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mardi 27 septembre 2016

2388. Les Verticaux de Romaric Sangars par Matthieu Falcone pour CultureMag

« Nous sommes quelques-uns. Nombreux, peut-être… Qui l’estimera ? »

Qui, en effet, en sait le nombre, sinon Celui vers qui tendent ceux que Romaric Sangars dénomme les Verticaux ?

Dans ce premier roman, le jeune écrivain dresse le portrait d’une poignée de trentenaires, dont deux vont extraire le narrateur de sa morosité désabusée. Car ces deux personnages, Lia Silowsky et Emmanuel Starck, n’ont pas renoncé à se hisser vers les sommets, à s’extraire de l’horizontalité du monde, quitte à se consumer rapidement, comme deux étoiles filantes. Avec quelques autres, ils se décident à former un groupe menant des actions de sabotage symboliques, semblant plutôt désirer se distraire que réveiller le monde.
Comme si ce monde occidental assoupi, il n’était plus possible de l’éveiller, les attentats terroristes eux-mêmes se montrant incapables de l’atteindre. Que faire face à une telle force d’inertie, sinon renoncer ou se briser ? Alors les uns fuient dans les drogues, dans la folie ; d’autres dans les voyages ou le travail, tous dans les loisirs et l’ivresse chimique.

« On ne peut pas toujours – et surtout longtemps –, déserter l’Histoire… », affirme un des personnages. Le problme auquel il se confrontera, c’est que nul ne peut écrire l’Histoire seul, car elle est œuvre commune. Comment donc ne pas se briser quand une telle force d’inertie résiste à l’avancée de l’Histoire ?

Rien ne peut y faire, semble nous confier Romaric Sangars, et pourtant nous sommes encore quelques-uns, nombreux peut-être, à refuser de baisser les bras ; à refuser de ne pas lier le rêve à l’action ; à refuser que le monde avance sans but, faute de pouvoir demeurer statique. Quelques-uns qui n’ont pas perdu la foi, contre toute raison, parce que ne pouvant faire autrement, ou parce que continuant de croire à l’absurde.

mardi 13 septembre 2016

2387. PROVINCE de Richard MILLET par Matthieu FALCONE pour CultureMag

Avec Province, Richard Millet revient au roman, trois ans après la publication d’ "Une artiste du sexe" qui était paru dans la prestigieuse collection blanche de la maison Gallimard, maison dont il a été banni à la fin de l’hiver dernier dans les conditions que l’on sait.

Une artiste du sexe, en faisant du narrateur un jeune écrivain américain s’essayant à la langue de Racine, (ou peut-être davantage à celle de Le Clézio, ce qui est déjà mesurer la chute vertigineuse de la langue française), permettait à Richard Millet une critique amusante et salutaire du personnage de son invention, Pascal Bugeaud, sur lequel il a sans doute transposé en les caricaturant, un certain nombre de ses traits de caractère.

Salutaire, parce que, comme l’explique Millet, il faut éviter à tout prix de tomber dans le pastiche de soi-même et dans la satisfaction de son propre talent. Salutaire, parce que la littérature, contrairement au feuilleton, n’a pas pour tâche de créer des personnages types que l’on retrouve à chaque épisode et qui donnent si peu à saisir de la vérité humaine contradictoire, paradoxale, changeante, déconcertante.

Il fallait un jeune américain ou une femme pour moquer la prétention de l’écrivain français.

Province donne à Millet une nouvelle occasion d’évoquer la figure de Pascal Bugeaud, mais en second plan, comme un motif lointain, une ombre planant désormais sur la ville d’Uxeilles, comme l’adieu à un homme qui s’éloigne et se perd dans l’épaisseur et l’anonymat de son œuvre.

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samedi 10 septembre 2016

2386. Les Verticaux de Romaric Sangars par Gersende Bessède pour CONTREPOINTS

Un beau vin subtil, corsé et revigorant pour chasser le spleen de ce début d’automne.

La rentrée littéraire a ceci de commun avec les foires au vin de la grande distribution, qu’en dehors de faire survivre une presse subventionnée, à bout de souffle, incapable de servir autre chose que des cépages surexploités, elle permet d’écouler à bon compte et sournoisement des infâmes piquettes, des vins bouchonnés, quelques vieux domaines madérisés, des jeunesses déjà séchées de platitudes et de noyer le chaland en recherche de grands crus sous le tsunami des références (pas moins de 590 livres en librairie pour cette rentrée 2016.)

Difficile donc, de s’y retrouver sans y perdre son latin de chai, si l’on veut trouver un beau vin subtil, corsé et revigorant pour chasser le spleen de ce début d’automne.

Les Verticaux de Romaric Sangars est de ceux-là. Goûtons donc ce Château-Sangars.

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mardi 6 septembre 2016

2385. PROVINCE de Richard MILLET, le livre du jour par Philippe Vallet sur France Info

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vendredi 2 septembre 2016

2384. Les Verticaux de Romaric Sangars par Olivier Maulin dans VALEURS ACTUELLES.

La Chevalerie qui vient.

Romantique.

Dans un premier roman étincelant, le jeune critique Romaric Hangars enterre notre époque parodique et en appelle à une nouvelle chevalerie de l'esprit.

" Nous sommes quelques uns à ne pas nous résoudre à ce que tout tourne à vide. À traquer encore la verticale. De vraies vocations, de vraies cibles, et la vie comme élan pur entre les deux."

Vincent Revel est de ceux qui ne se résolvent pas. Journaliste parisien trentenaire, le narrateur de ce premier roman de Romaric Sangars est au bout du rouleau, laminé par "la platitude rationnelle" de l'époque, hanté par la purification : "un ascenseur en chute libre".

La rencontre de deux personnages d'exception au coeur du désastre, Lia Silowsky, une mystique flirtant avec la folie, et Emmanuel Stark, un aventurier expert en hacking et en arts martiaux, va rallumer la flamme qui est en lui et le désir de vivre enfin en homme.

Avec la premire, le narrateur redécouvre la passion amoureuse; avec le second, il retrouve le sens du combat en organisant des actes de sabotage symbolique contre les imposture du temps. Ce trio, lui aussi symbolique, est l'occasion pour le jeune écrivain de ressusciter au coeur du projet moderne, l'air de rien, les figures archétypes de la sainte et du guerrier, mais aussi de poser d'emblée le rôle qu'il assigne à l'écrivain, ce clerc chargé de magnifier la geste.

À travers la vision aristocratique du monde qu'ont ces "verticaux", Romaric Hangars découpe au scalpel le type humain produit par la civilisation rongée de l'intérieur par la barbarie matérialiste : un individu relatif et fétichiste, sans gloire et sans panache, qui obéit docilement aux injonctions de l'époque et consume son existence dans l'idolâtrie technicienne et marchande.

Aux certitudes galvaudées de l'époque, Romaric Hangars oppose une morale de l'exigence, regrettant le temps où un homme pouvait consacrer toute sa vie à ne pas faire mentir quelques mots assemblés en devise par l'un de ses aïeux.

À l'avachissement généralisé et aux bons sentiments, il répond par le culte de l'attitude, du caractre personnel et de la révolution intérieure : "Forger des hommes libres m'apparaissait une ambition infiniment supérieure à celle d'imposer n'importe quel type de coercition générale bienveillante."

Contre la tyrannie du nombre, enfin, il préfre renouer avec la "science de l'âme" léguée par les anciens.

Mais s'il se réfre aux sociétés du passé, le romancier évite pourtant la facilité réactionnaire du "c'était mieux avant". C'est du monde actuel qu'il part et c'est en lui qu'il entend puiser les plus belles réalisations pour les lui retourner et changer sa direction.

"Si la force, aujourd'hui, s'exprimait essentiellement sous la forme abstraite de la finance, si le monde subissait le joug de seigneurs de guerre d'un nouveau genre, aprs qu'on en eut pris acte et plutôt que de s'y opposer vainement, ne fallait-il pas envisager, plutôt que de tenter de les contrer directement, un moyen de spiritualiser ces forces ?" se questionne-t-il dans ce que l'on pourrait qualifier de stratégie révolutionnaire conservatrice.

Plus contemporain qu'il y parait, le roman s'achve sur une vague d'attentats islamistes ensanglantant Paris. L'occasion pour l'auteur de renvoyer dos à dos l'Occident et son double maléfique dont les systmes mentaux "tendaient à se confondre dans les mêmes réflexes video-ludiques organisant partout l'assouvissement automatique des pulsions, que celles-ci fussent d'ordre alimentaire, narcissique, sexuel ou mystique."

Cette vague d'attentats souligne le caractre parodique, lui aussi, des happenings esthétisants organisés par Starck et celui-ci finit du reste par passer à la violence réelle et justicire.

Jusqu'où nous conduira cet enchaînement de haine ? Romaric Sangars ne répond pas mais suggre que ce retour de l'histoire, en dehors du sang et des larmes qu'il fera nécessairement couler, pourrait aussi être une opportunité pour redonner sens à nos vies.

Olivier Maulin, le 1er septembre 2016.

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