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Blog des ELS La Revue Littéraire
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jeudi 30 août 2012

1960. Marie Simon Les pieds nus dans GQ

Avec ce premier roman, Marie Simon dévoile une écriture à fleur de peau, instinctive et tendue, seule à même de rendre compte d'un amour impossible.

On sait peu de choses sur Marie Simon.

Née à Toulouse en 1981, elle est aujourd'hui juriste à Paris.

Les pieds nus est son premier roman après plusieurs publications en revue (Le Zaporologue, Bordel, Borborygmes).

Il s'agit d'un roman d'amour, très simplement. Une jeune femme tombe sous le charme d'un marin. Tout chez lui la fascine, son physique, son aura mystérieuse, ses coups de reins, son courage. Par un tour de force dont seules les femmes sont capables, elle éloigne une première rivale. Mais une seconde apparaît très vite, bien plus compliquée à manÅ“uvrer et d'une ampleur tout autre : la mer.

Elle en devient terriblement jalouse, ça l'obsède les incessants départs en régate de son homme qu'elle attend à Biarritz ou Paris, laissant couler les heures à compter sur ses dix doigts. Elle l'attend, le retrouve chaque fois jusqu'au jour où l'un des deux ne sera plus au rendez-vous.

Avec ce premier roman, Marie Simon dévoile une écriture à fleur de peau, instinctive et tendue, seule à même de rendre compte d'un amour impossible.

© Samuel Boivin

1959. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Brigitte Aubonnet pour Encres Vagabondes.

Beaucoup d'articles très variés sur les sites littéraires pour le livre de Nathalie Rheims, un véritable engouement, cette année, pour un auteur plutôt "papiers". Ne pouvant tous les reprendre sur le blog des ELS, nous sélections ceux qui abordent le livre, à un certain moment, sous un angle particulier. Ici, le site Encres Vagabondes évoque le "prêt à neutrons" et la "fraude des sentiments".

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1962. Riefenstahl de Lilian Auzas par Xavier Thomann dans l'OBS.

Premier roman ***

Ascension, gloire et chute de la cinéaste du Führer, dont elle partageait l'hybris. Encore un livre sur les nazis? Oui, mais pas seulement. Si l'auteur n'est jamais complaisant avec la réalisatrice du "Triomphe de la volonté", ce chef d'oeuvre odieux, son Riefenstahl est avant tout l'histoire d'une femme moderne qui ne jurait que par et pour son art. Il démêle avec finesse son ambiguïté - elle photographia les SS et les Nouba avec la même passion - à travers un portrait tout en nuances. Captivant.

Xavier Thomann

mercredi 29 août 2012

1958. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Marianne Payot dans L'EXPRESS

Du côté de Gombière. Eugène Lami.

Rentrée littéraire : Fille de... la dynastie Rothschild.

Acide, dévastatrice ou nostalgique, la parentelle n'a pas toujours le même got. Démonstration avec Félicité Herzog, Nathalie Rheims et Emmanuelle Guattari.(1)

"J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans (...). Je l'avais perdue bien avant qu'elle ne meure et, dès qu'elle traverse mes pensées, mes souvenirs deviennent des ombres chinoises..." Les premières lignes de Laisser les cendres s'envoler sont étincelantes.

Pour évoquer sa mère, inspiratrice de son quatorzième roman, la fille de Maurice Rheims a assurément trouvé le ton, mêlant mélancolie, rage, pudeur et effronterie.

Dans le clan, le silence est d'or

Au début était l'amour, fusionnel et excessif, entre une mère et safille. Une mère pas comme les autres, née dans une famille singulière - celle des Rothschild - par les branches dites "von Worms" et "de Paris", dont la narratrice brosse le plus savoureux des portraits.

Dotée d'une grce hors du commun, sa mère virevolte dans un monde à part, en appartement luxueux et chateau familial (la fastueuse demeure de Ferrières, baptisée ici Gombière). Il s'y donne des fêtes somptueuses où accourent, dans un ballet de limousines, stars de Hollywood, écrivains en vogue et chefs d'Etat.

Un univers gigantesque et étrange, dans lequel la "petite fille riche" se sent minuscule. Quant à son père, grand spécialiste d'art, il est le plus souvent absent, mais "sa figure à la fois protectrice et sévère" suffit à l'enfant.

C'est cet équilibre familial, certes bancal, que la mère va rompre le jour où, sans coup férir, elle quitte le foyer conjugal pour convoler avec un artiste sculpteur, "indicible prétentieux...grossier, vulgaire et hbleur". Pour qualifier le "mage", grandement financé par sa mère, la narratrice se fait prolixe. Sur le papier. car dans le clan, le silence est d'or. "Parler n'était qu'un signe de faiblesse, la pratique d'un monde qui n'était pas le nôtre."

Choquée par la dévotion de sa mère à l'artiste et par son indifférence brutale à son égard, l'adolescente s'enferme dans la solitude, avant de s'engouffrer dans le thétre, l'anorexie et les amours impossibles.

Tandis que les proches perpétuent l'une des grandes traditions de cette "famille de prêteurs sur gages" : la maîtrise totale des affects... une famille qui, comme le note, caustique, Nathalie Rheims, donne le meilleur d'elle-même lors... des enterrements : "là se joue la contrepartie du travail de deuil, c'est-à-dire l'héritage."

L'art de prévoir le pire et de deviner l'issue des guerres, telles sont, selon l'auteur, les clefs de la réussite familiale.

La sienne est d'avoir puisé dans le passé pour nous offrir ce roman, lointain cousin des Vestiges du jour.

Marianne Payot, le 29 aot 2012.

(1) ndlr. Nous ne reprenons uniquement, dans cette double page de l'EXPRESS, l'article consacré par Martinne Payot au livre de Nathalie Rheims.

mardi 28 août 2012

1957. Rentrée Littéraire : les 20 premières sorties sur My BOOX

Rentrée littéraire 2012 : les 20 premières sorties

Top départ !

La rentrée littéraire commence ce 22 août, jour encore estival qui voit pourtant déjà la parution de certains des romans incontournables de la saison à venir. Alors que certains auteurs se feront encore prier quelques semaines avant de dévoiler leur dernier né, plusieurs écrivains très attendus sont déjà présents sur les tables de vos librairies dès le 22 août.

Le choc des Goncourables

A commencer par le dernier petit prodige déniché par Gallimard, Aurélien Bellanger, dont la Théorie de l’information est déjà saluée par la critique et comparée à du Michel Houellebecq. Goncourable ? Certains bruits courent en ce sens. Face à ce jeunot, un autre prétendant au titre dresse ses Lisières chez Flammarion. Il s’agit d’Olivier Adam, déjà auréloé de nombreux prix dont le Goncourt de la nouvelle en 2004.

Les incontournables

Autres ouvrages annoncés il y a plusieurs mois et que votre libraire pourrait bien glisser dans votre besace dès cette fin d’été : L’enfant grec (Stock) de Vassilis Alexakis, Grand Prix du roman de l’Académie française en 2007 pour Ap. J-C (Stock), Le bonheur conjugal de Tahar Ben Jelloun (Gallimard) ou encore A quoi jouent les hommes de Christophe Donner et Réanimation de Cécile Guilbert, poids lourds du catalogue de Grasset qui laisse également s’échapper de ses filets le très attendu récit de campagne de Laurent Binet, Rien ne se passe comme prévu.

Se raconter

Cette rentrée placée sous le signe de l’autobiographie ouvre ses portes avec deux plumes féminines : la romancière Maryse Condé revient sur son enfance guadeloupéenne et sa vocation d’écrivain dans La vie sans fards chez J.C Lattès, tandis que Nathalie Rheims livre un récit confession chez Léo Scheer intitulé Laisser les cendres s’envoler.

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lundi 27 août 2012

1956. Les Pieds nus de Marie Simon par Anne Bersac pour Nord Bretagne.

« Les Pieds nus » de Marie Simon

Ce premier roman décrit les affres de l'amour, les mille tourments qu'endure celui qui dans un couple vit son histoire à fleur de peau.

La narratrice a épousé un marin, un homme qui passée la porte mène une existence autre alors qu'elle, au port d'attache, intellectualise leur relation, la titille comme un morceau de citron sur la langue, jusqu'à l'agacement.

Marie Simon nous raconte l'enfermement, la délicieuse douleur, celle avec laquelle on joue à se torturer pour de faux, comme les enfants. Un peu de masochisme pour se sentir plus vivant, pour magnifier ces sentiments si intenses qu'on peine à les contenir.

Et puis un jour il y a la douleur ultime, la vraie de vraie, celle que l'on reçoit comme un violent coup au plexus et qui casse en deux. Le marin ne reviendra plus...
Il faut alors survivre, se nourrir encore de cet immense amour dont on a fait provision pour pouvoir continuer à avancer, endormir le chagrin pour un temps et décider de la direction à prendre.
Une écriture lapidaire pour un roman qui explore avec talent le sentiment souvent paroxystique qu'est l'amour.

Anne Bersac

1955. Singe de François Gibault, coup de coeur d'Éric Naulleau dans PARIS MATCH.

Singe, le très beau livre de François Gibault (le deuxième publié chez nous après Cave Canem, (en cours de réimpression), a été l'objet du coup de coeur d'Éric Naulleau dans PARIS MATCH il y a six mois. Avec le spécialiste de Céline, nous sommes dans l'espace-temps littéraire qui ne se mesure pas comme l'édition évènementielle. Voici donc le billet du très sélectif Éric Naulleau sur ce livre singulier :

UNE VIE DERRIÈRE LE BARREAU

Le coup de cœur d'Eric Naulleau:

avec « Singe », l'écrivain-avocat François Gibault plaide brillamment la cause de la littérature.

« Le soleil ni la mort ne peuvent se ­regarder fixement », disait La Rochefoucauld. « Et soi-même pas davantage », ajouterait sans nul doute François ­Gibault. Comment définir ce livre ? Le portrait d'un homme auquel ses presque quatre fois vingt ans feraient obligation de jeter bas tous les masques et d'enfin montrer son visage à nu ? Oui, même si l'avocat de profession garde plus d'un effet dans sa manche et s'observe parfois avec ­ironie plaider sa propre cause : « Pour tenter d'émouvoir mon public, les vieilles dames, les demoiselles et les enfants, je me flagelle, je me saigne, je me ronge et je me plante sans succès des couteaux dans le ventre, vaines tentatives de démolition qui constituent autant de défaites absolues du malheur. »

Une autobiographie ? Oui, encore, puisque s'y dévide le fil d'une existence depuis la naissance au 3 rue Monsieur à Paris jusqu'aux insomnies du grand ge venu, en passant par ­l'enfance sous Occupation, la guerre d'Algérie et l'entrée au barreau.

«J'AI DU MAL À ME RECONNAÎTRE DANS L'IMAGE QUE ME RENVOIE CE LIVRE»

Une mise en pièces, aussi. En cent courts chapitres, eux-mêmes morcelés en brefs paragraphes, l'auteur évoque un moderne Osiris qui disperserait aux quatre vents de l'écriture des fragments de lui-même, laissant à l'Isis qui sommeille en chaque lecteur le soin de reconstituer l'écrivain ainsi démembré, de trouver le fin mot d'une énigme qui échappe obstinément à l'intéressé : « Je relis ces pages comme si elles avaient été écrites par un autre que moi, je fais connaissance avec moi-même et ... j'ai du mal à me reconnaître dans l'image que me renvoie ce ­livre. Sans doute est-ce parce que chacun se fait une image fausse de lui-même. » Ou alors un “Je me souviens” compliqué d'hallucinations, soudaines trouées oniriques au milieu du récit de vie : « Serpent, je savais m'approcher pour sauter sur mes rivaux par-­derrière, ce qui m'a permis d'en tuer plus d'un sur le chemin de l'école sans être jamais soupçonné. Je communiais à leurs funérailles et, la tête haute dans leurs vignobles ensanglantés, je ­témoignais ma compassion à leurs ­familles éplorées. »

Une leçon de littérature, surtout, dont François Gibault maîtrise tous les registres et dispense tous les enchantements, de la ­chronique familiale à l'aphorisme ­ciselé sous influence de Louis-­Ferdinand Céline, auquel il consacra autrefois une biographie en trois tomes qui fait toujours autorité : « Tout a été dit, mais les gens parlent encore ». Si la mort approche, ce n'est pas une raison pour baisser la garde : « Fermer les yeux, se cacher, demander pardon, ­retirer son chapeau, dire oui, se coucher, entrer dans le cercle, accepter, lcher du lest, c'est se rendre un peu. » Le singe fait ici une dernière grimace, l'écrivain trace un dernier signe. Singe/signe, anagramme sertie au cÅ“ur d'une vie et d'une Å“uvre.

Éric Naulleau, février 2011

dimanche 26 août 2012

1954. Nathalie Rheims par MM sur froggy's delight

Excellente lecture approfondie du roman de Nathalie Rheims : Laisser les cendres s'envoler sur le site de froggy's delight. Le site web qui gobe les mouches :

Nathalie Rheims poursuit son oeuvre d'ethnologie familiale qui, indique-t-elle, ressortit de la conjuration de la pulsion de mort et de la hantise de perdre un être cher que seule l'écriture permet de "dompter" et qui la conduise "à conserver ceux que j'avais perdus en les couchant sur le papier".

Le coeur de son nouvel opus "Laisser les cendres s'envoler" qui, malgré l'étiquette "roman" et l'anonymat des protagonistes ressortit de l'autofiction, tourne autour de la figure de sa mère.

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vendredi 24 août 2012

1952. Découvrez, en avant-première, la couverture du nouveau CHRONIC'ART (#78), en kiosque la semaine prochaine, avec AURÉLIEN BELLANGER à la une.

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1953. DeLillo code par Steven Sampson dans LA QUINZAINE LITTÉRAIRE.

Steven Sampson, l'auteur de Corpus Rothi, essai sur Philip Roth et de Côte Est - Côte Ouest, essai sur le roman américain du xxie siècle, de Bret Easton Ellis à Jonathan Franzen, (tous les deux dans la collection "Variations") évoque L'Étoile de Ratner de Don DeLillo, magnifiquement traduit par Marianne Véron chez Actes Sud, dans la Quinzaine Littéraire :

DeLillo code

Au commencement, DeLillo créa le code. Il n’est pas génétique, comme celui du Da Vinci Code, mais il partage avec ce dernier la syntaxe mystérieuse et divine qui ordonne l’univers. Son lexique mathématique et transparent le rend accessible à tout le monde. Les mathématiques sont un langage universel, traduit partout de la même façon. Même les enfants y ont accès.

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jeudi 23 août 2012

1951. Un doux remède par Alain Baudemont sur ELYAL 28 (à propos des "Cendres".

Sur le site ElyAl28

Il y a de la famille muette. Il y a de la famille bavarde. Les secrets de famille, comme la lutte des classes, ne nous y trompons pas, ça existe.

Dans la famille où règne le silence, où les secrets se gardent, la môme (...) htive et mourante à haute dose, cherche de manière maladive à tout savoir, faute de n'avoir... jamais rien su.

"Faut savoir (troublante sonorité) que chez nous, on cause pas, on avale qu'en chilence, oh, c'est pas qu'on a la bouche vide, ça, non, pleine de dents, vois-tu, comme tout le monde, mais on fait des grands schlapes, entends-tu, avec la langue, en avalant l'espèce de schloupe aux lardchoux des vieux de la vieille brique montée en chteau."

On causait pas à la maison, qu'elle nous dit, la Dame-Écrivain. Ah, j'ai entendu ça plus d'une fois, j'ai lu plus d'une fois dans news gala, les People dans l'actu, qu'il y a des familles comme ça qui ne s'aiment (troublante sonorité) que sur les non-dit, c'est bien vrai, qui ne s'adorent que sur des secrets bétons armés. Je comprends, alors, oui, que la meilleure attitude, oui, tout bonnement, vous avez raison de nier, de masquer, que c'est ce qui se pratique dans la maison muette.

À suivre avec une loupe Sherlock Holmes, les traces ineffaçables du récit familiale, il y aurait du Abraham et du Torok. Plus intimement du Nicolas et de la Maria, genre deuil impossible, secrète identification avec un autre, incorporation sinon introjection (...) dans les secrets de familles, répétition de la Dame, comme il se doit de la théorie du fantôme, il y aurait, à remarquer, dans l'histoire familiale, une sorte de geste, au sens moyen-ge de l'expression, où seraient embellis, ni trop bien, ni trop mal, les exploits de tel papa, mais où les faits, moins glorieux, de telle maman, seraient bouche cousue, mis à l'enterrement, cachés, mis en crypte. Non, oui, fort, da... Bon... pour en savoir davantage, il faudra s'y pencher, aller y lire.

Le problème du secret de famille c'est que l'événement caché prend une importance d'autant plus grande que l'on aura fait beaucoup d'efforts pour le cacher.

Cacher une mort, une maladie honteuse, un événement incompris, c'est risquer le retour du refoulé maison. Les descendants de ceux qui ont mis en place le secret de famille n'ont de cesse de retrouver et d'explorer les thématiques mêmes de ce secret, jusqu'à devoir le reconstruire dans leur vie, dans leur écriture, dans leur art.

Déni, non-dits, secrets de famille, laissent des traces, des manifestations de communication familiale malsaine. En effet, il y aura des résonances, des conséquences désastreuses, qui gêneront aux entournures tous les membres de la maison-famille.

Dans les familles, à l'avenir, devrons-nous rester secret, ou bien jouer de la transparence. C'est la question que pose directement "Laisser les cendres s'envoler" de Nathalie Rheims. Aussi bien que l'auteure nous invite à ne plus périr de nos malsaines situations de non-dit. Parlons ensemble, ni trop, ni trop peu. Écrivons ensemble. Lisons ensemble.

De Nathalie Rheims, "Laisser les cendres s'envoler", un doux remède.

Alain Baudemont, le 23 aot 2012.

mercredi 22 août 2012

1950. Y a quelqu'un qui m'a dit de lire toujours.a.la.page.over-blog.com

Sur toujours.a.la.page.over-blog.com, y a quelqu'un qui m'a dit de lire: Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims

La mort d'un être cher est souvent difficile à exprimer. Parfois les larmes coulent dans un flot intarissable et parfois le désert s'installe. Le jugement ne doit jamais se focaliser sur les sentiments resentis par chacun des survivants de ce drame. La souffrance possède des méandres insoupçonnés dans le coeur des hommes.

Nathalie Rheims décrit son histoire avec une part de romance car les souvenirs jouent souvent avec notre esprit.

La narratrice revient sur le décès de sa mère. Elle raconte avec une certaine retenue ses liens disparates avec sa mère. Elle revient sur les lois imposées par sa famille. Elle discrédite leur manière d'agir, les condamne de temps à autre et suffoque sous le poids du silence. Ne jamais laisser transparaître une once de sentiment : cela pourrait nuire à la puissance de la famille.

L'héroïne ne discerne pas les raisons de l'abandon de sa mère pour un artiste. La famille efface les frasques de sa mère. La seule personne, lucide est la narratrice qui lutte avec ses faibles moyens. Elle plonge dans l'anorexie comme un palliatif à cette séparation, cepandant sa survie dépendra seulement d'elle-même. Les liens avec sa génitrice deviennent de plus en plus difficiles jusqu'à sa réelle mort, soudaine. C'est seule avec ses souffrances que la narratrice doit détruire le schéma familial qui l'oppresse.

Ce roman est celui d'une rencontre qui n'aura jamais lieu. Celle d'une fille frustrée par l'absence de l'amour maternel et celle d'une mère fuyant les carcans de son éducation.

Cet écrit est une analyse psychologique et sociologique dans laquelle deux êtres se débattent pour hurler l'insoutenable puissance de la famille. Mais les étaux sont serrés et la mort de la mère est le seul moyen de se libérer. L'auteur fuit par le biais des mots pour crier, à la face du monde, que le silence est un poids mortel.

Je vous conseille cette lecture distante sur la mort d'une mère; cette distanciation avec le tragique dévoile une humanité vivante et réelle. J'avoue avoir compatie à la souffrance de cette fille face à l'abandon.



Voici quelques citations tirées du roman :



" Dans la journée je me racontais que ma mère était morte et le soir dans mon lit je l'imaginais dans les bras de ce type dont la voix était si tonitruante que je l'entendais encore résonner. La nuit j'étais dévorée par des cauchemars. Je rêvais que je l'appelais, que je hurlais "maman !", et ce seul mot dans ma bouche me réveillait en sursaut."

" Plus je me sentais légère, plus la tristesse se dissipait. Un bizarre sentiment de puissance accompagnait ce mouvement. J'avais l'impression de tout dominer. Je n'avais plus faim. J'avais endormi ma peine en me réduisant dans l'espace. Les kilos s'envolaient, en quelques semaines j'en avais perdu quinze, j'étais euphorique."

"Rester silencieuse effaçait les souffrances. Je découvrais le pouvoir maléfique des mots et les vertus magiques du silence. Il suffisait de ne pas nommer la déception ou la trahison, et l'amour disparaissait, aussi brusquement qu'il était venu, emportant le reste avec lui."

mardi 21 août 2012

1946. laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims entretien avec Ghilain Loustalot dans PARIS MATCH

LA RENTRÉE LITTÉRAIRE SELON PARIS MATCH

Et la video du making of.

Nous avons choisi de vous faire part de nos coups de cÅ“ur. Certains sont d'ores et déjà promis à de belles destinées, des ventes massives et des prix prestigieux. D'autres sont moins évidents, plus inattendus, plus déroutants. Ces douze auteurs ont su nous passionner. A vous désormais de les découvrir.

Nathalie Rheims: la douleur de l'abandon

Paris Match. Vous racontez dans “Laisser les cendres s'envoler” que, lorsque vous aviez 13 ans, votre mère est partie vivre avec un autre homme et vous a délaissée. Pourquoi décider, un peu plus de quinze ans après sa mort, de publier sous forme de roman cet épisode douloureux de votre vie ?

Nathalie Rheims. La romancière était prête. J'ai beaucoup écrit sur mon père, Maurice Rheims ; ma mère était la grande absente de mon parcours littéraire. Il a fallu que je fasse le deuil pour écrire cette histoire à la bonne distance, sans pathos, libérée du chagrin. C'est l'histoire d'une mère qui abandonne ses enfants, mais aussi celle du dysfonctionnement d'une famille. C'est plus encore : enfin, je parviens à parler de moi qui ai été élevée dans la règle du silence absolu.

P.M. Y a-t-il une part de fiction ou d'omission dans ce récit ?

N.R. La trame est réelle. Certains lieux et personnages sont transfigurés par le prisme de l'imaginaire. Je n'utilise aucun patronyme, pour rendre le roman plus universel. Et puis je n'ai pas tout dit. Je me suis freinée par respect pour ceux qui sont encore vivants. Je ne fais pas partie de ces écrivains qui pensent avoir le droit de tuer tout le monde au nom de l'écriture.

P.M. Votre mère vous a rayée de la liste de ses priorités. Avec le recul, pouvez-vous la comprendre ?

N.R. J'ai eu l'impression qu'elle disparaissait, comme ces personnes qui entrent dans une secte ; jusque-là, elle avait été une mère fabuleuse. La comprendre ? Non. Lui pardonner ? Non. On n'abandonne pas un enfant. Toutes les relations que j'ai pu tisser, ou pas, depuis, ont été marquées par cette peur de l'abandon.

P.M. Son acte et son absence pourraient-ils expliquer que vous ne soyez pas devenue mère à votre tour ?

N.R. L'envie de maternité s'est effectivement éteinte à ce moment-là. Il n'en a jamais été question par la suite. J'ai vécu deux grandes histoires d'amour. Une avec Léo Scheer qui ne voulait pas d'enfants, l'autre avec Claude Berri qui en avait trois. Thomas et Darius, ses deux fils, sont un peu les miens aujourd'hui. On ne peut pas aimer un homme et ne pas aimer ses enfants.

P.M. Vers la fin de l'adolescence, ce désamour maternel insupportable vous a conduite à l'anorexie. Une façon d'en finir avec la vie ?

N.R. J'ai d'abord eu le sentiment que si j'arrêtais de manger, elle allait s'intéresser à moi et revenir. Ensuite, cela s'est transformé en une volonté de me faire la plus petite possible, de disparaître.

“LE GRAND SECRET DE LA VIE C'EST CELA : TRANSFORMER LES DRAMES ET LES CATASTROPHES EN CHANCE”

P.M. Pour quelles raisons votre sœur, la photographe Bettina Rheims, est-elle totalement absente du roman ?

N.R. J'ai pris le parti de régler mon problème avec ces événements. Bettina a sept ans de plus que moi, elle était déjà partie vivre à New York, je ne pouvais pas l'engager dans cet affrontement littéraire ; pas plus que mon frère aujourd'hui disparu, victime d'un cancer qui s'est déclaré un an après le départ de notre mère.

P.M. Comme décor du drame qui s'est joué entre vous et elle, il y a sa famille, les Rothschild, qui s'impose comme un carcan étouffant. Avec eux, “parler c'est le diable, se taire c'est Dieu”. Vous avez donc choisi le mal ?

N.R. D'abord, c'est vous et vous seul qui prononcez et allez écrire ce nom de famille que je ne cite jamais. Ensuite, vous l'avez srement compris, l'héroïne de mon roman est déshéritée par sa mère. Donc elle peut reprendre sa parole puisqu'elle n'est pas reconnue. C'est grce à cela que je peux écrire. Je suis libre, je n'ai pas hérité d'eux, je ne suis pas dépendante d'eux, je n'ai aucune culpabilité vis-à-vis d'eux. Le grand secret de la vie c'est cela : transformer les drames et les catastrophes en chance.

Cyrielle Bouju et Ghislain Loustalot. Interview Ghislain Loustalot, le 16 aot 2012

1949. Interview de Nathalie Rheims par LA FRINGALE LITTERAIRE.COM

Vidéo 1

Vidéo 2

1945. Les romanciers du réel font leur rentrée de GALA

LA RÉALITÉ DÉPASSE LA FICTION.

Les prétendants aux prix Goncourt, Renaudot, Fémina...s'appuient sur l'actualité ou des grandes figures de notre histoire. Ils ont raison. Leurs romans vont faire la différence...

À quoi bon se creuser la tête pour inventer des héros de fiction quand l'actualité et l'Histoire se chargent de vous en fournir treize à la douzaine. Les romanciers de la rentrée ont retenu la leçon : fini l'auto-fiction, les récits minimalistes ou les tergiversation stylistiques autour d'intrigues minces comme un fil. Cette année signe le retour du roman roboratif et en trois D : démesure, description et dépaysement !

À peine plus d'un an après l'affaire Strauss-Kahn, Stéphane Zagdanski en offre déjà* une version romanesque (Chaos brulant, Seuil). Le jeune Aurélien Bellanger a couché sur papier un héros qui ressemble comme un frère à Xavier Niel (La Théorie de l'information, Gallimard). Du Minitel rose à la multinationale qui conquiert la nouvelle économie, aucun épisode n'est oublié. Plus classique, Nathalie Rheims décrit la lente et inexorable d'une mère embrigadée par un artiste de pacotille (Laisser les cendres s'envoler, Léo Scheer). L'environnement familialressemble furieusement à celui des Rothschild... Félicité Herzog règle son compte à son père, Maurice, grand alpiniste jusqu'ici reconnu pour avoir gravi l'Annapurna (Un Héros, Grasset) Son livre est un véritable tir au pigeons dont peu de gens réchappent ! Auteur, il y a deux ans, du Club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guenassia s'empare de la figure du Che à qui il imagine un autre destin (La Vie rêvée d'Ernesto G., Albin Michel).

Cette liste, déjà bien fournie n'est pas close. Patrick Deville suit les périples asiatiques d'un des collaborateurs de Pasteur (Peste & choléra, Seuil), Serges Bramli s'entiche de Marcel Duchamp (Orchidée fixe, JC Lattès).Christophe Donner met en musique l'extraordinaire destin d'une famille d'exilés espagnols qui ont inventé le Paris mutuel et le tiercé à la fin du XIXe sièle (À quoi jouent les hommes, Grasset). Leni Riefenstahl, la réalisatrice et comédienne préférée d'Hitler, reprend également vie dans le roman de Lilian Auzas (Riefenstahl, Léo Scheer).

Suivez bien ces romanciers ordinaires qui mettent en musique ces vies extraordinaires ! Il y a fort à parier que cette année, le Goncourt couronnera l'un d'entr'eux... et les recalés pourront toujours espérer que la postérité les distingue. De Sang froid de Truman Capote ou Madame Bovary de Gustave Flaubert, sont deux chefs-d'oeuvre, inspirés à leurs auteurs par des faits-divers aujourd'hui oubliés...

LUDIVINE AUGER Pour GALA

  • Déjà ? (ndlr)

1944. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims : les trois romans préférés de PRIMA par Éliane Girard

NOS TROIS ROMANS PRÉFÉRÉS

Il n'est jamais trop tôt pour découvrir les grands romans de cette rentrée littéraire. Les premiers arrivent chez vos libraires dès le 22 août.

Laisser les cendres s'envoler

"Ma mère est morte, je le sais. Mais lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion." Ce roman aura beaucoup coûté à l'auteur, qui parle d'une mère qui n'a pas été aimante. Il lui aura fallu dix ans pour mettre des mots sur cet abandon, et accoucher sans haine et avec une touchante lucidité de l'un de ses plus beaux textes.

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1943. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims dans la belle rentrée littéraire d'Hervé Bertho dans OUEST-FRANCE

Premières pages d'une belle rentrée littéraire

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lundi 20 août 2012

1940. Les Grands Prix Littéraires 2012 attribués par LE PARISIEN (Nathalie Rheims : Prix de l'Académie française)

Voici nos prix littéraires de la rentrée :

Dans ce grand pays romantique qu’est la France, la rentrée littéraire est chaque année un miroir qui mesure le reflet de ses états d’âme. Elle est son moral des méninges. Après dégustation attentive du cru 2012, au hasard d’une production pléthorique, il s’avère que les romanciers n’ont jamais été aussi mélancoliques.

Des centaines de romans arrivent dans les librairies à partir de mercredi. Nous ne les avons pas tous lus, mais nous avons déjà des coups de cœur.

Avec « les Lisières », un roman aux accents bouleversants, Olivier Adam mérite d’être enfin récompensé d’un prix littéraire, Aurélien Bellanger, Cécile Guilbert, Nathalie Rheims, Lionel Duroy, Nicolas d’Estienne d’Orves...Pourquoi attendre novembre pour désigner les meilleurs ? Voici notre palmarès :

Prix de l’Académie française

« Laisser les cendres s’envoler », de NATHALIE RHEIMS

Nathalie Rheims a attendu son quinzième livre pour aller fouiller au plus profond d’un mal d’enfance. Envoûtée par un artiste gourou, sa mère, de la lignée des Rothschild, s’est désintéressée de sa fille en l’abandonnant à sa solitude. Récit glacé écrit au cordeau, « Laisser les cendres s’envoler » est le versant féminin de la première phrase de « l’Etranger », de Camus : « Aujourd’hui ma mère est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

« Laisser les cendres s’envoler », de Nathalie Rheims, Éd. Léo Scheer, 255 pages, 19 €.

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1942. EVENE : Le match des premiers romans de la rentrée

"À chaque rentrée littéraire, ils font partie des livres les plus attendus : ce sont les premiers romans de l'automne, 69 cette année. Qui sont les révélations, lesquels sortiront leur épingle du jeu ?"
Par Florence Duguit et Bernard Quiriny.

Le plus historique : Lilian Auzas ***

« La plus belle chose que j'aie jamais vue au cinéma a été la danse de la Riefenstahl devant la mer dans La Montagne sacrée ». Confession apocryphe d'Adolf Hitler à Wilhelm Brückner rapportée par Lilian Auzas dans ce premier roman consacré à la cinéaste allemande, pasionaria du Troisième Reich dont les films apologétiques n'ont jamais cessé de susciter la fascination, pour des raisons tant esthétiques (Warhol ou Coppola ont souvent dit leur admiration) qu'historiques (de nombreux travaux lui ont été consacrés, notamment le documentaire de Ray Müller en 1995). Peut-on envisager l'Å“uvre pour elle-même, en faisant abstraction du contexte ? Et qu'en était-il de l'engagement nazi de Riefenstahl ? Questions qui hantent Auzas et qu'il tente de résoudre en racontant la vie de la cinéaste, de sa carrière dans la danse à ses débuts dans le cinéma, sa carrière de réalisatrice et sa rencontre avec Hitler, à qui elle vouera une adoration religieuse. Quelle fut dans sa passion la part de l'adhésion et celle du mysticisme, tel est le problème que tente de démêler l'auteur, qui fait de son héroïne une artiste prométhéenne indifférente à la réalité plutôt qu'une militante. « Que lui importait d'Å“uvrer pour un être diabolique, un Dotkor Mabuse venu instiller la haine dans l'me de l'Allemagne ? Elle ne pensait qu'à une chose : la beauté parfaite qui devait jaillir de son film. Le reste, tout le reste, ne comptait pas ». Au-delà de son intérêt historique et de sa galerie de personnages (de Marlene Dietrich à Georg Wilhelm Pabst et Albert Speer), ce premier roman vaut aussi pour la façon dont l'auteur intervient dans son texte afin d'expliquer son propre rapport à Riefenstahl et les questionnements qui en découlent, lui donnant ainsi une dimension plus personnelle.
Riefenstahl, Lilian Auzas, Léo Scheer


Le plus à vif : Marie Simon **

« Mon mec est unique. Mon mec est charismatique. Il a des dents incroyables. Il ne ment jamais. Il aime les bateaux, les courses, et les défis en général »… Ce mec fabuleux s'appelle Quentin, et la narratrice du premier roman de Marie Simon pourrait en parler pendant des pages. D'ailleurs, c'est ce qu'elle fait : la première partie des Pieds nus est une sorte d'hymne à l'amour fou, plein d'urgence, de souvenirs et d'emphase, comme si les phrases de l'héroïne peinaient à contenir le trop-plein de ses sentiments, l'intensité de sa passion. Hélas, au tiers du texte, le drame survient. Une régate qui tourne mal, un appel en pleine nuit, une course folle vers le port, la nausée : Quentin est mort, laissant la narratrice esseulée, consternée, hébétée. Peut-on encore vivre quand on est privé de ce qui donnait son prix à l'existence ? Et peut-on encore aimer, quand on a eu un Quentin dans sa vie ? Marie Simon fouille l'me de son personnage dans un style direct, à vif, nerveux, certes non exempt de maladresse (les citations d'Elli et Jacno, les passages sans ponctuation qui accélèrent le rythme mais tournent au procédé), mais qui donne à ce roman féminin et passionné une forme de liberté et d'immédiateté qui contribuent à sa réussite.
Les Pieds nus, Marie Simon, éd. Laureli / Léo Scheer.

Lire l'article complet sur Evene.fr

1941. Nathalie Rheims dans Match et Gala

Nous attendons d'avoir les fichiers numériques de ces articles pour les mettre en ligne sur ce blog.

dimanche 19 août 2012

1939. Plagiat de Myriam Thibault par Stéphanie des Horts dans Le Salon Littéraire

Sur le site du Salon Littéraire, Stéphanie des Horts évoque le troisième roman de Myriam Thibault

« Plagiat » de Myriam Thibault : L'EXPLORATION DES SENSTIMENTS HUMAINS.

Myriam Thibault continue avec talent sa douce exploration des sentiments humains, désir, haine, vengeance ; la routine n'a pas lieu d'être au pays de la jeune romancière.

Sa femme vient de le quitter sans un mot, sans un soupir. Lui, l'écrivain a besoin d'une raison, une explication. Cela l'apaiserait. Ainsi sont les hommes, une équation comporte une inconnue et le monde entier s'en trouve chamboulé. L'écrivain a une idée, il va écrire, cela tombe bien c'est son métier. Leur histoire, genèse et fin, avec la correspondance de l'un et celle de l'autre aussi. Pas une ligne n'est changée, les lettres sont recopiées, l'écrivain appose ses propres légendes et voici la femme aimée transformée en ogresse. L'éditeur s'en saisit, une ogresse c'est synonyme de tirage et d'argent vite gagné. Le livre est un succès, la femme reconnaît ses missives et crie au plagiat ! Myriam Thibault continue avec talent sa douce exploration des sentiments humains, désir, haine, vengeance ; la routine n'a pas lieu d'être au pays de la jeune romancière.

Stéphanie des Horts, le 19 aot 2012.

Myriam Thibault , Plagiat, Léo Scheer, septembre 2012, 160 pages, 13,90 €

jeudi 16 août 2012

1937. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Karine Fléjo pour Les Chroniques de Koryfée.

Sur le site des Kroniques de Koryfée, cet article de Karine Fléjo sur le roman de Nathalie Rheims à paraître le 22 aot 2012 :

Une mère au got amer...

Un magnifique roman, où Nathalie Rheims, en magistrale chirurgienne des mes, nous montre que l'amour maternel, contrairement aux idées reçues, n'est pas toujours irrévocable...

Dix ans plus tôt, la mère de la narratrice a rendu son dernier souffle. Mais est-ce à sa mort qu'elle a perdu celle qu'elle a tant aimée ou le deuil a t-il commencé de son vivant? Car celle qui disait l'aimer plus que tout, l'entourait jusqu'alors d'un amour indéfectible, absolu, inconditionnel, a abandonné sa fille à l'orée de son adolescence. Sans une explication. Sans un geste. Sans un mot.

Les flammes qui crépitaient dans l'tre de son coeur se sont en effet détournées de sa fille vers un artiste somptueusement inconnu. Un bel Hidalgo aussi prétentieux que possessif. Pas de droit de séjour sur le territoire du coeur maternel désormais entièrement occupé par ce génie de pacotille. Pas même un visa provisoire.

Restée à la frontière de la vie de sa mère, sans passeport, la narratrice tente comprendre, de mettre des mots sur les maux. Pas simple du tout. A fortiori dans cette famille bourgeoise où le silence est de rigueur, les questions condamnées à rester murées dans l'esprit, les mots cadenassés au silence.

Ne rien montrer.

Ne pas se plaindre.

Accepter l'inacceptable.

Sourire toujours.

Souffrir dedans.

Avancer. Sans elle, sans la colonne vertébrale qu'est l'amour maternel.

« Parler n'était qu'un signe de faiblesse, la pratique d'un monde qui n'était pas le nôtre ». Les années passent, mais la blessure reste à vif. La narratrice décide alors de transgresser les pratiques familiales, de rompre le silence. Et de pratiquer l'autopsie de sa famille, dont sa mère n'est qu'un maillon, de disséquer au scalpel de sa plume cette intolérable blessure. Afin de parvenir à laisser les cendres s'envoler...

Un magnifique roman, où Nathalie Rheims, en magistrale chirurgienne des mes, nous montre que l'amour maternel, contrairement aux idées reçues, n'est pas toujours irrévocable...

Karine Fléjo, le 16 aot 2012.

P. 108 : Je découvrais que l'amour inconditionnel n'existe pas. Il y a toujours des conditions, des négociations, des affrontements, des ruptures. Une mère, comme les autres, peut partir à tout instant et vous abandonner.

P.140 : La solvabilité affective d'une mère, c'est l'assurance que son amour est et sera toujours indéfectible.

mercredi 8 août 2012

1935. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims "coup de coeur" de GÉRALDINE.

Géraldine nous donne "son humble avis" sur quelques romans de la rentrée. Le roman de Nathalie Rheims fait partie de ses coups de coeur :

Mon humble avis : Ainsi commence ce roman : "J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion".

Le livre n'est pas épais, les marges importantes et la police de caractère assez grande. Je pensais ne faire qu'une bouchée de ce roman... Et bien non, car je me le suis pris de plein fouet, alors il m'a fallut autant déguster que digérer. Laisser les cendres s'envoler est un roman qui camouffle à peine une histoire pleinement autobiographique. Certes, les personnages ne sont jamais nommés autrement que par leur titre (mon père, ma mère, mon grand père, l'Artiste). Certes, les lieux sont modifiés (j'ai tapé sur Google Chateau de Gombière... pour aboutir sur une photo représentant une chambre de maison de retraite...) Bien sr, on s'interroge sur les frontières romanesques et autobiographiques de l'oeuvre, ce qui est ajouté, édulcoré, romancé.... Mais en même temps, je n'ai cessé de me dire : cela sonne si vrai.

Nathalie Rheims appartient à une dynastie de richissime et reconnus banquiers instaurée depuis des générations et dotée d'une particule. Un famille où la bienséance, l'apparence et la réputation priment sur les sentiments, l'émotionnel et la vérité. Une famille carcan qui met le coeur en cage, et qui, comme les célèbres 3 singes, se cache les yeux, se bouche les oreilles et ferme la bouche... Une famille où le silence est roi !

C'est au sein de cette famille, dont elle se sent étrangère, que grandit la narratrice qui dit " A 9 ans, j'aimais encore ma mère. Quand ai-je perdu sa trace ?"Dans cette quête du "pourquoi un lien se rompt" , l'auteure se retourne sur sa vie, depuis sa tendre enfance familiale jusqu'à son ge adulte où, pour apparaitre et renaitre aux yeux des autres, elle décide de disparaitre dans l'anorexie. Ainsi, elle effacerait le trait posé sur elle en rétraicissant. Par tout les moyens, la narratrice cherche à retrouver sa mère. Parce que depuis des années, celle ci ne fait plus aucun cas d'elle et que l'Artiste, le nouveau mari de cette dernière, occupe toute la place. Il n'est pas ici question de jalousie, puisque cet Artiste évince complètement la jeune femme de leur existence. Au point qu'à la mort de sa mère, l'auteure ne récupèrera pas un objet et encore moins une fortune dilapidée. Il ne lui restera que de lointains souvenirs et des "pourquoi" ?

Il y a dans ce livre toute la souffrance de l'auteure, son désarroi, son incompréhension, son besoin d'amour maternel absent et les conséquences présentes de cette privation. Mais pas de pathos ou de larmoiement. Une écriture très travaillée et succulente, parfois jusqu'à l'extase. Comme j'ai aimé l'humour dont fait preuve l'auteur, et l'ironie, le cynisme élégant avec lequel elle dresse le portrait vritiolé de cette famille. Certes, je me suis parfois égaré dans certain lien familiaux, j'ai remarqué certaines redondances dans les propos, mais en même temps, certains m'ont parfois poussé jusqu'à l'effroi... Comment ont-ils pu aller jusque là ??? Ca, c'est pour la forme.

Dans le fond, c'est un roman très intimiste, qui a reçu un nombre si incroyable de petites croix dans les marges que je ne lchais plus mon crayon. C'est un roman sur le deuil.... Sur une page qui se tourne... Sur l'oubli ou plutôt la distance nécessaire pour renaître. Des sujets qui semblent cher à Nathalie Rheims, puisque je les avais relevés dans "Le chemin des sortilèges", autre roman de Nathalie Rheims.

Comme tout ce qui traite de l'intime, au delà de la qualité littéraire indéniable de ce roman, celui ci plaira à tout à chacun en fonction de son propre vécu. De mon côté, si cette lecture m'a pris autant de temps, c'est qu'au fil des pages, j'avais l'impression de me regarder dans un miroir, un miroir déformant et déformé certes car différent, mais un miroir. J'y ai trouvé les mots de mon silence. Car oui, l'essentiel de chacun est trop souvent dans le silence.

Exemples d'ironie : "J'étais bien décidé à prendre le temps nécessaire pour commettre un meutre littéraire, un assassinat de papier. Mais les années passaient, et je devais me rendre à l'évidence : je n'étais pas la mieux armée pour ce genre d'homicide"

"Je découvre aujourd'hui que ce que je prenais à l'époque pour un carcan moral pesant sur cette famille était, en réalité, le véritable secret de la réussite. L'art de prévoir le pire, tel était le savoir faire à transmettre pour fabriquer ces princes de la finance..."

"Pouvoir faire des choix. Etre libre, même si ce n'était qu'une apparence. Je ne désobéissais jamais, de peur que l'on m'abandonne."

1936. Nathalie Rheims à la Une de toutelaculture.com par YAEL

Grace au travail de fourmi de Gilles Paris auprès des sites littéraires (qui jouent un rôle de plus en plus important pour la diffusion des livres), de nombreux critiques littéraires du Net ont pu recevoir le roman de la rentrée de Nathalie Rheims : Laisser les cendres s'envoler assez tôt pour avoir le temps de le lire et de le présenter en "avant-première", comme le fait, aujourd'hui, le site toutelaculture.com (La boite à sorties) :

Laisser les cendres s'envoler, Nathalie Rheims réactive le deuil de la mère

Dix ans après la mort de sa mère, Nathalie Rheims revient sur sa relation douloureuse avec celle qui l'a quittée juste avant l'adolescence et dont elle avait fait le deuil de son vivant. « Laisser les cendres s'envoler » est un livre aussi dur que courageux, qui lève le voile sur mille et un secrets d'une grande famille de banquiers juifs où la première chose que l'on apprenait aux enfants était de ne jamais expirmer à voix haute leurs sentiments. En librairie le 22 aot aux éditions Léo Scheer.

Après avoir été adorée par sa mère, une jeune-fille de 15 ans se retrouve du jour au lendemain seule parce que celle-ci est partie vivre avec un soit-disant artiste de génie dont elle est tombée folle amoureuse. Dans la famille d'hommes d'affaires de l'adolescente abandonnée, on a le culte du silence. Et du secret. Père absent, personne à qui parler si ce n'est l'oncle patriarche dans le domaine familial qui lui conseille de bien se tenir, la narratrice finit par trouver une raison de vivre dans les pièces de Molière et le thétre. Elle entre au conservatoire, se loue sa propre petite chambre, mais a l'impression de rejouer l'abandon de sa mère à chaque relation. Elle arrête de manger, pour que ça se remarque; mais sa mère est ailleurs, enfouie dans son histoire d'amour avec son amant et bientôt son mari prétentieux. La survie commande alors à la jeune-femme perdue de porter le deuil de sa maman avant sa mort et de rompre définitivement avec une famille …

Mais la suture est longue. Existant envers et contre tous les dressages familiaux au silence, l'écriture de la douleur n'arrivera que bien après le décès physique, soudain et inexpliqué de la grande disparue. Livre fort, impudique, courageux, « Laisser les cendres s'envoler » percute de plein fouet de nombreux tabous dans une langue à la fois claire et sinueuse. Nathalie Rheims décrit tels quels des chagrins profonds de l'adolescence qui semblent ne pas avoir pris une ride ou un trait d'estompe, tant ils ont été enfouis. Un roman à la fois tendre et féroce, d'une très grande beauté.

Yael, le 8 aot 2012.

Extrait :

« Je me heurtais à un mur et notre ultime dîner m'avait fait comprendre que tout était perdu, qu'il ne servait à rien que je me détruise, que j'arrête de m'alimenter, que je pleure, hurle ou me taise. Ma mère, celle que j'avais adorée, avait disparu, sans retour possible et rien, pas même un appel à témoins, ne pourrait me la ramener. » p. 151.

mardi 7 août 2012

1934. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims sur France Net Infos.

Face à la mort d’une mère génitrice, les hommes ne sont pas égaux. Nathalie Rheims nous en démontre le phénomène.

Sur France Net Infos, journal en ligne gratuit, cette notr de lecture :

Nathalie Rheims laisse pénétrer le lecteur dans sa plus profonde intimité : celle du décès maternelle. Elle revient sur le poids du silence qui a séquestré sa famille pendant des générations. Elle décrit sa relation distante avec sa mère qu’elle te tente de comprendre. Sa mère, éprise d’un artiste « gourou », l’abandonne à son triste sort à l’âge de l’adolescence. Pour notre narratrice, la mort consciente de sa mère débute par ce drame. Cette séparation la plonge dans un profond désarroi qui s’accentue par une anorexie physique et silencieuse.

La narratrice voue une haine profonde au ravisseur du cœur de sa mère. Il faudra le décès réel de sa génitrice pour réaliser le gouffre de sa solitude.

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lundi 6 août 2012

1933. Riefenstahl de Lilian Auzas par Jérôme Béglé dans la sélection du POINT.FR comme un des 30 livres de la rentrée.

Riefenstahl de Lilian Auzas est le premier roman publié par les ELS à partir d'un manuscrit reçu par mail sous forme de fichier numérique. Ce qui prouve que ça peut marcher et cet article du Point.fr est peut-être le signe qu'en plus, ça peut marcher.

Leni Riefenstahl, héroïne de roman

Connaissez-vous Leni Riefenstahl ? On a dit qu'elle était la maîtresse d'Hitler, la pire des nazis, une cinéaste d'un talent écrasant, une Juive qui a prospéré pendant le IIIe Reich, une alpiniste infatigable, une plongeuse sous-marine que rien n'effrayait, une actrice sans intérêt, une névrosée, une femme au coeur grand comme ça, une... N'en jetez plus, la coupe est pleine ! Pleine de quoi d'ailleurs ? On ne le sait plus. Il fallait un livre pour remettre l'église au milieu du village, pour démêler le bon grain de l'ivraie d'une vie tellement remplie. Morte en 2003 à plus de 100 ans, elle continue de fasciner autant que d'agacer.

Lilian Auzas, jeune Lyonnais de 30 ans, s'est pris d'affection pour cette femme. Au point de lui consacrer son premier roman. Passé l'exercice d'admiration, on plonge dans des tête-à-tête aussi inquiétants qu'étonnants. Albert Speer, Herman Goering, le Führer lui-même, Marlène Dietrich - la rivale de Leni - entrent en scène. Tous semblent touchés par le magnétisme que dégage cette femme ainsi que par la puissance de sa volonté. On veut la cantonner à des films à la gloire du Reich ou aux Bergfilms très en vogue dans les années 30, elle se bat comme une lionne pour adapter des chefs-d'oeuvre de la langue de Goethe et montrer qu'elle est une vraie réalisatrice. Entre fiction en enquête historique, l'auteur pose un regard personnel sur un des personnages les plus contestés du XXe siècle.

Par JÉRÔME BÉGLÉ, le 6 août 2012

Découvrez un extrait de "Riefenstahl" de Lilian Auzas :

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vendredi 3 août 2012

1932. Aurélien Bellanger par Léo Scheer dans la sélection du POINT.FR

Le Point.fr vous fait découvrir cet été 30 titres de la rentrée.

Aujourd'hui, "La théorie de l'information" d'Aurélien Bellanger.

Aurélien Bellanger, petit frère de Houellebecq

par Léo Scheer

Au départ, Aurélien Bellanger est philosophe et libraire. Il fait partie de cette nouvelle génération d'artistes et de penseurs français qui fascine de nouveau l'Amérique. Là-bas, on les a baptisés "les nouveaux réalistes".

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mercredi 1 août 2012

1931. Henri de Bodinat dans LES ECHOS

Henri de Bodinat, l'auteur des Sept plaies du capitalisme, en librairie le 19 septembre 2012, dans la nouvelle collection Documents, vient de publier un article dans LES ECHOS illustrant son approche de la crise :

Comment l'euro a tué la Grèce.

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