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Blog des ELS La Revue Littéraire
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dimanche 30 septembre 2012

1992. Riefenstahl de Lilian Auzas par Paulin Césari dans LE FIGARO MAGAZINE

PREMIER ROMAN ***

Le monde selon Leni

Leni Riefenstahl a mauvaise presse. Cela se comprend : cette cinéaste douée, ambitieuse et narcissique a signé un jour un pacte avec le diable en mettant son art au service du IIIe Reich.

Ce qui se comprends moins, c'est le soin pris par ses contempteurs d'occulter le fait que son oeuvre a jeté les bases de la société du spectacle sous le règne de laquelle nous vivons.

Triomphe posthume de la volonté difficile à avaler !

Riefenstahl premier roman de Lilian Auzas, retrace avec brio la longue existence de cette artiste visionnaire, tout entière aspirée par sa volonté de puissance, son esthétisme outrancier, sa passion créatrice, son me de midinette.

Un portrait complexe et passionnant de cette grande prêtresse faustienne de l'image animée, dont l'oeuvre incarne la fusion du politique et de l'esthétique, voire la substitution de l'un par l'autre.

Prophétique !

Paulin Césari, le 22 septembre 2012

Pages coordonnée par Nicolas Ungemuth,

vendredi 28 septembre 2012

1991. Saint Germain / Signature / LA HUNE

PS. Nathalie Rheims était le 27 septembre invitée de François Busnel dans son émission sur France 5 La grande librairie qui sera rediffusée ce dimanche 30 septembre à 23h.

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jeudi 27 septembre 2012

1990. Amandine Maudet. Attachée de presse des Éditions Léo Scheer

Les Éditions Léo Scheer ont le plaisir de vous annoncer la nomination au poste d'attachée de presse d'Amandine Maudet à partir du 1er octobre 2012. Elle est joignable, à partir de cette date :

ELS 22 rue de l'Arcade 75008
Email : amandinemaudet@leoscheer.com
portable : 06 27 06 19 70

Née le 4 avril 1978 à Rennes, Amandine Maudet a vécu en Haïti, puis à Paris où elle a passé une maîtrise en sciences de l'information et de la communication (La Sorbonne Paris III) et commencé sa carrière d'attachée de presse aux Éditions Scali, puis, avec Dominique Gaultier, au Dilettante. Reçue à la FEMIS, elle suit une formation à l'écriture de scénario qu'elle poursuivra en même temps que ses nouvelles fonctions aux ELS. Elle sera plus facilement joignable le matin.

À part ça, Amandine porte bien son prénom : elle adore les gteaux. Pour son nom, celui de l'héroïne de En cas de malheur, (Yvette Maudet : "une jeune et jolie délinquante"), on verra bien.

1988. Alexandra Varrin signature chez Virgin Saint Lazare le samedi 6 octobre de 14h à 16h.

RDV avec Alexandra Varrin. Le samedi 6 octobre 2012 (de 14h à 16h) , l'auteur de C'est maman qui a tué le père Noël présentera son nouveau livre et signera au Virgin Saint Lazare. Le livre fait partie de la sélection des libraires de ce nouveau centre commercial.

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1989. Plagiat de Myriam Thibault par Oly sur HISTOIRE DE PAGES

Sur son site Histoire de pages, et si on lisait un peu..., Oly écrit sur le troisième livre de Myriam Thibault :

Et oui, après toutes ces semaines de lecture-manger-dormir, je reviens enfin pour continuer une nouvelle année littéraire.

On commence fort cette rentrée avec le nouveau Myriam Thibault, Plagiat. Depuis 2010, elle est au rendez-vous, et plus le temps passe et plus on est heureux de la lire.

Plagiat raconte l'histoire d'un écrivain "légèrement désabusé" sur sa vie de couple (voire sur sa vie tout court, il donne l'impression d'être assez blasé sur tout ce qui l'entoure). Il aime sa femme, enfin au début, maintenant il s'est habitué à elle comme on s'habitue à sa moquette. En clair: c'est la routine, et il ne va pas s'en plaindre. Seulement, sa chère épouse n'est pas de son avis, et malgré toutes ces années, parvient à le surprendre en le quittant du jour au lendemain, sans même lui laisser un mot (par contre, le chien est toujours là).

C'est là que commence son aventure affective. Passant du désespoir puis à la colère, notre héros décide de se venger de cette séparation trop soudaine en écrivant son prochain roman sur sa femme, se basant sur de vieilles lettres d'amour qu'elle lui avait envoyées alors qu'ils n'étaient pas encore mariés. Un pari risqué pour l'écrivain car les répercussions seront lourdes.

On avait quitté une jeune demoiselle, avec Plagiat, on découvre une Myriam Thibault mature mais également adulte (oui, il y a une différence). D'un style direct, simple et droit, elle arrive à décrire dans les moindres détails toute l'avalanche de sentiments qui suit une séparation non désirée: le sentiment d'abandon, la tristesse, la colère, la haine, le désir de vengeance, les regrets et finalement la lassitude et l'oubli. Ici, rien n'est laissé au hasard, et notre personnage principal nous amuse et nous attriste tant il nous paraît crédible et humain.

Avec ce nouveau roman, l'écrivain nous surprend par ce changement de registre (mince alors, où sont passées les descriptions de la capitale?) si bien contrôlé. Elle reste, cependant, fidèle à elle-même et continue de nous faire rire en glissant ça et là des références (humoriste, série télévisé, etc.) beaucoup plus discrètes que dans sa première oeuvre.

Plagiat est un excellent roman sur les sentiments et les catastrophes qu'ils peuvent provoquer quand ils prennent le pas sur la raison. Ici pas de morale, pas d'avis personnel, juste un exemple. Simple, mais efficace.

On se dit rendez-vous à la rentrée littéraire 2013, alors?

Oly, le 26 septembre 2012

dimanche 23 septembre 2012

1987. Riefenstahl de Lilian Auzas par Stéphanie Hochet pour le JEUDI du Luxembourg

L'amazone au pays des bourreaux.

Pour son premier roman, Lilian Auzas (30 ans) évoque le destin de la cinéaste du nazisme, Leni Riefenstahl, qui par-delà le bien et le mal, aura suscité l'admiration d'un Andy Warhol et d'un Francis Ford Coppola.

La féminité est-elle soluble dans le nazisme? La formulation paraît provocante mais il aura fallu attendre cette rentrée littéraire 2012 pour qu'un jeune auteur s'interroge sur ce sujet et nous fasse découvrir le parcours de celle dont le nom était devenu un tabou dans le milieu du cinéma et bien au-delà : Leni Riefenstahl. Vite cataloguée «cinéaste préférée d'Adolf Hitler», le personnage était en réalité plus complexe qu'on a pu l'imaginer.

Lilian Auzas s'est penché sur le destin de cette femme qui fut la seule figure féminine parmi les caciques du Troisième Reich – la seule mais une des plus décisives -. De quoi découvrir le régime nazi sous un éclairage original : celui qu'il prodigua à une jeune arriviste en échange des oeuvres que celle-ci allait mettre au service de la propagande hitlérienne. Les dictatures tiennent par l'image qu'elles présentent au peuple. Hitler l'avait compris qui contacte un jour celle qui a rencontré de jolis succès avec des historiettes filmées dans les montagnes germaniques (les fameux Bergfilms très à la mode à l'époque).

Cette Leni Riefenstahl est une artiste née. Quelques années plus tôt, elle aura eu du mal à trouver sa voie, elle s'était voulue actrice, danseuse, elle sera la réalisatrice la plus en vue des années 30. Et pour en arriver là, la jeune femme est prête à tout: à frayer avec Arnold Fanck, le célèbre réalisateur, à apprendre l'escalade et le ski, rien ne l'arrête. C'est une battante en lutte contre l'establishment des misogynes, une égocentrique dont les ambitions ne vont jamais s'arrêter.

Son premier film en tant que réalisatrice, La lumière bleue (1932), a tapé dans l'oeil du Führer. Le dictateur a compris quel était le potentiel de la jeune femme. Leni pouvait transcender la réalité. C'est précisément ce dont Hitler avait besoin. Il lui promet qu'elle serait la cinéaste de la nouvelle Allemagne. Sur ce point, son gourou ne lui a pas menti... Elle vient de mettre le doigt dans l'engrenage infernal.

«Sans aucun doute, j'étais contaminée»

A cette époque, elle croit en Hitler, à sa capacité à redessiner un nouveau visage de l'Allemagne, à faire de grandes choses… Elle n'est pas la seule, le pays entier est sous le charme : cet Hitler est un magicien, il a le pouvoir d'éveiller le meilleur de vous-même et de le fondre dans une masse unanime, soulevée par l'enthousiasme. Elle découvre l'hitlérisme : c'est une communion. Et elle saura s'accommoder des politiques épouvantables à l'encontre des juifs et des communistes. Sans être clairement antisémite, elle sait détourner la tête quand le spectacle qu'offrent les nazis n'est pas beau à voir et qu'il y va de son intérêt de ne rien remarquer.

Sans doute y avait-il une sorte de séduction entre cette femme un peu immature, avide de gloire et le dictateur qui savait se montrer paternaliste avec ceux qu'il voulait tenir sous sa coupe. Mais c'est bien dans son cerveau à elle que jaillit Le triomphe de la volonté, la grande oeuvre de propagande du régime hitlérien.

Lilian Auzas redonne vie au personnage Leni Riefenstahl, interroge ses ambiguïtés. Etrange femme, un peu enfant, un peu séductrice, antisémite si son intérêt professionnel en dépendait (alors qu'elle continuait d'entretenir des relations d'amitié avec des juifs dans son métier, y compris après la promulgation des lois anti-juives), pion important dans l'échiquier du régime, elle rencontre Albert Speer, Rudolph Hess, et Goebbels ne lui cache pas son admiration. «Sans aucun doute, j'étais contaminée» déclarera- t-elle bien plus tard.

A plusieurs reprises, Lilian Auzas évoque la figure de l'amazone pour parler de «la» Riefenstahl. La carrière de la cinéaste a sans doute ressemblé à ça: à la conquête d'une obscure amazone au pays des bourreaux. Un livre (est-ce un roman?) qui, ne serait-ce que par son sujet et la façon originale de le traiter, méritera d'être mis en lumière. Lilian Auzas ne cesse de s'interroger lui-même sur sa fascination pour cette artiste; on le comprend d'autant mieux qu'on partage sa perplexité.

STEPHANIE HOCHET, le 12 septembre 2012

jeudi 20 septembre 2012

1985. Les Sept plaies du capitalisme de Henri de Bodinat par Philippe Plassard dans LE NOUVEL ÉCONOMISTE

Henri de Bodinat, investisseur et essayiste.

Bio express

Eclectisme

Le parcours d’Henri de Bodinat (64 ans) témoigne de son éclectisme. Diplômé d’HEC et de l’IEP de Paris, admis à l’ENA, il préfère continuer ses études à Harvard où il obtient un doctorat en business administration. Il entre en 1976 chez Arthur D.Little, cabinet de conseil en stratégie et fonde avec Jean-François Bizot le magazine Actuel et la station de radio Radio Nova. Après avoir occupé des postes de premier rang chez le publicitaire Saatchi and Saatchi France, CBS Records France, Sony Software Europe, au Club Méditerranée, il crée en 1998 le groupe Musisoft devenu Next Music avant de rejoindre à nouveau Arthur D.Little. En 2009, il crée un fonds d’investissement spécialisé en Télécom, Internet et Média, Time Equity Partners. Henri de Bodinat est l’auteur de plusieurs ouvrages de management dont Une stratégie de l’offre : Gagner la crise et l’après-crise. Les Sept plaies du capitalisme est son deuxième essai après L’Etat, une parenthèse de l’histoire.

Dans Le Nouvel Économiste à propos de l' "Hyper-capitalisme" :

« Cessons de protéger la finance comme si elle était « le sang » de nos économies »

Une mise en revue critique et sans appel des dévoiements de l’hyper-capitalisme par l’auteur des « Sept plaies du capitalisme »

“La crise de 2008 est le symptôme d’une mutation maléfique du capitalisme depuis la chute du communisme qui entraîne irrésistiblement vers le gouffre des inégalités, de la stagnation et du chômage l’ensemble des sociétés occidentales.” Ce diagnostic on ne peut plus sombre n’est pas posé par Jean-Luc Mélenchon mais par l’entrepreneur Henri de Bodinat dans un essai aussi incisif que percutant. Pour se faire comprendre, le cofondateur d’ Actuel et de Radio Nova, aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement, puise dans le registre biblique pour décliner les sept maux qui font “courir le capitalisme à sa perte”. Surplombé par la cupidité, “la mère de toutes les plaies”, cet inventaire pointe au premier chef “l’infection” du système par le lobbying de grandes entreprises en quête de surprofits et qui mine profondément nos régimes politiques. Or en se concentrant dans les mains des groupes de pression financiers, ce mal atteint des proportions jamais atteintes.

“L’interpénétration de la finance avec le pouvoir est quasiment totale. Les mesures ne se prennent plus dans le sens de l’intérêt général mais au bénéfice de la seule préservation des intérêts bancaires”, dénonce Henri de Bodinat qui appelle à couper d’urgence ce lien pour “sauver” le capitalisme.

“La crise est, comme la fièvre du malade, le symptôme des dévoiements du système capitaliste. Avant 2008, les dirigeants et les organisations internationales ne voulaient pas voir ces dérives sur le mode du “tout va très bien Madame la Marquise”, en dépit des signaux d’alerte comme le gonflement hors de proportion des profits de la sphère financière. Aujourd’hui pour traiter le mal, on pratique cette même méthode Coué en refusant de s’attaquer aux causes profondes ou en refusant de prendre les remèdes radicaux pourtant inévitables, comme par exemple à mes yeux la sortie de l’euro pour les pays européens les plus mal en point. On persévère dans le déni. Alors que nous sommes dans bon nombre de cas à la limite du point de rupture, en particulier dans les sociétés qui connaissent une proportion de jeunes au chômage insupportable. Le risque est de connaître des crises de plus en plus violentes allant jusqu’à des révolutions comme en 1789 ou 1917.

A biens des égards, la situation actuelle rappelle celle de la fin de l’Empire romain au III-IVe siècle après JC, quand une caste richissime côtoyait une plèbe désargentée. Une polarisation si forte qu’elle allait conduire à l’écroulement de l’Empire. Ce type de clivage ne concerne pas que les pays occidentaux puisqu’on retrouve ces inégalités aussi bien en Chine, en Inde et au Brésil. Ces pays – surtout la Chine – ont embrayé sur la voie du capitalisme en exacerbant toutes ses dérives.

La cupidité, mère de toutes les plaies

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mercredi 19 septembre 2012

1984. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Marine Landrot dans TÉLÉRAMA

ROMAN

T T

Trouver le ton juste, la bonne distance, le point de vue approprié, sans taire sa douleur, sans préserver ceux qui vous ont fait du mal, et sans se mentir.

Nathalie Rheims réussit cette prouesse dans un livre autobiographique plein de pudeur et de détermination.

Sa mère est l'objet du récit, retenu et altier comme le veut son éducation bourgeoise, franc et violent comme l'exige sa soif de renaissance.

De la désertion de cette génitrice qui lcha mari et enfants pour suivre "l'Artiste", un amant démiurge et possessif, Nathalie Rheims cherche à recueillir les fruits, aujourd'hui à maturité.

"Enfant, je lui construisais un trône : il se transformait en tas de sable", écrit-elle pour dire son effondrement, après l'abandon maternel.

À son enfance ouatée, argentée, jusqu'à l'étouffement, la romancière offre un sas de décompression, grce à son écriture oxygénée.

Fruit du silence, enseigné comme règle d'or chez les Rheims, ce livre cicatriciel chuchote les vertus du quant-à-soi, quand il n'est pas repli, mais plutôt recueillement. Alors, aux aguets, tout s'éclaire.

Marine Landrot, le 19 septembre 2012

1983. Lilian Auzas (Riefenstahl) chez Paula Jacques sur FRANCE INTER

Dimanche 16 septembre, Paula Jacques recevait dans son émission Cosmopolitaine'', Lilian Auzas pour son livre Riefenstahl'', une des grandes surprises de la rentrée littéraire.

1982. Nathalie Rheims coup de coeur de Marie Claire par Fabrice Gaignault

Laisser les cendres s'envoler est dans la sélection des dix livres de Marie Claire. (à noter dans cette sélection, le 3 autres livres "grand-format : de Julia Deck, de Yannick Grannec et de Joy Sorman)

Marie-Claire d'octobre, "Notre coup de coeur" par Fabrice Gaignault :

Glaçante et magnifique autopsie d'une relation brisée.

Nathalie Rheims n'en finira donc jamais avec ses fantômes, ses ombres et ses gouffres familiaux. La romancière s'est déjà penchée avec talent sur son frère adoré disparu; puis, plus tard, sur son père, collectionneur d'Å“uvres précieuses comme de femmes brillantes, beaucoup moins prodigue en élans d'affection paternelle.

Est enfin venu le temps de l'affrontement douloureux, en allant mettre ses mots dans le souffle froid d'une mère absente longtemps avant sa mort. Cette héritière d'une dynastie de banquiers, mais incapable d'apporter à sa fille l'amour, sans prix…

Un jour, alors que Nathalie a 15 ans, sa «génitrix» fantasque s'entiche d'un sulfureux personnage, claque la porte pour en ouvrir une autre, donnant sur une pièce où seule la passion exclusive a élu domicile. Nathalie se retrouve seule et, toutes larmes ravalées, finit par faire son deuil: «Il n'y avait pas de fil assez solide pour recoudre une déchirure aussi profonde», suggère-t-elle dans cette glaçante et magnifique autopsie d'une relation brisée.

Fabrice Gaignault, septembre /octobre 2012

mardi 18 septembre 2012

1981. Première sélection du PRIX FEMINA 2012

Attribué chaque premier mercredi de Novembre par un jury exclusivement féminin ce prix récompense chaque année une Å“uvre de langue française écrite en prose ou en poésie. Lundi 17 septembre, les jurés ont établi une première liste d'ouvrages parmi lesquels ils devront encore à deux reprises effectuer leur sélection finale qu'ils rendront publique le 19 octobre.

Dans la catégorie - Romans français- ont été choisis :

Thierry Beinstingel Ils désertent, Fayard
Jeanne Cordelier Escalier F Phébus
Julia Deck Viviane Elisabeth Fauville Minuit
Patrick Deville Peste et choléra Seuil
Joël Dicker La vérité sur l'affaire Harry Québert Bernard de Fallois
Philippe Djian Oh... Gallimard
Nicolas d'Estienne d'Orves Les fidélités successives Albin Michel
Jérôme Ferrari Le sermon sur la chute de Rome Actes Sud
Claudie Hunzinger La survivance Grasset
Leslie Kaplan Millefeuille P.O.L
Catherine Mavrikakis ''Les derniers jours de Smokey Nelson'' Sabine Wespieser
Florence Noiville L'attachement Stock
Gisèle Pineau Cent vies et des poussières Mercure de France
Nathalie Rheims Laisser les cendres s'envoler Léo Scheer
Catherine Safonoff Le mineur et le canari Zoé
Colombe Schneck La réparation Grasset
Antoine Sénanque Salut Marie Grasset
Anne Serre Petite table, sois mise ! Verdier
Joy Sorman Comme une bête Gallimard

Le Jury : Paule Constant; Camille Laurens (Présidente 2012); Diane de Margerie; Solange Fasquelle; Viviane Forrester; Claire Gallois; Benoîte Groult; Paula Jacques; Christine Jordis; Mona Ozouf; Danièle Sallenave; Chantal Thomas.

lundi 17 septembre 2012

1980. Les Pieds nus de Marie Simon par Baptiste Liger dans L'EXPRESS

Certaines questions ont parfois des airs de pressentiment, de prédiction.

"Tu es sr que tu as envie de la faire, cette régate ?" demande, pas si naïvement, la narratrice des Pieds nus à son mari, Quentin.

Cet homme, elle l'aime jusqu'à la déraison, pour des petits riens : ses cheveux bruns, son got pour les meubles scandinaves ou les olives, sa connaissance de l'histoire de France, sa manière de faire l'amour, aussi. Mais son "mec", elle ne le reverra jamais, emporté par les caprices de la mer.

Il n'y a guère pour la jeune veuve que les restes du bateau, et cette cérémonie insoutenable avec la famille et les amis, regardant cette boîte vide symbolique... On pense à Sous le sable, de François Ozon, à la lecture du premier roman, émouvant et juste, de Marie Simon, qui réussit là une poignante évocation d'un deuil, doublée d'une réflexion sur les mécanismes de l'écriture.

Baptiste Liger, le 17 septembre 2012

dimanche 16 septembre 2012

1979. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Pierre Assouline dans LA RÉPUBLIQUE DES LIVRES

Rififilles dans les grandes familles (Commentaires sur la RdL).

Ndlr : Lecture de Un héros de Félicité Herzog et de Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims.

On connaît deux manières d'exorciser le spectre de la famille lorsqu'il pèse sur la conscience : la bonne et la mauvaise.

Deux livres témoignent de la nécessité de se débarrasser un jour de ce fardeau en le jetant sur le papier. Bien que l'un des deux s'avance sous le masque du roman, les deux sont des récits autobiographiques signés par des femmes, implacables dans leur concision, dense à exploser à force de condensation des sentiments, également rehaussés par une langue et une écriture d'une belle tenue. Commençons par celle qui fait des mauvaises manières à sa famille, c'est peu de le dire. Dans Un héros, Félicité Herzog, dont c'est le premier livre, entreprend de tuer le père. Elle n'est pas la première. Sauf qu'elle le fait à coups de piolet. Il est vrai que ce quasi centenaire (mais oui, toujours vivant) n'est autre que Maurice Herzog, illustre vainqueur de l'Annapurna, le seul ministre du général de Gaulle amputé des doigts pour cause de grand gel en altitude. On le découvre dans ces pages hémiplégique de la sensibilité, dopé à mort pour réussir son exploit, aventurier prêt à tout pour ne rien sacrifier à l'égoïste édification de sa légende, passionné par le film Elephant man, un épicurien ivre de sa liberté de parole et des transgressions qu'il s'accordait, un homme qui avait renoncé à être un père tant il préférait la conquête des femmes à celle de sa progéniture (« S'il y avait eu alors un marché d'occasion des pères, je l'aurais cédé pour un franc symbolique »), un être incapable de transmettre quoi que ce ft aux siens et, pire que tout mesdames et messieurs, un ami et commensal de Jean-Marie Le Pen. Cela se veut cruel, souple et féroce, mais reste trop froid pour susciter l'empathie.

Son héros annoncé, dont on comprend vite que la grandeur n'est désigné là que par antiphrase, disparaît à la page 72, pour laisser place à l'évocation de la famille Cossé-Brissac, et ne réapparaît qu'à la page 169 ; puis on le perd à nouveau au cours de deux chapitres sur Wall Street, l'auteur ayant été une brillante financière de la banque Lazard avant de passer chez Publicis puis Areva ; dommage qu'elle ait ainsi digressé en déplaçant la focale car cela crée un déséquilibre ; in fine, on comprend que son véritable héros n'est autre que son frère Laurent, convaincu d'être suprêmement doué de discernement, et qui, las de n'être pas entendu, se jeta à 23 ans du haut d'un pont d'autoroute comme des voix le lui ordonnaient. L'exécution du papa en place publique, et d'une partie des familles alliées, Schneider à la légende d'acier et Cossé-Brissac à l'allure de Jockey collabo, n'est pas sans rappeler une autre, un meurtre du grand-père bien plus scandaleux, paru l'an dernier sous la même couverture jaune, étrangement (d'ailleurs, au passage, Félicité Herzog en remet une couche sur « ce salaud ordinaire », c'est tellement bon de taper sur les monstres, il n'y a pas de petits plaisirs). Il y a quelque chose de déplaisant, peu ragotant, vraiment pas aimable dans cette façon de cracher sur les siens ad hominem. Il ne suffit pas de prétendre se battre contre le grand mensonge des familles, les secrets inavouables, les tabous oppressants, les mésalliances tues. Ce n'est supportable que lorsque c'est sublimé par la littérature, phénomène des plus rares, on le déplore. Au vrai, on ne voit pas l'intérêt d'un tel réquisitoire. Les chasseurs regretteront que, malgré sa fréquentation des chteaux, l'auteur n'ait pas appris qu'une fois fichés aux murs de la duchesse d'Uzès, les bois de cerfs s'appellent « des massacres de cerfs ». Quant aux alpinistes, si d'aventure ce livre tombe entre leurs mains, ce qu'on ne leur souhaite pas, ils découvriront comment, à coups d'hypothèses et de conditionnels, on en arrive à associer le nom véritablement glorieux de Louis Lachenal à « un mensonge de cordée », lui qui, justement, faisait de cette cordée comme de toute autre une affaire de morale et de conscience. On aura compris que c'est du brutal sous l'enveloppe précieuse.

L'autre manière de se délester de ce qui nous étouffe est magnifiquement illustré par le quatorzième livre de Nathalie Rheims Laisser les cendres s'envoler. Dans ce récit qui renoue avec le sombre éclat de son tout premier livre, où la mort de son frère côtoyait l'ombre portée du comédien Charles Denner (L'un pour l'autre), elle réussit, là où Félicité Herzog et tant d'autres ont échoué, à donner des accents universels à l'histoire très privée et toute personnelle de ses rapports avec les siens. Une drôle de famille où une photo manquera à jamais : « Je n'ai pratiquement jamais vu mes parents ensemble ». Un père célèbre, fantasque, séducteur et surtout une mère qui abandonne ses enfants (la narratrice avait alors 9 ans) pour suivre un amant honni d'eux, sorte de sculpteur conceptuel fort préoccupé par la portée de son geste. C'est sa présence/absence qui donne sa force à cette quête parcourue de part en part par le spectre de la maladie et de la mort. Une écriture dépouillée, économe, sobre, dénuée du moindre pathos mais pas déprise de son ancienne mélancolie, épanouie sur le terreau de la solitude. Pas un mot de trop. Des touches ironiques, surtout pour la galerie d'ancêtres, épatante. Des identifications attendues, sous la plume d'une ancienne comédienne, à quelques fameux personnages, notamment le Shylock du Marchand de Venise, car la livre de chair, gage du prêt consenti par l'usurier imaginé par Shakespeare, « c'était la mienne : plus j'avançais dans les répétitions, plus j'étais mal à l'aise car cette tragi-comédie me faisait toucher du doigt le destin de ma propre famille (…) Ma mère était-elle le gage et moi la goutte de sang en trop ? ». En musique de fond, la peinture d'une grande famille inscrite dans l'histoire européenne des deux derniers siècles, dynastie qui aurait pu être celle des Rothschild s'ébrouant dans un chteau qui ressemble fort à Ferrières. Mais, outre les accents bouleversants de certaines scènes jamais appuyées, l'auteur a l'intelligence de ne nommer ni les gens ni les lieux. Dans le cas de l'amant de sa mère, sangsue guère animée par la haine de soi, artiste mégalomaniaque et taré, mais suffisamment lucide sur les faiblesses de ses contemporains pour lui pomper son héritage, dans ce cas précis, la discrétion est préférable. Mais Nathalie Rheims a également la délicatesse de ne pas nommer les siens chers à son cÅ“ur, la grand-mère, l'oncle et le grand oncle ; où qu'ils soient, ils se reconnaîtront et cela suffit ; le reste appartient au lecteur qui n'a pas de mal à s'y attacher, jusques et y compris cette mère indigne, personnage central de l'histoire, qui abandonne tout et tous pour suivre l'Artiste ; une mère incapable d'avoir un enfant avec son génie des Carpates mais capable un jour de demander à sa fille si elle ne veut pas être la mère porteuse…

Félicité Herzog et Nathalie Rheims ont toutes deux grandi dans des milieux fortunés et titrés, entourées d'autant de personnes que de personnages et elles ont toutes deux perdu un frère aîné adulé. Pour le reste, c'est à dire pour ce qu'elles font de leur affaire de famille, tout les sépare bien qu'elles portent un regard également critiques sur leur monde : d'un côté le rejet violent et sans appel, de l'autre une vraie tendresse envers le siens, malgré tout.

Pierre Assouline, le 12 septembre 2012

samedi 15 septembre 2012

1978. Secrets de famille dans LE PARISIEN

Pierre Vavasseur réussit à consacrer 3 pages du Parisien d'aujourd'hui aux livres, singulièrement à ceux de la rentrée littéraire, (dont la une. Chose rare).
Extrait...Nathalie Rheims est de ceux "qui se livrent" : Avec Laisser les cendres s'envoler Nathalie Rheims a attendu son quinzième livre pour aller fouiller au plus profond d'un mal d'enfance. Envoutée par un artiste gourou, sa mère aujourd'hui disparue, de la lignée des Rothschild, s'est désintéressée de sa fille en l'abandonnant à sa solitude.
"Je ne regrette rien," affirme la romancière. "Et ce n'est surtout pas un roman thérapeutique puisque le problème était réglé dans ma tête depuis très longtemps. Ce qui aurait été thérapeutique aurait été d'écrire un journal intime. Moi, je savais exactement où j'en étais. Sinon, je n'aurais pas pu être à la bonne distance. On écrit ce que l'on a à écrire. Mon désir était, avec ce livre, d'aller chercher chez le lecteur ce qui m'a manqué chez ma mère."

P 2 & 3 : Secrets de famille : les écrivains balancent par Pierre Vavasseur.

vendredi 14 septembre 2012

1977. RDV Paula Jacques / Lilian Auzas dimanche FRANCE INTER dimanche16 septembre de 14h à 15h.

Pour parler de Riefenstahl, le premier roman de Lilian Auzas.

À propos de ce livre qui suscite de nombreuses discussion, ce "coup de coeur" du journal Alliance, Le premier magazine juif sur le Net :

D’elle, on a dit qu’elle était une grande danseuse expressionniste. Puis une géniale réalisatrice, indéniablement la plus grande des années 30. Elle fut ensuite une talentueuse photographe, comme le prouve le magnifique portrait de Mick Jagger torse nu, envoyant un baiser à l’objectif. Enfin, ses reportages sous-marins ont eux aussi été encensés par la critique. Pourtant, s’il fallait résumer en une phrase la vie et l’œuvre de Leni Riefenstahl, ce serait sans doute celle attribuée à Liam O’Realy, « Artistiquement, elle est un génie. Politiquement, elle est une imbécile », qui serait la plus appropriée. Et un génie, elle le fut.

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1976. C'est maman qui a tué le père noêl d'Alexandra Varrin par Sophie Delassein dans LE NOUVEL OBSERVATEUR.

Une fille, sa mère et sa grand-mère projettent, pour leur plus grand malheur, de se retrouver chez cette dernière à Noël.

Alice, Danièle et Berthe sont unies par les liens du sang et un passé commun scabreux.

Ce n'est pas seulement la dinde qui s'invite à leur table, mais leurs névroses respectives et leur incapacité à accepter l'autre.

S'il traite avec brio du thème complexe de la famille, le quatrième roman d'Alexandra Varrin est aussi très drôle.

Une tragi-comédie dont aucun personnage ne sort indemne. Le lecteur non plus.

Sophie Delassein, le 6 septembre 2012

1975. Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims par Gilles Pudlowski dans LE POINT

...C'est ce verrou des foyers clos que Nathalie Rheims tente d'ouvrir, de son écriture fine, fluide, si efficace.

...C'est ce cadenas tenace qu'elle fait sauter, avec cette puissante délicatesse, devenue, livre après livre, sa signature d'écrivain.

TOUT SUR SA MÈRE.

Nathalie Rheims règle ses comptes avec délicatesse.

Quand Nathalie Rheims règle ses comptes, cela fait mal.

À elle d'abord. Ses lecteurs le savent bien qui suivent avec fidélité, depuis treize ans, une oeuvre en forme de journal intime qui rend hommage aux morts et joue, non sans brio, la confusion entre roman et autobiographie.

Il y a la figure du frère tant aimé, mort trop tôt, liée à celle de Charles Denner, acteur maudit et secret (L'un pour l'autre, 1999).

Il y a celle du père, Maurice, qui fut le plus star de nos commissaires-priseurs, un académicien français rebelle, un collectionneur d'art impertinent, un écrivain libre, un père présent/absent, à la fois bavard et muet (Les fleurs du silence, 2001).

On n'oublie pas, au passage, l'hommage au compagnon meurtri (Claude, paru en 2009), homme de cinéma, collectionneur d'art, comme papa, quoique plus avant-gardiste.

Voici, désormais la mère qui entre en scène. Une mère sinon inconnue, comme elle le suggère au final, du moins sans nom, oubliée, honnie, qui a abandonné non seulement son mari indifférent, mais sa fille, devenue la narratrice.

Car il s'agit d'un roman, n'est-ce pas ?

Voilà donc ce double de l'auteur qui se raconte, dit sa douleur silencieuse, sa solitude, sa marche lente vers l'anorexie,comme l'incompréhension des autres. Elle évoque, mezza voce, cette mère ayant choisi de déserter les siens pour "cover" un artiste coteux et habile manoeuvrier.

Je suis née dans une famille singulière, avec tant de ramifications et de secrets glisse-t-elle au détour du récit.

On retiendra de ce livre miroir, ce roman confession, brandi comme une arme à la face d'autrui, le besoin forcené de comprendre, mais non de pardonner.

Gide l'expliquait déjà dans Les nourritures terrestres avec son Familles, je vous hais et ces mots que l'on omet souvent de citer et qui en sont la suite :

Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur.

C'est ce verrou des foyers clos que Nathalie Rheims tente d'ouvrir, de son écriture fine, fluide, si efficace.

C'est ce cadenas tenace qu'elle fait sauter, avec cette puissante délicatesse, devenue, livre après livre, sa signature d'écrivain.

Gilles Pudlowski, le 13 septembre 2012.

jeudi 13 septembre 2012

1974. Dites-le avec des gants par Pierre Assouline.

Très bel exercice de littérature comparée par Pierre Assouline sur son blog :

La République des Livres :

"Rififille" dans les grandes familles.

Passou-analyse de deux romans :

Un Héros de Félicité Herzog chez Grasset.

Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims chez Léo Scheer

mercredi 12 septembre 2012

1973. Marie Simon, Les pieds nus, dans la première sélection du Prix de Flore.

VOICI LA PREMIERE SELECTION DU PRIX DE FLORE 2012

Carl Aderhold, Fermeture éclair (Lattès)

Pit Agarmen, La nuit a dévoré le monde (Robert Laffont)

Santiago Amigorena, La première défaite (P.O.L.)

Aurélien Bellanger, La théorie de l'information (Gallimard)

Anne Berest, Les patriarches (Grasset)

Oscar Coop-Phane, Zenith Hôtel (Finitude)

Philippe Djian, “ Oh…” (Gallimard)

Stéphane Michaka, Ciseaux (Fayard)

Anne Serre, Petite table sois mise ! (Verdier)

Marie Simon, Les pieds nus (Léo Scheer)

Jury du Prix de Flore : Frédéric BEIGBEDER, Jacques BRAUNSTEIN, Manuel CARCASSONNE, Carole CHRETIENNOT, Michèle FITOUSSI, Jean-René VAN DER PLAETSEN, François REYNAERT, Jean-Pierre SACCANI , Bertrand de SAINT-VINCENT, Christophe TISON , Philippe VANDEL, Arnaud VIVIANT .

La deuxième sélection sera annoncée le 3 octobre.

Le Prix de Flore 2012 sera décerné le jeudi 8 novembre.

1972. KRIZ. D'une crise à l'autre. de Morad El Hattab dans LE PARISIEN

UN THRILLER SUR LA CRISE.

Kriz est le troisième opus d'une série sur les causes et les conséquences de la crise mondiale.

Les lecteurs avaient trouvé les deux premiers volumes de la série trop pessimistes.

Or, depuis, les événements ont donné raison aux auteurs : trois ans plus tard, tout le monde peut en juger. La crise est sur toutes les lèvres, de toutes les discussions, et chacun la vit ou la subit en fonction de son pouvoir d'achat.

Même les « d'jeunes » ont adapté le mot en langage SMS : "Kriz" est devenu un phénomène banal et quotidien dans lequel s'enfoncent l'économie et les sociétés actuelles.

Alors, comment et quand s'en sortir ? Si tous les pays d'Europe sont passés en revue, le cas de la France est largement développé : dette publique, désindustrialisation...

L'instantané d'une situation européenne critique est parfaitement brossé.

lundi 10 septembre 2012

1971. Nathalie Rheims Les raisons d'un succès par Jacques Nerson dans LE NOUVEL OBSERVATEUR

Quand la mère se retire.

Dans ce roman rageur et saisissant, dont on ne peut se détacher une fois ouvert... Nathalie Rheims se souvient...

Nathalie Rheims rebaptise le chteau de ses aïeux, ne nomme pas sa famille maternelle, présente ce récit comme un roman.

Vaines précautions. Vous en connaissez beaucoup des banquiers juifs anoblis, disséminés aux quatre coins de l'Europe, dont le patrimoine est synonyme de milliardaire?

Le livre est tout entier dicté par sa colère inextinguible contre sa mère.

Un matin de janvier en allant faire signer mon carnet de notes, je découvris que ma mère était partie, nous quittant, mon père et moi. Je partis pour l'école comme un automate, incapable de pleurer, incapable de ressentir autre chose qu'un vide terrifiant.

Elle ne lui en veut pas de s'être séparée de son père, le couple battait de l'aile depuis longtemps. Ce qu'elle ne lui pardonne pas, c'est de l'avoir abandonnée pour filer le parfait amour avec un artiste en vogue, captateur de fortune.

Je me sentais plaquée comme à la fin d'une aventure amoureuse. Comment la mère n'a-t-elle pas vu le désespoir qui dévastait sa fille ?

Comment a-t-elle eu l'inconscience de lui demander de servir de mère porteuse au cas où l'Artiste-en-vogue voudrait un enfant ?

À sa décharge, l'adolescente se montrait incapable d'exprimer sa détresse, cadenassée qu'elle était dans la loi du silence, principe fondamental de la bonne éducation chez les manieurs d'argent.

Ce que je sentais au fond de moi avait beau ressembler à une apocalypse, rien, strictement rien, n'arrivait à sortir, pas un mot, pas un reproche, pas l'ombre d'une remarque.

Ici, le livre va au-delà du réquisitoire contre une mère dénaturée, il s'en prend à l'écrasante pyramide des financier.

Même si ce n'est pas une excuse, Nathalie Rheims a compris que la fuite maternelle avec l'Artiste-en-vogue était probablement la seule échappatoire à sa portée.

Plus tard, bien plus tard, sa mère lui proposera de passer quelques jours pour remonter le temps avec elle dans le chteau de son enfance. Elle est malheureusement morte juste avant les retrouvailles, laissant imprononcés les mots qui auraient peut-être cicatrisé les plaies.

À la première page du récit comme à la dernière, Nathalie Rheims prétend être parvenue à l'indifférence. Mais contrairement à ce que le titre laisse supposer, elle ne laisse pas les cendres du passé s'envoler,elle les remue. Et le feu couve toujours en dessous.

De ce roman rageur et saisissant, dont on ne peut se détacher une fois ouvert, on retire une leçon : fortune et blason peuvent en l'espace de quelques générations déposséder des juifd de leur humour. Ça ne rigolait pas tous les jours au chteau de Fer... de Gombière, pardon !

Jacques Nerson, le 6 septembre 2012.

1970. Myriam Thibault interview par Tibault Comte dans MAZE.

Salon du Livre : Emmanuel Carrère. Photo prise par Myriam Thibault.

MAZE, e WebMag de l'actualité de la Musique, du Cinéma, de la Littérature, de la Mode, des Jeux Vidéo, de l'Art réalisé "Par les jeunes, pour les jeunes", s'entretient avec Myriam Thibault à l'occasion de la sortie cette semaine (Le 12 septembre, de son troisième livre : Plagiat.

Myriam Thibault est née en 1993, elle est en deuxième année de Lettres Modernes Appliquées à la Sorbonne – Paris IV. Auteur aux Editions Léo Scheer : Paris, je t'aime (2010), Orgueil et désir (2011), son troisième roman, Plagiat sort le 12 septembre. Elle est également Chroniqueuse pour La Cause Littéraire et musicienne depuis plus de dix ans (flte-traversière). Elle nous a accordé quelques instants pour répondre à des questions.

Interviewer: Thibault Comte

T: Parle nous un peu de ton livre Plagiat qui sort le 12 septembre.

M: Plagiat est l'histoire d'un homme qui se retrouve seul après le départ de sa femme. Elle part sur un coup de tête et le laisse sans nouvelle. Il est écrivain, et décide d'écrire un livre pour la faire revenir. Mais sa plume ne veut rien entendre, et toutes ses pages restent blanches. Nostalgique, il monte dans le grenier de leur grande maison, et retrouve des objets qui appartenaient à sa femme, ainsi que tout un tas de lettres… Ceci va lui redonner le got d'écrire, mais ne va pas nécessairement perpétuer l'amour qu'il lui portait.

T: “Myriam Thibault pose la question de l'authenticité des sentiments à travers la figure d'un homme qui, en cherchant à tout prix la gloire, précipite sa propre chute”. Cela fait penser à cette difficile question de la chute et de l'envol. Question qui est présente dans les pensées humaines depuis l'antiquité avec Le Mythe d'Icare jusqu'à aujourd'hui avec certains textes d'auteurs contemporains, je pense notamment à Hunter S.Thompson. Un philosophe que j'apprécie, Friedrich Nietzsche, écrivait dans Le Crépuscule des Idoles: “Ne t'élèves pas trop haut, ne rases pas non plus le sol car c'est à mi hauteur que le monde t'apparaitra le plus beau” Qu'en pensez-vous? Faut-il rester au centre, sur la berge en toute sécurité en risquant que la vie nous contourne? Ou faut-il prendre son envol, prendre le risque de la vie, quitte à se brler les ailes et à “provoquer sa propre chute”?

M: Je pense sincèrement que la vie est faite pour être vécue vraiment. Rester dans son coin, ne rien tenter, amène aux regrets. Une déception vaut mieux que des regrets et qu'une frustration. La déception nous fait avancer et nous permet d'évoluer, et de passer à autre chose, contrairement aux regrets que nous ressassons et qui nous font stagner. Il faut prendre le risque de la vie, tout en faisant attention à ne pas se brler les ailes. Il faut savoir se contrôler, se connaître et savoir de quoi nous sommes capables. Il faut savoir se protéger, tout en prenant des risques. Ça n'est pas simple, mais cela doit être possible. La narrateur de Plagiat, lui, se brle les ailes. Il ne cherche pas nécessairement la gloire avec le livre qu'il écrit, mais il cherche une vengeance. Or, cette vengeance se retourne contre lui, et il provoque alors sa propre chute avec une simple publication. Une publication qu'il aurait pu éviter, s'il avait su se contrôler, et en particulier ses émotions.

T: Dans vos romans, je pense à Orgueil et désir et Plagiat aujourd'hui, le narrateur est un écrivain, acteur ou chroniqueur télé. Des milieux que vous appréciez particulièrement : littérature, cinéma? Quelles sont tes influences (au sens large: arts, musique, littérature, cinéma, photographie…)

M: La culture au sens large est essentielle à mes yeux. La littérature et la musique sont pour moi indispensables depuis des années. Je fais de la flte-traversière depuis plus de dix ans, et je ne pourrai pas m'en passer. La littérature, elle, est présente depuis que je suis toute petite. Ma mère m'a toujours entouré de livres. La lecture est une source d'évasion au même titre que la musique, et j'en ai besoin chaque jour. À mes heures perdues, je fais également un peu de photographie. Cela reste amateur, mais j'apprécie cet art, qui est une autre manière d'exprimer ses émotions.

Dans le milieu de la musique, j'aime écouter des artistes comme Benjamin Biolay, Alain Bashung, Arthur H, ou Serge Gainsbourg. Mais j'aime aussi le classique avec les frères Doppler par exemple, le jazz, et l'électro swing — que j'apprécie particulièrement en ce moment, avec des artistes comme Caravan Palace ou Astrazz. En littérature, mes influences sont essentiellement contemporaines. J'ai voulu écrire après avoir lu 99 francs de Frédéric Beigbeder. Lui, et des auteurs comme Nicolas Rey, Thomas Lélu, Florian Zeller ou Nicolas Bedos, sont en quelque sorte mes maîtres en littérature.

Du côté du cinéma, je suis une inconditionnelle des films d'auteurs français. Pour les réalisateurs, je retiendrais Bertrand Blier, Christophe Honoré, Cédric Klapisch. Et pour les acteurs, Patrick Dewaere, Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Sylvie Testud.

En photographie, je ne suis pas une experte, mais les photos de Doisneau me touchent particulièrement.

T: D'où te viens ton envie d'écrire? Un rêve d'enfant ou une révélation?

M: Mon envie d'écrire est un peu un rêve d'enfant. En découvrant Frédéric Beigbeder autour de mes douze ans, je me suis dit qu'un jour je deviendrai écrivain. Mais il fallait que j'attende. Pour moi, on n'était pas écrivain à 18 ans. Or, quand j'ai vu Boris Bergmann sortir son premier livre alors qu'il n'avait pas atteint sa majorité, je n'ai pu m'empêcher de me dire que s'il y était arrivé, je pouvais le faire aussi. Je me suis alors lancé le défi de publier avant mes 18 ans, ou au moins d'avoir fait la démarche d'envoyer mon manuscrit à plusieurs éditeurs. Et ça a marché…

T: Tu es très jeunes. Ton premier roman est sorti quand tu avais 16 ans. Tu es passé dans le Figaro Madame dans un article “Jeunes et Génies” ou Arthur Dreyfus dit: ” Ce que la jeunesse doit à la juvénilité, c'est sa propension à l'étonnement perpétuel ” Qu'en penses-tu? Un mot sur la jeunesse aujourd'hui? Tu as commencé à écrire à 14 ans et tu en es à ton troisième roman, ça c'est de l'étonnement perpétuel.

M: Arthur Dreyfus est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. Et sa phrase est très juste. La jeunesse d'aujourd'hui cherche continuellement la nouveauté, le renouvellement, les découvertes et donc l'étonnement. Elle veut se faire entendre et avancer par elle-même. Mais je pense aussi, que tout ceci n'est pas uniquement un fait de la jeunesse d'aujourd'hui, mais de la jeunesse en générale, quelque soit son époque.

T: On peut voir que les critiques qui te sont adressées sont soit bonnes soit mauvaises. Comment les interprètes-tu?

M: Je prends toutes les critiques. Les bonnes je les prends avec beaucoup de plaisir. Les mauvaises ne m'atteignent pas plus que ça, mais je tente de les utiliser à bon escient lorsqu'elles sont justifiées et constructives. Les autres, je les laisse passer comme elles sont venues.

T: Une de tes citations préférées?

M: C'est une citation de Frédéric Beigbeder que j'ai mise en exergue d'un de mes livres : “On ne doit plus rêver les mots, il faut les vivre.” C'est une phrase que j'aime beaucoup et qui est très proche du “Carpe diem”. Elle est très juste, et me correspond parfaitement.

T: Avons-nous le droit à une exclusivité? Travailles-tu déjà sur un nouveau roman?

M: En ce qui concerne un nouveau roman, je n'ai pas d'idées précises, mais j'ai déjà quelques images en tête. Je ne sais pas s'il y en aura un autre dès la rentrée prochaine. La seule chose qui est sr, c'est qu'il y en aura d'autres !

dimanche 9 septembre 2012

1969. La Revue Littéraire et Les Lettres Nouvelles

Nous pouvons le dire maintenant, la première de couverture de La Revue Littéraire des ELS est une copie (en plus sobre), réalisée avec l'autorisation de Maurice Nadeau, de celle de la première livraison des Lettres Nouvelles, qu'il s'agisse du format, du code-couleur ou de la typographie. Rien à voir avec la NRF. Elle représente, dans notre esprit, un hommage à la démarche courageuse de Maurice Nadeau. Il en sera peut-être question à propos d'un ouvrage à paraître à la fin de l'année.

samedi 8 septembre 2012

1968. Les Pieds nus de Marie Simon dans 20 minutes avec lechoixdeslibraires.com

Le choix des libraires

Les Pieds nus

Auteur : Marie Simon

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Prix : 18.00 €

Date de sortie : 29/08/2012

GENCOD : 9782756103969

Résumé

Elle a trouvé son grand amour et il est marin. Elle le comprend avant même qu'ils ne se parlent. Ils mettent du temps à s'apprivoiser et puis finalement elle l'épouse pieds nus, dans le vent, avec des rires et du champagne. Elle attend ses retours de régates. Elle est heureuse d'être femme de marin. Souvent, elle est jalouse de la mer. Souvent, elle ne comprend pas son silence, son mystère mais elle se sent revivre au moment où il pousse la porte.

Un jour, il ne revient pas... Ce premier roman de Marie Simon explore avec délicatesse l'intensité de sentiments qui peuvent combler et détruire. Des prémices de la passion à l'épreuve du manque, le parcours de son héroïne bouleverse, l'écriture entraîne au vif de l'émotion.

Courier des auteurs le 08/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !

Une blonde drôle et intello, une chic fille.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

Hum. L'attente, l'alcool, la féminité, la liberté de ton et de corps. La femme surtout.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Je suis enfin devenue une princesse. J'ai toujours su que je n'étais pas faite pour ça.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Ah mais il ressemble à plusieurs ! Je suis très mauvaise en décision, alors pêle-mêle :

- Here comes your man, the Pixies

- Even in the night, the Organ

- Heart of glass, Blondie

- The funeral party, the Cure

- My favorite kiss, Frank Black

- Let's go out tonight, Craig Amstrong

- Et évidemment : Les nuits de la pleine lune, Elli et Jacno

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Un verre de vin, une discussion, un gros fou rire. Et puis un autre verre de vin, une autre discussion, etc. Ca fonctionne aussi dans le désordre.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires en partenariat avec 20minutes.fr

vendredi 7 septembre 2012

1967. Jennifer Murzeau : interview BABELIO

Entretien avec Jennifer Murzeau par Babelio à propos de son premier roman : Les grimaces

Votre roman "Les grimaces" croque avec humour et férocité le monde de la télévision. Pourquoi avoir choisi cet univers comme cadre de votre premier roman ?

D`abord parce que c`est un milieu que je connais. Ensuite et surtout parce qu`il présente l`avantage d`exacerber un certain nombre de travers humains qu`on trouve partout ailleurs. Les conflits d`ego y sont particulièrement forts, le rôle et le pouvoir de l`image y sont très grands, les gens y sont donc bien névrosés, c`est une belle matière romanesque. L`un des thèmes qui me tenait particulièrement à cÅ“ur en écrivant Les grimaces m`a été inspiré par Ferdydurke de Witold Gombrowicz. Il s`agit de l`idée selon laquelle l`individu est toujours fonction du regard d`autrui, de l` «image », et qu`il est difficile de se défaire de cette image si elle s`avère pesante ou inefficace. Du coup, inscrire l`histoire dans un milieu où l`image est déterminante était intéressant. Mais mon but n`était pas de cristalliser l`histoire dans ce milieu, j`espère avoir réussi à le transcender et à développer des thèmes et des problématiques qui ne lui sont pas propres.

Votre roman montre un monde du travail impitoyable et cruel. Les bureaux des chaines de télévision sont-ils des environnements particulièrement hostiles ?

Oh je ne crois pas non. J`y ai moi-même passé de très bons moments. L`hostilité et la cruauté que je décris sont selon moi inhérentes dans une certaine mesure à n`importe quelle entreprise. La vie en entreprise a vite fait de rendre un peu fou, de générer des tensions qui deviennent délétères, qui s`immiscent dans la vie des employés de manière sournoise, les rendent inquiets et les mettent sur la défensive. L`hostilité vient de là, de la peur d`être bouffé. C`est la loi de la jungle quoi. Ce livre est une pure fiction, et si elle m`a été inspirée par ma propre expérience, elle me l`a aussi énormément été par l`expérience d`autres personnes qui ne travaillaient pas du tout dans le monde de la télé et connaissaient des moments très difficiles, se heurtaient à un quotidien en entreprise aride, compliqué, à une hiérarchie inquiétante, à des collègues fourbes. Cela dit, je me suis employée à décrire cet « univers impitoyable » avec humour, à le tourner en dérision afin d`en souligner l`absurdité. Je n`ai pas écrit un brlot aigri. Enfin, je n`espère pas!

On a l`impression que l`un des moteurs des personnages est de se créer continuellement des ennemis. Chaque collègue est un obstacle. Est-ce ce dont vous avez été témoin lorsque vous travailliez comme journaliste pour la télévision ?

Non, cependant il y a beaucoup de rivalité, comme ailleurs. Mais je ne dirais pas que mes personnages ont pour moteur de se créer des ennemis, au contraire, ils tchent de composer avec l`adversité le plus efficacement possible. Le problème pour Angelina, c`est que son parcours existentiel, son enfance notamment, son histoire familiale n`ont pas contribué à lui inculquer les bons codes, ceux qui font qu`on survit dans un environnement ultra-concurrentiel où la séduction et l`esbroufe sont pas mal à l`Å“uvre. Cette fille est donc continuellement à côté de la plaque et se fait copieusement écraser. Mieux vaut bien maîtriser les codes pour survivre en entreprise et pour survivre tout court d`ailleurs, en société.

L`absurdité du monde du travail est illustrée par cette compétition incessante que se livrent les différents protagonistes alors qu`ils sont censés travailler en équipe. Cet individualisme forcené est-il le mal du XXIème siècle ?

Je crois oui. Le travail est devenu une source d`angoisse énorme, il est de plus en plus difficile de travailler le coeur léger. La loi de la jungle dont je parlais plus haut s`est durcie considérablement ces dernières décennies, l`appt du gain, la nécessité du profit, le capitalisme fou en un mot, a fait de l`entreprise un lieu de crispation où chacun est responsable, se doit d`être le garant de la bonne marche du Dieu entreprise quel que soit son niveau dans la hiérarchie. Et bien entendu la crise a accentué tout cela. Les licenciements sont pratiqués de manière sauvage, forcément ça devient « chacun pour soi », « sauve qui peut » et il est évident que l`esprit d`équipe en ptit. Et puis dans Les grimaces, il y a en plus beaucoup d`affect dans les rapports professionnels, ce qui n`arrange rien.

Nous suivons plusieurs personnages tout au long du roman avec une attention toute particulière sur Angelina, une jeune femme complexée et surtout, très seule. Qu`est-ce qui la pousse à commettre son geste de violence envers ses collègues ? Vous même, comprenez-vous son geste ?

Oui je le comprends. Enfin, toute proportion gardée parce qu`elle devient un peu folle, je n`agirais pas comme elle. Mais ce qui la pousse à le commettre, c`est le désarroi, l`impuissance, la consternation. Comme je le disais, elle ne maîtrise pas les codes pour se faire respecter, manipuler le cas échéant, et à trop subir de petites humiliations, elle pète les plombs.

Les grimaces est votre premier roman. Un deuxième est-il en préparation ?

Oui! J`ai une idée de thème central, une ébauche de trame, un personnage principal. Mais pour l`instant je suis encore dans le travail préliminaire qui consiste pour moi à réfléchir à tout ça tout en lisant beaucoup. Rien ne me donne plus envie d`écrire que la lecture.

Jennifer Murzeau et ses lectures

Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

J`aurais du mal à n`en citer qu`un. Parce que tous les livres que j`aime me donnent envie d`écrire. Mais disons que l`auteur qui me vient en tête si je dois me souvenir des premières lectures qui m`ont marquée et donc qui sont probablement à l`origine de mon envie d`écrire, je dirais Stefan Zweig, et Amok en particulier. Je devais avoir 14 ans...

Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Aucun. La plupart des auteurs que je lis sont « des monstres sacrés de la littérature », souvent morts, enseignés dans les écoles et les facs, présents dans le dictionnaire, avec le nom desquels on fabrique des adjectifs. Alors bon, il n`est pas question de comparer mes qualités littéraires aux leurs, ce serait n`importe quoi. Je ne leur arrive pas à la cheville et c`est très bien comme ça. Ça me stimule, ça m`inspire. Par exemple j`ai découvert Belle du Seigneur dernièrement (mieux vaut tard que jamais), et j`ai trouvé le style d`Albert Cohen exceptionnel, la façon dont il incarne ses personnages par le truchement de leurs monologues intérieurs est absolument géniale. C`est tellement subtil, les registres de langues, les visions du monde changent radicalement d`un personnage à l`autre, c`est virtuose. Et c`est très drôle! Alors, évidemment ça donne des complexes, mais ça ne m`ôte pas pour autant l`envie d`écrire. Je me dis juste: Bon. Bah c`est génial.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Voyage au bout de la nuit je pense. Ce livre m`a beaucoup marquée, notamment parce que j`avais, dans les cents cinquante dernières pages du roman, un sentiment d`enlisement, de nausée presque et pourtant je continuais de le dévorer. Le Procès de Kafka aussi, L`Oeuvre de Zola, Bel-Ami de Maupassant, Madame Bovary de Flaubert...

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je ne relis pas les livres, des passages oui mais jamais de livre en entier. Je me dis que j`ai bien trop de livres à découvrir pour m`accorder le luxe de relire une Oeuvre déjà lue. Ce qui est probablement un peu idiot parce que je suis persuadée que c`est très enrichissant de relire un livre qu`on a aimé plusieurs années auparavant. Mais pour l`instant, je ne me le permets pas. Ah si ! J`ai relu le petit prince plusieurs fois ! Parce qu`il est court, et qu`il y a des images.

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Le Rouge et le Noir de Stendhal. Mais j`ai l`intention d`y remédier.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Alors là, vous me posez une colle. Une perle méconnue... Non, je crains de ne pas avoir ça en stock. (La honte.) J`ai quelques perles connues éventuellement, mais pas méconnues.

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

J`avoue que L`homme sans qualités de Robert Musil m`est tombé des mains.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Non (la honte encore). Je ne prends pas le temps de noter les phrases qui me marquent.

Et en ce moment que lisez-vous ?

Je lis Mars de Fritz Zorn, et L`Adversaire d`Emmanuel Carrère. Les deux me plaisent beaucoup.

Biographie et informations

Né(e) à : Paris , le 15/09/1984

Jennifer Murzeau est auteure et journaliste. Elle a travaillé pour France 2, Direct 8, France Culture et collabore au magazine Glamour pour les rubriques Société et Culture Geek. Elle a également écrit des scénarios pour la télévision.

Les grimaces est son premier roman.

dimanche 2 septembre 2012

1966. Le livre du jour de Philippe Vallet sur FRANCE INFO : Nathalie Rheims, Laisser les cendre s'envoler.

Multi diffusion sur France Info ce dimanche 2 septembre 2012 :

Les enfants abandonnés par leurs mères sont des êtres blessés mais ici, pas de chagrin, pas d'émotion même pas de l'indifférence. Née dans une famille célèbre et prestigieuse, la narratrice, Nathalie Rheims, a fait le deuil de cet abandon. Un 14e roman, à la fois terrible, ironique et fragile.

Roman sur la relation mère-fille. La sienne. L'histoire d'une mère très aimante, dorlotante qui, du jour au lendemain, rencontre un homme : "l'artiste", et laisse sa fille adolescente complètement désarmée.

Une cassure, une déchirure que raconte Nathalie Rheims. Et un dernier rendez-vous manqué.

samedi 1 septembre 2012

1965. LIRE AVEC, Brigitte Kernel avec Nathalie Rheims.

LIRE AVEC est une nouvelle émission littéraire de Brigitte Kernel sur France Inter diffusée tous les jours, de 00h50 à 01h00, en deux ou quatre parties. Voici la première de "Lire-Avec" Nathalie Rheims.

1er partie

2e partie

3e partie

4e partie

1963. Événement : Nathalie Rheims chez GALIGNANI le 18 septembre 2012.

Une rentrée littéraire est aussi faite d'évènements. Parmi ceux que nous affectionnons le plus il y a les soirées, les rencontres, les signatures dans les librairies, particulièrement cette année car nous avons le privilège d'être accueillis par la plus ancienne et la plus prestigieuse d'entr'elles : LA LIBRAIRIE GALIGNANI au 224 rue de Rivoli. Paris 1er.

Nathalie Rheims y présentera son dernier ouvrage Laisser les cendres s'envoler le mardi 18 septembre, de 19h à 21h. Venez, même si vous n'avez pas reçu ce carton devenu "culte" et "collector", avec la reproduction de l'embossage à froid de la couverture du livre sur un papier identique, le marque-page détachable, l'enveloppe rouge et l'adresse calligraphiée manuellement à l'encre blanche.

Nous vous reparlerons de la librairie Galignani et de son historique la semaine prochaine.

1964. Rencontre-débat. Nathalie Rheims invitée de FEMMES 3000 le 11 septembre 2012 au Café de Flore de 19h à 20h30.

Tous les mois, Femmes 3000 association (membre du comité français ONG/ONU) créée en 1989, ayant pour mission de donner de la visibilité aux femmes et à leurs projets, organise des rencontres au premier étage du Café de Flore (créé en 1885), ces manifestations connaissent une succès grandissant et sont désormais ouvertes aux non-membres (dans la limite des places disponibles).

Ce 11 septembre 2012, c'est Nathalie Rheims qui sera invitée par l'association pour parler de son ouvrage Laisser les cendres s'envoler, paru dans la rentrée littéraire, texte qui soulève bien des questions relatives à la mission de Femmes 3000 : "la visibilité donnée aux femmes et à leurs projets".

Cette rencontre du mardi 11 septembre au premier étage du Flore aura lieu de 19h à 20h30 et sera suivie d'une signature par l'auteur de son ouvrage.

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