu, qui frapperait de malédiction tous ses occupants à moins qu'ils ne fussent de parfaits autodidactes, tel Maurice Rheims qui avait fui l'école à 15 ans pour devenir bouquiniste.

Alors, réfléchissant au sens de cet ultime cadeau, Nathalie comprend quelle est sa mission : favoriser l'élection de candidats susceptibles de disparaître avant d'être reçu afin que le 32 reste le fauteuil de Maurice.

La tche peut paraître impossible tant est élevé le nombre de ceux impatients de s'y glisser. Mais non, l'opération s'accomplit d'elle même. À peine élu, Alain Robbe-Grillet meurt. Se présente alors un certain Simon Sonnay qui ressemble comme deux gouttes d'encre à François Weyergans.

Pour se faire élire, il envoie des lettres que Paris murmure être un hommage irrésistible à la vanité du commun des immortels soudain inondé d'une pluie équatoriale de compliments. Et ça marche : il est élu.

Tout comme marche à merveille l'intrigue de Nathalie Rheims. Attention, je vous préviens, elle ne fait pas de cadeaux aux VIP littéraires qui tournaient autour de son père. Ses phrases tombent comme des gifles sur quelques gloires contemporaines plus habituées à l'encens de la critique qu'à cette ironie assassine.

Mais pas de panique : si les méchanceté sans scénario son comme des dents sans émail, Nathalie Rheims est très à l'aise dans le genre fantastique. Le récit avance vite entre perfidies parisiennes, "Da Vinci Code" et apparitions de fantômes.

La narratrice a beau être un véritable hérisson dont chaque portrait pique, elle décrypte des messages, lit des grimoires anciens,interprète des dessins énigmatiques et, pour finir, résout son enquête en traçant le portrait le plus attachant et le plus tendre de son père.

Gilles Martin-Chauffier, le 16 juin 2011.

NDLR : La photographie de Fantômette assise dans le fauteuil 32 sur le Pont des Arts devant l'Institut est de KHANH RENAUD pour LE POINT.

jeudi 16 juin 2011

1623. Les Fantômes de Mr Bill de Alexandre Mathis par Henry Zaphiratos

lecturepourtous.

C'est un livre étonnant et remarquable qui nous plonge dans le monde du cinéma, de la psycho, de la presse et de la terrible réalité de crimes commis en 1959.

L'auteur a fait un travail considérable pour nous restituer la vie d'un quartier célèbre de Paris, Pigalle-Clichy, avec ses boîtes de nuit, ses marlous, ses bistrots, ses hôtels borgnes, ses salles de cinéma, les films qui s'y projettent pile cette époque-là, en suivant la trace d'un psycho qui passe à l'acte pour se faire un nom.

C'est une oeuvre dense, mais aisée à lire, à découvrir comme une enquête reconstituée avec le recul du temps, la masse de documents à trier, chronoliser, étayer. L'auteur a fait un travail de bénédictin, et le résultat un livre remarquable sur un jeune mythomane, qui, comme le Lacenaire au XIX siècle (personnage fameux des "Enfants du Paradis" de Marcel Carné (rôle de Marcel Herrand)) veut devenir à tout prix célèbre.

Les deux s'enfoncent dans le crime. Mais M.Bill, en réalité Georges Rapin, à la différence de Lacenaire, est un garçon d'une famille aisée-riche, habitant les beaux quartiers et qui veut se faire un nom.

Il hante les cinémas, veut devenir acteur, et dans un premier temps les Cours d'art dramatique, donne la réplique, mais fasciné par les caïds des films veut s'encanailler, "passer pour" un vrai caïd, un chef de clan... et pour cela hante avec ses bagnoles les trottoirs, les cinémas, les boîtes de nuit chaudes de Pigalle, ses péripatétitiennes... joue au dur avec les barmaids, dont l'une, Dominique, tombe dans ses bras, sans trop croire à ce qu'il prétend être... Du scénario qui se déroule sur l'écran, il passe à la réalité, et écrit une histoire sanglante...

Ce qui est fascinant c'est l'aveuglement des parents, qui lui paient un bar... etc.

De la descente par jeu, cela tourne à la psycho...Il rentre dans la peau du personnage, crne, joue au dur, devient un dur, un vrai criminel...

Ce livre raconte toute cette trajectoire, tel un grand roman américain, avec tous les documents du moment, l'enquête de la police, du commissaire Chaumeil, du juge d'instruction... De l'affabulation à une réalité sanglante... Mais l'auteur donne à ces drames une réalité presque métaphysique. C'est un jeu presque "intellectuel" comme dans le cas de Lacenaire.

Et dans cet ensemble, l'auteur décrit, énumère tout le cinéma de cette année-là avec les films qui passent dans les salles du quartier, ou de Paris... avec des acteurs et des réalisateurs célèbres : Truffaut, Mylène Demongeot, Belinda Le, Jules Dassin, James Dean...

Un vrai travail à la Zola, sur un rythme haletant.

Henry Zaphiratos, le 16 juin 2011.

1622. Ma mère est humoriste de Carla Demierre par Éric Loret dans LIBÉRATION.

Une femme qui dit ou écrit : "ma mère", en général, ça va mal, (comme un homme qui écrit "mon père"), à fortiori si elle est humoriste : "Ma mère a vraissemblablement trouvé mon corps dans son corps en pissant sur un bton." Ouille.

Même son de cloche auprès d'autres proches : " Après plusieurs années sans se voir, ça se passe plutôt bien quand je rends visite à ma tante. Même si un peu plus tard, au téléphone, elle m'accuse d'avoir bouché ses toilettes."

Résultat : "On pourrait corser sa psychanalyse ou/et ses vacances - sans en accroître la difficulté ni multiplier les facteurs d'échec - en remplaçant sa famille par une famille de psychanalystes."

Heureusement, la littérature, c'est la rature et "je me souviens des stylos effaceurs que nous utilisions à l'école primaire." Composé de blocs de textes rassemblés par thèmes en anaphores, les pensées drôles de la fille dont la mère était humoriste permettent de composer sa propre autobiographie dans l'ordre choisi.

Éric Loret, le 16 juin 2011.

1621. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims Pierre Vavasseur dans LE PARISIEN / AUJOURD'HUI en France.

Académie française : maudit fauteuil 32...

L'écrivain François Weyergans, Prix Goncourt 2005, accédera aujourd'hui au fauteuil 32 de la Coupole. Un auguste siège poursuivi par une étrange malédictioN. Bon, dès cette nuit, si un nouveau coup du sort ne vient pas gcher la fête, l'académicien Maurice Rheims, décédé le 6 mars 2003 à l'ge de 93 ans, va enfin pouvoir dormir sur ses deux oreilles.

Voilà huit ans que le grand historien d'art et écrivain (La Main, La Vie étrange des objets) a le sommeil contrarié. Un immortel — surnom des membres de l'Académie française —, en effet, ne peut correctement reposer que si son fauteuil est occupé. Or le sien, le 32e sur les 40 de la docte assemblée, est vacant depuis sa mort…

Il revient à François Weyergans, 69 ans, Prix Goncourt surprise en 2005 pour « Trois Jours chez ma mère », de relever le gant. Sur son épée d'académicien, héritée de Maurice Béjart, l'écrivain franco-belge a fait graver une maxime vertigineuse : « Plus je pense, plus je pense. » Il y a de quoi penser en effet…

Le 32e fauteuil, objet d'une étrange malédiction, n'est pas un siège comme les autres. Ses occupants y sont morts plus souvent qu'à leur tour. L'un d'eux, Louis-Simon Auger, a même choisi la passerelle des Arts, qui donne sur la Coupole, pour se jeter dans la Seine en 1827.

Cette scoumoune historico-littéraire a fini par inspirer en 1909 à Gaston Leroux — auteur du « Mystère de la chambre jaune » — un roman mi-polar, mi-fantastique dans lequel un certain Gaspard Lalouette, marchand d'art de son état, mène une enquête fouillée sur ces drames en rafales. Là-dessus, Leroux a rendu l'me à son tour. Sans que cesse la série noire.

Le prédécesseur de Maurice Rheims, Robert Aron, est mort cinq jours avant de s'installer au fauteuil 32. Puis Alain Robbe-Grillet, élu en 2004, fit tourner en bourrique Mme le secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d'Encausse, en refusant tout : porter le costume et écrire le traditionnel discours en l'honneur du disparu. Jusqu'à ce que, en février 2008, son intronisation approchant, le pape du nouveau roman disparaisse à son tour…

A qui, dès lors, ce siège éjectable? Planqué dans le peloton des prétendants, François Weyergans envoya une rafale de lettres à ses futurs pairs de l'Académie et enleva le job en 2009. Là-dessus, plus de nouvelles. Au point que la secrétaire perpétuelle lui imposa un ultimatum : Weyergans avait jusqu'au 16 juin pour rendre sa copie…

Passablement agacée elle aussi, Nathalie Rheims, fille de Maurice, vient de signer, sur cette histoire qui dépasse la fiction, un roman* à la fois très documenté et très amusant qui reprend toute l'affaire en décryptant « Le Fauteuil hanté » de Gaston Leroux. Il y est à peine fait mention du costume que portera le nouvel immortel. Et pour cause : signé de la couturière Agnès b., il n'était pas fini hier.

Là, c'est du pur Weyergans et il n'y a pas mort d'homme.

Pierre Vavasseur, le 16 juin 2011.

1620. Signature d'Émile Soulier à Paris

Émile Soulier vous accueille pour une signature de son livre Incertaine à Paris,
à la librairie l'Arbre à Lettres, mercredi 29 juin à partir de 19h,
14, rue Boulard, 75014 Paris

mercredi 15 juin 2011

1619. Renaud Czarnes invité de Nathalie Piolé sur TSF Jazz le mercredi 1er juin

Un passant ordinaire
Lorsqu'un ancien journaliste de Jazzman, passé au échos, se penche sur la littérature, cela donne un premier roman réussit et tout en jazz. Dans Un Passant Ordinaire paru chez Léo Scheer, Renaud Czarnes nous plonge dans le quotidien d'un étudiant pas très studieux, batteur de jazz sans grand talent de son propre aveux, le tout avec Montmartre comme toile de fond et une triperie de la rue Lepic pour la couleur! L'humour et le jazz ne sont jamais très loin derrière les mots de Renaud. Il est notre invité ce matin!

Nathalie Piolé, les Matins Jazz, TSF Jazz en podcast

1618. Prochaines signatures de Renaud Czarnes pour ''Un passant ordinaire''

Renaud Czarnes vous acceuille pour deux signatures à Paris et une signature en province,

Le samedi 25 juin de 17h30 à 19h30, à la Lettre Ouverte,
213, rue de la Convention 75015

Le jeudi 30 juin de 18h30 à 21h, à la librairie l'Eternel l'Eternel Retour,
77, rue Lamark 75018 Paris

Le mercredi 6 juillet de 18h30 à 21h30 à la Librairie Musicalame
16, rue Pizay 69001 Lyon

1617. Nathalie Rheims, des livres émois.

DES LIVRES EMOIS,

"Le fantome du fauteuil 32" Nathalie RHEIMS, Le livre idéal pour la fête des pères !

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mardi 14 juin 2011

1610. Oublier Modiano de Marie Lebey par Gilles Herzog dans LA RÈGLE DU JEU.

OUBLIER MODIANO ?

Une jeune femme nommée Marie Lebey a écrit un petit chef d'Å“uvre, léger et grave. Cela s'appelle Oublier Modiano. Le titre est une belle trouvaille. Il semble parler tout seul. Et il ressemble tellement à du Modiano.

Marie Lebey vient des beaux quartiers de Paris, chers à Aragon, fille et petite fille de haute bourgeoisie, grand'père banquier, qui cachait son origine juive. Elle a passé son enfance entre un appartement interminable, square du Roule, près de la salle Pleyel, et un ancien monastère pour femmes d'une abbaye romane en Picardie, assez sublime, dans le village de Morienval.

Son père s'est tué dans un accident d'avion quand elle avait douze ans ; sa sÅ“ur Clara est morte à dix-sept ans, brlée vive sous un camion. Le jeune Sarkozy en était amoureux.

Marie fut mise en pension un an chez les bonnes sÅ“urs, puis devint gardienne de nuit dans un parking, à la Madeleine. Chaque week-end, elle confiait les lieux à une amie discrète, et partait rejoindre dans un palais clandestin de Téhéran le Shah d'Iran à la veille de sa chute. Elle avait dix-sept ans, il lui tint office de père.

1986, coupe du monde de football au Mexique. La France, grce à Rocheteau, dit l'Ange bleu, bat le Brésil en huitième de finale. Un match d'anthologie. Clouée devant son écran de télévision, Marie Lebey tombe amoureuse de l'Ange bleu, écrit un livre, Ballon de toi, pour le séduire à son retour du Mexique. De fait, ils auront trois enfants, dont un s'appelle Roméo.

Plus tard, elle passait ses vacances à Cabourg, il pleuvait, elle relut tout Modiano, découvrit que son frère à lui était mort quand il avait dix ans, que Modiano, à l'ge adulte, avait volontairement perdu de vue son père à jamais, un homme au passé trouble sous l'Occupation et qui, entre deux pensionnats, lui donnait rendez-vous uniquement dans les cafés (comme Georges Bataille avec sa fille).

Elle comprit que l'écrivain non plus ne s'était jamais remis de tout cela et qu'elle pourrait peut-être faire enfin son deuil à elle en exhumant les deux siens, jamais achevés, jamais derrière lui, deuils dont l'accumulation de ses livres, uniformes à leurs variations près, ne saurait venir à bout.

La machine (faire de la littérature avec de la vie, du miel avec du brut, et là, du vrai avec du vraisemblable, du Même avec de l'Autre) se mit en branle. Appareil photographique en bandoulière et tous les opus de Modiano en main, notre limier littéraire retrouva au Père Lachaise la tombe de Rudy, le frère emporté par une leucémie foudroyante l'hiver 1957, rencontra au-dessus d'Annecy le vieil abbé qui enseigna le français à Modiano, appliquant à celui-ci le traitement auquel lui-même aura continment soumis ses personnages, les pistant d'adresses vagues en adresses inconnues, d'hôtels de passage en lieux de transit, depuis La Place de l‘Etoile, paru il y a quarante ans, jusqu'à aujourd'hui : arpenter leurs brumes, explorer leur passé mystérieux, déchiffrer une histoire floue, ancienne, Atlantide urbaine qui se dérobe dans le temps, laisse des indices incertains et avive pour longtemps les blessures de la mémoire.

Bref, l'auteure, dans ce petit livre innocent, un brin retors et parodique, modianise Modiano. L'intéressé -la discrétion, l'effacement faits homme- le prit très mal. Lettre de son avocat à l'éditeur de Marie Lebey, arguant d'atteinte à la vie privée. On ne saurait prendre parti. Procédé romanesque, appropriation, vampirisation, substitution, mimétisme, calcul freudien ? Modiano, se mettant au rouet de lui-même, avait déroulé sur le mode neutre du Curriculum Vitae et du procès-verbal le fil de son enfance volée d'enfant résigné, perdant son frère, délaissé par un père aux activités troubles et une mère comédienne abonnée aux rôles médiocres, dans un livre froid et triste, Pedigree, paru il y a cinq ans.

Quant au mariage mystique au Ciel entre Rudy et Clara, que Marie Lebey, midinette métaphysique, se plait à rêver, qu'aura pensé Modiano de ce parallèle fantasmatique, pour le moins osé ?

Venons-en à Oublier Modiano. C'est un libretto drôle, primesautier, profond, tendre, alternant le futile, le fragile, l'éphémère et le tragique des choses passées qui ne passent pas, écrit par une éternelle écolière de l'existence, une fille-femme, feu follet un peu braque, comme elle se qualifie elle-même. « Seule la littérature, écrit en conclusion Marie Lebey, peut guérir une histoire d'amour. » C'est du Modiano au féminin, en plus gai, moins gris, plus rapide, sur l'air de « sans importance », avec des pleurs cachés dans un mouchoir. Mais peut-on « oublier Modiano », en faire ce porteur par procuration de sa propre douleur, le dépositaire des absents qui vous hantent, en faire cet écran entre soi et soi-même ? Ce livre, alors, serait un acte de foi.

Gilles Hertzog, le 14 juin 2011 pour La Règle du Jeu.

1615. Lolita ne vieillit pas de Julie Oyono (Juline B.) par Thibault Lodde (Tibo) pour La fille du rock

lecture : Lolita ne vieillit pas de Julie Oyono

Julie Oyono signe, après avoir longtemps blogué sur Internet sous le pseudonyme Juline B., son premier livre sous la forme d'un recueil de nouvelles aux Éditions Léo Scheer. Elle publie en parallèle des chroniques pour la presse féminine, notamment pour le magazine « miss ébène ».

Un recueil, au sens premier du terme est un rassemblement de dessins, de morceaux musicaux, d'actes ou d'écrits de diverses origines. C'est exactement dans cette optique que l'on perçoit celui-ci, une réunion de souvenirs « brefs ou longs, comiques ou graves, érotiques ou fantastiques, satiriques ou tragiques » comme nous en informe la quatrième de couverture.

On peut néanmoins trouver dans toutes ces nouvelles bien différentes un point commun d'importance qui les unifie : un style d'écriture rafraîchissant, direct et en même temps précis qui nous rend avide de lecture. Une fois la nouvelle entamée, on ne peut s'empêcher de continuer jusqu'à l'avoir entièrement dévorée.

Les histoires

On se retrouve tour à tour dans la peau de différents personnages :
- l'ancien amant d'une belle fleur qui semblait immarcescible avec qui il eut de torrides relations charnelles (que l'on peut lire ici);
- une femme transformée en théière qui découvre et nous fait découvrir les plaisirs de sa nouvelle condition ;
- un homme dégoutté de sa femme qui écrit à son beau-frère pour lui annoncer qu'il quitte sa sÅ“ur dans une lettre cinglante;
- une vieille dame qui, lors d'un mariage, se prend d'amitié pour une invitée et va lui conter ses relations ardentes avec les hommes;
- ou encore une jeune fille fétichiste, obsédée par ses mollets, qui construira sa vie autour de cette manie, à tel point qu'elle en deviendra psychologiquement dérangée.

De manière générale Julie Oyono aborde avec prouesse les relations sociales et charnelles qu'entretiennent les femmes et les hommes entre eux au travers de multiples exemples aussi divers qu'étonnants.

Après un premier livre si réussi, l'autrice s'attelle désormais à son second recueil de nouvelles qui, on l'espère, verra le jour prochainement. Dans un autre registre, une pièce de thétre est également en cours de réalisation. On ne peut que l'encourager à continuer hardiment son travail d'écriture pour nous enchanter une fois encore.

Tibo, le 13 juin 2011.

1613. Gourou de Camille de Casabianca, par Angie David

"La fiction précède toujours la réalité", cette maxime se vérifie sans cesse dans notre métier d'éditeur.

Les artistes, et a fortiori les écrivains, ont cette capacité de voir, d'anticiper les évènements, avant que ceux-ci ne se produisent.

Depuis le visionnaire Jules Verne jusqu'à Michel Houellebecq, qui prédisait dans Plateforme les attentats terroristes qui eurent lieu en Indonésie, en passant aujourd'hui par un de nos auteurs, Camille de Casabianca, qui dans son dernier livre, Gourou, roman enlevé sur les rapports dialectiques entre science et religion, a eu l'intuition d'un clonage révolutionnaire que l'actualité vient de confirmer.

Par l'intermédiaire de son héros, Paul, patron d'une société de recherches en génie génétique, qui se retrouve propulsé du jour au lendemain dans un ashram en Inde, où toutes ses convictions sont mises à mal, Camille de Casabianca a imaginé une solution inédite à la malnutrition dans le monde : une vache génétiquement modifiée capable de produire du lait maternel assimilable par les nourrissons humains.

Des scientifiques argentins ont effectivement réussi à concevoir une vache “avec deux gènes humains contenant les protéines présentes dans le lait maternel”.

Pour preuves, ces articles parus dans la presse ce mois-ci, dans FRANCE SOIR, LA DÉPÊCHE, MÉTRO, ou encore sur RTL.

Alors que Gourou est sorti en librairie le 13 avril... Dans le roman, la vache “sacrée” s'appelle Carlotta, dans la réalité, elle s'appelle Rosita. Ça ne s'invente pas!

NDLR. Ce billet nous est envoyé de La Rochelle par Angie David, doublement intéressée par le sujet : 1) en tant qu'éditrice de Camille de Casabianca et : 2) en tant que bientôt maman d'une possible future cliente de Rosita ou de Carlotta. Ça ne s'invente pas non plus.

1612. Emmanuel Tugny par Claro

C'est l'heure de La Pérouse!

Emmanuel Tugny, dont on avait lu les précédents textes parus chez LaureLi sans être tout à fait certain d’en suivre les arcanes baroques et la geste fantasque, revient en force avec ce récit qui nous transporte – au sens mystique et historique – à la fin du dix-huitième siècle, et met en scène un La Pérouse échoué dans les îles Salomon, ayant enfin trouvé, non ce que ce bon vieux Louis XVI lui avait demandé, mais autre chose : l’autre chose, qui est la vraie vie, qui est ailleurs, qui est l’éternité retrouvée, et aussi, sans doute, la mer allée avec le soleil. Ces échardes rimbaldiennes ici enfoncées ne le sont pas par hasard, car Tugny écrit entre autres à l’ombre du voyou de Charleville, tout comme sa phrase émarge au Livre des Livres.

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1607. Le Fauteuil hanté de Gaston Leroux. Premier épisode : La mort d'un héros.

À l'occasion du centenaire de sa publication en livre broché, en attendant la réception sous la coupole du 16 juin, et toujours au service de la littérature, nous mettons en ligne le premier épisode du Fauteuil hanté, célèbre feuilleton de Gaston Leroux.

Les épisodes, à lire en poche ou sur le Net : 1) : La mort d’un héros, 2) Une séance dans la salle du Dictionnaire, 3) La boîte qui marche, 4) Martin Latouche, 5) Expérience n° III, 6) La chanson qui tue, 7) Le secret de Toth, 8) En France, l’Immortalité diminue, 9) En France, on trouve toujours un citoyen de courage et de bon sens pour faire honte, par son exemple, à la foule stupide, 10) Le calvaire, 11) Terrible apparition, 12) Il faut être poli avec tout le monde surtout à l’Académie française, 13) Dans le train, 14) Un grand cri déchirant humain, 15) La cage, 15) Par les oreilles, 16) Quelques inventions de « Dédé », 17) Le secret du grand Loustalot, 18) Le triomphe de Gaspard Lalouette, 19) Le triomphe de Gaspard Lalouette...

Voici le premier épisode : La mort d'un héros

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lundi 13 juin 2011

1609. Oublier Modiano de Marie Lebey par Christine Marcandier sur MEDIAPART

Après l'entretien réalisé en mars 2010 avec le grand écrivain français par Sylvain Bourmeau, le site MEDIAPART publie un article de Christine Mercandier consacré au livre de Marie Lebey, à lire en écoutant la ''Ballad of Lucy Jordan'' de Marianne Faithfull.

Oublier Modiano

Ça commence comme une carte postale, postée avec retard, sous le signe de la nostalgie. Cabourg. Proust, Colette – mais pas l'écrivain, la bonne, dite Reine des pommes, quand la narratrice trouve refuge dans sa chambre, de bonne, pour «dévorer sa collection de romans-photos». Écrire un temps perdu, pour mieux le retrouver. Écrire sous le signe de Proust, et de Modiano surtout, lu, aimé, approprié:

"Lors d'interminables vacances à Cabourg, j'ai relu tous vos livres. Cela a été un éblouissement. À l'époque je m'ennuyais un peu dans la vie. Pour occuper mon temps libre, j'ai décidé de photographier chaque lieu mentionné dans votre Å“uvre, et j'ai acheté un appareil". Drôles de voyages, Paris, les bords de Marne, Milan, Londres, Annecy, Tanger… Archéologue d'une Å“uvre admirée, enquêtrice, limite invasive.

Dans Oublier Modiano, titre antiphrastique, Marie Lebey mêle des souvenirs de l'homme, de ses livres et son enfance à elle, ses deuils, ses amours perdues. Le point commun ? la fantaisie, la nostalgie, la poésie, avec un sens du détail incongru et fantasque proprement réjouissant. Comme cette rencontre entre Dominique Rocheteau et Lucette Almanzor, l'Ange vert et la veuve de Céline, dans une tribune du Parc des Princes.

Le loufoque qui donne naissance au doux-amer. Marie Lebey procède par additions de détails. Un ne pas oublier, comme un myosotis, qui joue d'un passé (re)composé, d'une mélodie entêtante. Un centon, Modiano, comme le refrain d'une ballade – celle de Lucie Jordan – partout sa silhouette obsessionnelle, comme «un opium délicieux». Il demeure secret, ainsi à Biarritz, «comme à chaque fois que je m'approche d'une des maisons où vous avez vécu, elle se recroqueville sur ses secrets».

«Roman» dit le sous-titre d'Oublier Modiano, pourtant c'est le réel qui est ici brassé, réécrit – au grand dam de l'auteur admiré qui s'est déclaré «profondément choqué» par les inventions romanesques de Marie Lebey autour de la mort de son frère Rudy en 1957 – mais si elle donne «l'impression de regarder la vie du haut d'un escabeau» c'est pour «cacher» sa «mélancolie». «Échafaudage indispensable pour atteindre un peu de moi». Traces en cas de démolition. «La seule vérité qui compte est celle qui se blottit au creux de nos souvenirs».

Christine Marcandier, le 13 juin 2011, pour MediaPart.

dimanche 12 juin 2011

1608. Serge Safran, éditeur.

Mon but est d'élargir et enrichir la littérature française

Rédigé par Adrien Aszerman, le samedi 11 juin 2011 à 11h14 : Entretien avec Serge Safran, éditeur, à l'occasion du lancement d'un label sous son nom propre

Pourquoi avoir décidé de lancer votre label ?

J’éprouvais ces derniers temps un besoin de renouveau, de renaissance et de résurrection. Je me suis fixé pour objectif de publier au départ des auteurs inconnus, de découvrir de nouveaux territoires et d’aller vers la jeunesse. En distinguant ma production personnelle de celle de Zulma, dont la politique est de « publier peu pour publier mieux », je veux pouvoir ouvrir la porte à davantage d’auteurs français.

Quels liens gardez-vous avec Zulma ?

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samedi 11 juin 2011

1606. Morningside Park de Jean-Clet Martin / Le dernier testament de James Frey.

Deux romans à paraître, signés James Frey et John Niven, montrent à quoi pourrait faire penser Jésus pris en notre temps. Curieusement les deux messies sont de New York cherchant leur salut dans la drogue et le spectacle.

Comment expliquer que le Christ de Morningside Park, roman publié chez Léo Scheer, vive également à New York alors qu'il s'agit historiquement d'un être du désert s'imposant au monde à partir d'une région perdue?

Comment comprendre que New York, ce nouvel empire de l'argent et de la morale la plus intransigeante, ait pu servir de toile de fond au retour d'un Christ en trois versions différentes qui s'ignoraient complétement? S'agit-il, comme pour les évangiles, du triple témoignage d'une même révélation? Quel est le paradis escompté depuis une ville dressée vers le ciel comme ferait une nouvelle Babel? S'agit-il de la figure d'un antéchrist et de trois apôtres à lire ensemble?

Si les "Jésus" de James Frey et de John Niven sont plutôt issus du déchet, "Christ-rebuts" au sein de ce que la cité moderne comporte comme marges, le mien sera issu de la ville devenue électronique et virtuelle, vitrifiant les événements sur les immenses tours de Manhattan.

Il ne s'agit pas du désert certes, mais de cette région encore inexplorée que constitue "l'image virtuelle". Le Jésus de Monrningside Park est un Christ conçu in vitro, à l'image des façades dont le miroir au-dessus de "Times Square" absorbe la réalité devenue électronique autant que plastique. Comment sauver ce monde nouveau que l'architecture du verre rend possible en donnant aux écrans le pas sur la réalité ?

Il sera donc question d'hallucination, de l'hallucination comme prophétie, lorsque Marco (étudiant en théologie) découvre dans les bibliothèques le testament du Christ en celui de Judas: Judas sans lequel Jésus n'aurait pas été crucifié et sans lequel il n'aurait su ressusciter comme cela est écrit.

Mais cette mise en miroir des deux visages ne se superpose que sous le regard d'un Marco délirant, perdu dans l'opium et la vie mondaine. A côté de Marco, Christian - Chris pour les intimes - nettoie les vitres, en altitude. Il ne sait plus bien si le paysage est derrière ou devant lui et son visage semble ne plus lui appartenir. Comme en apnée, difficile de dire où sont le haut et le bas, l'avant et l'arrière. Alors l'identité du personnage n'est pas donnée et Chris comprend progressivement que sa mémoire est faussée, un peu comme les vitres qu'il nettoie. Il est né d'une insémination artificielle, in vitro. Déjà le mot me plait bien : in vitro. Dans les vitres… naitre dans les vitres. Le père qu'il croyait avoir, et dont l'a affublé sa mère, n'ayant donc jamais existé...

Sa vie est comme un roman ourdi par sa "mère porteuse" qui elle-même n'avait pas les moyens génétiques de le concevoir. Elle sera la romancière de sa vie. La vie est écriture, révélation d'un évangile qui n'est pas vrai et où il serait difficile de faire la part de la mémoire et de l'imagination. C'est d'ailleurs assez compliqué de savoir si les images du passé existent autrement que les images de l'imagination. Chris va réaliser ainsi que sa conception aura été immaculée, redevable à un ange (ou une seringue). Comment se raconter, comment conquérir une identité lorsqu'on n'a pas de père et que la mère est seulement porteuse ?

Il faut supposer un sacré récit pour créer une image de soi dans de telles conditions, un peu comme si toute vie était une narration, une fiction… Problème d'une identité qui n'a pas vraiment de généalogie et qui va trouver dans ce qu'on lui raconte de sa naissance le roman de sa propre vie, plus fort que les vicissitudes familiales.

C'est cette absence de généalogie qui fonde finalement la foi quand la mémoire devient électronique et la vie artificielle: paradis artificiels de l'informatique qui est comme une traversée du désert au sein de la ville.

Peut-être faut-il bien reconnaître alors que Morningside Park est un roman qui partage avec celui de James Frey un souci du détail, un écriture dont les mots sont comme des pixels ou des "mots-poussières" pour dire les taches d'une matière parfaitement transparente mais que la vie éclabousse du sang des visionnaires… Car il y aura bien un meurtre dans la ville... un calvaire dont la Création est elle-même issue.

J-C.Martin, juin 2011.

PS : Bréviaire de l'éternité, Jean-Clet Martin dans Les Strass de la philosophie...

Sur France Culture : Semaine DELEUZE sur Les nouveaux chemins de la connaissance du Lundi au Vendredi 17 juin à 10h avec Pierre Montebello, François Zourabichvili, Monique David Ménard, Arnaud Bouaniche...

Rapaël Enthoven recevra Jean-Clet Martin le vendredi 17 juin pour une variation autour de DELEUZE.

Il sera également l'invité d'Adèle Van Reeth au Journal des Nouveaux Chemins pour ''Bréviaire de l'éternité -Vermeer et Spinoza'' (Ed. Leo Scheer), un portrait de Spinoza sous les traits de L'Astronome .

1605. Oublier Modiano de Marie Lebey (suite) par Sébastien Le Fol sur son blog du FIGARO

Dans son article :

Modiano, PPDA et les autres : la littérature dans le prétoire,

Sébastien Le Fol revient sur la lettre que nous avons reçue du Conseil de Mr Patrick Modiano :

On ne parle plus beaucoup des livres à la télévision : la vie littéraire s'est déplacée dans les prétoires. Si Pivot lançait aujourd'hui une émission, il ne l'appellerait pas « Apostrophes » mais « Plaidoiries ». Le « Lagarde et Michard » serait rebaptisé le « Lagarde et Dalloz ». Cette semaine, à la 17e chambre civile du Tribunal de Grande Instance de Paris, juges et avocats décortiquaient le roman de PPDA, Fragments d'une femme perdue. Il ne s'agissait pas de savoir si ce livre méritait de figurer dans la sélection d'été du prix Goncourt. Non. Une ex petite amie de PPDA s'est reconnue sous les traits de son héroïne. Elle accuse le romancier d'avoir plagié (entre autres) ses textos enflammés. Des constats d'huissiers ont été produits. Une bonne histoire pour l'ex prix Vaudeville.

Si les muses et les pygmalion se mettent à traduire en justice leurs (ex) amants écrivains, il ne va pas rester grand-chose de la littérature amoureuse. N'est-ce pas Jean-Paul Enthoven, Jean-Marie Rouart et Philippe Sollers? La fiction, c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux pour noyer un chagrin d'amour ou assouvir une vengeance. Entendons-nous bien, sans troubler l'ordre public.

Quelques semaines avant l'affaire Poivre, c'est l'avocat de Patrick Modiano qui adressait une lettre à l'éditeur Léo Scheer. L'auteur de la Place de l'étoile n'a pas du tout apprécié l'essai enamouré que lui consacre Marie Lebey, Oublier Modiano. Présenté comme un « roman », cet exercice d'admiration mêle la vie de son auteur avec celle de l'écrivain. Lebey prête à Modiano des souvenirs et des sentiments : procédé classique. Ce n'est pas de l'avis de ce dernier qui y voit une atteinte à sa vie privée. Imagine-t-on Drieu La Rochelle envoyer son avocat à Aragon après la parution d'Aurélien ? Ou les filles d'Hemingway demander l'interdiction du dernier Woody Allen sous prétexte que leur père y est malmené ? Aux dernières nouvelles, il ne devrait pas y avoir de procès Lebey-Modiano. Remise de peine.

Sébastien Le Fol, le 11 juin 2011.

vendredi 10 juin 2011

1604. Vacances d'été d'Emmanuelle Heidsieck par Alexandre Fillon, coup de coeur du FIGARO MADAME

TROUBLANTES RELATIONS ENTRE UN MAÃŽTRE DE MAISON ET SON GARDIEN.

La Castellane se trouve en Provence. C'est à la fois le nom d'un lieu-dit et celui d'une maison dotée d'une grande piscine.

Élisabeth l'a achetée avec son premier mari. Elle a divorcé, épousé ensuite François, mais a conservé le mas du début du XIXe siècle.

Très discret, Pierre-Olivier, le nouveau gardien, est absolument parfait. Il sait à la fois jardiner, bricoler et chasser le sanglier.

François ne tarde pas à passer plus de temps avec lui qu'avec Élisabeth, les enfants ou les divers invités venus profiter du soleil.

Emmanuelle Heidsieck continue à croquer la haute société avec mordant et finesse. Aussi douée pour le portrait acerbe que pour les dialogues enlevés, la romancière distille pas mal de piment dans ses "Vacances d'été".

À savourer avant que commencent les vôtres.

Alexandre Fillon, le 10 juin 2011.

1603. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Jean-Paul Enthoven dans LE POINT.

PANIQUE À L'ACADÉMIE

Une malédiction plane sur le fauteuil du 32e immortel. L'inspectrice Nathalie Rheims mène l'enquête...

On ignorait encore que le Quai Conti bordait le Nil, voir les Enfers, et que le dieu Toth, secondé par Osiris (dont le plumage, dit-on, était vert), se divertissait sous la Coupole de l'Académie française.

On ignorait également que, via Gaston Leroux, auteur d'un roman fameux sur le sujet, il était très périlleux de devenir un immortel dont le séant s'acoquinerait avec ce fauteuil 32 qui ne compte plus les défunts prématurés.

Le profane, peu averti d'ésotérisme, de numérologie ou de hiéroglyphes, y verra enfin plus clair grce à Nathalie Rheims - elle même fille de Maurice, immortel N 32 et homme exquis - dont les affinités avec le mystère n'ont plus de secrets.

Elle a donc brodé, autour de cette "malédiction" égypto-académique, une fable charmante qui n'aurait pas déplu à Louise de Vilmorin (qui, rappelons le, publia un roman, La Fin des Villavides, dans lequel un couple d'aristocrates décide de léguer sa fortune au "fauteuil" qui l'a adopté).

L'affaire concerne les ambitieux, les mondains, les vaniteux, les fantômes et, d'une manière générale, tous les amateurs de rébus ou de décryptage.

D'abord les faits, puisque la plupart des occupants du fatal fauteuil entretinrent une relation spéciale avec l'institution fondée par Richelieu : Robert Aron, élu en 1974, mourut cinq jours avant sa réception; son prédécesseur, Georges Izard, ne put s'y asseoir qu'une vingtaine de mois, ce qui équivaut à un battement de cil à l'échelle de l'immortalité; avant lui, le général Hippolyte Langlois ne profita que sept mois du fauteuil 32 tandis que, plus amont, Alfred de Vigny, élu après quatre candidatures infructueuses, y fut (pour "insolence") mis en quarantaine - ce qui ne surprendra pas de la part d'une Compagnie qui compte quarante membres.

Plus près de nous, Alain Robbe-Grillet refusa si obstinément de porter l'habit vert et l'épée, qu'il mourut avant son éventuelle réception. Il y a peu, enfin, le facétieux François Weyergans arracha à la hussarde le fauteuil 32 et devrait prononcer, le 16 juin, l'éloge de Maurice Rheims. Mais vu la réputation saturnienne et procrastineuse du romancier - il a de surcroît déclré son intention de traiter son prédécesseur en "personnage de fiction" -, qui jurerait que les choses s'accompliront comme il se doit ?

Or le fantôme de Maurice Rheims, un brin narcissique, a besoin qu'un vibrant éloge le libère. Sa fille, Nathalie, a donc choisi de reprendre en main la situation. Et elle s'y prend à sa manière...

Babils et coups bas.

Sa manière ? Drôle, pleine de grigris, de bagues signées Codognato, de magie noire ou rose, d'exorcistes, de revenants, de décadents. Avec, en fond de décor, une foule de pontifes sous pseudonymes parmi lesquels il sera facile d'identifier François Nourissier, Marc Fumaroli, Pierre Comescot, Erik Orsenna, Houellebecq - alias "Chouchou" - et plusieurs autres, premiers ou second couteaux de la comédie littéraire.

L'intrigue se déploie entre Venise et le cap Corse. On y croise le Sr Péladan, Jean-Luc Delarue, une beauté hispanique, uelques momies à peine libérées par Adèle Blanc-Sec et, bien sr, le cher Gaston Leroux - dont Maurice Rheims expertisa la succession. L'ensemble se savoure comme on dîne en ville : entre bonnes manières, babils, coups bas et grincements de dents.

Puisqu'il serait indécent de dévoiler le fin mot de cette intrigue délicieusement improbable, signalons seulement sa morale : Ce "Fantôme du fauteuil 32" raconte l'histoire d'une jeune femme, Nathalie, qui adorait son père, qui est inconsolable de leurs jolies promenades vénitiennes, et qui ne se refuse rien pour prolonger son immortalité avec l'allégresse d'une Indiana Jones égarée entre grimoires, codex et petits-fours. Intrépide, elle veut à tout prix retrouver (le fantôme de) Maurice, reprendre le fil de leurs belles conversations interrompues, glorifier publiquement l'autodidacte et le héros qu'il fut.

Et elle exige que son éloge résonne sous la Coupole où ce grand séducteur s'amusa beaucoup au spectacle des petitesses humaines.

Jean-Paul Enthoven, le 9 juin 2011.

1601. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Christine Rousseau dans LE MONDE. (suite)

NATHALIE RHEIMS : "QU'IL FASSE OU NON L'ÉLOGE DE MON PÈRE, CET ÉLOGE EXISTE.

Christine Rousseau - Qu'est-ce qui vous a amenée à écrire ce roman ?

Nathalie Rheims - C'est une rage, une rage enfantine. Elle s'est déclenchée le jour où François Weyergans a déclaré que, dans son éloge, il ferait de Maurice Rheims un personnage de fiction. Certes, mon père était une personne romanesque, mais pas un personnage de fiction. Cela m'a blessée car, pour moi, cela revient à mettre la poussière sous le tapis. Cet éloge était une occasion de rappeler à la jeune génération le parcours de Maurice Rheims. Weyergans aurait pu prendre contact avec moi ou ses amis et ses collaborateurs. Il n'en a rien fait. Pourtant, nous avions noué des liens lors de la parution, en 2005, de Salomé chez Léo Scheer, notre éditeur commun. Je l'avais trouvé drôle, atypique et assez génial. Et puis, à la seconde où il a été élu, il a disparu. Cela fut d'autant plus blessant que mon père avait une grande passion pour cette institution qui a bercé mon enfance et mon adolescence.

C.R. - Pourquoi avoir choisi la farce policière ?

N.R. - J'avais envie de revenir à l'enfance à travers Gaston Leroux, dont les romans furent les premiers que j'ai achetés. Et puis, en relisant Le Fauteuil hanté, je me suis aperçue qu'il y avait une piste à suivre car, chez Gaston Leroux, la malédiction s'opère de trois manières : les candidats sont atteints au nez, aux yeux et aux oreilles. La bouche - et ce qui s'y apparente, à savoir l'oralité et le discours - étant libre, je me suis lancée !

C.R - Vous avez composé ce roman très vite pour qu'il soit publié avant la réception de Weyergans ?

N.R. - En effet, c'est un duel littéraire. J'avais envie de "régler son compte" à Weyergans. J'ai écrit ce livre en trois mois, à raison de huit heures par jour, avec le Requiem, de Mozart, dans les oreilles. Même si ce n'est pas un sentiment qui m'anime ordinairement, il y avait vraiment de la rage en moi. Me souvenant de cette phrase que mon père me répétait : "Rions, rions, tout cela n'est que littérature ", j'ai eu envie de faire un livre drôle.

C.R. - Grinçant, aussi, puisqu'il égratigne certains académiciens.

N.R. - Oui, encore que je ne soulève qu'un petit coin du voile. Pour ceux qui se sont reconnus et ont modérément apprécié, j'ai commis un crime de lèse-majesté. Hélène Carrère d'Encausse, quant à elle, a réagi avec bienveillance. Cette farce ne concerne pas seulement quarante personnes, car j'avais le désir de construire une fiction où j'évoque l'histoire de l'Académie, mais aussi de mon père. D'ailleurs, lorsque j'écrivais, je le sentais présent. Plus d'une fois les larmes me sont venues, car il me manque terriblement... Tout du long, je me suis dit : il y en a assez de cette histoire du fauteuil 32. Quoi qu'il arrive, que Weyergans fasse ou non l'éloge de mon père, cet éloge existe aujourd'hui grce à mon livre.

C.R. - Cette vacance de huit ans illustre-t-elle, selon vous, la crise des vocations que traverserait l'Académie française ?

N.R. - Avec mon père, je pense qu'une époque est morte et que l'actuelle peine à s'écrire. Cela tient au fait que toutes sortes de gens hybrides y sont entrés. Par exemple, je n'ai rien contre Yves Pouliquen, qui est un immense professeur de médecine, mais il n'est pas romancier ! Je me demande souvent pourquoi Philippe Sollers, Jean Echenoz, Patrick Modiano ou JMG Le Clézio ne sont pas à l'Académie ? Qu'est-ce qui fait qu'ils refusent ? Ont-ils peur d'être empaillés dans leur costume ? Ou bien craignent-ils d'être regardés comme au zoo ? Je ne sais pas. A l'époque de mon père, on se battait pour y entrer. Aujourd'hui, quand on observe ce qui s'est produit avec Weyergans, c'est une blague. Cela a débuté avant son élection. A la place des traditionnelles visites aux académiciens, il a écrit, aidé par son ami l'animateur Jean-Luc Delarue, quarante lettres plus flagorneuses les unes que les autres. Après avoir été élu, je pense qu'il s'est retrouvé comme un gosse qui se dit : "Mince, ça a marché, maintenant il faut y aller..."

Propos recueillis par Christine Rousseau pour LE MONDE DES LIVRES DU 9 JUIN 2011.

jeudi 9 juin 2011

1600. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Christine Rousseau dans LE MONDE.

"Rendra-t-il son texte, ou pas ?"

Chez les éditeurs de François Weyergans, romancier qui distille son talent au compte-gouttes, le refrain est connu. Depuis 2009, date à laquelle l'auteur de Trois jours chez ma mère (Grasset, Prix Goncourt 2005) a été élu à l'Académie française, on peut aussi entendre cette ritournelle sous la Coupole, où le secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d'Encausse, bataille depuis huit ans - un record - pour qu'un nouvel académicien prenne place dans le fauteuil 32, laissé vacant par Maurice Rheims, romancier et commissaire-priseur, mort en 2003. Lasse d'attendre et blessée, Nathalie Rheims, la fille de celui-ci, a décidé de mettre fin au suspense par la voie d'un roman drolatique et mordant, Le Fantôme du fauteuil 32. Elle anticipe ainsi de quelques jours le dénouement.

Contacté par Le Monde, François Weyergans n'a pas souhaité réagir. Or, face à ceux qui lui reprochent son retard, il aurait pu arguer, d'une part, qu'Edmond Rostand a été reçu en 1903, deux ans après son élection et, d'autre part, que l'Académie française, victime d'une hécatombe ces deux dernières années, a multiplié élections et réceptions. Quatre candidats ont été reçu avant Weyergans, retardant d'autant son entrée.

Jeudi 9 juin, donc, après deux ans d'attente et de reports, Weyergans devait enfin lire le discours qu'il prononcera le 16 juin lors de sa réception à l'Académie française. Plus qu'une répétition générale, ce "grand oral" met fin à un interminable feuilleton. Au-delà, il lève ce que certains nommaient déjà la "malédiction" du fauteuil 32.

Un passé tumultueux

Maudit, le fauteuil 32 ? Même les esprits les plus cartésiens vacillent, dès lors qu'ils étudient l'histoire de ce siège qu'aurait d occuper, avant François Weyergans, le pape du Nouveau Roman, Alain Robbe-Grillet. Mais voilà, ce pape avait refusé les rituels académiques. Sitôt élu, le 25 mars 2004, l'auteur de La Jalousie (Minuit, 1957) avait annoncé qu'il désirait être dispensé, comme les femmes et les abbés, de l'habit vert. Et, pour faire bonne mesure, qu'il ne soumettrait pas son discours à la compagnie, préférant improviser le jour de sa réception. Celle-ci ne vint jamais. L'intempestif Immortel étant passé de vie à trépas avant qu'une date ne soit arrêtée...

Funeste, ce fauteuil le fut aussi pour Robert Aron, prédécesseur de Maurice Rheims. Elu en 1974, l'historien devait être reçu sous la Coupole le 25 avril 1975. Hélas, six jours avant sa réception, comme l'a souligné Maurice Druon dans son hommage, "un mystérieux décret a voulu que le terme de la vie coïncide avec l'apogée".

Si l'avocat et homme politique Georges Izard parvint à s'accrocher deux ans à son siège (1971-1973), il n'en fut pas de même d'Hippolite Langlois. Auteur d'ouvrages de théorie militaire, celui-ci passa l'arme à gauche sept mois seulement après être entré sous la Coupole. A ce triste cortège, on ajoutera Louis-Simon Augier (élu en 1816) qui fut le premier Immortel à s'être donné la mort. Dans une tonalité moins dramatique, on remarque aussi qu'au long de sa singulière histoire, le "32" fut parfois un fauteuil éjectable. On pense au frère de Napoléon, Lucien Bonaparte : élu à 28 ans, il fut radié après avoir été proscrit à la Restauration par l'ordonnance du 21 mars 1816. Plus chanceux, Charles-Guillaume Etienne, élu au fauteuil 25 puis exclu en 1816, revint siéger en 1829 au "32".

A l'énoncé de ces quelques cas, on ne s'étonnera pas que ce fauteuil au passé sombre et tumultueux ait inspiré les romanciers. A commencer par Gaston Leroux, dont Le Fauteuil hanté (Le Livre de poche no 1591) fut publié il y a tout juste cent ans. Dans cette farce policière, Leroux imaginait l'Académie française en proie à une subite crise des vocations, suite à une série de morts touchant les candidats au fauteuil de Monseigneur D'Abbeville. Bien décidé à pourvoir ce siège maudit, le secrétaire perpétuel se met en quête d'un candidat, ft-il analphabète.

Si l'on ne peut guère établir de parallèle entre la situation actuelle et le roman de Leroux, il n'en va pas de même de la suite romanesque qu'en donne Nathalie Rheims. En 2007 déjà, attristée par l'attitude d'Alain Robbe-Grillet, elle écrivait dans Journal intime (Léo Scheer), à propos de son père : "Lui qui n'avait que son certificat d'études, juif, cancre (...) devenir académicien était son but ultime. (...) Pourquoi le priver de ce discours ?"

Si l'interrogation demeure, c'est dans une tout autre encre que la romancière a trempé sa plume pour composer un roman qui oscille entre le polar ésotérique - genre qu'elle affectionne - et la satire, qui déjà fait grincer quelques dents sous la Coupole. Il faut dire que Nathalie Rheims n'épargne ni les académiciens (on reconnaîtra notamment sous pseudonymes Michel Mohrt, Marc Fumaroli, Pierre Rosenberg) ; ni les deux candidats à la succession de son père, dont elle dresse un émouvant portrait. Ou plutôt un éloge avant l'heure. Manière pour elle de doubler Weyergans et de conjurer, par la littérature, la malédiction du fauteuil 32.

Christine Rousseau, le 9 juin 2011.

À suivre : Entretien avec Nathalie Rheims : "Qu'il fasse ou non l'éloge de mon père, cet éloge existe". et Cinq questions à NR.

1599. le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Mohammed Aïssaoui dans LE FIGARO LITTÉRAIRE. (suite)

Encadré dans la page consacrée au livre de Nathalie Rheims :

Comment mettre toutes les chance de son côté.

Dans Le Fantôme du fauteuil 32, Nathalie Rheims montre comment François Weyergans, alias Simon Sonnay, a séduit les académiciens au moment de sa candidature.

Sa méthode ? Écrire des lettres "si intimes et si élogieuses que personne ne prendrait le risque d'en transmettre une aux journalistes."

Page 215, la romancière donne l'exemple d'une missive dont le destinataire ressemble beaucoup à Valery Giscard d'Estaing. "Ainsi, dans sa lettre à un ancien ministre particulièrement connu pour l'inconsistance littéraire des trois romans qu'il avait publiés, Simon écrivait ceci : "La lecture de votre premier ouvrage, Le Pilier, fut pour moi un véritable choc existentiel. Je n'écrivais à l'époque que des chansons pour des amis, et lorsque je lus ce passage "Elle se tourna vers moi en baissant la tête et me regardant par en dessous (son fameux regard en dessous) elle me déclara que je la troublais terriblement, je me demandais ce qu'elles avaient toutes à s'acharner ainsi sur moi qui n'était, finalement, qu'un homme comme les autres", en lisant ces lignes bouleversantes, je compris que j'étais aussi un homme parmi tant d'autres, et cela me décida à entrer en littérature, à marcher dans vos pas."

Les petits secrets de l'Académie française.

Érik Orsenna a prêté quelques traits à Roger Tedeschi.

Paul Lombard, éternel candidat à l'Académie sous le nom d'Émile Romagne;

Alain Robbe-Grillet : Nathalie Rheims l'appelle Roudéanou.

François Weyergans est reconnaissable sous le nom de Simon Sonnay.

Mohammed Aïssaoui, le 9 juin 2011.

1598. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Mohammed Aïssaoui dans LE FIGARO LITTÉRAIRE.

DÉCRYPTAGE

Nous avons décodé le roman à clés de Nathalie Rheims.

Elle qui était aux premières loges, la petite Nathalie Rheims, pour observer les rouages de l'Académie française.

"J'avais dix-sept ans quand mon père fut élu à l'Académie. Je peux même dire que les souvenirs remontent à plus loin puisqu'il avait échoué lors d'une précédente tentative" raconte-t-elle. Et d'ajouter : "En fait, j'aimais beaucoup cette Compagnie, et j'éprouvais du plaisir à voir et à écouter ces grandes figures littéraires."

Elle les voyait à Venise, en Corse, et aux fameux dîners du dimanche soir organisés à Paris par son père, Maurice Rheims. Il y avait du beau monde...

Aujourd'hui, elle publie Le Fantôme du fauteuil 32, numéro du fauteuil sur lequel a siégé son père durant près de vingt sept années - élu en 1976, il est décédé en 2003.

C'est un roman à clés qui décrit, avec amusement, les petites histoires de l'Académie française et les jeux du milieu de l'édition.

Autant le dire tout de suite : toute ressemblance avec des personnages ou des situations existantes ou ayant existé... ne pourrait être fortuite. Parfois, la ficelle est grosse. Ainsi Michel Mohrt est-il nommé Michel Vivand. Érik Orsenna prête ses traits à Roger Tedeschi "dont la carrière ministérielle et politique à gauche constituait un handicap" mais qui fut pourtant élu à la surprise générale. Un peu plus loin, on apprend que celui qui était considéré comme un "gauchiste" doit son élection au fait de "n'être que dans la plaisanterie, la légèreté, les bons mots, ne jamais aborder les sujets qui fchent".

Marcel Roudéanou, dont l'activité principale consiste à voyager pour parler de lui - c'est pratique, explique-t-il, comme cela il n'a rien à préparer - n'est autre qu'Alain Robbe-Grillet, facilement identifiable en tant que "pape du nouveau roman". L'académicien Jean-François Mitaux, alias Jean-François Deniau, est, lui, décrit comme une sorte de James Bond à la française. Avec plus de cent livres publiés "sur tous les pays, toutes les guerres, toutes les tractations", cet ancien ministre prend parfois la fiction pour la réalité.

On aura deviné que sous Claude Meyrand-Ruel, "célèbre anthropologue", se cache Claude Levi-Strauss. Émile Romagne ressemble beaucoup à l'avocat Paul Lombard. Que lit-on sur lui ? "Ce célèbre avocat, qui avait rendu beaucoup de services à chacun, s'était déjà présenté à de nombreuses reprises sans succès, et ne comprenait pas le jeu mathématique dont il était la victime. Lorsqu'il additionnait les votes de ses amis ayant juré fidélité, il arrivait à quatorze voix, alors qu'à chaque élection, il ne dépassait jamais quatre bulletins."

Dans Le Fantôme du fauteuil 32, il est aussi beaucoup question de Simon Sonnay. Élu sous la Coupole, il a du mal à préparer son discours, l'éloge à Maurice Rheims. On songe, bien sr, à François Weyergans. L'écrivain serait, selon l'auteur, victime de "rétention littéraire" : "Cette rétention littéraire me paraissait liée au développement surdimensionné de l'ego de l'écrivain, à qui rien ne semblait assez prestigieux pour flatter l'image qu'il avait de lui-même, qui dans son cas était immense : on racontait que Simon Sonnay, souhaitait entrer directement dans la Pléiade. On pouvait désigner ce syndrôme comme une pléiodoplexie mutilante."

"J'ai voulu lever un coin de voile sur l'Académie, explique Nathalie Rheims. J'observais une forme de comédie humaine, avec des batailles d'ego... Pour écrire ce roman, mi-policier, mi-document, elle s'est inspirée de Gaston Leroux et son Fauteuil hanté, y ajoutant une note d'humour. L'auteur du Mystère de la chambre jaune imaginait l'histoire d'un fauteuil à l'Académie touché par la malédiction, et ne trouvait pas de titulaire...

Nathalie Rheims imagine, à la manière d'un Da Vinci Code, à travers un jeu de piste, que son père ne trouvera pas de successeur à son fauteuil - le numéro 32 -. Est-ce de la fiction ? À peine... Car depuis sa mort, personne n'a encore occupé ce siège maudit. Élu en 2004, Alain Robbe-Grillet n'a jamais daigné porter l'habit vert. Et jamais prononcé l'éloge de son prédécesseur, Maurice Rheims. François weyergans qui lui succède, devrait être reçu le 16 juin, mettant fin à cette "malédiction".

Mohammed Aïssaoui, le 9 juin 2011.

À suivre : Comment mettre toutes les chances de son côté. et Les petits secrets de l'Académie française.

1597. Oublier Modiano de Marie Lebey par Gilles Chenaille dans MARIE CLAIRE.

Les meilleures lectures de l'été : ***

En vacances à Cabourg, s'ennuyant ferme, elle décide de relire l'ensemble des livres de Patrick Modiano.

Plus tard, sans intention précise, elle achète un appareil pour aller photographier tous les lieux hantés par ses personnages etleur narrateur.

À Paris, en province et jusqu'en Angleterre et en Tunisie, cette traque poétique va durer des années.

Aujourd'hui, il en sort un texte où la vie personnelle de l'auteure - son mariage avec un footballeur célèbre, la disparition de sa soeur, la résurgence de son amour de jeunesse - se mêlent aux destins croisés des héros de Modiano.

C'est poignant, c'est délicieux.

Gilles Chenaille, le 9 juin 2011.

mercredi 8 juin 2011

1596. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Jérôme Dupuis pour L'EXPRESS.

NATHALIE RHEIMS a longtemps sauté sur les genoux de nos plus célèbres académiciens. "J'étais un peu leur mascotte" confie la fille de Maurice Rheims, lequel siègea sous la Coupole de 1976 à 2003.

De cette connaissance intime des arcanes du Quai Conti et, il faut bien le dire, de l'exaspération de voir le fauteuil 32, celui de son père, sans véritable occupant depuis huit ans, l'écrivaine a tiré un rocambolesque roman-feuilleton.

Elle y raconte l'étrange malédiction qui pèse sur les titulaires de ce fameux fauteuil 32. Oscillant entre roman à clefs très parisien - on croise des clones d'Amélie Nothomb, de François Nourissier ou de Robbe-Grillet - et quête ésotérique d'un manuscrit-palimpseste, Nathalie Rheims rend un double hommage enlevé à son père adoré et à Gaston Leroux, jadis auteur du Fauteuil hanté, roman ayant pour cadre le Quai Conti.

Non sans délivrer au passage un coup de griffe à François Weyergans, successeur de son père au "32" : "Sa rétention littéraire me paraissait liée au développement surdimensionné de l'égo de l'écrivain..." Nathalie Rheims ou Adèle Blanc-Sec sous la coupole.

Voilà huit ans que l'Académie française attend un successeur à Maurice Rheims ! Alain Robbe-Grillet n'avait pas voulu siéger. Et, depuis 2009, "FW" repousse sans cesse son intronisation. Le feuilleton devrait prendre fin le 16 juin. Du rififi Quai Conti.

Même notre président de la République s'en est discrètement amusé : François Weyergans a du mal à mettre un point final à ses romans, que ses éditeurs, patients et exaspérés à la fois, attendent souvent de longues années. Ce qui donne, en termes choisis, dans la lettre envoyée par Nicolas Sarkozy au romancier, le 27 mars 2009, pour le féliciter de son élection à l'Académie française : "Perfectionniste, vous n'hésitez pas, me dit-on, à écrire et réécrire le même paragraphe plusieurs fois, jusqu'à trouver les mots justes, ceux que vous avez rêvés et qui se dérobaient sous la plume..."

Oui, les mots de Trois jours chez ma mère se sont dérobés dix ans, avant de jaillir en quelques semaines et de mener Weyergans jusqu'au prix Goncourt 2005. Oui, apparemment, les mots de son discours de réception sous la Coupole se sont aussi un peu dérobés depuis son élection de mars 2009. Il aura fallu attendre 27 mois, là où l'usage en accorde plutôt dix, pour qu'une date soit enfin arrêtée : ce 16 juin, "F.W.", 69 ans, devrait être officiellement reçu au fauteuil 32 du Quai Conti. Les cartons d'invitation sont partis, agnes b, a confectionné l'habit vert, l'épée est terminée. Mais le discours ?

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1583. Oublier Modiano, correspondances et articles divers (suite).

Nous avions reçu le 9 mai dernier, une lettre recommandée du Conseil de Mr Patrick Modiano à propos du livre de Marie Lebey : Oublier Modiano. Voici la réponse que nous lui avons envoyée le 18 mai 2011 :

Lette recommandée avec avis de réception.

Maître,

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mardi 7 juin 2011

1594. Mo

Nous venons d'apprendre avec une grande tristesse la mort, samedi soir, de Mo, le coauteur, avec Hieros, d'un très beau livre paru il y a tout juste un an, Le Sexe fort. Ce dialogue intense et raffiné autour de ce qui aura été la passion de sa vie, le jeux SM, demeure un souvenir étrangement lumineux pour tous ses lecteurs. De même, le souvenir que Mo laissera à ceux qui l'ont connu.
Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille et saluons affectueusement Hieros, son ami et complice.

Voici comment il se présentait lui-même au début du livre :

Yul Brynner pervers, regard hypnotique de gros chat, maturité d’une soixantaine encore discrète, voix de basse à faire fondre les murs, il a commencé par être bras de fer chez les maos avant de devenir gant de velours dans le SM. Personne ne manie mieux la badine que lui. La révolution, il a finalement préféré la faire en petits cercles. Pour Hieros comme pour d’autres, c’est un père qui a toujours tout partagé : ses convictions, ses femmes, son expérience et son savoir.

Et voici comment le livre débutait :

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1595. ''Arthur Rimbaud et le foutoir zutique'', de Bernard Teyssèdre, dans ''La Quinzaine littéraire'', par Jean-Luc Steinmetz.

Lire l'article ici.

1602. Le voyage du poète à Paris de Serge Safran par François Eychart dans L'HUMANITÉ

LE DÉSARROI D'UNE GÉNÉRATION.

Le nouveau roman de Serge Safran s'attache aux illusions de la génération qui a suivi 68.

Avec son Voyage du poète à Paris Serge Safran présente une histoire assez simple, bien qu'elle foisonne de détails savoureux, une histoire d'un temps très proche puisqu'il se trouve juste derrière la porte de notre mémoire. La France est encore pour quelques mois sous le règne de Giscard mais le narrateur, Philippe d'Arcueil, qui se veut poète et l'est sans aucun doute, n'en a cure. Il quitte l'Ariège, où il a résidé dans une communauté avec l'insouciance d'une vie très bohème, teintée d'esprit soixante-huitard.

Tel Rubempré, il est en route pour Paris afin de s'y faire une position car il se croit promis à un bel avenir, du moins celui qu'à trente ans tout ambitieux s'autorise à espérer. Pourquoi pas ? Reste à savoir si ce genre d'opération est facile à mettre en Å“uvre malgré les appuis dont on peut disposer. En réalité, en Ariège Darcueil laisse avant tout Sandra, jeune lycéenne de seize ans très amoureuse, dont il a goté les faveurs avec avidité et envers qui il ressent, non seulement un attachement physique très fort, mais un sentiment complexe de possession.

Sandra est pour lui un ornement de luxe, voire de grand luxe, ce dont il se rend compte progressivement quand il est à Paris, mais elle n'a pas pour autant acquis le statut d'alter ego sans qui la vie dans sa plus grande ampleur serait impossible. Si leur aventure n'a pas tourné ainsi, c'est parce que Darcueil préfère être aimé qu'aimer, recevoir que donner. Sous des apparences d'autorité, c'est un faible inquiet et tourmenté, trouvant moins dans les autres qu'en lui-même ce qui lui permettrait de rayonner. En quittant Sandra il sait que la séparation altérera gravement leur relation et il affronte cette perspective avec une inquiétude qu'il croit pouvoir refouler par la présence d'amies et d'anciennes partenaires.

Comme bien d'autres qui ont cru que Paris est le lieu idoine pour être reconnu, Darcueil se retrouve condamné à attendre on ne sait quel miracle dans un petit appartement, taraudé par l'angoisse et la solitude. Ce ne sont pas les piges et le boulot de sondeur qu'il décroche qui sont de nature à provoquer son enthousiasme. Ses souffrances sont réelles, au point de l'amener à tter du chantage au suicide pour forcer la main des amis qui tardent à l'aider.

Quant à Sandra, lassée d'attendre, elle se trouve des compensations et ajoute la jalousie à ses problèmes. Dans ses moindres détails Le Voyage du poète à Paris montre comment Darcueil macère dans ses inquiétudes, ses fantasmes érotiques, ses calculs amoureux, ses doutes, sa mélancolie, comment il se débat dans des frustrations issues de son repliement sur soi, comment, finalement, il est victime de son égoïsme.

Avec ce court roman Serge Safran donne un portait douloureux mais beau d'une génération qui a connu les films de Godard et de Truffaut, la musique de Garland Jeffreys, d'une génération qui a cru que la vie s'ouvrait toute grande devant elle, qu'elle allait s'imposer à la société et qui finalement n'aura été qu'un jalon vers l'époque actuelle, avec ses destructions de valeurs sociales, sa frénésie d'égoïsme, son culte des gagneurs et son mépris des vies ordinaires – comme si une vie pouvait être ordinaire – son indulgence pour les puissants et la sévérité brusquement retrouvée dès l'instant qu'il est question des fautes des petites gens.

Le Voyage du poète à Paris est l'histoire d'une embellie qui a tourné en flétrissure.

François Eychart, juin 2011.

lundi 6 juin 2011

1593. Carla Demierre dans Le Courrier

Carla Demierre, à l'origine

par Claire Rufenacht

L’auteure genevoise manipule la langue, en véritable artiste, et joue à déstructurer autant la forme que le sens dans son deuxième livre Ma mère est humoriste.

Tout commence comme dans un feuilleté. Ainsi débute le travail de la mémoire, à la recherche de la matière compacte, vérité originelle qui guide la quête de Carla Demierre dans son deuxième ouvrage Ma mère est humoriste.
Le feuilleté, c’est l’empilement de couches ponctué de défauts qui créent des reliefs. Eux-même représentent les souvenirs, selon l’auteure genevoise. Et ce n’est pas de la tarte.... Ma mère est humoriste est un texte qui part de l’abstrait pour arriver au concret. Au fil des pages, le lecteur accompagne la narratrice dans son travail de reconstruction de la mémoire. Souvent périlleux, parfois tiré par les cheveux, le cheminement en vaut la peine. Un parcours proche de la psychanalyse, qui part d’un trou beige, passe par le corps de la mère, la surface antidérapante de la basane, pour retourner dans un trou. Au dernier étage d’un vieil immeuble du quartier des Grottes, dans la cuisine de Carla Demierre – son enfant endormi dans la pièce d’à côté –, l’accueil est chaleureux. Tout en douceur, elle se met à parler de son livre , moyen efficace de se mettre en retrait. L’idée initiale est d’aborder le sujet du rapport enfant-mère, mais en le diffractant. Voilà donc le fil rouge de l’œuvre, mais sans linéarité, comme quelque chose qui pousse du milieu.

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dimanche 5 juin 2011

1592. Lolita ne vieillit pas et autres nouvelles de Julie Oyono Par La Minute MAD

Sur le site de La Minute MAD, il est question du sernier livre de la Collection M@nuscrits des ELS, le recueil de nouvelles de Julie Oyono (Juline B.) Lolita ne vieillit pas.

Près du corps.

Les 5 nouvelles qui se trouvent dans Lolita ne vieillit pas et autres nouvelles, de Julie Oyono, aux éditions Léo Scheer, collection M@nuscrits, sont près du corps, elles parlent du corps... que le genre en soit fantastique, érotique, épistolaire, dramatique voire même plutôt comique ou ironique.

Plusieurs genre défilent en effet dans ce petit recueil.

On passe des souvenirs d'un vieil homme qui connu une jeunette peu farouche,

à l'histoire d'une femme métamorphosée en théière (à la manière en quelque sorte de Théophile Gautier),

à une lettre entre deux amis dont l'un à épousé la sÅ“ur jumelle de l'autre, et qui s'en est séparé,

pour enchaîner sur, au contraire, un mariage, où une vieille dame raconte une de ses conquêtes à une jeune inconnue,

pour arriver à une nouvelle plus longue, l'histoire d'une petite fille aux jambes superbes, qui devient obsédée par les jambes et plus particulièrement les mollets, surtout quand les siens deviennent, à l'adolescence, de plus en plus hideux... Une descente vers la folie presque poesque (c'est un sacré compliment venant de moi !)

Très bien écrites, très bien pensées, ces histoires sont les confidences de divers personnages, de tous ges, sur des moments plus ou moins longs de leur vie, des moments qui ne se dévoilent pas si facilement dans la vraie vie.

Mad, le 5 juin 2011.

1591. En librairie (U.D. Flammarion) : Schnock, la nouvelle revue de Laurence Rémila & Christophe Ernault.

Nous avons le plaisir de saluer la naissance de la nouvelle revue SCHNOCK, la revue des vieux de 27 à 87 ans dont voici le credo :

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1590. La crise est grande et Morad est son prophète.

L'auteur prophétique de La vérité sur la crise et de (...)Tout va exploser, poursuit son analyse de la crise économique avec ces deux nouveaux articles sur AGORAVOX, à lire attentivement après avoir pris un Xanax :

1) Le sauvetage de l’Europe ou l’art de presser le citron jusqu’à ce que les pépins craquent

2) La crise en Europe : "Le canard est toujours vivant" par un discret sauvetage des banques...

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vendredi 3 juin 2011

1589. Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims par Édouard Launet dans LIBÉRATION.

Le jeudi 2 juin 2011, dans sa rubrique "On achève bien d'imprimer" pour LIBÉRATION, Édouard Launet emboîte le pas de Gaston Leroux (Le fauteuil hanté) et de Nathalie Rheims (Le Fantôme du fauteuil 32) avec un ultime rebondissement.

ENTRE ICI MON FIFI.

Le 16 juin, François Weyergans sera reçu sous la Coupole. Comme le veut la règle, le nouvel académicien a été convié à l'Élysée par le président de la République, "protecteur" de la Compagnie. L'entretien a eu lieu lundi. Il a été bref.

Nicolas Sarkozy : Entre François. Pose-toi sur le fauteuil là. J'en ai juste pour une minute, deux ou trois conneries à signer et je suis à toi. Tu veux un Coca Zéro ?

François Weyergans : Non merci, monsieur le Présid...

N.S. (le coupant) : Appelle moi Nico. Détends-toi. Respire. Tu sais que t'es un peu verdtre ? (Sarkozy regarde Weyergans d'un air inquiet, puis il lui tend une des feuilles qu'il vient de parapher). Jette un oeil là-dessus, ça va te faire rigoler : c'est une convention d'échanges culturels avec les îles Fidji. Je fais vraiment un boulot à la con !

Le président pose son Mont-Blanc, appuie son menton sur ses deux mains réunies et plonge son regard dans celui de Carla, dont une photo trône sur le bureau dans un cadre argenté.

N.S. : Bon alors comme ça tu veux aller chez les croutons ? C'est quoi l'idée ?

F.W. : Eh bien, monsieur le Prés...

N.S. : Nico.

F.W. : Pardon. Pour moi comme pour tout écrivain de langue française, l'Académie est évidemment un symbole de ...

Le téléphone sonne. Le Président décroche.

N.S. : What's the fuck ! (Imitant Robert de Niro) You're talking to me ? Bon, Christine, j'ai pas le temps là, j'ai du monde. A plus. (A Weyergans) C'était Lagarde, elle me donne des cours d'anglais par téléphone. Tu disais ?

F.W. : Je disais que pour tout écrivain, l'Académie est...

N.S. (le coupant) : ...un truc super gavant. Je le sais, je me suis tapé la réception de Simone Veil sous la Coupole.

(Nicolas Sarkozy se lève brusquement et se met à déclamer)

N.S. : Protéger l'Institut de France, c'est protéger l'héritage moral de ce pays et c'est résister, mes chers compatriotes, à la dictature du présent, à la dictature de l'immédiat et, oserais-je dire, à la dictature de l'interchangeable où tout se vaut, où rien ne se mérite plus. Et bla-bla-bla. Qu'est-ce que tu fais samedi ? Avec Carla, on organise un barbecue à la Lanterne. Si ça te dis, viens avec ta, ou ton, enfin viens avec qui tu veux. Tiens, viens avec ton éditeur ! C'est qui ton éditeur ?

F.W. : Olivier Nora.

N.S. : Ah non, laisse tomber, il va nous plomber la soirée. Viens plutôt avec Jean-Luc Delarue. Comment il va, Sniffy ? Vous êtes encore copains ?

F.W. : Je ne l'ai pas vu depuis deux ans.

N.S. : Tu travailles sur quoi en ce moment ? Tu fais toujours des livres, hein ?

F.W. : Actuellement j'écris une grande saga qui se déroule entre Dubrovnik et Knokke-le Zoure. Cela débute en 1875 au moment où Zaslaski fonde à Odessa l'Union des ouvriers de la Russie méridionale, l'hiver est rude, la neige est abondante et ...

N.S. (se levant) : C'est gentil d'être passé. On se voit samedi, mon grand ?

Édouard Launet, le 2 juin 2011.

jeudi 2 juin 2011

1586. Venice Beach California de Joël Séria par Yann Moix dans LE FIGARO.

La cité des diables.

"Il a voulu entrer dans le lit et comme j'étais nue, il a voulu s'introduire en moi. Il bandait comme un forcené. Comme je me débattais, il m'a frappée à plusieurs reprises et Solange a voulu intervenir. Alors il s'est retourné contre elle et l'a cognée à grands coups de poing. Elle a voulu fuir mais il l'a rattrapée, il est sorti du lit et lui a écrasé une chaise sur la tête. Elle a perdu connaissance et elle est tombée par terre, inanimée. Puis il est revenu vers moi et a essayé de nouveau de me violer. Je le mordais partout. J'ai lutté, lutté et il allait réussir à me pénétrer quand je me suis mise à hurler de toutes mes forces. Alors ça l'a stoppé net et il a débandé."

La citation est longue, et je m'en excuse : mais ce passage contient un je ne sais qu'oi d'actuel qui confine, hasard du calendrier, à l'ironie. Toute ressemblance etc. Ce passage, extrait du beau roman de Joël Séria, Venice Beach California, Joël Séria, que je croise quelques fois au Caprice Café (12 Avenue Jean-Moulin, Paris XIVe), est un grand réalisateur à qui l'on doit un film culte, Les Galettes de Pont-Aven (1975) et un chef-d'oeuvre méconnu, Comme la Lune (1977) (1), où ses deux obsessions, le sexe et la trhison, sont fouillées dans tous les sens, auscultées dans tous les recoins.

Ce sont des films métaphysiques, très profonds,très fins : et qui ont l'élégance de se présenter sous une forme burlesque, boursouflée, "comique". On lui a longtemps reproché : mais depuis quelques années, une nouvelle génération redécouvre cette oeuvre qui doit davantage à Alfred Jarry ou à André Breton qu'à Audiard (malgré les apparences).

Dans Venice Beach California, les vieux démons reviennent : le narrateur emménage avec sa femme Lydia, actrice de ses films et magnifique poupée, et sa fille, à Los Angeles. On lui fait miroiter des contrats. Un producteur promet à la belle Lydia un avenir de star. Mais le cauchemar est au bout : c'était pour la sauter.

Le roman décrit la montée du malaise, par d'imperceptibles touches, par d'infinitésimales sensations. dans un style délibérément plat (qui contraste avec la verve démentielle des dialogues de ses films), mais une manière définitivement subtile, Joël Séria parvient, mieux que nombre d'écrivains "professionnels" à rendre la platitude (justement) de cette Californie dont je ne comprendrai jamais, pour ma part, qu'on puisse y passer plus de deux heures.

Tout est là : les requins et les piscines,les années 1970, les Bee Gees, les tubes affligeants de Billy Joel et le soleil indifférent, toujours identique, qui tape sur Sunset Boulevard, Canon Drive, Santa Monica. Drogue, lesbianisme, violence, soirées, acteurs en vogue, midinettes à rollers, pantalons blancs, partouzes, photographes foireux, bimbos vaporeuses, vieilles sorcières, profs gourous, attardés d'UCLA : Séria, toujours économe et clinique, n'oublie rien. C'est un roman de mirage comme il existe des romans d'apprentissage. Il y a un enfer de Los Angeles : ville glaciale sous canicule.

Les Éditions Léo Scheer, qui s'imposent de plus en plus, qui publient de plus en plus de romans atypiques et marquants, ont eu raison d'accueillir Séria en leur sein (c'est son sixième livre), avec son humilité attachante, sa simplicité, son humanité. À lire sur la plage. De Venice. Ou d'ailleurs.

SIGNÉ YANN MOIX, le 2 juin 2011.

(1) Ndrl des ELS : qui sera projeté le 7 juin 2011 à 20h, point d'orgue du bel l'hommage que lui rend le cinéma le Grand Action (5 rue des Écoles, Paris Ve), du 1er au 7 juin : "Sérial Séria".

1587. Oublier Modiano de Marie Lebey par Étienne de Montety dans LE FIGARO.

MODIANITE.

Une certaine Marie Lebey a écrit un livre (Éditions Léo Scheer) dont le sujet est Modiano et l'a envoyé à l'intéressé, l'assurant de sa totale admiration à son endroit.

Celui-ci a pris ombrage de la démarche, la jugeant intrusive et déplacée.

On le comprend. Marie Lebey semble touchée par un virus inquiétant, la modianite : elle voit Modiano partout. Pleut-il? On est dans un roman de Modiano. L'épicier est-il singulier? On dirait un personnage de Modiano.

Dans ce livre, Marie Lebey raconte largement sa vie, à la lumière de Modiano.

On apprend qu'elle fut la femme du footballeur Dominique Rocheteau, jeune vedette de l'AS Saint-Étienne à la fin des années 1970. On l'en félicite, même si le lien avec Modiano n'est pas avéré : à moins que Mme Lebey soit convaincue que Vestiaire de l'enfance fut écrit pour son mari.

Elle raconte ensuite qu'elle n'a eu de cesse qu'elle ne fasse connaissance de la veuve de Céline, Lucette Almanzor, allant jusqu'à sonner à la porte de sa maison de Meudon pour la voir. Serait-ce en hommage à ce lieu mythique que Modiano a écrit Villa triste? Marie Lebey en est probablement persuadée. La fortune souriant aux audacieux, elle s'est aussitôt lié au clan des céliniens,, au premier rang desquels François Gibault.

Grce à Rocheteau et Eugène Saccomano, raconte-t-elle, toute la bande a emmené Lucette au Parc des Princes pour qu'elle assiste à une finale de la Coupe de France et applaudisse les joueurs du PSG : "De si braves garçons."

À la fin du livre, Marie Lebey nous révèle la liaison qu'elle a entretenue avec un producteur de cinéma dont elle ne donne que les initiales (mais décrit sa fin tragique si précisément qu'il est reconnaissable entre tous). Du Modiano encore : Accident nocturne.

- Est-ce grave, docteur, la modianite ?

- Non, madame : une fois le soir, une fois le matin, lisez quelques pages de Du plus loin de l'oubli, de Modiano; si le mal persiste, consultez un spécialiste.

Étienne de Montety, le 2 juin 2011.

1585. Jacques Pradel & Alfred Eibel parlent des "Fantômes de M. Bill"

Écoutez RTL ! Aujourd'hui, de 14 heures à 15 heures, Jacques Pradel recevra Alexandre Mathis dans son émission L'heure du crime, (podcast : L'affaire Georges Rapin) pour parler des Fantômes de M. Bill.

En attendant, vous pouvez lire la belle chronique qu'Alfred Eibel a consacré au livre sur son blog :

Georges Rapin, 22 ans, fils de famille riche, ayant reçu une solide éducation, d'une intelligence très vive, d'une apparence agréable, attiré par le Milieu, se fait appeler Mr. Bill. Il fréquente les cabarets de Pigalle. Pour se donner une stature, il lui faut une groupie, ce que Dekobra appelle une « grue spleenitique ». Ce sera Dominique, jeune entraîneuse, avec qui il entretiendra des rapports conflictuels. Bill est un cinéphile à sa manière dans ce Paris insolite des années 50 avec des cinémas partout autour de la place Pigalle. Bill se voit en Alan Ladd, en Dan Duryea, en Dillinger, en voyou dans un roman noir d'André Héléna. Il abat Dominique dans la forêt de Fontainebleau. A moitié morte, il l'arrose d'essence, la fait brler vive. Condamné, il sera guillotiné.

De cette authentique affaire criminelle Mathis fait défiler devant nous l'intégralité des pièces du dossier, incluant les films qui ont marqué l'époque. Entre ce qui se passe sur l'écran ou va se passer dans la vie de Bill, il y a corrélation ; de Bill, au film projeté, on peut imaginer que c'est lui qui inspire les évènements du film. Abandonnant les astuces du roman, dialogues, digression, coups de thétre, paysages, psychologie, Mathis nous propose une enfilade de documents incontestables. Le lecteur prend acte des faits inamovibles, qui sont implacables. A la fin de la tragédie il se passe quelque chose de bizarre : la possibilité d'une autre lecture des évènements. Ecrivain novateur dans la littérature française d'aujourd'hui, Alexandre Mathis renvoie au néant la plupart des romans fabriqués à la sauvette, imposant un genre convaincant, c'est le moins que l'on puisse dire.

mercredi 1 juin 2011

1584. Signature d'Alain Jessua

Alain Jessua signera son nouveau roman, Petit Ange,

le mardi 7 juin,

de 18 heures à 20 heures,

à la Librairie de Paris,

7,9,11, place de Clichy, 75017 Paris

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