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vendredi 26 mai 2017

2406. ''Pour Bernard Menez'' de Richard MILLET par Pierre VAVASSEUR dans LE PARISIEN

C'est depuis "SON CANNES À LUI" que Pierre VAVASSEUR évoque le dernier livre de Richard MILLET consacré à Bernard MENEZ :

COUCHÉ

La veille de l'Ascension, l'Uberchauffeur qui m'emmène sur les hauteurs à la villa Domergue, pour l'enregistrement et la fête de l'émission "On n'est pas couché" (un pléonasme, à Cannes) est extra. Il fait des extras. Quand il ne conduit pas, il ne reste pas immobile, il est dans l'immobilier. Sa boite est à deux vitesses.

Le long de la route, on s'élève de quelques étages. En bas, il faisait chaud et lourd, sous les étoiles, il fait frais et léger. Les invités sont collé-serrés. Certains seront tout à l'heure à touche-couche.

Au bar, ça bouchonne. Bernard Menez parait. J'ai justement dans mes valises, un livre qui vient de paraître et lui est consacré (Pour Bernard Menez de Richard Millet) À la page 87, l'auteur écrit :

"Menez ne suscite pas un humanisme à la bonne franquette, mais une humanité qu'il incarne dans l'innocence de l'immédiat, loin de l'idéologie, des redéfinitions sexuelles, des abominations post-civilisationnelles en cours."

Ça va intéresser Godard. Un débat là-dessus et on n'est pas couchés.

Redescendu sur terre, une notion, elle aussi, assez abstraite sur la Croisette, je tombe dans les pattes de mon pote Jappeloup. Dans cette ville où tout le monde se lèche la pomme, il vient lécher la mienne. Jappeloup c'est un chien. Pas question de lui dire "Couché!" ni de chambrer ses maîtres. Ce sont les patrons de l'hôtel Pruly. Des gens normaux et souriants. Ils ne font pas de cinéma. Le jardin est joli. Le silence est leur ami. Chez eux, on est très vite couchés.

Pierre VAVASSEUR, Cannes le 26 mai 2017

mardi 23 mai 2017

2405. "Pour Bernard Menez" de Richard MILLET parJean-Laurent GLÉMIN (Parutions.com)

LE DERNIER AUTHENTIQUE

Corps si français au cœur de notre mémoire menacée par l?hyperconnexion et par le renoncement (R. Millet)

Depuis quelques années, écarté par Gallimard, Richard Millet (né en 1953) publie chez des éditeurs moins prestigieux, bien que tout autant parisianistes pour certains (Léo Scheer, Pierre-Guillaume de Roux), des textes aussi surprenants qu?inattendus. Des portraits qui font contraste avec notre époque, des manifestes radicaux qui dressent une pensée exigeante critiquant la doxa culturelle et médiatique. Avec Pour Bernard Menez, nous sommes dans la continuité d',Eloge littéraire d?Anders Breivik (2012) et du Corps politique de Gérard Depardieu (2014). Millet met en lumière un symbole fort et singulier de notre époque pour mieux analyser et critiquer cette dernière.

Depuis l'essai sur Depardieu, Millet s?intéresse au cinéma français et déploie sa vision esthétique, mêlant son intérêt pour le septième art à l'auscultation de la société culturelle et son évolution. A l?époque où Depardieu est critiqué pour ses positions politiques et fuites fiscales, Millet prend sa défense en montrant que le gros Gégé, c?est avant tout la France, alors que le pays se délite sous la lourdeur moralisante et dépressive d'une bien-pensance post-historique. Pour Bernard Menez prolonge en quelque sorte cette réflexion. Moins polémique, plus pédagogique, Millet s?amusa sans doute d?avance de ce que les lecteurs penseraient de cet exemple cinématographique peu commun (et catalogué «ringard» par les profanes).

Millet, dans la posture du cinéphile, prend l?exemple canonique de l?acteur «franchouillard» Bernard Menez (né en 1944) pour parler de la culture d?aujourd?hui. Evoquer Bernard Menez, fera sans doute craindre à un post-moderne la critique et la moquerie du système mondialisé. Menez, c?est comme le dernier des Mohicans, un acteur authentique dont les films tournés par Rozier (Maine Océan) ou Thomas (Le Chaud Lapin, Celles que l?on n?a pas eues) seraient les derniers vestiges d?n monde ancien, il y a à peine 40 ans, quand le cinéma d?auteur populaire apportait ce je-ne-sais-quoi de puissant, fort, bouleversant, ironique, quelque chose de sensible et de vrai, contrairement aux mièvreries idéologiques césarisées durant les quinze dernières années. L'essai déroule une réflexion sur l?importance de l?incarnation par l?acteur, sur l?écran vidéo mais aussi sur l?époque.

En quelques paragraphes bien tournés sur cette époque révolue et celle que nous occupons, Millet, en radical pamphlétaire, brille par sa simplicité littéraire et son audace politique : Menez est notre frère, celui lointain (que l?auteur ne souhaitera pas rencontrer) d?ne France perdue, mais qui parle de nous («moisie» et «rance» nous disent les militants mondialistes et multiculturels lorsqu?il s?agit de rendre hommage aux traditions perdues !). De cette authenticité fragile, humaine, existentielle, loin du cauchemar aseptisé par la post-histoire, Menez dévoile son talent d?acteur historique régional ! «Ainsi préfère-t-on l?abyssale amnésie à la profondeur, les certitudes restreintes à l?expérience intérieure, et le zombie à l?homme de qualité», écrit Millet, témoin du désastre culturel actuel, autoritaire et médiocre.

Bernard Menez, acteur-symbole, second rôle fort des années 70-80, est dépeint à travers un cinéma d?auteur ironique et sensible, un cinéma français, celui des Rozier, Thomas, Chabrol, mais aussi Seria (curieusement absent du texte). L'essai est un manifeste pour cette histoire récente du cinéma qui tend à disparaître totalement, rongé par l?industrie financière régulée par le pouvoir des 35 dernières années. La verve de Millet fait une fois de plus mouche et le lecteur, durant cette balade dans le cinéma français de Menez, apprend et comprend ce qui manque cruellement au cinéma actuel : de la profondeur, de la simplicité et du naturel. Mais tout n?est pas noir ; Tonnerre, l?n des derniers films récents de Menez, trouve grâce à ses yeux.

Un texte essentiel pour redécouvrir Menez et comprendre deux époques qui se sont succédé en moins d?n demi-siècle. Un portrait généreux et tout en louange d?n grand acteur qui porte à lui seul l?image populaire du personnage français des années 70-80 : insignifiant et tragique : «Certains acteurs ont tout joué ; d?autres ont joué leur vie ; quelques-uns n?ont été qu?eux-mêmes : à ceux-là revient, très rare, une sorte de gloire ontologique. Tel est Bernard Menez».

Jean-Laurent Glémin ( Mis en ligne le 22/05/2017 Parutions.com )

mardi 2 mai 2017

2404. "POUR BERNARD MENEZ" de Richard Millet, par Eric Zemmour, dans LE FIGARO

Eric Zemmour consacre un véritable éloge, dans Le Figaro du 27 avril 2017, au nouveau livre de Richard Millet, Pour Bernard Menez.

«Et c'est ainsi que Bernard Menez est grand»

Richard Millet publie un éloge littéraire et brillant de l'acteur Bernard Menez. Le symbole d'une France provinciale qui se meurt.

Il n'est pas Depardieu. Il n'est pas Delon, ni Belmondo, ni Gabin. Il n'est pas de Funès ou Coluche non plus. Il n'est pas un monstre sacré et ne représente pas la France à l'étranger. Il est moins ou mieux: il est la France. «Une incarnation légère, et traditionnelle, de la France»: une France provinciale, désuète, charmante. En voie de disparition. Il fallait être Richard Millet pour exhumer Bernard Menez. Pour parler ainsi de l'acteur non pas disparu - il est bien vivant ! - mais oublié ; non pas oublié - il joue encore au théâtre et au cinéma - mais dédaigné ; non pas dédaigné - son talent d'acteur est reconnu - mais occulté, effacé. Comme la France qu'il incarne. Entre Millet et Menez, la rencontre était inévitable. Inéluctable. On s'étonne de..."

Pour lire l'intégralité de l'article, cliquez sur la revue de presse de Pour Bernard Menez.

lundi 1 mai 2017

2403. "POUR BERNARD MENEZ", de Richard Millet, par Jérôme Béglé dans LE POINT.FR

Dans la première sélection de ses "Lectures de Printemps", Jérôme Béglé a choisi le nouveau livre de Richard Millet, "Pour Bernard Menez", qui parait ce mercredi 3 mai.

"Richard Millet fait l'éloge de Bernard Menez

Tous les acteurs se ressemblent. Mêmes propos, mêmes rôles, mêmes mimiques, mêmes postures, mêmes obsessions, mêmes histoires d'amour, et trop souvent mêmes films. Dans cette galerie des portraits et des fausses grâces, un seul comédien se détache : Bernard Menez. Comme il se doit, il est régulièrement esquinté et traité de has been ringard par une presse moutonnière qui se glorifie chaque semaine de découvrir un nouveau jeune premier ou l'Isabelle Adjani de demain. Richard Millet, qui lui aussi eut à souffrir d'emballements et de détestations sommaires, consacre une ode au héros du Chaud lapin.

Il rencontre Bernard Menez dans la salle à manger d'un restaurant du huitième arrondissement. La scène est à elle seule un acte de pièce de théâtre. Le professeur Millet incise au scalpel son sujet chez qui tout fleure bon cette France qui, depuis 30 ans, se fond dans l'Europe et la mondialisation. Son patronyme, son prénom, les personnages qu'il a incarnés, les contrées d'où il vient et dans lesquelles il a tourné, son phrasé, son vocabulaire, le choix de ses films comme de ses pièces de théâtre, Menez est pour l'écrivain un précipité de l'esprit français. Car derrière cette formidable élégie se cache un éloge de la différence, de l'audace ; une défense de la couleur dans une société terne ; une nostalgie de tout ce que la standardisation nous retire. Une banalisation et une acculturation qui triomphent dans les arts. Et contre laquelle volontairement ou involontairement lutte Menez."

Jérôme Béglé, Lectures de Printemps #1, Le Point.fr, le 1er mai 2017.

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